Climat : la France regrette lofficialisation par les États-Unis de leur sortie de laccord de Paris – Le Figaro

Climat : la France regrette l\officialisation par les États-Unis de leur sortie de l\accord de Paris - Le Figaro

Accord de Paris : les États-Unis officialisent leur retrait, la France exprime ses regrets

Il sétait targué de redonner aux diplomates américains le "swagger", cette fierté un rien fanfaronne de ceux qui appartiennent à lélite mondiale. Mais leur chef Mike Pompeo est aujourdhui accusé davoir laissé tomber ses employés dans laffaire ukrainienne qui accable Donald Trump.

Pilier du trumpisme, le secrétaire dEtat américain était déjà fragilisé par lobjet même de la procédure lancée par les parlementaires démocrates en vue dune destitution du président des Etats-Unis: un possible chantage pour pousser lUkraine à enquêter sur un rival politique du milliardaire républicain.

Oui, cest prévu et ce sera même beaucoup plus rapide. Si un démocrate est élu à la Maison Blanche en novembre 2020, il lui suffira de  renvoyer une lettre officielle aux Nations Unies, et les Etats-Unis seront réintégrés sous un délai de 30 jours , indique Fanny Petitbon.  Tous les candidats démocrates dimportance ont dailleurs déjà annoncé quils réintégreraient lAccord sils gagnaient lélection, dès leur prise de fonction en janvier 2021 , rappelle-t-elle.  Lenclenchement de la procédure sera probablement lun des premiers gestes dune présidence officielle , ajoute même Sébastien Duyck. En cas de changement de présidence, les Etats-unis pourraient être de retour dès le 21 février 2021.

Les critiques se portent aussi à présent sur lattitude de Mike Pompeo au département dEtat, confortées par la publication, lundi, des premières transcriptions dauditions réalisées dans le cadre de lenquête parlementaire.

Tout simplement parce que Donald Trump navait pas dautre choix.  Selon le texte de lAccord de Paris négocié en décembre 2015, aucun pays ne pouvait notifier son intention de sortir avant le troisième anniversaire de lentrée en vigueur du texte , explique Fanny Petitbon. Soit le 4 novembre 2019, date de la missive envoyée par Donald Trump à lONU.  Cest une procédure légale quon inclut dans les traités pour essayer de mobiliser les plus pessimistes. Cest juste vraiment rare quun pays le fasse, surtout pour un traité universel comme celui-là , analyse Sébastien Duyck. Cest pourtant un droit, garanti par le droit international qui permet aux Etats de rester souverains.

En cause: labsence de soutien apporté à lex-ambassadrice des Etats-Unis à Kiev, Marie Yovanovitch, lorsquelle a été sommée de quitter son poste au printemps après une "campagne" menée contre elle par lavocat personnel de Donald Trump, Rudy Giuliani. Puis quand le président américain, dans son appel de juillet avec son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky, a étrillé lambassadrice avant de lâcher, menaçant: "Il va lui arriver des choses".

Climat: la France regrette lofficialisation par les États-Unis de leur sortie de laccord de Paris

Quand le contenu de cette conversation est dévoilé fin septembre, Michael McKinley fait part de son trouble à Mike Pompeo, dont il est alors conseiller spécial.

 Le tout est déviter la contagion. Cest pour ça que cest important davoir des moments comme les COP, pour montrer que la grande majorité des pays sont unis face au changement climatique . Dautant plus que la décision de la présidence américaine a profondément divisé le pays :  Tout un tas dacteurs américains, des villes, des entreprises, prennent des engagements pour le climat, afin de montrer que ce nest pas la décision de tous les Américains , poursuit-elle.

"Il ma écouté, cest tout", a rapporté à la Chambre des représentants ce diplomate chevronné. Il plaide pour que le département dEtat "publie immédiatement un communiqué de soutien" au "professionnalisme et au courage" de lambassadrice déchue. "Pour montrer aux diplomates de carrière que nous respectons le professionnalisme", avance-t-il.

La notification par les États-Unis à lONU, qui ne pouvait intervenir plus tôt en raison dune clause inscrite dans le texte, enclenche un compte-à-rebours dun an avant que Washington puisse effectivement quitter laccord. Ce départ naura donc lieu au plus tôt que le 4 novembre 2020, le lendemain de la prochaine élection présidentielle aux États-Unis, à loccasion de laquelle Donald Trump briguera un second mandat.

