En France, les inégalités scolaires entre élèves restent parmi les plus fortes de lOCDE – LEst Eclair

En France, les inégalités scolaires entre élèves restent parmi les plus fortes de lOCDE - L\Est Eclair

Le niveau des élèves français stagne, dans la moyenne de ceux de lOCDE

Si les performances des élèves français sont légèrement au-dessus de la moyenne des pays riches, les élèves défavorisés sont surreprésentés parmi les élèves en difficulté. Selon lenquête Pisa 2018, qui évalue les compétences des élèves de 15 ans en compréhension de lécrit, culture scientifique et mathématiques, le niveau des jeunes français se situe légèrement au-dessus de la moyenne des pays riches. Plus inquiétant, lenquête de lOCDE, publiée mardi 3 décembre, montre que les inégalités sociales restent très fortes dans lHexagone.  "Contrairement à ce quon entend souvent, le score de la France nest pas catastrophique", commente Éric Charbonnier, spécialiste de léducation à lOCDE.

Un élève moyen. Cest ainsi quÉric Charbonnier, analyste à la Direction de lÉducation de lOCDE, qualifie la France au regard de ses résultats à la dernière enquête Pisa 2018 (Programme international de lOCDE pour le suivi des acquis des élèves).

Il ressort de cette enquête que dans les trois matières évaluées, les jeunes Français obtiennent des résultats similaires à la moyenne totale des pays de lOCDE. Sur une échelle de 0 à 1000, leur score sélève en moyenne à 493 en compréhension écrite (contre 487 pour lOCDE), à 495 en mathématiques (contre 489 pour lOCDE) et à 493 en sciences (contre 489 pour lOCDE). Des performances qui nont pas connu dévolution notable depuis la première édition du test Pisa, en 2000.

Menée tous les trois ans depuis 2000 dans tous les pays de lOrganisation de coopération et de développement économiques ainsi que dans plusieurs dizaines dautres États, cette étude évalue les connaissances des élèves de 15 ans en compréhension de lécrit, en mathématiques et en sciences. En tout, des élèves venant de 79 pays – dont les 36 États membres de lOCDE – ont participé à ces tests.

Menée tous les trois ans depuis 2000 dans tous les pays de lOrganisation de coopération et de développement économiques ainsi que dans plusieurs dizaines dautres États, cette étude évalue les connaissances des élèves de 15 ans en compréhension de lécrit, en mathématiques et en sciences. En tout, des élèves venant de 79 pays – dont les 36 états membres de lOCDE – ont participé à ces tests.

Niveau scolaire: la France stagne dans le classement Pisa

Il ressort de cette enquête que dans les trois matières évaluées, les jeunes Français obtiennent des résultats similaires à la moyenne totale des pays de lOCDE. Sur une échelle de 0 à 1000, leur score sélève en moyenne à 493 en compréhension écrite (contre 487 pour lOCDE), à 495 en mathématiques (contre 489 pour lOCDE) et à 493 en sciences (contre 489 pour lOCDE). Des performances qui nont pas connu dévolution notable depuis la première édition du test Pisa, en 2000.

La France se positionne ainsi entre la 15e et la 20e place du classement des pays de lOCDE en compréhension de lécrit, entre la 15e et la 24e place en mathématiques et entre la 16e et la 23e place en sciences. Parmi les meilleurs élèves de lOCDE, toutes épreuves…

La France se positionne ainsi entre la 15e et la 20e place du classement des pays de lOCDE en compréhension de lécrit, entre la 15e et la 24e place en mathématiques et entre la 16e et la 23e place en sciences. Parmi les meilleurs élèves de lOCDE, toutes épreuves confondues, on trouve notamment le Japon, la Corée, lEstonie, les Pays-Bas, la Pologne, la Suisse ou encore le Canada.

