Municipales: Mohed Altrad candidat à Montpellier – Le HuffPost

Municipales: Mohed Altrad candidat à Montpellier - Le HuffPost

Mohed Altrad : Je veux changer Montpellier, comme jai changé mon destin de pauvre

Le président du club de rugby de la ville se présente sans étiquette contre le maire sortant, Philippe Saurel.

Mohed Altrad, Le président du club de rugby de Montpellier. SYLVAIN THOMAS/AFP Cette fois-ci, cest officiel : Mohed Altrad est candidat aux municipales de Montpellier. Lhomme a une notoriété certaine, même si celle-ci est répartie dans différents publics : né en Syrie dans des conditions très modestes, il est devenu un brillant chef dentreprise (n° 1 mondial de la bétonnière, n° 1 européen des échafaudages), puis un écrivain publié chez Actes Sud, avant de devenir mécène en injectant plus de 30 millions deuros dans le Montpellier Hérault rugby (MHR), le club de rugby quil préside depuis 2011. Depuis, il est devenu le sponsor de léquipe nationale, ce qui a causé quelques problèmes au patron du rugby français, Bernard Laporte, accusé de soutenir un peu trop son mécène.

Né dans le désert syrien il y a environ 70 ans (il explique ne pas connaître sa date de naissance car il n’y avait pas d’état civil dans les tribus bédouines où il est né), M. Altrad est arrivé à Montpellier aux environs de 17 ans, à la faveur d’une bourse d’études. Il n’a pas d’expérience politique, et ne s’est inscrit que récemment sur les listes électorales.

Ses nombreuses casquettes lui laissent le temps daller en chercher une de plus : à 70 ans (à un ou deux ans près, sa date de naissance étant incertaine), il brigue aujourdhui la mairie de Montpellier. Lhomme qui compte dans son groupe 42 000 salariés, pour un chiffre daffaires de 3,5 milliards deuros, qui a été le premier Français à recevoir, en 2015, le titre dentrepreneur mondial décerné tous les ans par le cabinet EY, se lance donc dans larène politique à un niveau local.

“Je ne veux pas d’une ville divisée, où les uns médisent des autres, où les décisions sont prises en fonction des liens personnels. Avec moi, ce sera simple, je choisirai les plus compétents”, a-t-il poursuivi, aux côtés du sénateur LR Jean-Pierre Grand et de la conseillère régionale et co-présidente des radicaux de gauche Virginie Rozière.

POLITIQUE. Municipales : le dirigeant de rugby Mohed Altrad candidat à Montpellier

En 2016, il avait pourtant exclu ce scénario en affirmant que, dans son parcours, cela constituerait  une régression . Mais, trois ans après, changement davis. Sa version est simple : il en va de la politique comme du rugby, et, dans les deux cas, Mohed Altrad jure quil ny connaissait rien et quon est venu le chercher.  Je me suis impliqué dans le club de rugby. On ma demandé de le sauver. Je lai fait , explique-t-il. En politique, cest pareil,  des notables mont sollicité pour réfléchir aux problématiques de Montpellier. Cétait en janvier 2018 . Il répond, commande un sondage sur sa notoriété et crée lassociation Les Montpelliérains. Pendant plusieurs mois, il consulte, cherche des ralliements avant dannoncer sa candidature.

“Nous sommes ouverts à d’autres discussions, sauf avec les extrêmes”, a ajouté Mohed Altrad, à la tête d’un important groupe international sis à Montpellier, qui porte son nom, spécialisé dans les services aux industries et qui a réalisé 3,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2018.

Voilà pour le parcours officiel. A aucun moment, il névoque ses conflits avec le maire actuel, Philippe Saurel, sur le rugby et la gestion du stade et de ses alentours. Difficile de dire dans quelle mesure ces tensions ont pesé dans sa décision. Son positionnement politique en tout cas se cherche. A limage dEmmanuel Macron durant la campagne présidentielle de 2017, Mohed Altrad refuse pour linstant de parler de son programme, qui viendra en temps et en heure, et affirme simplement :  Je prendrai le meilleur de la gauche. Et le meilleur de la droite. Avec moi, ce sera simple, je choisirai les plus compétents. 

La 30eplus grande fortune de France se lance en politique. À 70 ans passés, Mohed Altrad annonce ce lundi sa candidature aux élections municipales de Montpellier. La fin dun faux suspense, car depuis plusieurs mois déjà, lhomme daffaires, président du Montpellier Hérault Rugby, multipliait les contacts avec le landernau local, du Parti socialiste aux Républicains, en passant par La République en marche.

Le milliardaire dorigine syrienne, qui a créé le groupe industriel du même nom (42 000 employés, 3,4 milliards deuros de chiffre daffaires), est un novice en politique. Un domaine quil a longtemps observé avec une certaine méfiance, comme il le raconte dans son livre Le Cœur et lAction (Actes Sud) quil vient de publier à loccasion de sa candidature.

