Pont effondré en France: le camion pesait plus du double du poids autorisé (maire) – Le Point

Pont effondré en France: le camion pesait plus du double du poids autorisé (maire) - Le Point

Mirepoix-sur-Tarn : qui étaient Lisa et Damien, les deux victimes du pont effondré ?

Le pont de Mirepoix-sur-Tarn sest effondré DDM Publié le 19/11/2019 à 07:16 , mis à jour à 08:19 Pont effondré de Mirepoix-sur-Tarn, Faits divers, Mirepoix-sur-Tarn Tristesse, désolation, colère, ce sont tous ces sentiments et bien d'autres qui se mélangeaient dans les cœurs des habitants de Mirepoix-sur-Tarn, hier après l'effondrement du pont suspendu, véritable emblème de la commune. «Je suis né ici et j'y ai toujours vécu. J'ai 62 ans, ce pont, je suis toujours passé dessus», commence Jean-Claude, imperméable vert et jogging bleu enfilé en vitesse à la sortie du lit. Quand le bruit des hélicoptères l'a réveillé, il n'a pas réalisé tout de suite la gravité de ce qui venait de se passer. «Je les ai entendus tourner, mais j'ai d'abord cru à un accident au niveau du rond-point de l'autre côté du pont. Ça arrive.»

En fin de matinée, plus de trois heures après le drame, il commence tout juste à retourner chez lui à pied, dans le lotissement à quelques dizaines de mètres du pont dont il vient de constater la chute. En ce jour si singulier, ce Mirapicien de toujours mettra néanmoins beaucoup plus de temps que d'ordinaire pour avaler la distance.

L’ouvrage, rénové en 2003, « n’était pas classé à surveillance renforcée ou en état critique », selon Georges Tempez, du Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement (Cerema). Cet organisme public en avait réalisé en 2017 une inspection détaillée pour le compte du Conseil départemental. Un dernier contrôle avait aussi été mené en décembre 2018.

Le choc est lourd, suffisamment pour étourdir cet ancien chauffeur routier, qui voit une certaine fatalité dans ce qui est arrivé : «Même si le pont était souvent entretenu, il est d'une génération qui ne peut plus supporter les multiples véhicules qui passent et qui sont de plus en plus lourds…»

Seule certitude: datant de 1931, le pont suspendu qui s’est « effondré brutalement en quelques secondes », avait été contrôlé et « n’avait pas été identifié comme posant des problèmes particuliers », a déclaré la secrétaire d’Etat à la Transition écologique Emmanuelle Wargon, qui l’accompagnait.

Il s'interroge, la gorge nouée, sur la responsabilité des pouvoirs publics : «C'est une catastrophe, lâche-t-il dans un sanglot. Ça aurait pu être ma fille… Imaginez qu'à quelques minutes près, c'était un car avec potentiellement plus de quarante enfants qui passait sur ce pont. Le bilan aurait pu être beaucoup plus lourd. Des victimes toutes innocentes. Faut-il encore laisser des cars scolaires passer sur ce genre de pont ?»

La disparition d'une jeune habitante de la commune, adolescente de 15 ans, est ici dans toutes les têtes. Annie, 71 ans, installée depuis 32 années à Mirepoix-sur-Tarn, ne pensait hier qu'à cette «gamine qui devait certainement aller au lycée comme tous les matins, elle n'avait rien demandé à personne, et voilà…» Recouverte par un épais plaid qui lui protège les épaules, elle s'inquiète aussi pour l'avenir de sa commune où ne subsistait déjà plus qu'un seul commerce avant le drame. «Mirepoix va perdre en attractivité sans ce pont… On va vivre comme dans un cul-de-sac !» Même si elle ignore, comme les autres, la cause officielle de cet effondrement, elle avoue en avoir «marre de ces monstres» qu'elle voyait passer souvent sur le pont. Des camions, qui lui paraissaient souvent beaucoup trop lourds.

L’enquête judiciaire, confiée au parquet de Toulouse, devra notamment déterminer s’il dépassait la limite de 19 tonnes, rappelée à l’entrée du pont. Les investigations devront aussi éclaircir si « les conditions d’usage (de l’ouvrage) étaient respectées », a précisé Mme Wargon.

Fernand, habitant de Villemur-sur-Tarn, à quelques kilomètres de là, dit avoir «peur» désormais, d'autant que sa commune possède un pont suspendu quasiment identique à celui qu'il vient de voir écroulé. Des travaux d'entretien y ont été réalisés récemment. Lui aussi se dit ce que beaucoup des badauds venus observer la tragédie pensent en ce lundi : «Ça aurait pu être moi, avec mon club de vélo, on y passait régulièrement sur ce pont. J'y étais pas plus tard qu'il y a deux semaines.» Il se pose de nombreuses questions : «C'est inscrit que les camions de plus de 19 tonnes ne peuvent pas circuler sur le pont, mais est-ce que ça se sait vraiment ? Est-ce que ça se voit assez ? Est-ce que c'est bien respecté ?».

