Au chapitre des inégalités scolaires, la France peut mieux faire – Le Parisien

Au chapitre des inégalités scolaires, la France peut mieux faire - Le Parisien

Les élèves français aussi doués que la moyenne de ceux de lOCDE, mais fortement touchés par les inégalités

Lenquête Pisa lève un voile noir sur les relations distantes entre les élèves et leurs professeurs. Les petits Français se sentent peu accompagnés, peu soutenus par leurs enseignants. Et ce, dautant plus quils sont dans des établissements favorisés voire élitistes où ils se sentent littéralement ignorés selon Éric Charbonnier, lun des spécialistes éducation de lOCDE.

Seuls 57 % des élèves français déclarent que leurs enseignants semblent sintéresser au progrès de chaque élève, contre 70 % en moyenne pour lOCDE. Plus dun élève français sur trois pense que son professeur napporte jamais ou seulement parfois de laide supplémentaire en cours, quand les élèves en ont besoin. Parmi les 79 pays participant à lenquête Pisa, il ny a quen Slovénie et Ukraine que les élèves ressentent moins de soutien de la part de leurs enseignants. Les jeunes Français sont aussi très nombreux à déclarer manquer dencouragements et de retours individualisés sur leur travail. Moins dun élève sur

Menée tous les trois ans depuis 2000 dans tous les pays de lOrganisation de coopération et de développement économiques ainsi que dans plusieurs dizaines dautres États, cette étude évalue les connaissances des élèves de 15 ans en compréhension de lécrit, en mathématiques et en sciences. En tout, des élèves venant de 79 pays – dont les 36 états membres de lOCDE – ont participé à ces tests.

Les jeunes Français de 15 ans ne sont pas tous égaux devant la réussite scolaire, selon leur origine sociale. Archives Midi Libre / MARC CAILLAUD / Archives Midi Libre Publié le 03/12/2019 à 18:29 / Modifié le 03/12/2019 à 18:29 Sabonner 23 commentaires — partages Partager sur Education, Monde Si la compréhension écrite des jeunes français sortant de collège est au-dessus de la moyenne des adolescents de leur âge dans les pays de l'OCDE, un fossé demeure entre les élèves issus de couches sociales défavorisées et les autres. Qu'il faudra de longues années pour combler. Les résultats ne sont pas mauvais, légèrement au-dessus de la moyenne, mais la France est l'un des pays de l'OCDE où le niveau des élèves dépend le plus de l'origine sociale, selon les résultats de l'enquête Pisa publiés mardi.

Il ressort de cette enquête que dans les trois matières évaluées, les jeunes Français obtiennent des résultats similaires à la moyenne totale des pays de lOCDE. Sur une échelle de 0 à 1000, leur score sélève en moyenne à 493 en compréhension écrite (contre 487 pour lOCDE), à 495 en mathématiques (contre 489 pour lOCDE) et à 493 en sciences (contre 489 pour lOCDE). Des performances qui nont pas connu dévolution notable depuis la première édition du test Pisa, en 2000.

Les données internationales sont convergentes depuis de nombreuses années : les correspondances graphème-phonème gagnent à être enseignées rapidement, dans un ordre rationnel. Environ onze correspondances dans les deux premiers mois dapprentissage au CP, semble être le bon rythme. Il y a eu beaucoup dincompréhension à ce sujet, des enseignants voulant opposer la phonologie et la compréhension. Or, la compréhension écrite est le produit de la compréhension orale (qui repose notamment sur le vocabulaire) et du décodage. Il faut donc travailler les deux et, notamment, faire attention au langage dès le plus jeune âge.

La France se positionne ainsi entre la 15e et la 20e place du classement des pays de lOCDE en compréhension de lécrit, entre la 15e et la 24e place en mathématiques et entre la 16e et la 23e place en sciences. Parmi les meilleurs élèves de lOCDE, toutes épreuves…

Jean-Michel BLANQUER.- Cest un résultat auquel je mattendais. On a stabilisé notre situation. Notre objectif est évidemment le rebond. Ce qui est important cest de regarder dans le détail ce que dit Pisa des résultats de nos élèves de 15 ans et den tirer des conséquences sur notre stratégie éducative. Jobserve notamment que le taux de non-réponses a baissé. Cest le signal que nos élèves ont davantage confiance en eux. Au-delà du