Mohed Altrad, qui a demandé le soutien de La République en marche pour cette élection, et s'est affiché aux côtés de Virginie Rozière, coprésidente des Radicaux de Gauche, d'un délégué de section du Parti socialiste à Montpellier, de la députée LREM Coralie Dubost représentée par un de ses collaborateurs, et de Jean-Pierre Grand (LR), sénateur l'Hérault. "Mohed Altrad prouve que cette élection n'est pas une élection de parti. Il nous rassemble et rassembler, c'est la première mission d'un maire", commente ce dernier. Face à lui, Mohed Altrad compte à ce jour trois candidats déclarés: Michaël Delafosse (PS) et Alex Larue (LR) et le député LREM Patrick Vignal qui demande l'investiture de son parti. "Je discute avec tout le monde sauf les extrêmes", assure Mohed Altrad qui tentera donc de les rallier à sa cause.

En mars 2018 pourtant, il soffre un sondage Ifop qui le crédite dun score de 20 % sil se présentait sans le soutien dun parti, contre 28 % pour le maire sortant Philippe Saurel (divers gauche). Depuis, le milliardaire se sent pousser des ailes. Il fonde un think tank, Les Montpelliérains, pour prendre le pouls de la ville et sonder les attentes des habitants. Il veut axer sa campagne sur lemploi, lécologie et la question sociale. Dans son discours de candidature, il dit vouloir  donner à Montpellier une nouvelle confiance en elle-même , afin quelle devienne  le centre du Grand Sud  à égalité avec Marseille et Toulouse, et inventer  le bien-vivre durable , tout en assurant quil restera très prudent en matière de dépenses.

Mohed Altrad a annoncé ce lundi sa candidature à la mairie de Montpellier. A un peu moins de six mois des élections municipales, le chef dentreprise sest présenté devant la presse entouré de soutiens issus dhorizons différents : Virginie Rozière (porte-parole), ancienne députée européenne du Parti radical de gauche, Jacques Touchon (président du comité de soutien), ex-adjoint dHélène Mandroux (PS), Flora Labourier (porte-parole), éphémère porte-parole du PS dans lHérault pendant un mois et demi, Jean-Pierre Grand (conseiller politique), sénateur LR et ancien maire de Castelnau-le-Lez, la seconde ville de la métropole, et Serge Martin (conseiller politique), ancien secrétaire de la quatrième section du PS de lHérault. Il a par ailleurs annoncé avoir le soutien de la députée LREM Coralie Dubost, qui nétait pas présente (et dont les collaborateurs parlementaires ne nous ont, pour lheure, pas confirmé le soutien).

Mohed Altrad affirme aussi vouloir travailler de concert avec la métropole :  Je ne serai pas lhomme qui dressera les uns contre les autres , dit-il. Une référence à peine voilée à la gouvernance controversée de Philippe Saurel, qui sest attiré les foudres danciens alliés parmi les élus locaux, dont le sénateur LR Jean-Pierre Grand, soutien désormais de Mohed Altrad. Quoiquil sen défende, sa candidature sonne ainsi comme une revanche contre le maire sortant, avec lequel les relations se sont dégradées depuis que celui-ci lui a refusé la vente de lespace public autour du stade de rugby Yves-du-Manoir pour un projet de complexe hôtelier.

Mohed Altrad, du désert aux portes de la mairie

Mais la bataille sannonce difficile pour lhomme daffaires, qui doit encore clarifier sa ligne politique et organiser ses alliances, face à deux autres candidats aussi pugnaces et Macron-compatibles que lui : le député LREM Patrick Vignal et le maire sortant lui-même.

Le Point : Fin 2016, vous déclariez que la politique ne vous intéressait pas et que la pratiquer au niveau local était une régression. Que sest-il passé depuis ?

“Être maire, c’est mon nouveau défi. Je veux être un maire qui permet à tous de réussir. Je prendrai le meilleur de la gauche, le meilleur de la droite, dans mon équipe, pour mes idées. Mon seul guide sera l’efficacité. On discute avec tout le monde, sauf avec les extrêmes.”

Municipales : Mohed Altrad, milliardaire et dirigeant de rugby, se lance à Montpellier

Mohed Altrad : En 2018, des habitants ont commencé à maborder dans la rue pour me demander pourquoi je ne faisais rien pour Montpellier. Ils trouvaient que la ville se dégradait, quelle était sale, polluée, chère, pas sécurisée… Jai alors eu lidée de faire faire un sondage par lIfop, qui a révélé que ma notoriété auprès des Montpelliérains était très importante. Mais cela ne ma pas suffi et jai voulu aller plus loin en créant un think tank qui a étudié pendant huit mois un certain nombre de sujets : la propreté, la sécurité, lemploi, etc. Jai fait un diagnostic, comme lorsquon reprend une entreprise. Il a révélé labsence de modèle économique : on avance, mais on ne sait pas où lon va. On encourage le tourisme, linnovation, linstallation de retraités, le high-tech, mais on saperçoit quil ny a pas de cohérence dans tout cela. On a ensuite organisé des réunions qui ont attiré 200-300 personnes. La dernière était en août sur lespoir. Voilà, cest ainsi que ma conviction sest faite. Je pense être capable de faire mieux que ce qui se fait aujourdhui.