Les habitants, qui empruntent cette desserte, majeure pour leur localité, ont été d’autant plus choqués que des bus scolaires venaient d’y passer, selon un témoin. « Ca aurait pu être moi, ce pont je le prends tous les jours », s’effrayait rétrospectivement Emilie Mulero, une infirmière de 37 ans.

Un habitant pourrait lui apporter certaines réponses… «Je suis chauffeur routier, j'ai un 26 tonnes et je passais tous les jours sur ce pont», avoue celui qui dit avoir connu le conducteur retrouvé mort en fin de journée. Il regrette qu'on lui mette tout sur le dos. «Aujourd'hui, les gens s'en prennent à une victime.»

Le pont de Mirepoix-sur-Tarn sest effondré le lundi 18 novembre 2019 DDM – NATHALIE SAINT-AFFRE Publié le 19/11/2019 à 07:14 , mis à jour à 10:34 Pont effondré de Mirepoix-sur-Tarn, Faits divers, Mirepoix-sur-Tarn lessentiel L'effondrement du pont de Mirepoix-sur-Tarn en Haute-Garonne, lundi matin, a fait deux morts : une adolescente de 15 ans qui franchissait le pont en voiture avec sa mère et un chauffeur de poids lourd dont le corps a été retrouvé dans la soirée dans les eaux du Tarn. Plusieurs minutes, une heure tout au plus, qui ont dû être un supplice. Elle le savait : sa sœur passait toujours par là pour amener sa fille au lycée agricole de L'Oustal, à Montastruc-la-Conseillère, où elle était scolarisée en première. Alors quand la tante a appelé l'établissement pour savoir si sa nièce de 15 ans était bien arrivée, elle a aussitôt fait le rapprochement : ses proches se trouvaient en effet dans la Clio blanche qui a disparu dans la rivière après l'effondrement du pont suspendu de Mirepoix-sur-Tarn, au nord de Toulouse. Une scène d'horreur qui a entraîné la chute de cette voiture dans laquelle mère et fille se trouvaient avant de commencer une journée qui aurait dû être comme les autres.

Le camion était-il trop lourd, le pont fragilisé ? Les enquêteurs cherchent, mardi 19 novembre 2019, des réponses au lendemain de l’effondrement du pont de Mirepoix-sur-Tarn, près de Toulouse, dans lequel une adolescente de 15 ans et le chauffeur d’un poids-lourd ont trouvé la mort.

Depuis six mois qu'elle était installée sur cette commune, le rituel était immuable une semaine sur deux : la mère de famille, divorcée depuis plusieurs années, convoyait l'adolescente au lycée avant de se rendre sur son lieu de travail, à Bouloc, où elle officie au sein de la Maison des solidarités. Mais hier matin, l'impensable s'est produit. Leur véhicule a été happé par la déflagration avant d'être englouti par les flots. L'automobiliste est parvenue à s'extirper de l'habitacle avant de regagner les berges à la nage. Malgré les efforts des secouristes, sa fille n'a pu être réanimée sur les berges de la rivière. Lisa Nicaise était âgée de 15 ans. Un drame qui plonge Mirepoix-sur-Tarn dans l'effroi. «Quel malheur : cette maman amenait juste sa fille à l'école… On n'est vraiment rien, c'est affreux. Mais ici, on est tous solidaires», murmure un témoin de l'accident.

Dans l’immédiat, « aucune hypothèse ne peut être confirmée » sur les causes et circonstances de l’accident, survenu lundi peu après 8H00, selon le secrétaire d’Etat à l’Intérieur, Laurent Nuñez, qui s’est rapidement rendu sur place.

La carcasse de la Clio immergée dans les eaux du Tarn à Mirepoix-sur-Tarn, ce lundi matin. – Photo DDM, Philippe Roy

Son tablier s’est pourtant presque totalement effondré dans le Tarn, profond de plus de 20m et large de 100 m dans cette zone, précipitant dans l’eau les deux véhicules qui s’y trouvaient: la voiture où prenait place l’adolescente, conduite par sa mère, et le poids-lourds.

La grand-mère de la jeune victime, présidente de l'association Les Amis de Cécile-Bousquet et du Pastourel est une figure très appréciée sur les rives du Tarn, notamment pour son engagement auprès des personnes âgées qui résident dans les deux maisons de retraite de Bessières.

Hier soir, les sapeurs-pompiers, les gendarmes de la Section de recherches de Toulouse et ceux de la division subaquatique ont lutté jusqu'à 21h30 contre les éléments pour réussir à extraire le corps du chauffeur du poids lourd des eaux.

Damien Calvel était un père de famille aimant et aimé. Celui qui avait pris les rênes de l'entreprise familiale Puits Julien Fondations, basée à Bessières, était un mordu de rugby. Un sport qu'il pratiquait régulièrement comme hobby avec une fine équipe qui s'était baptisée «Les Black de Bess'». Un club qu'il avait fondé et présidé avec générosité. «Damien, c'est quelqu'un qui avait le cœur sur la main et qui travaillait dur pour sa famille, lâche un partenaire de jeu. On est tous sous le choc…»