Le combat de la France au Sahel relève du temps long , estime Florence Parly – Le Monde

Le combat de la France au Sahel  relève du temps long , estime Florence Parly - Le Monde

Christophe Dabiré : Elargir la lutte contre le terrorisme aux pays africains non attaqués est une mauvaise idée

Toutes les options sont sur la table pour donner toute son efficacité à cette opération majeure contre le terrorisme au Sahel , selon Florence Parly.

La bataille menée par la France contre les djihadistes au Sahel  relève du temps long , réaffirme la ministre française des Armées, Florence Parly, dans un entretien publié dans Le Journal du dimanche, à la veille dun hommage national en mémoire des 13 soldats français morts en opération au Mali.  Ce combat-là relève du temps long , a insisté la ministre, interrogée sur lintention du président Emmanuel Macron de réexaminer la stratégie des forces anti-djihadistes françaises au Sahel, dans un contexte sécuritaire régional explosif.

Cétait le 19 mai 2017. Tout juste élu, Emmanuel Macron sétait rendu au Mali auprès des forces françaises. “Lopération Barkhane ne sarrêtera que le jour où il ny aura plus de terroristes islamistes dans la région”, déclarait alors le chef de lÉtat. Deux ans et demi plus tard, alors que la situation sécuritaire ne cesse de se dégrader dans le Sahel, Emmanuel Macron lance une réflexion stratégique sur lengagement de la France dans la zone dans le cadre de la lutte antidjihadiste. 

Linfo continue en temps réel sur www.walf-groupe.com

 Toutes les options sont sur la table pour donner toute son efficacité à cette opération majeure contre le terrorisme au Sahel , explique-t-elle dans les colonnes du JDD, avant dassister lundi à Paris aux côtés du chef de lÉtat français à une cérémonie en lhonneur des treize militaires tués dans la collision de deux hélicoptères au cours dune opération de combat, dans le nord-est du Mali.  Lorsque je me suis rendue début novembre sur place, jai pu constater que la situation se dégradait. Les pertes que subissent les armées du Mali, du Burkina Faso et du Niger en témoignent. Mais en même temps, lopération Barkhane qui accompagne les forces armées africaines remporte des succès , plaide-t-elle.

La force française Barkhane mobilise 4 500 hommes dans la bande sahélo-saharienne pour lutter contre les groupes armés affiliés au groupe État islamique ou à Al-Qaïda. Mais malgré six ans de présence ininterrompue, et 41 morts côté français, les violences djihadistes persistent dans le nord du Mali et se sont propagées au centre du pays ainsi quau Burkina et au Niger voisins.  Cette région se trouve aux portes de lEurope. Il y a la même distance entre Gao et Paris quentre Mossoul et Paris , met en garde Florence Parly.  Notre objectif, cest aussi davoir plus dEuropéens en première ligne avec la France et les États du Sahel , rappelle-t-elle, alors que Paris ambitionne dagréger lan prochain des forces spéciales européennes pour accompagner les armées locales au combat.

Après la perte de treize soldats, la France repense sa stratégie au Sahel

 Les Tchèques, les Belges et les Estoniens ont répondu les premiers. Dautres suivront une fois que leur Parlement aura validé leur déploiement , assure-t-elle.  Tous les Européens comprennent que si nous ne faisons rien, nous aurons en face de nous des territoires immenses, délaissés par les États, qui deviendront des refuges pour les groupes terroristes affiliés à Daech et Al-Qaïda , fait valoir la ministre. Sur le plan régional, Florence Parly affirme que le Tchad  a accepté de se mobiliser davantage sur le fuseau centre dans le cadre de la force conjointe du G5 Sahel , une force militaire régionale (Mali, Burkina, Niger, Tchad, Mauritanie) destinée à lutter contre les djihadistes dans les zones transfrontalières, dont la montée en puissance permettrait à terme à la France de se désengager du Sahel. De source française, on confirme  la volonté politique  de NDjamena, tout en indiquant que les modalités dune intervention tchadienne dans la zone des  trois frontières  (Mali-Burkina-Niger) restent à préciser.