• Les pays asiatiques très performants en mathématiques. Les élèves français sont légèrement au-dessus de la moyenne de lOCDE en maths. La France se classe entre la 15ème et la 24ème place, avec une performance comparable à lAllemagne, lAutriche, lIrlande ou le Royaume-Uni. Quelque 79% des Français ont atteint au moins le niveau 2 (76% pour la moyenne de lOCDE). Ces élèves peuvent interpréter et reconnaître, sans instructions directes, comment une situation simple peut être représentée mathématiquement, par exemple en comparant la distance totale entre deux itinéraires alternatifs. Environ un élève sur neuf (11%) est très performant, un niveau très semblable à la moyenne de lOCDE. Les six pays dAsie comptent le plus grand nombre délèves excellents: les provinces de Pékin-Shanghai-Jiangsu-Zhejiang (44%), Singapour (37%), Hongkong (29%), Macao (près de 28%), Tapei chinois (un peu plus de 23%) et Corée du Sud (21%). Ces élèves peuvent modéliser mathématiquement des situations complexes et peuvent choisir, comparer et évaluer des stratégies appropriées de résolution de problèmes pour y faire face. Seulement 1,8% des élèves en France ont atteint le plus haut niveau, le niveau 6 (moyenne OCDE: 2,4%).

Mais derrière ces résultats globaux se cache une autre réalité. Si lenquête Pisa évalue le niveau moyen des élèves, elle met également les résultats obtenus en perspective avec de nombreux autres paramètres, tels que lorigine sociale des répondants, leur sexe, ou encore le ressenti quils ont de leur environnement scolaire. Et au regard de ces données, les résultats de la France savèrent parfois inquiétants.

La France a un niveau moyen, donc on peut dire que cest honorable (…) Mais elle est toujours, en 2018, lun des pays les plus inégalitaires de tous les pays de lOCDE. Cest bien là le problème qui revient année après année dans les études Pisa, déplore Éric Charbonnier.

• La France toujours très inéquitable socialement. Les élèves de milieux favorisés ont obtenu des résultats de 107 points supérieurs à ceux des élèves défavorisés en compréhension de lécrit. Il sagit dun des écarts les plus importants. Seuls Israël et le Luxembourg font pire avec 122 points. Cet écart était déjà de 110 points en 2009. Il ny a pas daggravation mais cest un niveau très élevé dinégalité que la France ne parvient pas à corriger, insiste Éric Charbonnier de lOCDE. Environ 20% des élèves favorisés mais seulement 2% des élèves défavorisés sont parmi les élèves très performants en compréhension de lécrit en France pour des proportions de 17% et 3% en moyenne dans les pays de lOCDE.

Première et principale source dinégalité: lorigine sociale des élèves. La France est en effet lun des pays de lOCDE où lon a le moins de chance de réussir quand on vient dun milieu défavorisé.

Dans ce classement 2018, ce sont une nouvelle fois les pays asiatiques qui caracolent en tête: quatre provinces de Chine (Pékin, Shanghaï, Jiangsu et Zhejiang), Singapour, Macao et Hong Kong. Avec un bémol, cependant, sur le bien-être des élèves. Car dans ces pays de la réussite scolaire à tout prix, les cours particuliers tous les soirs ne laissent aucun répit aux plus jeunes. Mais il ne faut pas faire de bashing, relèvent les analystes de lOCDE. Dautant quil y a une prise de conscience pour développer ce bien-être et intégrer davantage denseignement culturel. Juste derrière les Asiatiques, on trouve lEstonie, le Canada et la Finlande qui parviennent à associer harmonieusement performances, équité sociale et bien-être.

Cest particulièrement inquiétant. En France, un élève dun milieu défavorisé a cinq fois plus de risques de se retrouver parmi les élèves en difficulté quun élève dun milieu favorisé, résume lanalyste.

Ainsi, les élèves français issus de milieux socio-économiques aisés ont, en moyenne, obtenu des résultats supérieurs de 107 points à ceux des élèves défavorisés. La moyenne de lOCDE nest que de 89 points.

Pisa, mode demploi Létude Pisa (Programme international pour le suivi des acquis des élèves) de lOCDE, réalisée tous les trois ans, compare le niveau des élèves de 15 ans dans 79 pays, dont la France. Lenquête publiée mardi 3 décembre a été réalisée en 2018 auprès de 600 000 élèves. En France, 7 000 élèves, issus de 252 établissements, étaient concernés. Lévaluation mesure les compétences dans trois domaines principaux : compréhension de lécrit, mathématiques et sciences.

En outre, même quand ils signent de bonnes performances au test Pisa, les élèves défavorisés affichent moins dambition que les élèves de milieux favorisés.

Lenquête Pisa 2018 de lOCDE vient dêtre dévoilée mardi. Cette enquête évalue tous les trois ans les connaissances et compétences scolaires des élèves de 15 ans. Bilan : la France se situe dans la moyenne des pays de lOCDE (les pays dits  développés  et démocratiques), mais se distingue encore une fois par le poids de lorigine sociale sur les résultats des enfants.

