Nantes : au lendemain de la mort dun migrant, lémotion reste vive – France 3 Régions

Nantes : au lendemain de la mort d\un migrant, l\émotion reste vive - France 3 Régions

Nantes. Migrant retrouvé mort : le gymnase retrouve son calme

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Messenger LinkedIn Email La mort dun migrant, qui vivait dans une cabane au pied du gymnase Jeanne-Bernard à Saint-Herblain, pourrait-elle accélérer la mise à labri des 800 réfugiés qui sentassent sur le site ? Des procédures sont engagées depuis des mois.

Ce drame renvoie à lurgence de la mise en œuvre des décisions de justice. Ce nest juste pas possible de laisser des gens dans cette situation. Lémotion est palpable dans la voix de Xavier Brunier, responsable de la solidarité au diocèse, propriétaire du gymnase Jeanne-Bernard où un migrant a perdu la vie ce jeudi 3 octobre.

Il était demandeur dasile. Il était en France en quête de protection et ne la pas trouvée, réagit Marie Hénocq, déléguée nationale de la Cimade (ONG oeuvrant pour aider les migrants) en région Bretagne-Pays de Loire, à chaud. Ce drame risque de précipiter lévacuation du site, mais dans quelles conditions : celle dune mise à labri inconditionnelle de tous, comme nous lavons demandé devant le tribunal administratif, ou au cas par cas, après un tri. (…)

Les premiers migrants sont arrivés dans lancien gymnase il y a près dun an, en octobre 2018. Ils seraient près de 800 aujourdhui. Ils sentassent à lintérieur, mais aussi dans des tentes et des cabanes de fortune dressées à lextérieur.

Le maire de Nantes, Johanna Rolland, a interpellé les services de Christophe Castaner après quun migrant tchadien âgé de 32 ou 35 ans, selon les versions, a été découvert mort le matin du 3 octobre dans le gymnase Jeanne-Bernard à Saint-Herblain, près de Nantes. Dans un premier temps, les secours ont constaté la mort et tenté de procéder à lenlèvement du corps, mais selon les informations de France 3, les compagnons du migrant sy sont opposés «afin de respecter les rituels ethniques.» Lhomme serait mort dun arrêt cardiorespiratoire, selon la préfecture de Loire-Atlantique. Le corps doit être autopsié. Il a notamment été décrit comme souffrant et se serait plaint de maux de ventre la veille de son décès avant de rejoindre sa tente.

En mars, le propriétaire, la fondation de la Providence, une émanation du diocèse, avait saisi le tribunal dinstance. Le tribunal avait alors ordonné lévacuation du site. Mais la préfecture a jusquici refusé dapporter le concours des forces de lordre pour mener les opérations dévacuation.

La situation se désamorçant progressivement au cours de laprès-midi, le corps a pu être emmené. Mais en fin daprès-midi, les pompiers ont été appelés à intervenir sur ce même site pour un départ de feu de poubelle et les policiers déployés sur la zone ont essuyé des jets de bouteille, toujours selon cette même source qui précise quils essayaient décarter les migrants pour que les pompiers puissent faire leur travail.

Le 24 septembre dernier, la Fondation a sollicité le juge des référés, au tribunal administratif, pour faire appliquer la décision du tribunal dinstance. Lundi, le tribunal administratif a ordonné lévacuation du gymnase. Le juge a accordé un délai de trois mois au préfet pour intervenir, lui demandant dici là daméliorer les conditions de salubrité et de sécurité sur le site. Des associations et la ville de Saint-Herblain ont, elles aussi, sollicité le tribunal administratif pour demander la mise à labri immédiate des migrants.

Au lendemain de la mort dun migrant âgé de 30 ans, au gymnase Jeanne-Bernard de Saint-Herblain, le préfet Claude dHarcourt a assuré ce vendredi 4 octobre que la préfecture allait prendre en charge la gestion et la sécurisation du site. Selon Claude dHarcourt, 700 migrants y résident actuellement.

Plus on attend et plus cela va savérer compliqué , estime aujourdhui Xavier Brunier. Ce drame risque de précipiter lévacuation du site , pense aussi Marie Hénocq, de la Cimade, qui promet de veiller aux conditions de sa mise en œuvre. Nous demandons la mise à labri inconditionnelle de tous les occupants.

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La cabane dOmar était située à lentrée du vieux gymnase Jean-Bernard à Saint-Herblain. Un bâtiment désaffecté et surpeuplé. Omar avait posé un fauteuil au velours usé et installé un petit coin cuisine, avec des plaques électriques et une bouilloire. Sa veste de pluie bleue est encore accrochée dans un coin, entre deux fils qui courent le long dune couverture à carreaux.

Messenger LinkedIn Email Lun des 800 migrants entassés depuis un an au gymnase Jeanne-Bernard, à Saint-Herblain, près de Nantes, a été trouvé mort ce jeudi matin 3 octobre, dans sa tente. Il sagirait dun arrêt cardiaque. Le retrait du corps, rapide et brutal par les forces de lordre, a provoqué la colère des autres migrants.

Ce jeudi 3 octobre, au matin, lun des migrants qui campent dans lancien gymnase Jeanne-Bernard, à Saint-Herblain, près de Nantes, a été retrouvé décédé, dans sa tente. Ses voisins dinfortune ont donné lalerte et appelé les pompiers aux alentours de midi. Ce réfugié serait mort pendant la nuit dun arrêt cardiaque. Il sappelait Omar. Il est né, selon le parquet, en 1987. Il avait donc 32 ans, et venait du Tchad.