Les appareils de la force Barkhane, venus en appui dune opération de traque dune colonne djihadiste, ont-ils été poussés à laccident par leur retraite précipitée suite à des tirs de combattants de lEtat islamique-Province dAfrique de lOuest (Iswap)? LEtat major français a aussitôt affirmé que non. Il ny a pas eu de prise à partie par les djihadistes qui étaient poursuivis (…) a affirmé son chef, le général François Lecointre. Il ny a pas eu de retrait dun appareil face à un tir des djihadistes. Larmée française dit la vérité: nous la devons à nos soldats et aux familles de nos compagnons qui sont morts. Les enquêtes ne sont pas terminées, les boîtes noires vont être exploitées pour avoir les détails précis de la manière dont nos soldats sont morts.

Chaque matin, recevez gratuitement toute lactualité du jour par mail. Inscrivez-vous à la newsletter.

Les treize soldats français disparus lundi au Sahel, auxquels la France rendra hommage le 2 décembre lors dune cérémonie aux Invalides à Paris, nont pas trouvé la mort sous le feu dun groupe armé affilié à lEtat islamique. La revendication de la nébuleuse terroriste, tombée vendredi, a ravivé les doutes sur les circonstances de la collision fatale de deux hélicoptères survenue après la nuit tombée dans la région du Liptako Gourma, dite des trois frontières (Niger, Burkina Faso, Mali).

Merci pour votre inscription à la Newsletter LeFaso.net. Un email de confirmation vient de vous être envoyé!

En matière de lutte contre le terrorisme, on dira que toute idée de coalition et de solidarité pour le vaincre, puisquil sagit aussi de guerre, est la bienvenue. Et quil vaut mieux avoir nimporte quelle idée que de pas en avoir du tout. Encore faut-il également avoir lidée et le courage de dire que telle ou telle solution proposée nest pas bonne.

Richard Werly Publié samedi 30 novembre 2019 à 08:36, modifié samedi 30 novembre 2019 à 08:38.  Abonné

Mali : Opération Barkhane: pourquoi un retrait des forces françaises nest pas envisagéMali Actu

En loccurrence, nous ne voyons pas en quoi la proposition faite par Macron (et Merkel) au dernier sommet du G7 délargir le périmètre de la lutte contre le terrorisme aux pays du Golfe de Guinée, ou aux « partenaires » non sahéliens de la CEDEAO, méritait lintérêt et lattention que lui ont accordés les dirigeants africains dans leur lutte contre le terrorisme dans lOuest du continent.

Dune part, rien ne justifie la délimitation arbitraire de ce périmètre de sécurité aux seuls pays du Golfe de Guinée qui sétendent du Sénégal à lAngola, ni aux seuls pays de la CEDEAO, à lexclusion des pays du Maghreb voisins pourtant du sahel, et de ceux de lEst et du Sud du continent africain. Il nest pas cohérent de dire que tous les pays sont concernés par le terrorisme, et den isoler seulement quelques-uns comme « périmètre de sécurité », en sachant que ce périmètre touche forcément dautres Etats : en droit, et en bonne logique, ce périmètre na pas de limites définissables si ce ne sont les limites du monde dont on dit quil est tout entier exposé au terrorisme

Proche-Orient. Le sud de lIrak était à feu et à sang jeudi, la mort de 37 manifestants dans la répression des forces de lordre ne faisant pas faiblir les attaques des protestataires contre des bâtiments officiels dont le consulat dIran dans la ville sainte chiite de Najaf. Pour tenter de contenir la violence qui sest déchaînée lors dune des journées les plus meurtrières en deux mois de contestation, les autorités ont limogé un général quelles avaient initialement dépêché pour rétablir lordre dans le sud de lIrak. Notre reportage. 

Est-il normal que la France soit si seule au Sahel ?

