Nantes : mort dun migrant au gymnase Jeanne-Bernard, la situation reste tendue – France 3 Régions

Nantes : mort d\un migrant au gymnase Jeanne-Bernard, la situation reste tendue - France 3 Régions

Nantes. Migrant décédé au gymnase, Johanna Rolland : quattend le ministère de lintérieur ?

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Messenger LinkedIn Email Le tribunal administratif de Nantes a accordé, lundi 30 septembre 2019, un délai de trois mois à la préfecture de la Loire-Atlantique pour organiser lévacuation du gymnase Jeanne-Bernard, occupé par près de 800 migrants, à Saint-Herblain. La Cimade, qui demandait la mise à labri immédiate des exilés du gymnase a réagi ce mercredi 2 octobre à cette décision.

 Quelles que soient les conclusions de lenquête, je tiens à dire ma colère, mon écœurement, a réagi Johanna Rolland. Quest-ce que le ministère de lIntérieur attend pour agir ? Quest-ce que le ministère attend ? Ça fait des mois que cette situation dure, des mois que les assos, les élus linterpellent à ce sujet. LEtat na toujours pas bougé dun pouce. Je rappelle que, dans la loi française, cest sa responsabilité. Ce nest plus possible, ni pour la dignité humaine de ces personnes, ni pour les riverains. 

Depuis plus de 11 mois, des hommes, des femmes et des enfants, principalement de nationalité étrangère, ont trouvé refuge dans le gymnase Jeanne-Bernard à Saint-Herblain, à côté de Nantes. Dabord quelques dizaines lhiver dernier, ce sont aujourdhui près de 800 personnes qui tentent daménager des conditions de vie dans un endroit inadapté, faute de places dhébergement proposées par lÉtat, que ce soit dans le dispositif national dédié aux demandeurs dasile ou dans le dispositif dhébergement durgence, indique lassociation.

Un demandeur dasile, qui vivait dans lancien gymnase Jeanne-Bernard, à Saint-Herblain, près de Nantes, est décédé dans la nuit de mercredi à jeudi. La préfecture de Loire-Atlantique évoque un  arrêt cardio-respiratoire . Lannonce de ce drame, dans lun des plus importants squats de migrants en France (entre 500 et 800), a provoqué le coup de gueule de la présidente de Nantes métropole, Johanna Rolland (PS).

Face à cette situation indigne et à limmobilisme de lÉtat, la Cimade et le Secours catholique, rejoints dans cette démarche par la Ligue des droits de lHomme, le MRAP et lassociation de soutien au collectif Enfants étrangers-RESF44, ont fait le choix de saisir la juridiction administrative afin dobtenir de la préfecture de Loire-Atlantique, à titre principal, la mise à labri immédiate de lensemble des personnes présentes au gymnase Jeanne-Bernard.

Le maire PS de Saint-Herblain, Bertrand Affilé, a également fait part de son  indignation  estimant que les représentants de lEtat nétaient  pas à la hauteur de la situation .  On est là sur une compétence du gouvernement et il ne fait rien. Les quelques toilettes et robinets installés cet été, cest la ville qui les a installés cet été. 

Et, dans un second temps, le recensement des personnes afin quelles puissent bénéficier dun hébergement adapté à leur situation. Fort malheureusement, le juge des référés rejette cette demande de protection et dhébergement préalable, mesure durgence pourtant seule à même de préserver immédiatement les droits fondamentaux des personnes.

Lundi, le tribunal administratif a donné à lEtat un délai de trois mois, soit jusquà la fin dannée 2019, pour procéder à lévacuation du gymnase. Celle-ci avait déjà été autorisée en mars par la justice. Mais la préfecture na pas voulu exécuter la décision, considérant que les migrants étaient trop nombreux pour être pris en charge.

La Cimade regrette que la juridiction lui préfère un recensement ordonné in situ, alors même que les conditions de vie et un maintien sur place ne doivent plus perdurer. Une telle injonction revient à conditionner lhébergement à un examen de situation administrative et contrevient dangereusement au principe de linconditionnalité de laccueil, socle fondamental de solidarité vis-à-vis des personnes en situation de précarité.

