Deux écoliers grièvement blessés par la chute dun arbre près de Montauban – Le Monde

L’émotion après le drame. C’est l’ambiance qui entoure l’école Georges-Brassens de Bessens, dans le Tarn-et-Garonne, où le vent a continué de balayer le parvis de l’école tout ce vendredi matin, avant que le soleil ne fasse son apparition à la mi-journée. C’est dans cet établissement que tous les écoliers de la ville ont été rassemblés, ce vendredi matin, après le drame qui a touché l’autre école du village, Jules-Ferry, où un arbre s’est abattu sur trois enfants jeudi après-midi.

À l’intérieur de l’établissement, une cellule de crise et un accompagnement psychologique ont été mis en place. "Tout le monde est évidemment choqué, explique un père d’élève devant les grilles de l’école Georges-Brassens. On pense que nos enfants sont en sécurité, tranquille à l’école… Ce sont pourtant des rafales qui n’étaient pas extraordinaires. Mon fils nous a juste raconté qu’il avait entendu un gros boum lorsque l’arbre est tombé. Il n’a pas dit grand-chose de plus. On m’a conseillé de ne pas le forcer à parler."

Au lendemain d’un dramatique accident dans la cour d’école de Bessens (Tarn-et-Garonne), les deux petits garçons de sept et huit ans (nés en 2011 et en 2012, NDLR) dont le pronostic vital était engagé sont tirés d’affaire. L’aîné a toutefois dû être amputé d’une jambe. 

Sur place, la rectrice de l’académie de Toulouse, Anne Bisagni-Faure a déclaré son émotion vendredi matin. Elle était accompagnée du directeur académique des services de l'Éducation nationale (Dasen), François-Xavier Pestel. Ce fut ensuite au tour du maire de la commune, Alexandre Billiard, de confier quelques mots.

À la mairie, le ballet des voitures a débuté avant 9 heures pour prendre des nouvelles des deux garçons grièvement blessés dans l’accident. "Nous sommes tous choqués. Mon fils était à 50 cm de l’arbre, raconte une jeune mère de famille. Il n’a pas voulu parler, je ne l’ai pas forcé. Nous en avons parlé dans la famille, tous ceux qui sont passés par cette école connaissaient cet arbre. Maintenant, il faut préparer l’après."

Car ce vendredi soir, les élèves sont en vacances. Mais l’école Jules-Ferry faisait également office de centre de loisirs. "Il va falloir tout déplacer vers l’école Georges-Brassens", assure-t-elle.

Aux alentours de 15 h 30, un rassemblement est organisé devant l’école Jules-Ferry en soutien aux familles et enfants touchés par la catastrophe. Une collecte de dons sera également organisée. "Il faut montrer notre solidarité, déclarait une maman d’élève. Tout le monde se connaît. C’est le moment de se serrer les coudes."

A l'école Jules-Ferry de Bessens, dans le Tarn-et-Garonne, où un marronnier centenaire pesant quatre à cinq tonnes s'est écrasé, ce jeudi après-midi, sur trois enfants pendant la récréation. Parents et enfants sont traumatisés. Reportage.

À peine sortie de la cellule psychologique mise en place à la mairie de Bessens, les familles se rassemblent devant l’école Jules-Ferry. La santé de Théo et Damien, les deux petits garçons écrasés par le marronnier de la cour de récréation, ce jeudi après-midi, est sur toutes les lèvres. « On espère qu’ils n’auront rien de très grave », confie  Emmanuelle quelques minutes après l'accident. Ce vendredi matin, l'un d'eux a dû être amputé d'une jambe.

Cette jeune maman rejoint ses parents, accompagnée par son fils Raphaël. « J’ai été appelée par l’école, je suis venue tout de suite. Depuis deux heures on a très peur, on attend des nouvelles des deux blessés », confie-t-elle, en larmes. Raphaël, 7 ans, se tient tout près d’elle. « On jouait dans la cour avec les copains, l’arbre est tombé, on a pleuré et après on a entendu un cri», raconte-t-il.

Par peur, ce garçon et ses camarades se sont rapidement réfugiés près du bâtiment du Clae. « Ils voulaient se mettre à l’abri », témoigne la maman. Les enfants qui ont été regroupés dans la mairie, en attendant l’arrivée de leurs parents, ont beaucoup parlé entre eux.

Mathéo, élève de petite section, se jette dans les bras de son père, lorsque ce dernier arrive pour le chercher. « Papa, pourquoi l’arbre est tombé ? Il avait 1 000 ans », demande le garçonnet. « Non je crois qu’il avait plutôt 100 ans », lui répond son papa. « Mais un arbre ça ne tombe pas à 100 ans, est-ce qu’on a tapé trop fort sur l’arbre avec le ballon », le relance Mathéo.

Devant l'école, incrédules, les parents attendent des nouvelles des deux petites victimes. – PHOTO DDM Thierry Dupuis

Les personnes présentes sont très secouées, elles ont besoin de discuter. À quelques mètres de l‘école, les familles sont regroupées devant la mairie, qui accueille la cellule psychologique. « On nous a conseillé d’y amener Mathéo pour qu’il puisse évacuer cette émotion. Même si à cet âge on a l’impression que les enfants passent vite à autres choses », témoigne son père. Le contraste entre les adultes et les enfants est effectivement saisissant. Plusieurs têtes blondes s’amusent, avec l’insouciance qui les caractérise. « Sur le coup ils ont beaucoup pleuré, mais là, ils ont besoin d’évacuer », analyse l'une des mamans.

Habillée d’une blouse blanche, une professionnelle rassemble tout le monde pour rassurer et expliquer la procédure.

Sophia, qui habite en face de l’école, est présente. Cette jeune mère a eu très peur lorsque, vers quatre heures, elle est sortie de chez elle comme tous les jours pour aller chercher son fils Imrane, âgé de 6 ans : « Et là, je vois qu’il y avait un regroupement et que tout le monde pleurait, c’était l’horreur », raconte la jeune femme, encore traumatisée.

Vers 19 heures, les badauds quittent pratiquement tous la rue, alors que résonne le bruit de la scie utilisée par les gendarmes pour récupérer une partie du tronc. « Il est mis sous scellé pour que l’on puisse l’analyser », conclut le Colonel Ronde, chargé du groupement de gendarmerie du Tarn-et-Garonne. Et c'est peut-être de cette analyse que viendront toutes les réponses aux questions que se posent, sous le choc, les parents de l'école Jules-Ferry.