Mulhouse : enquête après le décès dune femme pour laquelle le Samu ne sest pas déplacé – Le Point

Mulhouse : enquête après le décès d\une femme pour laquelle le Samu ne s\est pas déplacé - Le Point

Retrouvée morte chez elle 10 jours après avoir appelé le Samu qui nétait pas venu

Mi-juin, lemployeur dune femme avait appelé le Samu pour signaler des douleurs à la poitrine. Aucun véhicule navait été dépêché, et la femme avait été retrouvée morte dans son lit, 10 jours après lappel. Elle se plaignait de "douleurs  la cage thoracique", et le Samu ne sest jamais déplacé.

Une information judiciaire est ouverte des mois après le drame. L'affaire remonte au 3 juin. La responsable d'une agence d'intérim à Mulhouse appelle le Samu pour les prévenir qu'une de ses employées âgée d'une soixantaine d'années se trouve seule à son domicile dans un état inquiétant. Elle n'est pas venue travailler et se plaint de fortes douleurs du côté gauche du corps.

Fin 2017, une jeune mère de famille de 22 ans, Naomi Musenga, était décédée aux urgences de lhôpital de Strasbourg, après avoir été raillée au téléphone par une opératrice du Samu, ce qui avait provoqué un tollé quand le contenu de cet appel avait été diffusé. Deux enquêtes, judiciaire et administrative avaient été ouvertes. Les urgences de lhôpital de Mulhouse, en grève depuis des mois comme des centaines dautres services durgence en France, font face à de nombreux départs de médecins, épuisés par les conditions de travail.

La directrice préfère rester au téléphone avec son employée jusqu'à ce que cette dernière entre en contact avec le médecin du Samu, selon nos confrères de SudOuest. Malgré les inquiétudes et les douleurs, l'évaluation de son cas ne révèle pas d'une urgence pour le Samu et aucune ambulance n'est envoyée sur les lieux pour vérifier. 

Video: Mulhouse : enquête après le décès dune femme pour laquelle le Samu ne sest pas déplacé

Ce n'est que dix jours plus tard que son corps sera découvert par un voisin. Elle est morte dans son lit et d'après les résultats de l'autopsie, elle est décédée d’un arrêt cardiaque dix jours plus tôt soit le jour de l’appel au Samu.15. 

Le 3 juin, l’employeur de cette femme, la directrice d’une agence d’intérim mulhousienne, avait contacté le 15 pour signaler que la victime se plaignait de douleurs au bras et à la cage thoracique, alors que l’agence venait de l’appeler pour lui confier une mission. “Elle se plaignait de douleurs à la cage thoracique, des douleurs intercostales, au cœur et au bras gauche. Elle disait ne pas réussir à respirer correctement”, a raconté la responsable de l’agence qui souhaite rester anonyme.

Haut-Rhin : une enquête ouverte après le décès dune femme pour laquelle le Samu ne sest pas déplacé

Le parquet de Mulhouse a ouvert vendredi 20 septembre une information judiciaire pour "non-assistance à personne en danger par personne morale", contre le groupement hospitalier régional Mulhouse-Sud-Alsace, et pour "non-assistance à personne en danger contre X", soit le médecin régulateur du Samu qui avait pris en charge l’appel de la directrice puis de la victime.

Une affaire qui nest pas sans rappeler celle de Naomi Musenga. Les faits remontent au 27 décembre 2017. Souffrant de fortes douleurs au ventre, la jeune femme était seule quand elle a composé le  15 . Lopératrice lui a répondu avec dédain et lui a recommandé de contacter SOS Médecins. Au bout de cinq heures, elle était parvenue à joindre les urgences médicales qui, in fine, avaient déclenché lintervention du Samu. Emmenée à lhôpital, elle avait été victime dun infarctus, puis transférée en réanimation avant de décéder.

Les urgences du CHU de Mulhouse sont en manque de personnels face à de nombreux départs de praticiens et sont en grève depuis des mois pour dénoncer leurs conditions de travail.