Coupe du monde de rugby : la France doit venir à bout des Gallois pour continuer sa route – Franceinfo

Coupe du monde de rugby : la France doit venir à bout des Gallois pour continuer sa route - Franceinfo

Avant France – Galles : espoir, pessimisme, effervescence… une étrange atmosphère règne à Oita

Dimanche à 9 h 15, la France affronte le pays de Galle en quart de finale de la coupe du monde de rugby au Japon. Sur le terrain, un homme attirera immanquablement tous les regards. Il sagit du n° 10 gallois, Dan Biggar, lun des meilleurs stratèges de léquipe. Victime de deux commotions cérébrales à moins de deux semaines dintervalle – la première le 29 septembre contre lAustralie et la seconde le 9 octobre contre les Fidji –, le joueur se retrouve au cœur dune vive polémique sur les risques encourus par les sportifs après des chocs violents à la tête.

Alors quil a été déclaré  apte  par le staff de léquipe galloise, sa présence sur le terrain est jugée  scandaleuse et potentiellement dramatique  par Jean-François Chermann, neurologue qui a suivi plus de 1 000 athlètes de haut niveau commotionnés.  Le faire jouer dimanche est une décision anachronique, à rebours de tout ce qui se fait depuis des années pour éviter que de simples commotions ne finissent par provoquer des séquelles à vie ou même des décès , poursuit celui qui a initié la mise en place du  protocole commotion  pour le Top 14 en France. Selon ce protocole, tout joueur qui subit deux commotions en moins dun an ne peut pas reprendre la compétition avant trois semaines. Dan Biggar, lui, va se retrouver face aux Français dix jours à peine après sa dernière commotion.

Le Pays de Galles réduit la marque par l’ailier des Saints, Regan Grace, qui récupère un jeu au pied et fait parler son agilité pour aplatir dans l’en-but français (19-6). Sur le dernier tenu, Gavin Marguerite fait parler sa puissance et scelle la victoire des Bleus (23-6). Sur la dernière action du match, Alrix Da Costa sauve son camp en revenant et projetant en touche l’ailier gallois qui partait à l’essai. Victoire finale des Bleus 23-6 qui jouera une possible qualification contre l’Angleterre à 6h25.

La Fédération internationale de rugby veut-elle avoir un mort sur le terrain en pleine coupe du monde  ?

Pour Jean-Pierre de Mondenard, médecin du sport et grand spécialiste du dopage, cest la notion même dun délai de repos applicable à tous les joueurs qui est critiquable.  Aucun médecin ne peut appréhender les conséquences dune commotion, explique-t-il. Même les examens les plus poussés en imagerie cérébrale ne permettent pas de se faire une idée précise des lésions subies par les neurones. Personne ne peut donc prédire le délai nécessaire pour récupérer.  À propos de la présence sur le terrain de Dan Biggar dimanche, Jean-Pierre de Mondenard semporte :  La Fédération internationale de rugby veut-elle avoir un mort sur le terrain en pleine coupe du monde  ? Il me semble que, si léquipe de France voulait aller au bout de son raisonnement sur la protection des joueurs, elle devrait tout simplement refuser de jouer contre le joueur gallois. 

La présence de louvreur dans le quinze gallois demain pour affronter le léquipe de France soulève de nombreuses questions. Alors le staff gallois joue-t-il avec la santé de son demi douverture ? Louvreur du XV du poireau a été touché deux fois à la tête lors de la phase de poules de cette Coupe du monde. Deux commotions cérébrales : une première face à lAustralie le 29 septembre, et une seconde lors dun choc avec son coéquipier Liam Williams face aux Fidji. Le staff médical gallois a confirmé que le joueur était finalement apte.