Messenger LinkedIn Email Ce migrant, âgé de trente ans, est décédé ce jeudi 3 octobre, à Saint-Herblain, près de Nantes. Il avait échoué dans cet immense squat, loin du Tchad quil avait quitté pour rejoindre sa famille en Angleterre.

Johanna Rolland, présidente de Nantes-Métropole, la confirmé en début daprès-midi : Un homme souffrait de maux de ventre et ne sest pas réveillé ce matin . Il se sentait mal hier, raconte une aidante qui était avec lui. En fait, ça se voyait dans ses yeux.

Il était demandeur dasile. Il était en France en quête de protection et ne la pas trouvée, réagit Marie Hénocq à chaud. Ce drame risque de précipiter lévacuation du site, mais dans quelles conditions : celle dune mise à labri inconditionnelle de tous, comme nous lavons demandé devant le tribunal administratif, ou au cas par cas, après un tri. Il faut arrêter de nous faire croire quen France, la politique de dissuasion mettra fin à ce type de situation. Cest une stratégie aveugle, cynique et délétère. Il est urgent den changer. Il est aussi urgent de créer des places dhébergement et arrêter de penser que la France ne peut pas accueillir ces personnes.

Près de Nantes. Un migrant installé au gymnase Jeanne-Bernard est décédé

La situation sest très vite envenimée, en tout début daprès-midi, alors même que la police se rendait sur place pour enlever le corps, sous une bâche blanche. Le retrait du corps, rapide et brutal par les forces de lordre, a été perçu comme un manque de respect par de nombreux migrants qui peinaient à se séparer de leur copain ; dautres hurlaient contre la situation déplorable dans laquelle ils vivent depuis un an, dans cet ancien gymnase, délabré.

Marie Hénocq, déléguée nationale de la Cimade en région Bretagne-Pays de Loire, a appris avec effroi le décès dun des 800 migrants installés dans le gymnase Jeanne-Bernard à Saint-Herblain. Omar, Tchadien âgé de 35 ans, a été retrouvé, sans vie, ce jeudi matin. Il était souffrant selon plusieurs sources, et sétait couché mercredi soir avec des maux de ventre. Ce jeudi matin, ses amis ont tenté de le réveiller, en vain. Il était vraisemblablement décédé depuis plusieurs heures. Son corps sera autopsié.

Des migrants ont alors allumé un grand feu de poubelle et les forces de lordre ont dû avoir recours au gaz lacrymogène pour faire face à la colère des réfugiés. La rue était bouclée.

On ignore ce qui a provoqué exactement la mort dOmar, ce migrant trentenaire, qui avait trouvé refuge au gymnase Jeanne-Bernard, à Saint-Herblain. Sans quil soit, pour lheure, possible détablir un lien, on sait, en revanche, de longue date, que les associations dénoncent des

#jeannebernard #nantes #migrants La police qui était devant le gymnase, a reculé dans la rue adjacente. Quelques dizaines dhabitants du gymnase sont ressortis, calmes. La tension liée à la mort de leur pote , la présence de la police et la fatigue retombe pic.twitter.com/pPJlIzy63v

Messenger LinkedIn Email Rats, déchets accumulés, toilettes bouchées, etc : la Cimade vient de dresser un état de lieux des conditions de vie au gymnase. Un sondage qui montre aussi la difficulté pour les migrants à accéder aux soins.

En milieu daprès-midi, vers 15 h 20, alors que la tension retombait aux abords du gymnase Jeanne-Bernard, la situation sur place restait très, très tendue. Des associations qui viennent en aide aux migrants, ont entamé des discussions, notamment avec les occupants qui étaient à lextérieur du gymnase.

Quelles que soient les conclusions de lenquête, je veux dire ma colère et mon écœurement. Quest-ce que le ministère de lIntérieur attend pour agir ? , a pour sa part commenté la maire de Nantes Johanna Rolland. Et la socialiste, également présidente de Nantes Métropole, de poursuivre : Ça fait des mois que cette situation dure, des mois que les assos, les élus linterpellent à ce sujet. LEtat na toujours pas bougé dun pouce. Ce nest plus possible, ni pour la dignité humaine ni pour les riverains.

À 17 h, la tension est de nouveau remontée aux abords du gymnase : quelques jeunes se sont masqués avec des foulards et ont sorti des poubelles pour les enflammer. Les forces de lordre, restées en retrait, sont de nouveau intervenus et pour faire rentrer les migrants dans le gymnase.

Ils seraient environ 800 entassés dans ce squat, depuis un an pour certains. Ce jeudi, lun des migrants réfugiés dans le gymnase Jeanne-Bernard à Saint-Herblain, près de Nantes (Loire-Atlantique), a été retrouvé mort dans sa tente. Selon Ouest-France, cette découverte a généré de grandes tensions sur place, au point que le quartier a dû être bouclé.

Les pompiers sont ensuite intervenus alors que les riverains restaient cloîtrés chez eux. Pendant toute la durée des événements, le maire de Saint-Herblain était sur place et, à 17 h 50, un groupe dintervention de CRS restait posté à devant lentrée du camp.

Encadrés par des forces de lordre, les agents dentretien ont pu intervenir vers 18 h 40 pour nettoyer les lieux et, à laide de balayeuse, ramasser des bris de verres. Ladjoint à la tranquillité publique de Saint-Herblain espère quil y aura des forces de police présentes dans la nuit pour assurer la sécurité des personnes et des biens . Alors que les migrants ont repris leurs allées et venues à proximité du gymnase, tout le monde espère que les tensions soient vraiment retombées.