Dautre part, si lon sen tient naïvement à ladage selon lequel « lunion fait la force », le G5 Sahel aura démontré quune union de faibles nen fera jamais une force ni une puissance face au terrorisme. Rassemblez autant dEtats pauvres et faibles que vous voulez, vous nen ferez pas une puissance ni militaire ni économique

Après un an de crise. Déstabilisée pendant un an par les déboires judiciaires de son ancien patron Carlos Ghosn, lalliance franco-japonaise Renault Nissan Mitsubishi a lancé jeudi de nouveaux grands projets industriels pour tenter de redémarrer. Les trois groupes ont également décidé la création dun poste de secrétaire général de lalliance, chargé de coordonner ces chantiers sous lautorité du président de Renault Jean-Dominique Senard.

Cest pourquoi, il nous semble, la proposition de Macron cache davantage une ruse pour financer la lutte anti-terroriste au sahel, puisque les partenaires européens et occidentaux ne peuvent/veulent pas tout financer, que pour renforcer les Etats africains confrontés au terrorisme . Autrement dit, le « périmètre sécuritaire » est surtout un cordon de sécurité financière, car il impliquera les poids lourds de léconomie ouest-africaine que sont le Sénégal, la Côte-dIvoire et le Ghana (et les pays pétroliers que sont le Gabon, le Congo-Brazza, et lAngola sil sagit des pays du Golfe de Guinée). Le G5 Sahel compte au contraire quatre pays qui sont parmi les plus pauvres dAfrique et du monde (Burkina, Mali, Niger et Tchad)…

Barkhane. Le président Emmanuel Macron a annoncé jeudi vouloir réexaminer la stratégie des forces antijihadistes françaises au Sahel, dans un contexte sécuritaire explosif, et appelé les Européens à sengager plus à leur côté. Macron présidera lundi après-midi aux Invalides, en présence du président malien Ibrahim Boubacar Keïta, un hommage national ouvert au public en lhonneur des treize militaires.

Mis à part donc ce présupposé financier de la proposition de Macron (à supposer même que des pays africains « plus riches » acceptent de financer la lutte contre un terrorisme qui ne les frappe pas, ou pas encore, le rapport entre lAfrique et lOccident étant le même que celui entre les Etats africains pauvres et ceux des plus riches), on trouvera même que cette idée délargir le périmètre de la lutte contre le terrorisme nest pas seulement mauvaise mais dangereuse :

Afghanistan. Le président des Etats-Unis Donald Trump a annoncé jeudi lors dune visite nocturne surprise sur une base américaine en Afghanistan que les négociations avec les talibans, interrompues en septembre, avaient repris. Trump a confirmé vouloir réduire le nombre de soldats américains sur place à 8 600, contre entre 13 000 et 14 000 aujourdhui. 

Sil y a bien une chose que chacun, expert ou non, sait des terroristes, cest leur logique qui est une psychologie consistant à attaquer et harceler, tôt ou tard, mais systématiquement tout Etat qui se proclame en guerre contre eux, ou qui supporte activement les puissances occidentales qui les combattent : élargir la lutte anti-terroriste à des pays jusque-là épargnés ne fera que propager le terrorisme au-delà et en dehors du sahel…

Alors que tous les experts militaires nous disent que le sahel est une zone trop vaste pour surveiller et maîtriser les groupes terroristes, on ne voit pas comment on pourra maîtriser un terrorisme qui se sera propagé dans toute lAfrique de lOuest, voire dans tous les pays du Golfe de Guinée ; ni avec quels autres moyens que ceux que lon na déjà pas pour le seul sahel…

Si lon voulait vraiment contenir le terrorisme, on penserait plutôt à abandonner la logique des seuls moyens de financement qui poussera inévitablement à la contagion et à lexpansion terroristes, en faveur dune méthode et dune logique plus médicales : pour traiter une épidémie, les médecins recourent au confinement (rétrécissement) des espaces et à la mise en quarantaine des malades ou suspects, plutôt quà louverture des frontières et des espaces de déplacement. Resserrer le périmètre daction, pas lélargir.

Hirak en Algérie. Après des rassemblements colossaux le jour, le mouvement de contestation sétend en soirée, malgré la répression croissante, pour protester contre le pouvoir et la présidentielle du 12 décembre. Notre reportage.