Le secrétaire dEtat, selon son récit, ne répond pas, et finit par charger sa porte-parole de linciter à "laisser tomber".

Cette notification faite lundi par Washington était “un élément de procédure qui était attendu”. Néanmoins, “nous le regrettons et cela rend encore plus nécessaire le partenariat franco-chinois sur le climat et la biodiversité”, a indiqué la présidence française alors quEmmanuel Macron entamait ce mardi à Shanghai la deuxième journée dune visite en Chine.

Cette attitude pousse le conseiller à la démission. "Après 37 ans de carrière diplomatique", "je ne peux plus détourner le regard quand on refuse à des collègues le soutien professionnel et le respect quils méritent", a-t-il dit aux élus démocrates.

À cette occasion, les deux hommes devraient signer un texte commun sur le climat et la biodiversité, dont un paragraphe affirmera “lirréversibilité de laccord de Paris”, selon lElysée. Les deux pays avait décidé de coopérer sur ce sujet, lune des priorités diplomatiques affichées de Paris, en marge du sommet du G20 de Buenos Aires en novembre 2018.

John Sullivan, le numéro deux de la diplomatie américaine, a ajouté à lembarras en reconnaissant au Sénat avoir su dès le printemps que Rudy Giuliani menait une "campagne" sans fondement "contre" lambassadrice, même sil a assuré que Mike Pompeo avait tenté de résister aux pressions contre elle.

Les États-Unis sont le seul pays à se désengager de ce texte signé par 197 pays, jusquà la Corée du Nord. La lutte contre le réchauffement climatique doit être un des sujets de lentretien entre Emmanuel Macron et son homologue chinois Xi Jinping mercredi à Pékin. 

Accord de Paris : sortie officielle des États-Unis

Lintéressée na toutefois pas eu droit au moindre mot de la part de son patron. Le secrétaire dEtat lui a juste fait dire "quil avait essayé" de la "protéger, mais quil nétait plus en mesure de le faire", a-t-elle expliqué aux élus.

Au-delà du sort de Marie Yovanovitch, les employés du "State Department" sont aussi choqués par les révélations sur la latitude laissée à Rudy Giuliani pour mener une diplomatie parallèle auprès de lUkraine.

La décision de M. Trump na pas créé leffet domino que certains craignaient dans des pays comme lAustralie et le Brésil. Elle a même galvanisé de multiples acteurs américains non-fédéraux: Etats gouvernés par les démocrates, villes et entreprises qui se sont engagés à la neutralité carbone dici 2050 ou à dautres actions. Cela compensera en partie linaction fédérale.

On est loin du fameux "swagger" promis par Mike Pompeo lors de son arrivée au printemps 2018 à la tête dun ministère des Affaires étrangères démoralisé — déjà — par la gestion de son prédécesseur Rex Tillerson.

Même lambassadeur américain auprès de lUnion européenne Gordon Sondland, un soutien de Donald Trump dont le rôle reste controversé, a fait mine de soffusquer, lors de son audition, de "lordre du président dimpliquer M. Giuliani".

“Aujourdhui, les Etats-Unis entament le processus de retrait de laccord de Paris. Conformément aux termes de laccord, les Etats-Unis ont soumis une notification formelle de leur retrait aux Nations unies. Le retrait sera effectif un an après la notification”, a déclaré le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, dans un communiqué.

Lors des multiples entretiens quil accorde à des médias conservateurs ou locaux, dordinaire plutôt complaisants, il est désormais bombardé de questions sur ce dossier. Sans dissimuler son agacement, il affiche sa loyauté au locataire de la Maison Blanche et tente déluder les soupçons de déloyauté à légard de ses employés.

Mais celui qui a acquis un poids incontestable dans la mise en oeuvre de la politique étrangère de Donald Trump apparaît soudainement en retrait.

Le gouvernement américain a confirmé lundi sa promesse de sortir de l'accord mondial sur le climat en notifiant sa décision à l'ONU. Mais il lui faudra encore patienter un an et s'assurer de sa réélection pour rendre ce retrait effectif. Paris a indiqué  regretter  cette annonce.