Absolument pas. Je ne suis pas un homme animé de vengeance. Je vis dans cette ville depuis 45 ans, jy ai créé mon groupe, jai redressé son club de rugby, mes cinq enfants sont nés ici, ma vie est ici, mon destin est ici. Montpellier fait partie de mon histoire, je suis fier de cette ville, mais jai envie de la changer, comme jai changé mon destin de pauvre.

Pour conclure, Mohed Altrad a précisé que si son poste de président de Montpellier posait problème, il n’hésitera pas à démissionner. Extrait:

Dans votre livre Le Cœur et lAction, vous écrivez que Montpellier est déclassée. Cest-à-dire ?

Prenez nimporte quel sujet, lemploi par exemple, Montpellier est la dernière ville de sa taille en termes de chômage. On se gargarise davoir dépassé Strasbourg en nombre dhabitants, mais on est dernier sur lemploi. Autre exemple : Montpellier est aussi très mal classée sur les incivilités.

A la question de savoir sil y aura des alliances politiques, Altrad a répondu: “On discute avec tout le monde, sauf avec les extrêmes.” Mohed Altrad a également avoué avoir déposé une demande officielle de soutien auprès du parti de La République En Marche, et affirme également discuter avec Matignon et lElysée.

Mohed Altrad, candidat à Montpellier

Je suis en train de lécrire. Il sortira en janvier. Il y a des choses quon peut régler très rapidement, comme la sécurité, avec plus de caméras, de flics, de vigiles… Sur le moyen et long terme, il faut réfléchir à la vocation de Montpellier. Est-ce une ville touristique  ? Non, les chiffres montrent que cest une ville de passage. Faut-il axer notre effort sur lindustrie ? Si oui, cela ne simprovise pas.

Ses trois priorités majeurs porteront sur lemploi et la question sociale, la qualité de vie et le bien vivre durable ainsi que sur la gouvernance, tout en ajoutant: “Je prendrai le meilleur de la gauche, le meilleur de la droite, dans mon équipe, pour mes idées. Mon seul guide sera lefficacité.”

Vous êtes milliardaire, les Montpelliérains connaissent votre salaire mensuel (5 000 euros) depuis que vous lavez déclaré dans lémission Complément denquête il y a quelques mois. Quelle crédibilité pensez-vous avoir dans une ville où le taux de pauvreté est de cinq points supérieur à la moyenne nationale ?

INDISCRET – Lhomme daffaires Mohed Altrad, président du club de rugby de Montpellier, va déclarer sa candidature aux municipales lundi.

Je suis né dun drame (Mohed Altrad affirme avoir été le fruit dun viol, NDLR). Je suis né pauvre et je suis devenu riche. Ai-je changé pour autant ? Mes conditions de vie sont loin dêtre celles dun milliardaire, je vis très modestement. Largent ne ma pas changé.

Le chef d'entreprise franco-syrien, président du Montpellier Hérault Rugby et première fortune de la région Occitanie, déclarera ce lundi sa candidature aux élections municipales de Montpellier, sur fond de tensions avec le maire actuel, Philippe Saurel (DVG).

Vous navez jamais eu de carte délecteur avant les dernières élections européennes, où vous avez appelé à voter Nathalie Loiseau. Nétait-ce pas un peu opportuniste, quelques mois avant de vous déclarer candidat  ?

Non. Jai voté, car je pense quil faut donner à Macron les conditions pour quil fasse un mandat utile. Par le passé, jétais dans un autre univers, lindustrie, le commerce. Et le regard que je portais sur lhomme politique ne correspondait pas à ce que jen attendais. La définition de lhomme politique selon Aristote, cest celui qui travaille sincèrement au service de la cité. Celui-là, je ne lai jamais trouvé. Les hommes politiques travaillent beaucoup pour eux-mêmes.

Après avoir soutenu Nathalie Loiseau, chercherez-vous à obtenir linvestiture LREM pour les municipales ?

On a vu ce que les étiquettes politiques donnent. Le temps est venu pour le rassemblement le plus large possible et le partage du pouvoir. Il faut chercher les compétences partout.

Ces derniers mois, vous avez tenté une alliance avec le candidat LR Alex Larue, la députée LREM Coralie Dubost, vous avez même accueilli chez vous le FN Djamel Boumaaz. On a du mal à cerner votre ligne politique…

Djamel Boumaaz est chauffeur de bus à Montpellier, il a voulu me voir à titre personnel. Ça sarrête là. Est-ce que je vais gouverner avec lextrême droite et leurs idées pour autant ? Certainement pas. Jaurai une liste de rassemblement de la gauche à la droite, à lexclusion des extrêmes. Je suis ami avec Alex Larue. Il veut tenter sa chance tout seul. On verra entre les deux tours sil me rejoint ou pas. Je dialogue également avec le candidat socialiste Michaël Delafosse. Jai le soutien du sénateur LR Jean-Pierre Grand et de Coralie Dubost.

Vous avez récemment rencontré le député LREM Patrick Vignal, également candidat aux municipales. Un rapprochement avec lui est-il envisageable ?