Grève RATP : Jusquà 380 km de bouchons à 18h – Le Parisien

Grève RATP : Jusquà 380 km de bouchons à 18h - Le Parisien

Grève dans les transports: le prix des VTC explose

Ce devait être une matinée de galère. Le genre de journée où l’on préfère rester au lit au moment de penser qu’il va falloir s’armer de patience pour rejoindre le travail. Et plus qu’à l’accoutumée. Car vendredi 13 septembre 2019, une grève sans précédent depuis 12 ans est menée par les agents de la RATP.

Un mouvement pour protester contre la réforme de leur régime de retraites qui a de quoi paralyser Paris : des lignes de métro entièrement fermées, d’autres partiellement ouvertes et seules deux qui circulent dans leur intégralité (Lignes 1 et 14), pendant les RER n’assure que le strict minimum aux heures de pointe (1 RER A sur 3 et 1 RER B sur 5). Bref, tout laissait croire à une fin de semaine chaotique.

Si une telle pagaille sannonce dans les transports parisiens, cest parce que la mobilisation des agents de la RATP devrait être massive. Et pour cause, pas moins de sept syndicats de lentreprise ont appelé à débrayer contre la réforme des retraites. Baisse des pensions, fin de la pénibilité ou encore recul de lâge de départ, on vous explique pourquoi les agents font grève.

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Mais aussi étonnant que cela puisse paraître, il n’en fût (presque) rien, notamment dans la Petite Couronne, principalement desservie par le RER. Mais à une heure de grande fréquentation habituelle, la gare de Nanterre-Université (Hauts-de-Seine) ne semblait pas impactée. Peu de monde sur les quais, aucun affolement devant les panneaux d’affichage indiquant pourtant des passages de trains assez espacés et, surprise, des rames qui ne débordaient pas. Il était pourtant 7h30.

La grève à la RATP vendredi 13 septembre 2019 – pour dénoncer la réforme des retraites – a été la plus suivie depuis dix ans. Depuis 5h du matin, pas moins de 10 lignes de métro sont totalement arrêtées, et les RER A et B sont très perturbés, ainsi que les bus et tramway. Suivez la situation en direct.

Même cas de figure une demi-heure plus tard, sur le quai de Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine). En direction de Paris, les trains ne passaient que tous les quarts d’heure. Et pourtant, aucune inquiétude sur les visages des usagers. Si les places assises étaient toutes réquisitionnées, la foule n’était pas aussi compacte qu’elle peut l’être le matin sur la plateforme entre les portes de sorties.

Il sagit dun extrait, cité par lAFP, du contrat qui lie lopérateur de transports franciliens et son autorité organisatrice, Ile-de-France Mobilités (IDFM, ex-STIF).  Toutefois, “il ny a pas de pénalités prévues si la RATP ne respecte pas le contrat”, mais sa présidente Valérie Pécresse (LR) a dores et déjà annoncé que si loffre de services nétait pas réalisée, elle ne paierait pas la RATP.

#GrèveRATP #HautsDeSeibe A Rueil-Malmaison, sur le RER A, peu de monde sur le quai malgré une cadence de trains bien moindre qu’au quotidien pic.twitter.com/jx2RTKJ103

Sur LCI ce 13 septembre, le secrétaire dÉtat aux Transports Jean-Baptiste Djebbari a par ailleurs déclaré quil était “un peu tôt pour (se) prononcer” sur un remboursement des usagers franciliens pénalisés par la grève, car “la plupart des gens sont sur un forfait” et “la RATP a mis en place des dispositifs alternatifs”.

La plus grande surprise fut le calme et le nombre de passagers présents en gare de La Défense, aux alentours de 8 heures. Une affluence très faible qui (d)étonne pour une journée où une pagaille monstre était annoncée dès le petit matin. Direction Châtelet-Les Halles pour descendre au sud des Hauts-de-Seine, via un RER B dont les perturbations plus importantes que sur le RER A laissaient présager d’importantes difficultés.

Au contraire, la députée des Yvelines et porte-parole de La République en marche Aurore Bergé  a jugé “légitime” sur RMC et BFMTV de “faire une quote-part qui permette de rembourser une journée où les usagers nont pas pu bénéficier des transports en commun”.

#GrèveRATP #RERA. 8h20 : Gare de La Défense. Quais presque déserts, calme absolu. pic.twitter.com/qT7HwlqMmY

Si la demande en VTC a forcément augmenté ce vendredi matin, quid de loffre de véhicules? Uber indique avoir envoyé jeudi un message à tous ses chauffeurs, les avertissant quil y aurait plus de clients potentiels… mais aussi plus de bouchons attendus. Ils ont un statut dindépendant et ce ne sont pas des salariés. Donc, on ne peut pas les contraindre à travailler ni prévoir leur nombre à lavance , argue lentreprise, qui navait pas, à 9 heures, le nombre précis de VTC travaillant ce vendredi matin.

Le quai était rempli, certes, mais ni plus ni mois qu’en temps normal dans une gare qui permet de nombreuses correspondances. Fréquentation « classique » du train jusqu’à Bagneux (Hauts-de-Seine) , avant un retour à la capitale non moins sans difficultés. Il en a été de même notamment sur le tramway T2, moins pris d’assaut qu’en temps normal.

De nombreux internautes sen sont plaints sur les réseaux sociaux, et nous avons aussi constaté des tarifs bien plus élevés que dhabitude. Pour un trajet Montparnasse-Bir-Hakeim, le trajet coûtait à 8h30 plus de 30 euros sur les applications Uber et Kapten. Celle-ci indique même précisément la majoration, qui fait presque tripler le prix. Car en temps normal, un tel trajet coûte environ 10 ou 15 euros.