En outre, cette idée délargir le périmètre de la lutte contre le terrorisme est mauvaise en ce quelle refuse de commencer par constater que le nombre de pays ouest-africains qui ne sont pas frappés par le terrorisme dit islamiste est plus grand que celui des pays régulièrement attaqués (Mali, Burkina) : chercher à savoir plutôt ce qui fait que tous les pays de la CEDEAO et des pays du Golfe de Guinée ne sont pas attaqués par les terroristes pour en tirer de bonnes leçons et de bons exemples pour le sahel aurait été une meilleure idée

Car, de deux choses, lune : ou bien les terroristes cherchent à frapper tous ces Etats ouest-africains mais ny arrivent pas sauf au Mali et au Burkina (moins au Niger, et pas du tout en Mauritanie), ce qui prouverait que ces Etats nont pas attendu Macron et Merkel pour assurer et assumer leur sécurité ; ou bien il nest pas vrai de clamer partout que lesdits terroristes en veulent à tous les Etats et peuples de la terre.

Mais nous pouvons aussi nous poser la question si larmée française se trouve dans un vrai bourbier ou si la nature même de lopération lui donne cet aspect. En effet, comme dit plus haut, lintervention française au Sahel vise des intérêts économiques et géopolitiques à long terme pour limpérialisme français, donc elle revêt un caractère « permanent ». Cest en ce sens que vont les déclarations du chef des Etats-majors (CEMA), François Lecointre : « Si je pensais cette mission impossible il y a longtemps que jaurais changé de métier. Je crois que nous natteindrons jamais une victoire définitive, il sera toujours très compliqué de voir le moment où la guerre est enfin gagnée. Et contrairement à ce quon imaginait dans les grands conflits du XXe siècle, jamais les armées françaises niront défiler en vainqueur en passant sous larc de Triomphe ».

Cest à la fois un mystère et une faute de ne pas chercher à savoir pourquoi il y a des attaques au Mali, au Burkina, et dans une moindre mesure au Niger, plutôt quau Togo, au Libéria, en Sierra Leone, au Bénin, au Ghana, au Congo-Brazza, au Gabon… Et pourquoi la Côte-dIvoire, après avoir été surprise à Grand Bassam par le terrorisme, na plus subi dattaque sur son sol.

Barkhane permet en effet de donner corps à lemprise fusionnelle de larmée française sur celle du Tchad, où la situation sociale est explosive, mais où le dictateur Idriss Déby, installé par la France en 1991 après deux décennies de guerre, dispose du principal appareil militaire de la région et constitue un appui de choix pour le contrôle de la Centrafrique. En ce qui concerne le Mali, le pays connaît une situation instable : si lélection dIbrahim Boubakar Keita a permis de faire taire la contestation sociale qui sétait développée tout au long de lannée 2012 dans le Sud, au Nord, les populations sont prises en tenailles entre les groupes djihadistes et larmée française et ses alliés, qui se livrent aussi à des exactions contre les civils. A cela sajoute les rébellions Touareg au Niger en lien avec le Nord-Mali, le principal fournisseur duranium du nucléaire français.

Il y a sans aucun doute de bons exemples vertueux à imiter en Afrique et entre Africains en matière de contention du terrorisme qui ne passent pas toujours par les moyens : le Libéria, la Sierra Leone, le Togo, le Bénin et même le Ghana, le Sénégal, la Côte-dIvoire et dautres Etats africains qui ne sont pas régulièrement attaqués ne sont pas des super-puissances militaires comparées au Mali et au Burkina.

La région a été particulièrement déstabilisée par les opérations catastrophiques en Libye en 2011. La décomposition de la Lybie de Kadhafi, suite à lintervention armée occidentale sous prétexte « humanitaire », a notamment permis à des groupes armés de récupérer du matériel militaire assurant leur progression dans la région, à limage de Boko Haram. Doù la nécessité pour la France de réaffirmer dune part son contrôle dans la région face aux velléités des groupes islamistes, mais aussi, de maintenir lassujettissement des gouvernements et armées du G5 Sahel engagées dans la lutte contre le terrorisme (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger et Tchad).

