Sport | France-Argentine (66-80) : la fin du rêve… – Le Dauphiné Libéré

Après avoir terrassé les Etats-Unis, léquipe de France affronte lArgentine en demi-finale de la Coupe du monde 2019. Voici comment éviter le piège.

Maintenant que lexploit historique déliminer les Etats-Unis dune compétition officielle a été accompli, ce serait dommage de sarrêter là. Léquipe de France affronte lArgentine en demi-finale de la Coupe du monde 2019 à 14 heures, avec pour objectif de retrouver lEspagne et lAustralie dimanche. Si sur le papier les Sud-Américains font moins peur que Team USA, ils ont montré depuis le début du tournoi quils étaient finalement lune des équipes les plus redoutables de la compétition. Les Serbes peuvent en témoigner… Vincent Collet avait parfaitement compris les clés du match face aux Américains et voici des pistes pour négocier à nouveau au mieux ce rendez-vous pour lhistoire.

Contre Team USA, les Bleus se sont magnifiquement occupés du chef de file Kemba Walker. On savait que le nouveau meneur des Celtics était le patron de ce groupe et son joueur le plus influent. Frank Ntilikina et Andrew Albicy ont défendu merveilleusement bien sur lui et lont exposé autant que possible. Facundo Campazzo na pas le parcours en NBA de Walker, mais son influence sur le jeu argentin est absolument essentiel. Quon ne sy trompe pas, cest bien le magicien du Real Madrid quil faudra freiner pour avoir une chance datteindre la finale.

Depuis le début du tournoi, “Facu”, 28 ans et 1,80 m sous la toise, est tout simplement sur une autre planète. Cest lui qui permet à lArgentine dactiver le mode champagne + folie furieuse par sa vista et son intelligence de jeu. En limitant son impact, les Bleus auront fait une partie du job. Mais cest plus facile à dire quà faire… Ses highlights contre la Serbie (18 points, 12 passes et 6 rebonds) sont assez parlants.

Léquipe de France avait ciblé le secteur intérieur américain à très juste titre mercredi. La forme de Rudy Gobert et les caractéristiques des “petits” intérieurs argentins (Caffaro et Gallizzi sont les plus grands de léquipe à 2,05 m) pousse à faire le même constat. Il faut enfoncer les joueurs de Sergio Hernandez au poste. Ne pas hésiter à alimenter Rudy, quitte à ce quil passe une partie de son match sur la ligne parce que linoxydable et vénérable Luis Scola – qui ne peut pas tenir Rudy en un contre un – Marcos Delia ou Gabriel Falk,  nauront pas eu dautre choix que de commettre des fautes.

Le QI basket, le goût du combat et la technique des intérieurs de lAlbiceleste font aussi quil faudra les gérer avec la plus grande prudence de lautre côté du terrain. Tous ceux qui ont pris Scola un peu trop à la légère ces derniers jours sen sont mordus les doigts.

LArgentine est sans doute léquipe la plus spectaculaire de cette Coupe du monde sur le plan offensif. Ça joue vite, bien et avec la touche de grinta et virtuosité technique dans la passe et lexécution qui déstabiliserait nimporte qui. Aucune équipe névolue sur un tempo supérieur à lAlbiceleste, capable de runs insensés pour faire péter le tableau daffichage. Ce style au rythme effréné, Vincent Collet y est préparé et a forcément prévu de le contrer, comme il la expliqué à Basket Le Mag.

“Regardez le nombre de possessions dans leurs matches et dans les nôtres, cest une différence saisissante, cest 100 à 85. Ça veut dire quinze possessions. Cest beaucoup. 100, cest un jeu up-tempo. Et up-tempo, ça veut dire plus de difficultés à défendre, à ralentir ladversaire, à tout contrôler, et ça, cest leur avantage. Donc eux vont essayer de nous pousser dans ce type de match. Nous, il faut quon essaie de les pousser dans des matches quon maîtrise davantage”, a prévenu le sélectionneur de la France.

Il y a cinq ans, la France éliminait lEspagne en quarts de finale de “son” Mondial, à Madrid. Derrière, on simaginait un chemin vers la gloire et un clash avec Team USA en finale. Sauf que de laveu de tous ceux qui ont créé cet exploit de lépoque, lapproche na pas été la bonne une fois la Roja terrassée. La Serbie était venue doucher les rêves tricolores en renversant les Bleus, finalement troisièmes de la compétition après un succès face à la Lituanie. Nicolas Batum et ses coéquipiers doivent impérativement garder à lesprit que rien nest fait et que nimporte quelle des trois équipes encore en lice représente un danger mortel.

Bonne nouvelle : les Bleus ont lair dêtre complètement focus. On ne pensait pas que la première victoire française en compétition officielle contre les Etats-Unis donnerait lieu à une simple satisfaction de formalité. Les images du vestiaire tricolore après le succès légendaire face à Team USA sont même saisissantes. Evan Fournier qui rappelle à tout le monde quil reste deux matches. Rudy Gobert qui conseille à des coéquipiers de bien shydrater et absolument zéro euphorie sur les visages de tous les acteurs de lexploit. Les désillusions passées et la personnalité de joueurs qui se frottent au quotidien à la mentalité américaine de la gagne en NBA font quil ny aucun excès de confiance chez les Bleus.

Même la qualification automatique pour les Jeux Olympiques a été accueillie avec un calme olympien, alors quà une époque on se serait damnés pour une participation de léquipe de France au plus grand événement sportif de la planète.

Comme pour chaque match depuis le début de la Coupe du monde, on a noté les Bleus lors de lexploit contre Team USA.

Léquipe de France a réalisé un exploit fantastique en battant les Etats-Unis (89-79) mercredi. Comme depuis le début de cette Coupe du monde 2019, on a évalué la prestation de chacun des acteurs majeurs de cette rencontre disputée par les Bleus. On a essayé de laisser retomber un peu leuphorie pour gagner en lucidité, mais cest quand même foutrement difficile !

On aurait dit que Rudy voulait faire payer à tous les Américains présents sur le terrain, dans la salle et devant leur télé, le fait de lavoir snobé pour le All-Star Game. Par moments, il était tellement dominant et au-dessus de la mêlée quon aurait cru voir ce bon vieux Bill Russell et son outrageante supériorité de lépoque en noir et blanc. Le pivot du Jazz a puni les Américains et leur small ball à lintérieur (21 points), a mis ses lancers (9/10), tout en lâchant des contres précieux, notamment sur son pote Donovan Mitchell, en fin de match.

Rudy a réalisé le match titanesque que lon appelait de nos voeux. 36 déval dans un quart de finale de Coupe du monde contre Team USA, ça vous définit quand même un bonhomme. Allez, on remet ça vendredi contre ce roublard de Luis Scola et ses copains ?