Montpellier, fac de droit : rassemblement un an après les violences – lemouvement.info

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Commando armé à la fac de droit de Montpellier : un an déjà

Il y a un an, un amphithéâtre occupé par des étudiants était évacué par un commando armé. Des violences qui ont provoqué deux enquêtes, administrative et judiciaire. Des étudiants se sont rassemblés devant la faculté de droit vendredi 22 mars avec un slogan : “ni oubli ni pardon”.

Il y a un an. Un commando armé faisait irruption dans un amphi de la faculté de droit pour tabasser des étudiants.

Le 22 mars 2018, la faculté de droit et de science politique de Montpellier était le théâtre de faits d’une extrême violence. Ce jour-là, à la suite d’une mobilisation nationale des cheminots et des fonctionnaires, des étudiants montpelliérains décident de lever une assemblée générale à la faculté. Très vite, des opposants se dressent contre l’occupation de leur amphithéâtre.

Ces étudiants expriment leur mécontentement et dénoncent l’illégitimité de l’AG. On recense, en effet, une forte présence de groupes d’étudiants extérieurs à la fac. Les débats débutent malgré tout. Au fil des propositions, la tension monte et s’installe. L’échange devient difficile et la parole des opposants à l’occupation n’est pas entendue. Finalement, la " reconstruction visuelle " (à savoir taguer) de la faculté et l’occupation totale sont votées.

Invectives, insultes voire menaces, l’atmosphère commence à être de plus en plus hostile entre les occupants et certains étudiants et enseignants. Un premier accrochage physique entre un chargé de TD et un occupant a lieu vers 22 h. L’ambiance devient électrique. Une heure plus tard, l’AG perd de sa vitalité, la salle désemplit et la tension est redescendue.

À minuit, un groupe d’étudiants opposé à l’occupation, accompagné de quelques professeurs et du doyen Philippe Pétel, s’amasse au fond de la salle. Les regards se croisent, on se fixe et on ressent une atmosphère belliqueuse. Après cinq minutes d’échange silencieux, le groupe se retire.

Il est alors un peu plus de minuit lorsque les portes de l’amphi s’ouvrent brutalement. Des individus encagoulés, déchaînés et armés de bâtons, TaserTM, morceaux de palette, entrent. Les coups fusent dans tous les sens. Des filles par terre reçoivent des coups de pied dans la tête, d’autres occupants sont tabassés avec des bâtons, un véritable raid mené contre des étudiants. Tout va très vite, la salle se vide en cinq minutes et la faculté ferme ses portes.

Pierre, 26 ans, était présent le soir des faits (*). Il raconte : "Il y a une scène qui m’a particulièrement marqué ce soir-là. Vers minuit et quelques, des individus étaient à l’intérieur de l’amphi, encagoulés et armés, en train d’attaquer les étudiants à coups de palettes ou de rangers dans la bouche.

Tout le monde était effrayé : on entendait des cris, des pleurs. Il y avait du sang partout. Je m’approche pour prendre une photo mais le personnel anti-incendie me sort en criant qu’il ne fallait pas rester là. J’arrive dans un patio qui donne directement sur l’amphithéâtre et je commence à prendre une photo.

Un homme, cigarette à la bouche et blouson en cuir, m’interpelle. Il observait la scène comme s’il s’agissait d’une opération en cours. Il me dit : “T’es qui, toi ? Qu’est-ce que tu fous là ?” Je lui dis que je suis journaliste. Il change complètement de visage et me dit : “Il ne faut pas que tu restes là, c’est trop dangereux.” Là, il m’ouvre une porte arrière. J’ai halluciné : il avait le trousseau de clés de la fac ! Il m’a fait sortir par cette petite porte, comme si cet endroit lui appartenait."

À l’intérieur, certains sautent de joie tandis qu’à l’extérieur, le bilan est de trois blessés. La police arrive cinq minutes plus tard, évacue l’entrée de l’université et boucle les rues alentour pour laisser partir le personnel et les étudiants.

Totalement inédit, ce déchaînement de violence aura au final des conséquences pour la direction : Philippe Pétel, doyen de la faculté, a été interdit d’enseigner pendant cinq ans tandis que Jean-Luc Coronel de Boissezon, professeur d’histoire du droit, a été radié.