Au lieu de partir des Etats non attaqués comme de bons exemples, on veut en réalité élargir les mauvais exemples du Mali et du Burkina à dautres Etats qui sont épargnés par le terrorisme. Au lieu que le Burkina et le Mali apprennent des « secrets » et méthodes (plutôt que des seuls moyens) utilisés par le Sénégal, la Guinée, la Côte-dIvoire, le Ghana… pour ne pas être régulièrement attaqués, alors que tous, nous dit-on, sont exposés au même terrorisme, nos dirigeants africains préfèrent sen remettre à une idée qui sera dabord examinée et débattue entre Macron et Merkel pour ensuite être expérimentée en Afrique…

Cette situation est en train de rendre plus compliquée lintervention de larmée française et de ses alliés et de plus en plus les populations locales voient avec hostilité la présence de limpérialisme dans la région. Cest dans ce cadre que la France entend faire pression pour que les pays de lUE sengagent plus dans le conflit. Dans une interview récente au Financial Times, la ministre de la Défense, Florence Parly, a déclaré que les pays européens devraient plus sinvestir dans le Sahel car après le défaite de Daesh en Syrie il fallait empêcher que cette région devienne un refuge pour les terroristes qui menacent lEurope.

Il est vrai que quand on na pas didée du tout, on ne peut donc pas avoir même lidée de reconnaître quune idée est inutile, mauvaise, voire dangereuse. On en remercierait à la limite Macron et Merkel, qui ne sont pas des dirigeants africains, davoir des idées même mauvaises dans la lutte contre le terrorisme en Afrique, alors que des dirigeants africains nont pas didées tout court.

Mais centrer la lutte contre le terrorisme uniquement sur les moyens ne nous convainc pas : on a du mal à croire que des groupuscules éparpillés dans le désert, clandestins coupés et interdits du circuit financier international, aient plus de moyens que des Etats entiers. Ainsi le Nigeria et le Cameroun sont censés avoir plus de moyens que le Mali et le Burkina, parce que plus « riches », mais ils ont tout autant de difficultés pour contenir le terrorisme que ces pays sahéliens plus pauvres. Le réflexe des Etats africains de toujours demander et attendre de laide de qui lon sait les affaiblit paradoxalement face à des terroristes sans aide internationale (que ceux qui sont aidés se retrouvent plus faibles que ceux qui ne le sont pas , voilà le scandale impensé)…

Evidemment, Macron et son gouvernement tenteront de tirer profit de cet accident et de rallier derrière un discours « dunité nationale » lensemble de la population française, en mémoire de ces soldats morts soi-disant pour « nous protéger ». Mais loin dêtre utile à la lutte contre le terrorisme, Barkhane est un élément clé de limpérialisme français en Afrique et en particulier au Sahel, lui permettant de garder une influence dans la région, et dassurer le maintien de gisements duranium utiles à son industrie nucléaire.

On ne parle, en revanche, jamais des méthodes et stratégies propres utilisées dans tel ou tel pays africain pour prévenir et contrer le terrorisme, et qui paraissent efficaces. Pour cause : qui dit méthodes dit intelligence, rigueur et autonomie. Or cest incontestablement dans ce domaine que les terroristes sont supérieurs aux Etats quils attaquent avec facilité : parce que, ne comptant que sur eux-mêmes, ils savent inventer et bricoler des stratégies variées et non conventionnelles (la guerre dite asymétrique oblige, de toute évidence, à linventivité et aux idées nouvelles), malheureusement pour tuer…

Le terrorisme devrait être, à cet égard, loccasion malheureuse dune heureuse libération radicale du génie créateur des Africains, de leur capacité dinventer et créer en général. On est triste de constater, au contraire, que cest de leur incapacité à inventer des stratégies et méthodes pour sadapter à la guerre dite « asymétrique », et non de linsuffisance de leurs moyens (ou bien cest encore cette incapacité dinvention qui explique cette insuffisance des moyens !) que les Africains sont faibles face aux terroristes : « Combattez comme nous, et nous vous vaincrons » ! Il ne faut pas rêver. Sauf si lon veut (faire) rire, ou mourir…

