Fusillade à la Cité Gély de Montpellier : deux hommes mis en examen, un vaste trafic de drogue découvert – France 3 Régions

Fusillade à la Cité Gély de Montpellier : deux hommes mis en examen, un vaste trafic de drogue découvert - France 3 Régions

Cité Gély à Montpellier, une plaque tournante du trafic de drogue européen

Cest le résultat de lenquête commencée en juillet, après quun homme a tiré sur des policiers lors dune opération anti-drogue dans la Cité Gély, un quartier populaire de Montpellier. 10 kilos de cocaïne et des armes de guerre ont aussi été saisis.

Huit mois après la fusillade essuyée par les policiers de la Bac au coeur de la cité Gély et la saisie de 4 kg de cocaïne, une nouvelle saisie impressionnante de drogues a été réalisée la semaine dernière dans le même quartier de Montpellier. Deux hommes interpellés jeudi 14 mars sont soupçonnés d'être des trafiquants impliqués dans un trafic entre la France et les Pays-Bas.

La descente des services de police spécialisés a eu lieu jeudi 14 mars. Le Service régional de police judiciaire appuyés par la BRI et le Raid se sont déployés au coeur de la cité Gély. Les policiers du SRPJ qui intervenaient dans le cadre d'une commission rogatoire ordonnée par un juge d'instruction de Montpellier saisi après la fusillade essuyée par la Bac en juillet 2018 et la saisie de 4 kg de cocaïne, ciblaient des suspects ayant des liens avec les Pays-Bas. Deux hommes ont été interpellés. L'un d'eux sortait d'un appartement.

24h sur 24, les consommateurs de cannabis -résine et herbe-, cocaïne, héroÏne, ecstasy, crack etc.- viennent se ravitailler dans une rue de la cité Gély, où les dealers utilisent des guetteurs. Des parades qui n’empêchent pas les policiers des brigades des  stups  de la Sécurité publique et de la police judiciaire de collecter des renseignements pour démanteler la principale filière en place depuis ces derniers mois.

A l'intérieur duquel les enquêteurs ont découvert plusieurs armoires fortes contenant une très importante quatité de drogue : 10 kg de cocaïne de grande qualité probablement en provenance des Pays-Bas (pour une valeur de 600 000 € vendue pure, mais estimée plutôt une fois coupée à 1,2 à 1,8 million d'euros en chiffre d'affaires à la revente), 2,7 kg d'héroïne, 1 kg de cannabis, 2,3 kg d'herbe, 440 g de MDMA (emphétamines), plus de 200g de crack, 143g d'ecstasy.

"Le fait de retrouver dans un seul appartement une large gamme de produits stupéfiants possibles à la vente est le signe d'un réseau unique", a commenté le procureur de la République de Montpellier, Christophe Barret, ce lundi 18 mars en conférence de presse. 

Les armoires ne contenaient pas seulement de la drogue mais aussi un arsenal de guerre : trois armes de poing (automatiques), neuf grenades dont neuf offensives et une défensive, qui ont nécessité l'intervention des démineurs. De nombreuses munitions ont été saisies et deux gilets-pare-balles. Selon le parquet, "c'est exceptionnel". Ce matériel destiné à mener des actions violentes laisse penser que les trafiquants pouvaient craindre des menaces de potentiels autres trafiquants.

Les deux hommes interpellés sont âgés de 38 ans et 20 ans. Le premier sortait de l'appartement loué sous un faux nom avec une saccoche remplie de 12 000€ et armé d'un glock chargé. Il détenait des clés qui ouvrait les armoires fortes. L'homme condamné à cinq reprises entre 2000 et 2015 pour trois délits routiers et déjà un trafic de stupéfiants sur Montpellier, était sous contrôle judiciaire dans une nouvelle affaire de trafic de stupéfiants pas encore jugée. 

Ainsi, jeudi, l’opération de police a été lancée dans la foulée de l’importation d’une dizaine de kilos de cocaïne. Selon nos informations, le convoyeur qui venait de ramener la drogue a échappé au dispositif, mais deux dealers présumés ont été interpellés, dont celui qui venait de réceptionner la drogue.

L'autre mis en cause âgé de 20 ans connu pour des délits routiers mineurs, interpellé le même jour dans le quartier, lui aussi en possession des clés des armoires, détenait également 25 000 € en petites coupures, notamment à son domicile.

Sollicité par Métropolitain, Christophe Barret, le procureur de la République de Montpellier a confirmé nos informations, mais n’a pas souhaité en dire plus, indiquant qu’il devrait évoquer cette affaire lundi.

A l'issue de leur garde à vue qui a duré quatre jours, le duo est présenté aujourd'hui devant le parquet de Montpellier en vue de leur mise en examen pour trafic de stupéfiants, détention d'armes et explosifs de guerre. Le parquet a requis leur placement en détention provisoire. Les investigations se poursuivent dans le cadre de l'information judiciaire ouverte en juillet 2018.