La France se relance avec la manière face au Pays de Galles

Pourquoi tant de virulence  ? Parce quaujourdhui il nest plus possible de nier lévidence : les chocs à la tête nont rien danodin.  Quand il prend un coup ou subit une rotation violente, le cerveau se heurte aux parois de la boîte crânienne, ce qui entraîne un écrasement et des lésions , reprend Jean-Pierre de Mondenard. Résultats potentiels : perte de conscience, confusion, troubles du comportement… et même inflammation chronique dans certaines zones du cerveau. Ainsi, même après la disparition des symptômes, la mémoire et les capacités cognitives peuvent ne plus être aussi efficaces quavant.

“Cest une carrière exceptionnelle, a dailleurs commenté Jacques Brunel hier en conférence de presse. Je crois que ça fait douze ans quil est à la tête de cette équipe. Il la transformée, la amenée au sommet. Son parcours est unique, personne na eu autant de succès que lui durant cette période. Donc, je lui dis chapeau Monsieur !” Un bel hommage pour un manager qui aurait très bien pu être son successeur à la tête du XV de France. Seulement voilà, les président de club amateur en ont décidé autrement.

Surtout, il est désormais démontré que lenchaînement des commotions na, lui non plus, rien danodin : un joueur déjà touché aura des réflexes moins aiguisés et donc plus de risques de subir un nouveau choc. On parle du syndrome du  deuxième impact . Comme dans un cercle vicieux, à chaque nouvelle commotion, les séquelles saggravent et le temps de récupération sallonge. Le joueur gallois coche donc toutes les mauvaises cases.

Le Café des halles, habituellement fermé le dimanche, sera exceptionnellement ouvert. Ce jour-là, il sera possible de boire un café, ou une bière pour les plus téméraires, dès 9 h 15, heure du coup denvoi. Il ny a que le Café de Paris, fermé jusquau 5 novembre pour congés annuels qui affichera porte close. Le choix est donc ouvert.

Video: Coupe du monde de rugby : La composition pour le Pays de Galles

On comprend à ce niveau de la compétition que Dan Biggar ne souhaite pas céder sa place, aucun rugbyman professionnel ne le ferait, mais ce que ce cas démontre surtout, cest que les fédérations ne sont toujours pas capables de protéger leurs joueurs.

Pour les phases de poules, le public na pas vraiment répondu présent. Du côté du Sweet, “ça a été un flop”, note-t-on. Les supporters “ont regardé les matchs chez eux et sont venus boire un café après”. Il faut dire que les horaires naident pas à faire du chiffre pour les cafetiers. “Cest trop tôt”, juge-t-on au Local.

Dunkerque : le match France – Pays de Galles retransmis au Studio 43

« Finalement, c’est une Coupe du monde très particulière pour les Bleus. C’est difficile pour eux de trouver un rythme. Après leur premier match, ils ont eu onze jours de pause, puis, après deux rencontres rapprochées, ils ont eu de nouveau quinze jours de pause. L’équipe de France a tout à gagner sur ce quart de finale parce que le pays de Galles est favori. La pression est sur les Gallois, et la clé du match sera de bien conserver le ballon. Ce sera même un mix entre gérer les temps faibles, avoir le ballon, ne pas être timoré et se lâcher. La France est performante quand elle arrive à tenir la balle et à mettre de la vitesse. Dès qu’on a des ballons très lents, on a du mal à s’en dépêtrer. Il faudra aussi toucher les ailes pour créer des décalages. Les Gallois ont un jeu cadré, et ça peut être leur faiblesse. S’ils n’arrivent pas à mettre leur jeu en place et qu’on joue dans un “désordre organisé”, ils auront moins de ressources pour improviser par rapport aux Français qui trouvent des solutions de manière plus innée et spontanée. Le pays de Galles fait partie des équipes anglo-saxonnes qui ont un style de jeu très programmé, comme les Irlandais. Mais attention, tout ce qu’ils font, c’est très efficace. C’est une équipe qui aime garder le ballon, avec des fins stratèges au pied et des relanceurs hors-pairs comme Liam Williams. Il faudra les faire déjouer sur leurs points forts, que sont le jeu au pied haut et la conquête. Ce sera un match très serré. »