La mort lundi soir de treize militaires français engagés dans lopération Barkhane au Mali après une collision entre deux hélicoptères soulève la question de la nécessité dun tel engagement de la France. À limage des députés de la France insoumise qui, au lendemain de lannonce de ce bilan – le plus lourd pour larmée française depuis 36 ans et lattentat du Drakkar au Liban qui avait coûté la vie de 58 hommes – ont appelé le gouvernement  à ouvrir une discussion sérieuse et rationnelle pour envisager les voies de sortie .

1. Le 30 novembre à 21:43, par mKaK En réponse à : Christophe Dabiré : « Elargir la lutte contre le terrorisme aux pays africains non attaqués est une mauvaise idée »

Cest une tres belle analyse mais avec bcp de la masturbation intellectuelle.Le G5 me marche pas tout simplement parce que la france veut attirer vers elles les financements qui lui permettront de mettre a niveau sa propre armée pour faire la guerre. Evidement les autres européens et consorts sen mefient. “Nous avons demandé la moitie du financement de la minusma pour sunir et faire cette guerre”dixit RMCK, mais on simagine bien que certains ny ont pas intérêt car autrement ils servent a rien.le conseil de sécurité est géré. Pas par nous malheureusement. ils sortent de belles formules et des conjectures a dormir debout. Je vous prie de ny accorder aucun intérêt.

^ Le 1er décembre à 05:07, par yannick En réponse à : Christophe Dabiré : « Elargir la lutte contre le terrorisme aux pays africains non attaqués est une mauvaise idée »

Le ministère des Armées indique que la France remplit trois missions dans le cadre de Barkhane :  démanteler les caches  darmes et dexplosif des groupes terroristes et empêcher les ravitaillements, mettre en place un  partenariat militaire opérationnel  avec les cinq pays concernés par lopération que sont la Mauritanie, le Mali, le Niger le Tchad et le Burkina-Faso (appelé le G5 Sahel) et  agir au bénéfice de la population , en permettant par exemple ladduction deau.

Très bonne remarque de mon frère mKaK dont je m’associe. je voudrais y ajouté ma modeste contribution par différentes remarques : 1/ Le silence total de l’Union Africaine,de son Conseil de Paix et de Sécurité. 2/ Les critiques multiples contre la France et ses armées dans la lutte contre le terrorisme. Pour illustrer ma libre pensée j’ose croire que : lorsqu’une personne(voisin,ami etc…) vient à notre aide,nous n’allons pas nous retourner contre cette personne qui malgré tous les risques,vient à notre aide ? N’est ce pas dans le malheur que l’on reconnait les vrais et bons amis ?Acceptons donc toutes les mains qui viennent à notre aide car une seule main ne peut mettre le toit de chaume sur une case et cessons de ressasser le passé…(esclavage,colonialisme etc…) pour avancer. Ce retour permanent dans le passé,dans l’histoire est “un boulet” qui empeche l’Afrique d’avancer. Certains répliquerons qu’il est dit que,”pour avancer il faut savoir d’ou l’on vient”. Souvenons-nous de ses deux grands Hommes : “Madiba” Nelson Mandela ainsi que le pape Jean-Paul II. A sa libération après des décennies en prison,”Madiba” a tout pardonné.. Le Pape Jean-Paul II lui,c’est déplacé dans la prison pour pardonner et prier pour celui-là qui avait tenté de le tuer…

Si certains évoquent la nécessité de sortir de cette  guerre  au Mali, le Premier ministre Edouard Philippe a tranché en qualifiant dindispensable laction militaire au Sahel, car il y va de  lintérêt de notre pays . Mardi la ministre des Armées, Florence Parly, a plutôt esquivé le sujet en rétorquant devant la presse que  lheure nest pas au questionnement sur le bien-fondé ou pas de cette opération , mais bien  au recueillement .

