Assassinats de Toulouse et Montauban : Au procès en appel de laffaire Merah, lheure du verdict pour le frère du tueur – Imaz Press Réunion

Assassinats de Toulouse et Montauban : Au procès en appel de l\affaire Merah, l\heure du verdict pour le frère du tueur - Imaz Press Réunion

Procès Merah : Abdelkader complice de son frère Mohammed ? Verdict ce jeudi

Dernière journée du procès Merah, ce jeudi 18 avril, devant la cour d’appel spécialement composée, à Paris, où les six conseillers et la présidente, Xavière Simeoni, se sont retirés ce matin pour délibérer. Auparavant, les deux accusés, Abdelkader Merah et Fettah Malki, 36 ans tous les deux, ont pris la parole une dernière fois. "Je n’ai rien à voir avec les actions perpétrées par mon frère", a indiqué sobrement Abdelkader Merah. "Je voudrais exprimer mes regrets par rapport à l’arme que j’ai fournie à Mohammed. Pour le reste, je ne suis pas un terroriste et je n’ai rien à voir avec ça", conclut Fettah Malki.

Mardi, une peine de perpétuité a été requise par les avocats généraux à l’encontre d’Abdelkader Merah pour "association de malfaiteurs terroriste criminelle" et "complicité d’assassinats" des crimes de son frère Mohammed Merah. Il avait été condamné à 20 ans du premier chef et acquitté du second lors du premier procès. Une peine de 15 à 20 ans a été requise contre Fettah Malki accusé d’association de malfaiteurs terroriste criminelle pour avoir fourni le pistolet Uzi et un gilet pare-balles à Mohammed Merah. Il avait été condamné à 14 ans de réclusion criminelle en première instance. Le parquet général avait interjeté appel de cette décision, en novembre 2017.

Une dernière fois avant que la cour ne se retire pour délibérer, Abdelkader Merah, 36 ans, principal accusé de ce procès en appel devant la cour d’assises spéciale de Paris, a dit être étranger aux crimes perpétrés par son frère Mohamed.

Les 11, 15 et 19 mars 2012, Mohammed Merah avaient abattu sept personnes dont des militaires et des enfants juifs au nom du jihad, à Toulouse et Montauban, avant d’être tué par les policiers du Raid. Islamiste radical appartenant à la mouvance salafiste toulousaine, son frère Abdelkader avait été interpellé chez lui, à Auterive, près de Toulouse, en Haute-Garonne, soupçonné d’avoir pris part à ces attaques terroristes.

En quatre semaines de procès, Abdelkader Merah na pas jeté un seul regard vers les familles des victimes de son frère, assises dignement derrière lui, sur sa gauche. Jeudi matin, au moment de prononcer les derniers mots avant que la cour ne se retire pour délibérer, il na logiquement pas eu, non plus, une pensée pour elles.  Je voulais simplement dire que je nai rien à voir avec les actions perpétrées par mon frère , a-t-il simplement lâché, de cette voix mâtinée daccent toulousain. Comme sil était sûr de son fait. Et sûr de son effet sur les juges.

Cheveux en catogan, barbe fournie et tourné vers son trio d’avocats, Abdelkader Merah, 36 ans, s’en remet à sa seule bouée de sauvetage pour éviter la peine maximale de perpétuité requise ce mardi 16 avril par les avocats généraux. Mes Archibald Celeyron, Antoine Vey et Eric Dupond-Moretti, n’ont qu’une idée en tête : l’acquittement.

Mercredi, dans un prétoire bondé et étouffant, Eric Dupond-Moretti, son avocat, avait appelé les juges à faire preuve  de courage  à son sujet.  Vous voulez quoi ? Quon le juge comme il serait jugé dans un état islamique ? Sans avocat ? Quil soit lapidé ! [la plupart des états islamiques, où la charia est en vigueur, nappliquent plus la lapidation] Cest ça que vous voulez pour lui ? Cest ça que vous voulez pour nous ? , avait-il tonné.

Pour le premier de son défenseur, l’islamiste radical Abdelkdaer Merah « n’a pas pris part aux actes préparatoires de son frère Mohammed Merah » qui a abattu en mars 2012 sept personnes dont des militaires et des enfants juifs au nom du jihad, à Toulouse et Montauban. « Les deux frères se sont rabibochés au mieux le 11 février 2012 alors qu’à cette date Mohammed Merah avait déjà bien avancé son projet criminel.

Son co-accusé, Fettah Malki, a été un peu plus prolixe: “Je voudrais dire mes regrets davoir confié une arme à Mohammed Merah. Mes pensées vont aux victimes. Je ne suis pas un terroriste”. Ce délinquant de 36 ans a été condamné en premier ressort à 14 ans de réclusion criminelle pour avoir fourni un gilet pare-balles et un pistolet-mitrailleur à Mohamed Merah, en ayant connaissance de sa radicalisation.

L’ADN d’Abdelkader Merah n’a jamais été retrouvé, ni sur le scooter volé par son frère ni sur les armes et il n’est jamais présent sur les lieux des crimes ». Quant au vol du scooter, le 6 mars 2012, véhicule qui allait servir aux assassinats, « il n’a pas pu y assister car il était trop loin et ce vol n’a jamais été préparé ».