20% dentre eux nenvisagent pas de continuer leurs études une fois obtenu le bac. Cest un véritable problème parce que même quand on est brillant et quon a compensé son handicap socio-économique, on a peu dambition. Cest-à-dire que les milieux dans lesquels on vit influent (sur) les performances mais influent aussi sur lambition de réussir sa vie future. Cest presque un élément plus inquiétant que le niveau dinégalité du système français, analyse Éric Charbonnier.

Lenquête Pisa 2018 révèle également que les élèves français issus de limmigration obtiennent en moyenne des résultats bien inférieurs à ceux nétant pas issus de limmigration. Létude note par exemple que lécart moyen en compréhension de lécrit entre les élèves issus de limmigration et élèves issus de limmigration est de 52 points en faveur de ces derniers. Là encore, la France fait figure de mauvais élève au sein de lOCDE, où cet écart nest que de 41 points. 

Les résultats des élèves français en lecture, mathématiques, sciences… sont légèrement au-dessus de la moyenne des pays de l’OCDE a révélé ce mardi l’enquête Pisa 2018 qui évalue tous les trois ans les connaissances et compétences scolaires des élèves de 15 ans.

Classement Pisa : pourquoi les écoles dAsie font la course en tête

Une différence dautant plus marquée en France chez les élèves immigrés de première génération – qui ne sont pas nés sur le territoire national – qui obtiennent en moyenne un score inférieur de 77 points par rapport à ceux des étudiants non-issus de limmigration. À titre de comparaison, lécart moyen de lOCDE est de 54 points.

“Elle occupe une place honorable mais conserve un gros point noir : les inégalités sociales y restent très fortes”, indique Eric Charbonnier. Depuis la dernière enquête Pisa, qui mettait l’accent sur la lecture en 2009, “elles ne se sont pas aggravées mais leur niveau est toujours très inquiétant”, souligne-t-il.

Les profs se plaignent du niveau de français des étudiants

À noter quen France, ces élèves issus de limmigration ont également tendance à être issus de milieux plus défavorisés que les non-immigrés.

Outres les résultats obtenus, la France se classe également parmi les – très – mauvais élèves de lOCDE au regard du climat qui règne au sein des établissements scolaires de lHexagone. Les jeunes Français sont en effet énormément concernés par les problèmes de discipline. À titre dexemple, il ny a quen Argentine et au Brésil (parmi les pays ayant participé au test Pisa) où lindice du climat de discipline est inférieur à la moyenne observée en France.

Ainsi, environ 20% des élèves favorisés, mais seulement 2% des élèves défavorisés, sont parmi les élèves très performants en compréhension de l’écrit, contre seulement 17% et 3% en moyenne dans les pays de l’OCDE.

Un élève sur deux déclare ainsi quil y a du désordre dans la plupart ou dans tous les cours en France, contre un sur trois en moyenne dans les pays de lOCDE.

L'OCDE publie ce mardi son enquête internationale sur les élèves âgés de quinze ans. Les résultats de la France se situent en bas du top 20, légèrement au-dessus de la moyenne de l'OCDE. Mais l'Hexagone reste la championne des inégalités entre élèves.

Il y a un véritable problème de discipline, et particulièrement dans les établissements défavorisés. Nos enseignants sont finalement mal préparés pour gérer des classes de plus en plus hétérogènes, explique Éric Charbonnier.

Il y a dexcellents enseignants, ils “élèvent” leur métier et leurs élèves. On ne les entend jamais. Par contre il y en a qui font du bruit, qui vocifèrent dans les médias, qui ne sont pas devant les élèves mais dans les syndicats : leur attitude jette le discrédit sur toute la profession ! . Les séquelles de Mai 68 polluent encore les classes : laisser aller des profs, indiscipline généralisée et non maîtrisée, voire approuvée par lEN, idéologie, démagogie en bandoulière, compétence problématique, tout cela dégoûte bien des candidats : Qui aimerait aller en cours la peur au ventre . Donc on recrute ce quon trouve, même sur le “Bon coin”.

Lenquête Pisa relève par ailleurs que les élèves français sont parmi ceux de lOCDE qui se sentent le moins bien accompagnés par leurs enseignants.