Pardonnons,Oublions et soyons Heureux car, Celui qui demande pardon est le plus brave, celui qui a pardonné est le plus fort, celui qui a (tout) oublié est le plus Heureux (selon le Savoir du Monde). yannick.

2. Le 30 novembre à 23:25, par Zanga En réponse à : Christophe Dabiré : « Elargir la lutte contre le terrorisme aux pays africains non attaqués est une mauvaise idée »

Le président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, avait adressé ses condoléances à son homologue français, le 26 novembre dernier. Dans son message, il rassurait la France de toute la reconnaissance du peuple malien pour leffort rendu par la France au Mali.  Je puis vous assurer, quen dépit des impatiences observées, des frustrations ça et là exprimées, quelles soient sincères ou feintes, ces peuples ne retiendront et ne magnifieront que la solidarité dont ils bénéficient aujourdhui, de la part des forces françaises en particulier et internationales en général, en ces temps où la survie de chacune des nations concernées est en jeu , a expliqué le locataire de Koulouba dans son message.

. Merci. Votre analyse est d’une remarquable et « piquante » pertinence. Fort malheureusement, on peut déplorer par avance qu’elle ne suffise pas à éveiller, ni l’intelligence, ni le génie créateur des Africains.

Et comme vous l’esquissez entre parenthèses : cest encore cette incapacité dinvention qui explique cette insuffisance des moyens !

Suite à la mort de treize militaires de lopération Barkhane au Mali, Florence Parly, accompagnée du ministre de la Défense et des Anciens combattants, Ibrahima Dahirou Dembélé ; du chef détat-major français des armées, le général François Lecointre ; du chef détat-major français de larmée de terre, le général Thierry Burkhard ; et de M. Joël Meyer, Ambassadeur de France au Mali, a rendu hommage à ces militaires tombés sur le champ dhonneur.

3. Le 1er décembre à 07:05, par SANK’U En réponse à : Christophe Dabiré : « Elargir la lutte contre le terrorisme aux pays africains non attaqués est une mauvaise idée »

L’analyse est on ne peut plus superbe et pertinente, digne d’un intellectuel africain de très haut vol. Je suis obligé de citer quelques extraits marquants, pour ne pas recopier tout le texte :

Le général Ibrahima Dahirou Dembélé, ministre de la Défense et des Anciens combattants, a présenté ses condoléances à son homologue français tout en rappelant :  Depuis 2013, les forces françaises nous soutiennent dans la lutte contre un ennemi qui devient de plus en plus difficile à saisir .

1) “on a du mal à croire que des groupuscules éparpillés dans le désert, clandestins coupés et interdits du circuit financier international, aient plus de moyens que des Etats entiers”

Ce nest pas tout, elle a réaffirmé  à cette occasion aux militaires qui se battent contre le terrorisme au Sahel la douleur, la reconnaissance et la détermination de la nation française .

2) “Le réflexe des Etats africains de toujours demander et attendre de laide de qui lon sait les affaiblit paradoxalement face à des terroristes sans aide internationale (que ceux qui sont aidés se retrouvent plus faibles que ceux qui ne le sont pas , voilà le scandale impensé)”

3)” Le terrorisme devrait être, à cet égard, loccasion malheureuse dune heureuse libération radicale du génie créateur des Africains, de leur capacité dinventer et créer en général. On est triste de constater, au contraire, que cest de leur incapacité à inventer des stratégies et méthodes pour sadapter à la guerre dite « asymétrique », et non de linsuffisance de leurs moyens (ou bien cest encore cette incapacité dinvention qui explique cette insuffisance des moyens !) que les Africains sont faibles face aux terroristes : « Combattez comme nous, et nous vous vaincrons » ! Il ne faut pas rêver. Sauf si lon veut (faire) rire, ou mourir…” MERCI Monsieur DABIRE Kwesi Debrsèoyir pour ces moments de bonheur intellectuel

4. Le 1er décembre à 07:36, par Aol En réponse à : Christophe Dabiré : « Elargir la lutte contre le terrorisme aux pays africains non attaqués est une mauvaise idée »

Je ne partage pas votre analyse. Les pays voisins du Burkina, Mali, Niger doivent contribués pour réduire leurs nombre, limiter linfluence et les attaques de ces groupes terroriste. Par malheur si nous le Burkina, le Mali et le Niger échouons dans notre lutte cest lAfrique de lOuest toute entière qui sera peins en rouge. Les groupes terroristes sont multi nationalité donc il nest pas exclu que des citoyens des pays non encore touché soient membre des groupes terroristes présents au BFA Mali, Niger et qui risque dexporter leurs idéologies dans leurs pays dorigine.

