Mali : la France annonce la mort dun important chef djihadiste au Sahel – Le Monde

Mali : la France annonce la mort d\un important chef djihadiste au Sahel - Le Monde

France: la ministre des Armées annonce la mort dun chef jihadiste au Mali

Face à une dégradation sécuritaire continue en dépit du déploiement de soldats français et de Casques bleus, il y a une forme de fatigue et dimpatience , en particulier au Mali, explique Ibrahim Maïga, chercheur à lInstitut détudes de sécurité à Bamako.

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 Il sagit de la neutralisation dun personnage très influent , a déclaré Florence Parly, au lendemain de sa visite au Burkina Faso, où elle a rencontré des forces spéciales françaises.  Il est très important de désorganiser ces mouvements en profondeur , a souligné la ministre,  mais cela ne signifie pas que ces mouvements sautodétruisent en parallèle .

Messenger LinkedIn Email Ibrahim Maïga est chercheur à lInstitut détudes de sécurité à Bamako (Mali). Il fait le point sur la situation sécuritaire du pays où les groupes armés terroristes (GAT) sèment la terreur et où les forces étrangères (françaises et onusiennes) sont de plus en plus contestées. Entretien.

Lune des inquiétudes dans la région, que ce soit au Mali, au Niger et au Burkina Faso, cest lintensification de la violence ainsi que son expansion. Il y a quelques années, il y avait une obsession pour lépicentre quétait le Mali. Mais aujourdhui les trois pays frontaliers sont sévèrement touchés, avec des niveaux de fragilité différents.

Le djihadiste a été tué  dans la nuit du 8 au 9 octobre  sur le sol malien en coordination avec les forces maliennes et un soutien américain, a-t-elle précisé dans lavion qui la ramenait dune tournée dans plusieurs pays de la région du Sahel, où quelque 4 500 militaires français sont déployés dans le cadre de lopération antidjihadiste Barkhane.

Il devient donc difficile de parler dépicentre. La situation se dégrade partout. À titre dexemple, le Niger fait face à une triple menace. À lest, avec Boko Haram, à louest avec la présence de lÉtat islamique au grand Sahara (EIGS), ainsi quau nord avec tous les risques liés à linstabilité en Libye. En lespace dun mois, larmée malienne a perdu près de cent vingt soldats dans des attaques au centre et au nord du pays. Lundi 4 novembre, cinq gendarmes et au moins cinq civils ont été tués lors dune attaque contre le détachement de gendarmerie de Oursi, dans le nord du Burkina, près de la frontière malienne.

Sahel : pour Florence Parly, vaincre les jihadistes prendra du temps

Elles sont liées à la situation récente, mais les raisons sont également ancrées dans le temps. Ces espaces frontaliers, plus que les espaces urbains, souffrent dune profonde crise de gouvernance. Ces zones ne sont pas tout à fait intégrées aux espaces nationaux. On y retrouve partout les mêmes fragilités. Ce sont des espaces qui ont longtemps été négligés par les pouvoirs centraux et où, parfois, les politiques publiques ont eu du mal à sadapter car elles ne correspondaient pas toujours aux modes de vie de ces populations.

Le GSIM a revendiqué les attaques récentes fin septembre début octobre contre les forces maliennes à Boulkessy et Mondoro avec 40 militaires tués. Le groupe a aussi revendiqué lattentat de Ouagadougou de mars 2018 (8 morts). Les attentats de Ouagadougou de 2016 (30 morts) et 2017 (19 morts) sont également lœuvre dAl-Qaïda.

Cela interroge donc les politiques de coopération transfrontalières, mises en place par les États il y a quelques décennies, mais qui ne marchent pas. On y constate que les milieux ruraux sont dailleurs beaucoup plus touchés que les milieux urbains. Cela montre que labsence de lÉtat et des services sociaux de base a contribué à fragiliser ces espaces.

Malgré la présence des forces française, africaine et onusienne, la dégradation de la situation sécuritaire et les revers subis renforcent les doutes sur la capacité de larmée malienne à faire face aux agissements djihadistes et aux autres violences auxquelles ce vaste pays est en proie depuis 2012 et qui ont fait des milliers de morts, civils et combattants. Plus largement, lensemble des armées nationales des pays sahéliens, parmi les plus pauvres au monde, semblent incapables denrayer la progression des attaques.