Didactique, Antoine Vey conteste les éléments de l’association de malfaiteurs terroriste criminelle au motif que l’adhésion d’Abdelkader à une thèse islamiste radicale le relierait, selon l’accusation, à un groupement en vue de préparer des crimes. « Fantasme », rétorque la défense. « En quoi est-il différent des 20 000 salafistes présents sur le territoire ? Il est salafiste mais il n’a matérialisé aucun acte préparatoire de nature terroriste. Mohammed Merah est autonome, il finance ses voyages et n’a pas besoin de son frère pour aller au Waziristan manier les armes ». Quant aux 17 fichiers audios retrouvés sur l’Ipod d’Abdelkader Merah faisant l’apologie du jihad, « aucun échange n’a été relevé vers un membre d’une organisation à laquelle il serait censé appartenir ».

“La justice française na pas été dupe”, souligne lavocat. “Elle a à la fois condamné le frère de lassassin, pour association de malfaiteur terroriste comme en première instance. Mais elle a été beaucoup plus loin. Elle a reconnu, pour lhistoire judicaire de notre pays, que le frère de lassassin nétait pas là par hasard dans le box comme la défense la plaidé. Il était là, et devait être reconnu coupable pour complicité dassassinat et tentative dassassinat”.

Le frère de Merah condamné à 30 ans de prison

Me Eric Dupond-Moretti poursuit l’œuvre de dédiabolisation, fustigeant la dictature de l’émotion. Il préfère s’en remettre « au courage des juges face à cette époque qui « confond tout » et une accusation qui dénonce « l’enfumage » de la défense. Face à la cour, « j’ai besoin de vous sans vos a priori, que votre main soit ferme face à une justice victimaire. La défense doit être présente partout y compris parmi les pires d’entre nous ».

Opération déminage aussi pour les avocats de Fettah Malki, délinquant de la cité des Izards à Toulouse, accusé d’avoir remis le pistolet Uzi et un gilet pare-balles à Mohammed Merah. Une légèreté qui lui vaut de comparaître dans le box de la cour d’assises d’appel spécialement composée pour « association de malfaiteurs terroriste criminelle ».

Cette décision, rendue après douze heures de délibération, est une victoire de taille pour laccusation, qui na pas obtenu la perpétuité requise mais a arraché la "complicité" des crimes commis par le djihadiste toulousain. Cétait bien là lenjeu majeur de ce procès en appel : déterminer le rôle exact joué par Abdelkader Merah avant les tueries exécutées en solo par son frère, entre le 11 et le 19 mars 2012. La cour a estimé quil était bien coupable du vol du scooter utilisé par son frère lors des assassinats et quil était "complice" de ses crimes.

Pour la défense, le sauvetage de ce receleur passe par le dézingage de cette infraction « fourre-tout ». « Une infraction trop large et imprécise », plaide pour Malki, Me Emmanuelle Franck. Il veut bien assumer son rôle de voyou mais refuse d’endosser celui de terroriste et de tueur d’enfants. La justice le renvoie dans le box avec des réquisitions de 15 à 20 ans de réclusion parce qu’il ne pouvait ignorer les projets terroristes de Mohammed Merah.

Le verdict est tombé comme une enclume dans le silence de la salle daudience, bientôt ponctué par les larmes de reconnaissance des familles des victimes. Dans son box, Abdelkader Merah, 36 ans, a à peine courbé les épaules. "Comment peut-on être complice de la chose la plus abominable qui soit et prendre 30 ans ? Tous les professionnels de la justice sont surpris par ce verdict", a réagi lavocat du principal accusé, Eric Dupond-Moretti, indiquant quil envisageait "bien entendu un pourvoi en cassation".

À ce titre, il aurait participé à un groupement ou à une entente en vue de commettre une infraction. « Mais il faudrait démontrer qu’il veuille et qu’il sache ! », oppose Me Franck. Fettah Malki n’est pas un religieux. Il fait du business. « On lui reproche de ne pas avoir su voir les intentions jihadistes de Mohammed Merah alors que des professionnels du renseignement et tous ceux de son quartier sont passés à côté », s’indigne Me Alexandre Martin qui cite des témoins. « Mohammed Merah était en pleine dissimulation et tout le monde est tombé dans sa ruse ». Les armes ? « Mohammed et en avait sept. A-t-on cherché à poursuivre les vendeurs ? », poursuit Me Edouard Martial rappelant qu’aucune procédure ne fait le lien entre Malki et le tueur au scooter sur le volet de la religion. « Jugez-le pour ce qu’il est », insiste la défense de Malki.

Partager sur Twitter Partager par mail Commenter cet article La perpétuité avait été requise contre le présumé  mentor  de Mohamed Merah ; lacquittement avait été plaidé par son avocat Eric Dupond-Moretti, qui considérait que sa  complicité  était introuvable. En appel, après douze heures de délibéré, le jury de la cour dassises spéciale de Paris a condamné Abdelkader Merah, le frère du jihadiste toulousain, à 30 ans de prison, pour association de malfaiteurs mais aussi complicité dassassinats . Sa peine navait été fixée quà 20 ans de prison en première instance, la  complicité  nayant pas été retenue.

Un receleur, vendeur et « commercial » des Izards, « mais jamais un terroriste ». Verdict ce jeudi.  

A lheure où le  califat  jihadiste est tombé aux confins orientaux de la Syrie, le procès Merah a replongé la France dans cette période dramatique : cest la première fois que le pays était ainsi frappé sur son sol depuis les attentats du GIA algérien en 1995.L avocat général avait appelé à une sanction lourde, car le nom de Merah  est brandi encore aujourdhui comme une fierté par des candidats au jihad . La défense avait vu dans ce  châtiment  requis  une volonté délibérée de rendre la justice au pied du mur de lexemple  et fustigé un dossier  sans preuves .