Une classe de collège / Image dillustration AFP – DAMIEN MEYER Publié le 03/12/2019 à 10:40 , mis à jour à 15:40 Éducation, France – Monde lessentiel Selon une enquête du Programme international de l'OCDE pour le suivi des acquis des élèves (Pisa), les élèves français de 15 ans se situent dans la moyenne du classement. Mais la France reste touchée par de très fortes inégalités scolaires.  La France dans la moyenne, mais touchée par de fortes inégalités. C'est le résultat de la dernière enquête Pisa, le Programme international pour le suivi des acquis des élèves, publiée ce mardi 3 décembre. 

Education: létude Pisa de lOCDE révèle dénormes lacunes du système scolaire israélien

Les élèves français sont parmi ceux qui déclarent le plus manquer de soutien de leurs enseignants, notamment quand ils ont des difficultés. Là encore, cest un des éléments qui mériterait douvrir une véritable réflexion sur le métier denseignant, juge lanalyste de lOCDE.

Cette année, la France se situe à la 23e place du classement, sur 79 pays au total. En 2016, lors du dernier rapport, la France se situait à la 26e place. Un résultat quasi similaire, à savoir : l'élève français est un élève moyen. Sur une échelle de 0 à 1000 leur score s'élève en moyenne à 493 en compréhension écrite (contre 487 pour l'OCDE), à 495 en mathématiques (contre 489 pour l'OCDE), et à 493 en sciences (contre 489 pour l'OCDE). 

Moins dun élève français sur quatre (contre un sur trois, en moyenne, dans les pays de lOCDE) assure ainsi que son professeur met en évidence ses points forts. De même, moins de deux élèves sur cinq en France disent que leur professeur leur explique souvent ou toujours comment améliorer leurs résultats. Contre près dun élève sur deux, en moyenne, dans les pays de lOCDE.

Des résultats comparables à ceux de l'Allemange et de la Belgique. À noter que seulement 6.000 élèves font l'objet du test en France (sur 600.000 au total). À la tête de ce classement : quatre provinces chinoises réunies, Pékin-Shanghaï-Jiangsu-Zhejiang avec 555 points, la cité-Etat de Singapour (549 points), Macao (525 points), Hong-Kong (524 points), l'Estonie (523 points), le Canada et la Finlande (520 points).

Létude Pisa relève tout de même que la France ne fait heureusement pas partie des plus mauvais élèves dans toutes les catégories. Ainsi, environ 20% des Français de 15 ans déclarent être victimes dacte de harcèlement au moins quelques fois par mois. Une proportion, certes, déjà beaucoup trop élevée, mais inférieure de trois points à la moyenne des pays de lOCDE. Les élèves français sont également parmi ceux qui se sentent le moins en compétition avec les autres étudiants de leurs établissements (40%, contre 50% pour lOCDE).

La France reste cependant un pays où les différences entre les sexes sont très marquées, aussi bien au niveau des résultats obtenus quau regard des ambitions de carrière. Ainsi, les Françaises obtiennent des résultats bien supérieurs aux garçons en compréhension de lécrit (25 points de différence en moyenne) mais inférieurs en mathématiques (6 points décart). Et même lorsquelles signent de bons scores en sciences ou en maths, seules une sur six souhaitent sorienter vers des études dans ce domaine, contre un garçon sur trois.

Si la crise économique de 2008 peut expliquer en partie les écarts de performances et les inégalités relevées par létude Pisa, elle nest pas le seul facteur, selon Eric Charbonnier. On a des exemples, comme le Portugal, qui a subi la crise économique de façon beaucoup plus forte quen France. Et finalement, cest lun des pays qui progresse année après année, note-t-il. La solution? Bien cibler les politiques déducation, selon lanalyste.

Rapport Pisa : doù viennent les inégalités scolaires en France ?

Tout nest pas une question dargent et dinvestissement. (…) Lexemple du Portugal est intéressant parce quil y a eu des investissements dans les premiers niveaux déducation, dans les établissements défavorisés, surtout avec des partenariats qui se sont créés entre les acteurs locaux, au niveau des municipalités, et les écoles.

Il faudrait peut-être réfléchir à ce genre de mesure en France (…) Pour que la lutte contre léchec scolaire soit quelque chose de global et quelle ne se limite pas aux murs de lécole, estime-il.