En ce qui concerne les raisons récentes, il ne faut pas oublier quen 2013, quand lopération française Serval a commencé au Mali, il y a eu très peu de combats. La stratégie des groupes djihadistes a été de se disperser un peu partout sur le territoire malien mais aussi dans les poches qui nétaient pas sous contrôle des différents États frontaliers. Ce qui a entraîné que les groupes se sont fondus dans les populations locales et ils ont essayé de gagner la confiance des populations en faisant un travail de fond. Car lune des tactiques communes à ces groupes est lexploitation des failles de lÉtat en matière de gouvernance. Cest ce qui a été fait pour consolider leur présence dans ces zones.

Les conséquences de Serval sont donc toujours là. Il ne faut pas oublier que lon est passé dune guerre quasi conventionnelle à une configuration beaucoup plus asymétrique avec des petits groupes éparpillés qui profitent du vide laissé par lÉtat.

La nouvelle de cette élimination intervient quelques jours après la mort dun soldat français dans le nord-est du Mali, tué par un engin explosif. Le groupe Etat islamique au Grand Sahara (EIGS), autre organisation djihadiste active au Mali, a revendiqué cette attaque, de même que celle dun camp militaire du nord du pays où 49 soldats ont été tués vendredi – deux autres sont morts samedi, tués par une explosion dans le centre.

Que font les forces internationales sur le terrain pour endiguer cet éparpillement des groupes et aider au retour de lÉtat ?

Paris annonce la mort dAli Maychou, important chef jihadiste au Sahel

Il est important de mettre en avant le principe de subsidiarité lorsque lon parle des forces internationales. Elles sont ici en appui à lÉtat malien. Cest à lui de prendre linitiative et dexprimer ses besoins. Aujourdhui, les autorités disent que la menace principale nest pas la rébellion ou les anciens groupes rebelles, mais les groupes armés terroristes (GAT).

La France annonce la mort dAli Maychou, un important chef djihadiste au Sahel

On demande une évolution du mandat de la mission intégrée des Nations unies, la Minusma, pour mener une action contre ces GAT. Le problème est que lOnu est très frileuse de passer dune mission de stabilisation de la paix à une mission contre-terroriste.

"Nous mettrons du temps à vaincre ces groupes qui prospèrent sur les difficultés sociales et économiques des pays sahéliens", a estimé Mme Parly au Centre opérationnel interarmées de la force française Barkhane, à NDjamena, première étape de sa tournée qui se déroule dans un contexte sécuritaire tendu après la mort dun soldat français, de 51 militaires maliens et dun député-maire burkinabè et ses trois accompagnateurs. 

Les Nations Unies évacuent donc la responsabilité au niveau de Barkhane. Sauf que Barkhane est aujourdhui limité. Autant Serval sest inscrit dans une durée courte, autant Barkhane doit faire avec les mêmes moyens dans quatre pays qui sont le Tchad, le Niger, le Burkina et le Mali, le tout dans le temps long. Il y a donc une certaine impatience, une fatigue vis-à-vis de ces acteurs internationaux. Et cela donne lieu à toutes les théories complotistes que lon entend au Mali, au Burkina Faso et au Niger, et parfois même en dehors du continent africain.

"Et je veux avoir une pensée pour les militaires maliens tombés lors de lattaque" à Indelimane vendredi, "eux aussi paient lourdement le prix du sang dans ce combat", a poursuivi la ministre. Au moins 51 soldats maliens ont été tués vendredi et samedi: 49 dans lattaque dun camp militaire à Indelimane, dans le nord-est, également revendiquée par lEI, et deux samedi dans le centre du Mali.

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Et les groupes armés terroristes lont bien compris. Ces derniers mois, il semble y avoir une inversion de la hiérarchie des cibles. Avant, lennemi numéro 1 était la France, puis les États-Unis ex-aequo avec la Minusma et enfin les forces armées nationales. Mais si lon regarde les statistiques récentes, on assiste à une augmentation des attaques contre les forces armées nationales. Donc les groupes ont compris quen ciblant ces forces, qui sont de facto plus vulnérables car elles ne disposent pas des mêmes moyens et technologies, ils pouvaient amener les opinions nationales à se questionner sur la présence et lutilité des forces internationales. Et cest exactement ce que lon voit : à chaque fois quil y a une attaque contre les forces armées maliennes (FAMa), la réaction spontanée est anti-Minusma ou anti-Barkhane pour dénoncer ce qui est considéré comme une complicité par inaction. Cest une stratégie qui fonctionne et quils vont continuer à exploiter pour faire croître le sentiment anti-occidental et international puisquil est difficile pour eux de remporter la bataille sur le plan militaire.

