Pont effondré en France: le camion pesait plus du double du poids autorisé (maire) – Actu Orange

Pont effondré en France: le camion pesait plus du double du poids autorisé (maire) - Actu Orange

Le maire de Mirepoix-sur-Tarn avait tiré la sonnette dalarme

Des renforts des sapeurs-pompiers des P.-O. ont été déployés en Haute-Garonne Twitter @sdis31officiel / Twitter @sdis31officiel Publié le 18/11/2019 à 18:13 / Modifié le 18/11/2019 à 19:43 Sabonner 1 commentaire — partages Partager sur Accidents de la route, Perpignan, Toulouse Faits divers Effondrement du pont de Mirepoix-sur-Tarn : deux plongeurs spécialisés des P.-O. appelés en renfort MISE À JOUR À 19 H 40. Il s'agit de sapeurs-pompiers de l'unité de désincarcération sous-marine.  Une équipe de deux plongeurs des sapeurs-pompiers des Pyrénées-Orientales, spécialisée dans la désincarcération sous-marine, a été envoyée ce lundi 18 novembre à Mirepoix-sur-Tarn (au nord de Toulouse), où un pont suspendu s'est effondré dans la matinée. Les deux secouristes ont été acheminés par hélicoptère pour prêter main-forte au SDIS 31 (Service départemental d'incendie et de secours) dans le cadre du renfort zonal.

Selon la préfecture de Haute-Garonne, l'accident a fait au moins deux victimes. Il s'agit d'une jeune fille de 15 ans qui était en voiture avec sa mère, et le chauffeur d'un poids lourd. Cinq autres personnes ont été blessées et plusieurs autres sont encore recherchées en fin d'après-midi.

Le pont de Mirepoix-sur-Tarn sest effondré DDM Publié le 19/11/2019 à 07:16 , mis à jour à 08:19 Pont effondré de Mirepoix-sur-Tarn, Faits divers, Mirepoix-sur-Tarn Tristesse, désolation, colère, ce sont tous ces sentiments et bien d'autres qui se mélangeaient dans les cœurs des habitants de Mirepoix-sur-Tarn, hier après l'effondrement du pont suspendu, véritable emblème de la commune. «Je suis né ici et j'y ai toujours vécu. J'ai 62 ans, ce pont, je suis toujours passé dessus», commence Jean-Claude, imperméable vert et jogging bleu enfilé en vitesse à la sortie du lit. Quand le bruit des hélicoptères l'a réveillé, il n'a pas réalisé tout de suite la gravité de ce qui venait de se passer. «Je les ai entendus tourner, mais j'ai d'abord cru à un accident au niveau du rond-point de l'autre côté du pont. Ça arrive.»

Mirepoix-sur-Tarn. Ici, chacun se dit : Ça aurait pu être moi…

Au moment des faits, les plongeurs du SDIS 31 se trouvaient en formation en terres catalanes. 

En tenant compte de la pression de l'eau, l'intervention exceptionnelle des sapeurs-pompiers du SDIS 66 porte sur la désincarcération et le découpage de tôle de véhicules à l'aide d'un matériel aquatique spécifique, composé de pinces notamment qu'eux seuls ont en leur possession. C'est pourquoi ils dirigent lesdites opérations de désincarcération.   

Fernand, habitant de Villemur-sur-Tarn, à quelques kilomètres de là, dit avoir «peur» désormais, d'autant que sa commune possède un pont suspendu quasiment identique à celui qu'il vient de voir écroulé. Des travaux d'entretien y ont été réalisés récemment. Lui aussi se dit ce que beaucoup des badauds venus observer la tragédie pensent en ce lundi : «Ça aurait pu être moi, avec mon club de vélo, on y passait régulièrement sur ce pont. J'y étais pas plus tard qu'il y a deux semaines.» Il se pose de nombreuses questions : «C'est inscrit que les camions de plus de 19 tonnes ne peuvent pas circuler sur le pont, mais est-ce que ça se sait vraiment ? Est-ce que ça se voit assez ? Est-ce que c'est bien respecté ?».

Deux enquêtes, une première par le parquet et confiée à la gendarmerie, et une seconde par le Bureau d’Enquêtes sur les Accidents de Transport Terrestre (BEATT), ont été ouvertes pour faire la lumière sur les causes et les circonstances de cet accident. Selon les informations de nos confrères de La Dépêche, "c'est un camion de la société Puits Julien Fondation (…) dont le tonnage était supérieur à la limite autorisée qui s'est engagé sur le pont suspendu." 

Il s'interroge, la gorge nouée, sur la responsabilité des pouvoirs publics : «C'est une catastrophe, lâche-t-il dans un sanglot. Ça aurait pu être ma fille… Imaginez qu'à quelques minutes près, c'était un car avec potentiellement plus de quarante enfants qui passait sur ce pont. Le bilan aurait pu être beaucoup plus lourd. Des victimes toutes innocentes. Faut-il encore laisser des cars scolaires passer sur ce genre de pont ?»

Le maire de Mirepoix-sur-Tarn, Eric Oget, avait bien du mal à contenir son émotion hier matin. Sur les lieux aussitôt après leffondrement du pont, les mots ont du mal à sortir. Ils témoignent aussi dune colère… La commune vit un vrai drame car une enfant est décédée et une famille est dans la peine. Mais ce sont aussi de nombreux habitants qui sont touchés. Un pompier qui est également membre du conseil municipal a été blessé lors des secours… Et on recherche toujours le chauffeur du camion. Le bilan est lourd. Une cellule psychologique a donc été mise en place. Comme beaucoup, Eric Oget essaie de comprendre : Il ny a, à ce moment, pas dexplication officielle pour cet accident. Les dernières analyses remontent à fin 2018. Le pont nétait pas endommagé. Lhypothèse dun véhicule trop lourd reste à explorer mais je peux affirmer que ce nest pas la première fois que lon remarque le passage dun camion de plus 19 tonnes qui est le poids autorisé sur ce pont ! Jai moi-même été témoin, de la présence de gros véhicules qui nont rien à faire dessus. Jai fait des signalements. Plusieurs contrôles ont été effectués mais on ne peut évidemment surveiller 24h/24h…

Un habitant pourrait lui apporter certaines réponses… «Je suis chauffeur routier, j'ai un 26 tonnes et je passais tous les jours sur ce pont», avoue celui qui dit avoir connu le conducteur retrouvé mort en fin de journée. Il regrette qu'on lui mette tout sur le dos. «Aujourd'hui, les gens s'en prennent à une victime.»