Nantes. Xavier Dupont de Ligonnès retrouvé et arrêté en Écosse ? – Ouest-France

Nantes. Xavier Dupont de Ligonnès retrouvé et arrêté en Écosse ? - Ouest-France

Affaire Xavier Dupont de Ligonnès : à nos lecteurs

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Messenger LinkedIn Email À plusieurs reprises déjà, les enquêteurs de la PJ de Nantes ont nourri lespoir de retrouver Xavier Dupont de Ligonnès. Leur traque nest pas finie.

Autour de 23 h, pas une source na émis le moindre doute. Tous les voyants sont au vert. Dans les coulisses judiciaires, la confiance est de mise. Ça navait jamais été le cas, sur ce dossier où, depuis huit ans, plus de mille signalements se sont terminés en impasses. À cette heure-là, aucune voix officielle ne sexprime, ni à lIntérieur, ni à la Justice, à lexception du patron de la PJ nantaise qui annonce à nos confrères de Presse Océan :   Enfin un signalement est bon […]. Les paluches (empreintes)  ont matché à Glasgow […] On le tient .  

Affaire Dupont de Ligonnès. Pourquoi cette incroyable méprise ?

Ce nétait donc quune fausse piste. Une de plus dans un dossier denquête qui en compte des centaines. Lhomme arrêté vendredi soir à laéroport de Glasgow, en Écosse, nest pas Xavier Dupont de Ligonnès.

Laffaire, débutée le 21 avril 2011 à Nantes avec la découverte sous la terrasse du 55 boulevard Schuman à Nantes, des corps dAgnès Dupont de Ligonnès et de ses quatre enfants, demeure lune des plus mystérieuses énigmes criminelles de ces dernières décennies. Et son principal suspect, un chef dentreprise à la dérive âgé de 50 ans à lépoque, reste un des hommes les plus recherchés de France.

À lorigine, la police française à reçu un signalement selon lequel un homme présenté comme XDDL prenait lavion de Roissy pour Glasgow. Mais trop tard pour intervenir en France. Ce sont donc les policiers écossais qui ont interpellé lhomme à sa descente davion. Les empreintes digitales correspondent, nous dit-on, à celle de la fiche de recherche Interpol. À ce stade, on considère quil nous manque au moins une source pour publier.

Est-il vivant ? Est-il décédé ? Le débat va pouvoir reprendre de plus belle tandis que les signalements, immanquablement, nen finiront pas de fleurir à lantenne de police judiciaire de Nantes. Et il sagira pour les enquêteurs qui restent en charge du dossier, de vérifier. Encore et encore.

Lépisode écossais est loin dêtre le dernier dans la série des pistes quil a fallu fermer. Xavier Dupont de Ligonnès a été vu partout et nulle part en huit ans.

À 20 h 42, le Parisien annonce linformation. Vingt minutes plus tard, à 21 h 02, lAFP confirme par une dépêche. L e Monde publie à son tour linformation à 21 h 03. Dans lintervalle, nous avons pu obtenir une confirmation sans ambiguïté de la part dune source proche de lenquête. Une nouvelle confirmation nous parvient peu après dune autre source. Nous sortons donc linformation à 21 h 11.

Comme en janvier 2018 quand la police investit un monastère de Roquebrune-sur-Argens où des fidèles pensaient lavoir reconnu. Ou en avril 2015, quand des ossements sont découverts dans le Var, non loin du dernier endroit où a été vu le père de famille. Trois mois plus tard, les enquêteurs planchent sur un message énigmatique signé XAVIER Dupont de Ligonnès, envoyé au bureau de lAFP à Nantes : Je suis toujours vivant, de là jusquà cette heure (sic), au dos dune photo de deux de ses fils. Les expertises permettront de déterminer que le fugitif nen est pas lauteur.

Le fugitif le plus recherché de France sous les verrous, après huit ans de cavale : vendredi soir, on en a fait le titre majeur de notre journal, comme la plupart de nos concurrents. Avant de déchanter le lendemain midi, quand lADN a parlé, ce juge infaillible. Le Francilien arrêté vendredi à laéroport de Glasgow nest pas Xavier Dupont de Ligonnès…

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Pourquoi cet incroyable retournement de situation, dans cette affaire hors normes ? Pourquoi, cette fois, sest-on planté ? Retour sur la soirée, à la rédaction Ouest-France de Nantes, ville où la femme et les quatre enfants de Dupont de Ligonnès ont été retrouvés assassinés, en avril 2011.

Samedi matin à la Une et vendredi soir sur son site internet, Ouest-France titrait sur une information publiée également par les autres médias français : “Xavier Dupont de Ligonnès arrêté en Écosse”. Samedi en milieu de journée, nous infirmions cette information après la publication des résultats danalyses ADN prouvant que lhomme arrêté à laéroport de Glasgow nétait pas Xavier Dupont de Ligonnès, lhomme le plus recherché dEurope.

Pourquoi cette méprise ? Ouest-France disposait de cette information, via plusieurs sources recoupées, comme cest la règle. Après une première publication par Le Parisien, linformation était confirmée par lAgence France Presse (AFP), sur la base de  quatre sources distinctes proches de lenquête française . Nous lavons à notre tour diffusée sur notre site internet et dans lédition du journal en cours de bouclage. 

Avec notamment un élément clef : la police écossaise annonçait que, selon ses analyses, les empreintes digitales de lhomme arrêté à Glasgow correspondaient à celles de Xavier Dupont de Ligonnès. Ce nest quaprès lheure de bouclage du journal que des informations contradictoires ont filtré, le lendemain. À aucun moment, les autorités nont infirmé les informations publiées dans les médias.