Lire aussi : Grève à la RATP. Du télétravail au congé forcé, comment les salariés s’organisent dans les Hauts-de-Seine

Contacté par le Parisien, Uber justifie ces hausses par la tarification dynamique qui compose une partie du prix. Quand un déséquilibre se produit entre le nombre de chauffeurs disponibles et celui de clients demandeurs, ça aboutit à une hausse momentanée des tarifs , indique le groupe, assurant que les prix sont uniquement calculés par un algorithme.

Télétravail, voiture, vélo ou jour de congé… les travailleurs ont pris leurs dispositions dès la veille pour éviter un chaos qui n’a finalement pas eu lieu dans le RER… pas plus que dans les quelque lignes de métro qui circulaient. La route a été un peu plus chargée qu’un jour classique. A contrario des rames du RER donc, dans laquelle une dame commentait : 

Ce chiffre établi par la Cour des comptes correspond à une retraite pour carrière complète pour les nouveaux retraités 2017. Le montant moyen mensuel de retraite des nouveaux retraités sétablit à 2840 euros en 2018 (nouveaux retraités, chiffre RATP) et 2383 euros pour lensemble des retraités (chiffre RATP). Ces chiffres sont en nette accélération puisque le montant moyende retraite mensuelle sétablissait à 1969 € en 2007. Ces chiffres sont à comparer avec ceux de la CNAV où le montant moyen mensuel de retraite (tous retraités confondus) est de 686 € en 2018 ou de 481 € à lArrco-Agirc (2017, retraite de droit direct uniquement).

Je vais même arriver plus tôt que ce que j’avais prévu, et que d’habitude.

Symbole d’une heure de pointe matinale qui est finalement passée comme une lettre à La Poste.

Le régime spécial de la RATP est déficitaire : pour combler cela, le régime est financé par le budget de lEtat, donc par les impôts (de tous les Français et non des seuls contribuables franciliens), via 736 millions de subventions déquilibre. Cest 59 % des ressources du régime. La subvention déquilibre a cosidérablement augmenté : elle était de 414 millions deuros en 2007.

Journée noire dans les transports parisiens ce vendredi. Le taux de grévistes de la RATP, qui manifestent contre une réforme de leur système de retraite, dépasse les 90% selon lUnsa. Dix lignes de métro sont totalement fermées, les autres partiellement. Et alors que les Franciliens cherchent à se rendre au travail, les prix des VTC explosent.

Dans le détail, il n’y aura aucun métro sur les lignes 2, 3, 3bis, 5, 6, 7bis, 10, 11, 12 et 13. Sur les lignes 4, 7, 8 et 9 du métro, le trafic sera “très fortement perturbé avec lignes et stations partiellement ouvertes, uniquement en heures de pointe”. Quant aux lignes automatiques (la 1 et la 14), le trafic sera normal mais c’est un autre risque qui attend les passagers, celui de la saturation. 

“Il y en a marre !” : récit dune matinée de galère dans les transports de la RATP

Sur Kapten par exemple, dès 8 heures, aller du sud du 15e arrondissement à la station Parmentier, dans lest de Paris, coûte plus de 70 euros ce vendredi matin. Soit presque trois fois ce que coûte ce trajet en temps ordinaire. Même envolée tarifaire sur Uber ou Le Cab: pour se rendre du 18ème arrondissement à Balard, il faut accepter de payer sa course plus ou moins 50 euros, contre 25 en temps normal.

GRÈVE – C’est un vendredi noir qui s’annonce dans les transports en commun parisiens. Pour protester contre la réforme des retraites qui prévoit une suppression des régimes spéciaux, les agents de la RATP sont invités par les syndicats à cesser le travail. La mobilisation s’annonce comme la plus importante depuis 2007.

Pas sûr pour autant que cette journée soit particulièrement rentable pour les chauffeurs de VTC, puisque les conditions de circulation impraticables ce vendredi dans et autour de Paris vont sans doute les empêcher de prendre autant de courses que dhabitude.

En clair, le plan du métro pour ce vendredi 13 septembre ne ressemblera pas à celui que vous avez l’habitude de voir dans les rames. Pour vous aider à y voir plus clair, Le HuffPost a supprimé du plan les lignes et stations fermées à l’occasion de la grève. 

En prévision de cette grève massive, la RATP a noué des partenariats avec des opérateurs privés de mobilité à Paris. Elle propose des codes pour obtenir des réductions dans les parkings franciliens, pour louer scooters, vélos ou trottinettes en libre-service. Un seul service de VTC propose un code promo: le numéro 2 du secteur à Paris, Kapten, donne une réduction de 20% à ceux qui tapent le code RATP4 dans lappli. 

Pas sûr que cela suffise à contrebalancer leffet de la très forte demande sur le prix des courses. Sur les réseaux sociaux, les captures décrans qui dénoncent lexplosion des tarifs des VTC commencent déjà à fleurir. 

Vous nous demandez plus largement si cette pratique est légale. Le droit de travail pose des garde-fous, mais il ninterdit pas à lemployeur de minimiser les effets de la grève, explique Emmanuel Dockès, professeur en droit du travail à luniversité Paris-X-Nanterre. Il est très clairement interdit dans le Code du travail de remplacer les grévistes par des travailleurs à contrat à durée déterminée, cest-à-dire soit par des travailleurs temporaires soit par des CDD. Cette interdiction-là signifie aussi quon ne peut pas embaucher de faux contrats en CDI, détaille-t-il.