5. Le 1er décembre à 08:01, par yannick En réponse à : Christophe Dabiré : « Elargir la lutte contre le terrorisme aux pays africains non attaqués est une mauvaise idée »

Le G5 Sahel compte au contraire quatre pays qui sont parmi les plus pauvres dAfrique et du monde (Burkina, Mali, Niger etTchad)… Dautre part, si lon sen tient naïvement à ladage selon lequel « lunion fait la force », le G5 Sahel aura démontré quune union de faibles nen fera jamais une force ni une puissance face au terrorisme. Rassemblez autant dEtats pauvres et faibles que vous voulez, vous nen ferez pas une puissance ni militaire ni économique

Non,monsieur DABIRE,votre analyse pessimiste et “fourre-tout” ressemble à un débat de “grin” de thé sous un arbre ou à un meeting politique d’un parti d’opposition et non à celle d’un philosophe,analyste politique .

Rappelez-vous de cette expression de Thomas SANKARA ? Je cite “l’abondance des moyens traduit l’incapacité du chef”. Cela a pu etre vérifié lors de la guerre menée par les Etats-Unis contre le peuple héroique du Viet Nam. Le peuple vietnamien,dépourvu de la puissance militaire égale à l’armée US (américaine) n’a jamais été vaincu par son patriotisme,son courage,son union comme un seul homme derrière son chef. De simples paysans menaient par exemple la résistance dans les rizières,dans les campagnes avec de simples armes sorties de l’imagination(les pièges etc..).

Le patriotisme,l’amour pour son pays demeurent la seule arme redoutable face à toute agression et à toute puissance militaire.

Un peuple uni,nourri de patriotisme n’a jamais été vaincu !!! Je souhaite au vaillant peuple du Burkina Faso de prendre l’exemple de ce courageux peuple du Viet Nam contre le terrorisme :L’UNION,L’AMOUR POUR SON PAYS,LE PATRIOTISME.

6. Le 1er décembre à 09:22, par Hamon En réponse à : Christophe Dabiré : « Elargir la lutte contre le terrorisme aux pays africains non attaqués est une mauvaise idée »

Mais mon cher Dabiré, doù est parti le terrorisme ? Il est parti des pays islamistes Algérie et pour divergence dinterprétation du coran, et de la Libye après la dislocation du pays dans la guerre impérialiste de Sarkozy. Ces deux pays sont voisins du Mali et du Niger. Par effet de contagion avec la proximité, le Burkina Faso a été envahi par les djihadistes. Cest aussi simple que cela. Les algériens ont bouté les terroristes hors de leur pays qui ont trouvé refuge juste à côté au Mali. Pour la Libye, Kadafi a appelé les djihadistes touareg pour laider à combattre les impérialistes et une fois Kadafi vaincu, les touareg sont retournés chez eux à Kidal avec les armes qui avaient besoin dêtre utilisées. Les touareg se sont servis de ces armes pour combattre létat central de Mali à Bamako soi-disant quils veulent un état distinct dAzawad. Le prétexte en plus pour simposer est de dire que Bamako nest pas suffisamment islamiste et napplique pas la charia ainsi que le Nord du Burkina Faso où la région est musulmane. Si les djihadistes arrivent à simposer au nord de notre pays, la gangrène va sétendre jusquau Bénin, Togo, Ghana et Côte dIvoire.

Chaque matin, recevez gratuitement toute lactualité du jour par mail. Inscrivez-vous à la newsletter