Climat: les États-Unis notifient formellement à lONU leur retrait de laccord de Paris

A Ankara, cest sous la houlette du vice-président Mike Pence quil a participé aux négociations sur la nouvelle crise syrienne qui vaut à ladministration Trump dêtre vilipendée par son propre camp républicain. Sur les images, il est relégué au second plan.

La lettre était attendue depuis 2017 mais ne pouvait être envoyée pour des raisons juridiques jusquà lundi : les Etats-Unis de Donald Trump ont notifié les Nations unies de leur intention de se retirer de laccord de Paris sur le climat.  La France a déclaré mardi “regretter” cette décision. Cette notification faite lundi par Washington était “un élément de procédure qui était attendu”. Néanmoins, “nous le regrettons et cela rend encore plus nécessaire le partenariat franco-chinois sur le climat et la biodiversité”, a indiqué la présidence française alors quEmmanuel Macron entamait mardi à Shanghai la deuxième journée dune visite en Chine.

Sur une autre photo, plus symbolique, il est carrément absent: celle de la "Situation Room" de la Maison Blanche lorsque Donald Trump et son équipe de sécurité nationale assistent en direct à la mort du chef jihadiste Abou Bakr al-Baghdadi, en Syrie. "Jaurais adoré être là", a-t-il reconnu.

Le retrait américain ne change donc rien immédiatement, mais il est lourd de sens, même si peu doutaient que la Maison Banche confirmerait cette étape.  Ladministration Trump montre quelle se fiche de la science et de léconomie , a réagi Andrew Steer, président du World Resources Institute.  Elle est mue par une vision obsolète datant du siècle précédent, quand on croyait que laction climatique était coûteuse et détruirait des emplois.  Politiquement, Donald Trump pourra faire valoir à ses électeurs quil a tenu sa promesse.

Mais où était-il? Au Kansas, son fief où il enchaîne les déplacements, alimentant les rumeurs sur un départ prochain du gouvernement pour briguer un poste de sénateur en 2020.

A tel point quil est aussi accusé par certains démocrates dutiliser les finances publiques à des fins électorales personnelles.

La décision de M. Trump na pas créé leffet domino que certains craignaient dans des pays comme lAustralie et le Brésil. Elle a même galvanisé de multiples acteurs américains non-fédéraux : Etats gouvernés par les démocrates, grandes villes, et entreprises. Nombre de ces entités se sont volontairement engagées à la neutralité carbone dici 2050, ou à passer à 100 % dénergies renouvelables dans la production délectricité. Cela compensera en partie linaction fédérale.

Cette étape clé, qui ne pouvait intervenir plus tôt en raison dune clause inscrite dans le texte, enclenche un compte à rebours dun an avant que Washington puisse effectivement quitter laccord. “Aujourdhui, les États-Unis entament le processus de retrait de laccord de Paris. Conformément aux termes de laccord, les États-Unis ont soumis une notification formelle de leur retrait aux Nations unies. Le retrait sera effectif un an après la notification”, a déclaré Mike Pompeo dans un communiqué. 

La France a exprimé ses regrets face à cette notification faite lundi par Washington, même si elle était attendue. “Nous le regrettons et cela rend encore plus nécessaire le partenariat franco-chinois sur le climat et la biodiversité”, a indiqué la présidence française alors quEmmanuel Macron est en Chine.  

Pékin a dailleurs aussi annoncé quelle “déplorait” cette annonce. “Nous espérons que les États-Unis feront preuve de davantage de responsabilité et quils contribueront davantage au processus de coopération multilatérale, au lieu dajouter de lénergie négative”, a indiqué devant la presse un porte-parole de la diplomatie chinoise, Geng Shuang.  

Le départ naura donc lieu au plus tôt que le 4 novembre 2020, le lendemain de la prochaine élection présidentielle aux États-Unis, à loccasion de laquelle Donald Trump briguera un second mandat. Le secrétaire dÉtat Mike Pompeo a de nouveau invoqué “le fardeau économique injuste imposé aux travailleurs, entreprises et contribuables américains par les engagements pris par les États-Unis dans le cadre de laccord”. 

Présentant lAmérique comme un bon élève de la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre, il a prom…Lire la suite sur LExpress.fr