"Nous avons évoqué la situation régionale en particulier sous langle sécuritaire. Jai également eu la possibilité de partager avec la président, au-delà des événements tragiques des derniers jours, les progrès qui ont été réalisés dans la lutte contre le terrorisme, des progrès qui sont le fait de la collaboration très efficace entre Barkhane et les forces armées burkinabè", a-t-elle dit.

Mali : la France annonce lélimination dun important chef djihadiste lié à al-Qaïda

Des actions sont lancées, mais de façons éparses. Le tempo est dicté par les événements. On ne sent pas de stratégie globale danticipation des menaces puisque le calendrier de communication est régi par les attaques et laction des groupes.

"Ce voyage se tient dans un contexte sécuritaire extrêmement difficile", avait déclaré à lAFP la ministre dans lavion lemmenant à NDjamena, deux jours après la mort, samedi, dun soldat français tué par un engin explosif dans le nord-est du Mali, un attentat revendiqué par une branche locale du groupe Etat islamique.

Ali Maychou, important chef djihadiste au Sahel, a été tué par des soldats français

Les autorités maliennes considèrent quil y a deux fronts aujourdhui. Le centre et le nord/nord-est. Pour le règlement de la situation au Nord, on continue de penser que lAccord pour la paix et la réconciliation signé à Alger en 2015 est le cadre idéal de résolution de la crise dans cette partie du Mali. La stratégie gouvernementale repose en partie sur la reconstitution de son armée à partir de militaires et danciens membres de groupes rebelles.

Au centre, on a une diversité dinitiative. En plus du processus de désarmement, démobilisation et réintégration (DDR) qui est en place, on a un programme de sécurisation intégré qui comprend un volet sécurité, développement et gouvernance. Il y a donc une prise de conscience que la solution militaire à elle seule ne suffit pas. Mais on sent malheureusement un tropisme sécuritaire très fort, au détriment des autres aspects qui sont tout aussi importants, si lon veut juguler à court, moyen et long terme la situation dinsécurité que traverse le pays.

“Cest un combat dans lequel il faut faire preuve de patience”, a martelé la ministre, ajoutant: “Barkhane ne senlise pas. Barkhane sadapte en permanence (…), il faudra encore du temps pour construire cette résilience des forces locales”. Les violences jihadistes persistent dans le nord du Mali, six ans après lintervention militaire française Serval, à laquelle a succédé lopération Barkhane. Elles se sont propagées au Burkina Faso et au Niger voisins. Quatre personnes, dont le député-maire de Djibo, une grande ville du nord du Burkina Faso où les jihadistes multiplient les attaques, ont été tuées dimanche dans une embuscade, non loin dun camp de larmée que 70 soldats français de Barkhane avaient contribué à renforcer en septembre.Les armées nationales des pays sahéliens, parmi les plus pauvres au monde, semblent incapables denrayer la progression des attaques malgré lappui de troupes étrangères et notamment des militaires français.

Il y a donc un problème de coordination et de cohérence entre les solutions apportées. Notamment entre le militaire et les autres aspects tels que le développement et la gouvernance.

Je pense quil faut aussi créer les conditions dune forme dunité politique ou de consensus, sur les réformes engagées et les actions à lancer. Par exemple, il existe un débat aujourdhui qui nest pas tout à fait tranché : faut-il discuter ou non avec les groupes extrémistes violents ?

À NDjamena, centre névralgique de lopération Barkhane : notre engagement au Sahel est et reste une priorité pour la France. Nous devons concentrer nos efforts sur laccompagnement des forces sahéliennes, épauler nos frères darmes jusquà la résilience de leurs armées. 1/5 pic.twitter.com/A8ksGrq7Ri

Je constate que cest une option à explorer. On le dit depuis 2016. Cette même année on avait conduit une étude dans les régions concernées pour comprendre les motivations des individus, en particulier des jeunes, pour rejoindre ces groupes. On sest rendu compte que peu le font par conviction religieuse.

Les facteurs qui reviennent le plus sont liés à des questions de sécurité, de niveau de vie et de justice. Sur cette base, il est possible douvrir un dialogue, pour donner des garanties suffisantes en termes de protection mais aussi de réparation, tout simplement car quelquun qui senrôle pour se venger doit avoir dautres choix que la réponse militaire.

