Montreuil : des parents d’élèves qui bloquaient « l’usine toxique …

« On est pacifiques ! Arrêtez ! », répète inlassablement un homme, dans une vidéo amateur, tandis que les CRS tentent d’arracher des manifestants au groupe. Peine perdue : six personnes seront blessées au terme de l’intervention, deux seront menottées et placée en garde à vue pour « refus de coopérer».

À Montreuil, la police emploie la manière forte pour déloger quelques dizaines de parents d'élèves protestant contre …

Politique Bruno Retailleau boycotte la visite de Bruno Le Maire aux chantiers navals de Saint-Nazaireenvironnement (ICPE). Spécialisé dans le traitement des pièces mécaniques d’avion, ce sous-traitant d’Airbus et Safran déclarait produire encore plus de 37 tonnes de « déchets dangereux » en 2015, selon les dernières données du Registre des émissions polluantes. Elle est devenue indésirable pour les riverains depuis qu’un cas de leucémie rare (s’ajoutant à deux autres cas en quinze ans dans la même rue, dont un mortel) a été déclaré chez un élève de CM2 avant l’été.Actus Journée spéciale Patrick Fiori sur France Bleu – Gagnez son nouvel album !

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Si la méthode employée pour disperser cette petite centaine de parents a été qualifiée de « disproportionnée », les habitants accusent l’État de chercher à tout prix à protéger les intérêts des constructeurs aéronautiques travaillant avec l’usine.S’abonner au Monde à partir de 1 €

Spécialisée dans le traitement des pièces mécaniques d’avion, la SNEM (Société nouvelle d’eugénisation des métaux) avait déclaré en 2015 produire plus de 37 tonnes de « déchets dangereux ». black blocks venus d’outre-Europe, tout exprès pour défoncer les abribus de notre beau pays ? À vrai dire, pas vraiment.

Dans un souci d’apaisement, j’ai demandé la libération des personnes interpellées et l’abandon des poursuites engagées. #Montreuil#SNEM

Mercredi soir, le maire de Montreuil, Patrice Bessac (PCF), avait demandé la “libération des persones interpellées et l’abandon des poursuites engagées”.

« libération immédiate des gardés à vue » et que « l’ensemble des poursuites engagées soient abandonnées ». La municipalité précise qu’elle s’est engagée à exiger des services de l’Etat « une totale transparence en demandant la mise à disposition publique de l’intégralité des études réalisées depuis 2007 ».

Encore choquée, Marie Pavlenko, l’une des manifestantes, raconte au Monde :  « On s’était regroupés devant l’entrée dans une ambiance bon enfant quand un des policiers est arrivé en nous disant : “Nous allons faire usage de la force”. Ils ont commencé à charger en nous écrasant avec leurs boucliers. Un CRS m’a attrapée et jetée à terre comme un sac-poubelle. »

« On s’était regroupés devant l’entrée dans une ambiance bon enfant quand un des policiers est arrivé en nous disant : “Nous allons faire usage de la force”, témoigne Marie Pavlenko. Ils ont commencé à charger en nous écrasant avec leurs boucliers. J’ai eu peur, j’ai crié comme un putois. Un CRS m’a attrapée et jetée à terre comme un sac-poubelle. » Résultat : une fracture de la main droite et une incapacité totale de travail de dix-neuf jours pour la romancière, qui va porter plainte pour « coups et blessures ».