Le juge administratif a reconnu les situations durgence et de détresse en enjoignant le préfet à prendre des mesures. Cependant, les délais quil laisse à lÉtat pour agir sont beaucoup trop longs alors que ce dernier est défaillant depuis des mois :

Enfin, nous sommes particulièrement surpris du dédouanement de lOffice français de limmigration et lintégration (OFII) qui doit garantir un accès à des conditions de vie dignes quand plus de 90 % des personnes qui campent au gymnase sont demandeuses dasile voire réfugiées. Nos associations ne peuvent donc se satisfaire de cette solution qui risque de générer des tensions supplémentaires chez les personnes habitantes et en renvoyer une partie de nouveau vers la rue et lerrance.

Dans la lignée du manifeste national des associations et des collectifs citoyens pris le 27 juin 2019, nous demandons une réponse forte et des mesures immédiates, en lien avec les collectivités locales pour en finir avec ces situations inhumaines.

Une remise à la rue naurait aucun sens dun point de vue humain, abonde Xavier Brunier. La préfecture a désormais lobligation de recenser les occupants afin de déterminer leur situation administrative et familiale, et leur état de santé. Cela doit permettre à lÉtat de leur proposer la prise en charge qui simpose de droit, en termes dhébergement digne et daccès aux soins, espère le responsable de la solidarité du diocèse de Nantes.

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Le propriétaire du site, la fondation de la Providence, avait saisi le tribunal administratif, il y a une semaine, pour demander la mise à exécution de lévacuation du site, prononcée par le tribunal dinstance de Nantes en mars dernier. Depuis cette décision, le préfet de Loire-Atlantique refuse daccorder à la fondation le concours de la force publique pour procéder à lexpulsion. Le juge du tribunal administratif lui accorde un délai supplémentaire pour passer à laction.

Messenger LinkedIn Email Les réactions des élus sont vives sur la métropole à légard de lÉtat quelques heures après la découverte du corps sans vie dun migrant tchadien au gymnase de Saint-Herblain. Johanna Rolland dit son écoeurement .

En attendant, il demande à lÉtat daméliorer les conditions de vie sur le site, dont la vétusté et la dangerosité sont dénoncées par de nombreux observateurs. Parmi eux, les membres de la Cimade et du Secours catholique qui, la semaine passée également, avaient, à linstar de la ville de Saint-Herblain, plaidé la mise à labri des occupants du gymnase Jeanne-Bernard.

Un homme est mort ce jeudi matin au gymnase Jeanne-Bernard, à Saint-Herblain, où vivent près de 800 exilés dans des conditions de salubrité et de sécurité dénoncés par de nombreux observateurs.

Si le tribunal administratif ne sest pas prononcé en faveur de cette mise à labri immédiate, il enjoint au préfet, dans un délai de quinze jours, la mise en place de mesures visant à sécuriser le site et ses abords (accès aux portes de secours, etc) et à les mettre dans un état de salubrité compatible avec la présence doccupants.

Alors que ce midi, avec la police sur place, à Saint-Herblain, la situation était tendue avec les migrants, Johanna Rolland a interrompu la conférence de presse de présentation du conseil métropolitain pour évoquer ce décès intervenu au gymnase Jeanne-Bernard.

Par ailleurs, linstallation déquipements permettant laccès à leau potable, pour boire, se laver et nettoyer les vêtements, devra être mise en œuvre tout comme linstallation de toilettes en nombre suffisant.

Je dis ma colère, mon écœurement. Quest-ce que le ministère de lIntérieur attend ? Ça fait des mois que les associations linterpellent. Je rappelle que dans la loi française, cest au ministère de lIntérieur de mettre à labri les migrants. […] Cette situation nest pas tenable, poursuit la présidente de la métropole nantaise ce nest plus possible. Il y a un statut pour les Dubliners mais il ny a rien pour les réfugiés climatiques. rien na été prévu. Quon arrête de nous baratiner avec les groupes de travail car pendant ce temps-là en France, les gens vivent ce type de situation !

Bertrand Affilé, maire de Saint-Herblain et élu métropolitain a également pris la parole : Jai écrit au ministère de lIntérieur pour alerter. On na reçu aucune réponse. LÉtat a déjà été condamné cette semaine pour cela. Cest à lui de les mettre à labri. Quand il est juge et partie, on voit bien quil saffranchit des règles. Jai rencontré des représentants de lÉtat qui nétaient pas à la hauteur de la situation. Le ministre de lIntérieur ne fait rien. Les quelques toilettes et robinets installés au gymnase, cest la ville qui sest occupée de les installer.