Lopération française, lancée en août 2014, mobilise 4.500 militaires français dans la bande sahélo-saharienne, en soutien aux armées nationales qui combattent des jihadistes affiliés au groupe Etat islamique (EI) ou à Al-Qaïda.

SAHEL. La France annonce la mort dun important chef djihadiste

Il faut donc savoir comment dialoguer. Pour moi la réponse militaire doit sinscrire dans une réponse plus large. Le moment où ces groupes sont faibles est peut-être celui où il faut commencer le dialogue. Cela ne peut être fait que sil y a une cohérence entre les initiatives.

Patrick Youssef Lannée 2019 a été particulièrement grave. Le Burkina Faso nest plus un acteur secondaire de la crise au Sahel, comme ça la été les années précédentes lorsque le Mali en était lépicentre. Les développements démontrent que ce pays est malheureusement devenu une partie intégrante de cette crise. Sa population fait face à des besoins humanitaires croissants dans le Soum, dans le centre et dans lextrême nord du pays. Si lon compare à 2018, on constate une nette augmentation du nombre de déplacés qui, rien que pour le nord, est passé de 280 000 au mois de mai à 480 000 actuellement. Près de 100 centres de santé ont fermé soit par manque de matériel, soit à cause linsécurité, et environ 2 000 écoles ont aussi fermé leurs portes. Cette évaluation de la situation nous amène à des scénarios assez sombres.

La question a été soulevée lors du lancement des négociations avec les groupes rebelles de 2012. Il y a des compromis politiques à faire, sans reléguer la justice au second plan. Dautant plus que le manque de justice est une des dynamiques ou causes sous-jacentes du conflit au Mali. Beaucoup dindividus se retrouvent dans les groupes armés terroristes ou dautodéfense à la suite dune injustice perçue ou réelle. Lidée est de voir comment dialoguer avec ces éléments sans sacrifier la justice.

Les attaques de groupes armés ont fait plus de 600 morts et occasionné près de 500 000 déplacés internes au Burkina Faso. Lannée 2019 est particulièrement meurtrière. ISSOUF SANOGO / AFP Si la violence des attaques djihadistes a placé le Mali sous les projecteurs le 1er novembre, la liste des victimes burkinabées sest allongée ces dernières semaines. Quinze civils ont été tués à Pobé-Mengao, province du Soum, les 26 et 27 octobre. Le lendemain, cest un policier qui a succombé à une attaque dans la province du Bam (Centre-Nord) et le surlendemain, cinq corps  criblés de balles  ont été découverts près de Dori, dans le nord du pays (région Sahel). De plus en plus fréquentes et meurtrières, les attaques de groupes armés ont fait plus de 600 morts et occasionné près de 500 000 déplacés internes.

La ministre française de la Défense est présente aujourdhui au Mali, quel est votre avis sur cette visite ?

Nous redoutons que linsécurité se propage davantage. Aujourdhui, elle concerne surtout le nord. Il y a quelques jours, le village de Beybey a été attaqué. On compte plusieurs morts et des blessés. Surtout, lattaque a été suivie par un mouvement de population dune centaine de milliers de personnes qui ont bougé vers Djibo. Ce nest pas la première fois que cela arrive, mais cela signifie que de nouvelles personnes ont besoin de nourriture, deau, dassainissement, daccès aux soins de santé. Ce sont des personnes qui ont laissé derrière elles leur bétail, leurs semences, leurs terres. Déjà difficile, leur situation économique, est devenue encore plus précaire.

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Cest une visite importante. Il est nécessaire quelle entende aussi les récits de terrain, quelle prenne conscience des événements et enjeux. La stratégie des groupes est bien dattaquer les positions maliennes, mais lobjectif recherché est de décrédibiliser un adversaire et de remettre en cause la présence des partenaires internationaux. Il est clair que si la tendance nest pas inversée dans les prochains mois, un événement comme le pillage dun entrepôt de la Minusma le 12 octobre dernier se reproduira, mais cette fois-ci il se pourrait que ça soit contre Barkhane ou des intérêts français.

Notre rôle est de protéger les personnes affectées par ce conflit, en totale violation du droit international et des droits humains. Les attaques contre les civils naboutissent à aucun gain militaire, bien au contraire. Elles provoquent le chaos et des besoins humanitaires alors que les gens sont déjà dans une situation de précarité aggravée par les aléas climatiques, la pauvreté, des problèmes démographiques. Autant de problèmes qui font du Burkina Faso un pays difficile sur le plan économique et social.

Il ne sagit pas de clamer haut et fort que tout va mieux, mais il faut des actions beaucoup plus concrètes, ciblées et une franche collaboration avec le Mali en se mettant dans la position dun acteur qui apporte un appui et non qui se substitue.

Elle est différente du nord, où prévaut une situation de conflit armé entre des groupes djihadistes et les forces de sécurité. La ville de Fada, notamment, est sous contrôle du gouvernement et le dialogue existe avec les autorités locales, mais la situation reste tendue, notamment sur la frontière avec le Ghana et le Togo. Des rumeurs y font état de la présence de groupes armés. Globalement, tout le pays est en état de choc et lest ne fait pas exception.

Et lorsquelle dit quil existe une constante réadaptation de Barkhane, que lui répondez-vous ?

Six ans après le déclenchement de l’opération militaire Serval pour barrer la route de Bamako aux groupes jihadistes, l’intervention française « Barkhane » est dans l’impasse face à la multiplication des attaques et la faiblesse de ses alliés du G5 Sahel. L’armée malienne encaisse coup sur coup, comme vendredi dernier lors d’un raid dévastateur à motos et pick-up contre un de ses camps du nord du pays. Bilan: plus de 50 morts qui s’ajoutent à ceux d’attaques similaires aux confins du Niger et du Burkina Faso. Les revendications formelles et opportunes de l’EI après la mort de son « calife » Baghdadi ne doivent pourtant pas tromper. Au Sahel, pas de califat mais un terrorisme qui prolifère sur une variable infinie de « franchises », de l’ancêtre Al-Qaïda aux groupes récents prospérant sur l’abandon des états centraux, les trafics, la misère et les conflits intercommunautaires.

Le problème est que la situation évolue au jour le jour. Je veux bien croire que Barkhane sadapte, mais est-ce que cette adaptation se fait au rythme de la cadence quimposent les GAT ? Ou cest une adaptation périodique faite sur la base dune réévaluation ? On voit en tout cas que les groupes font preuve dune capacité de résilience plus grande quon ne le pensait et leurs actions démontrent clairement quils savent sadapter et réévaluer leurs capacités et opérations sur le terrain.

La France annonce la mort du “deuxième terroriste le plus recherché” au Sahel

Cest dans lavion qui la ramenait du Mali – après une tournée dans la région – que Florence Parly a communiqué linformartion à lAgence France-Presse. Le jihadiste a été tué  dans la nuit du 8 au 9 octobre  sur le sol malien en coordination avec les forces maliennes et un soutien américain, a-t-elle précisé.

Ali Maychou était  le deuxième terroriste le plus recherché au Sahel – y compris par les Américains , a poursuivi la ministre. Il avait rejoint Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) en 2012. Il en était devenu le leader spirituel avant de participer à la fondation du Groupe de soutien à lislam et aux musulmans (GSIM) en 2017 avec Iyad ag Ghali, le numéro un de lorganisation dont il était le plus proche fidèle (et qui est en tête de la liste des personnes recherchées).

La ministre française des Armées prône la patience au Sahel face aux jihadistes

Le GSIM a revendiqué les attaques récentes fin septembre début octobre contre les forces maliennes à Boulkessi et Mondoro avec 40 militaires tués. Le groupe a aussi revendiqué lattentat de Ouagadougou de mars 2018 (8 morts). Les attentats de Ouagadougou de 2016 (30 morts) et 2017 (19 morts) sont également loeuvre dAl-Qaïda.

 Il sagit de la neutralisation dun personnage très influent , a déclaré à lAFP Mme Parly, au lendemain de sa visite au Burkina Faso, où elle a rencontré des forces spéciales françaises. Cerveau de lexpansion dal-Qaïda au Sahel, artisan de lunité des katibas du sud au sein du GSIM, Ali Maychou est le deuxième personnage dimportance du GSIM tué cette année, après la mort de lAlgérien Djamel Okacha, alias Yahya Abou El Hamame en février.

Quelques heures auparavant, Florence Parly avait annoncé le coup denvoi dune nouvelle opération militaire conjointe avec les forces burkinabè pour sécuriser la zone dite des trois frontières Burkina-Mali-Niger, une zone critique où les attaques terroristes se multiplient.

Florence Parly appelle à faire preuve de patience dans le combat contre les jihadistes

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Terrorisme au Sahel: Paris parie sur Parly

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