Affaire Grégory : “je porte la culpabilité de la mort de Bernard” confie …

Affaire Grégory : \

Murielle Bolle veut “briser le silence” sur laffaire du petit Grégory

Le 8 novembre, Murielle Bolle, personnage central dans laffaire du petit Grégory qui secoue la France depuis 1984, sort un livre intitulé “Briser le silence”. Celle qui ne sest quasiment jamais exprimé dans les médias quelle qualifiait de “rapaces”, a donné une interview à nos confrères du Parisien pour loccasion.

“Je lai dit et je le répète : le jour de la mort de Grégory, je suis sortie du collège comme dhabitude, jai pris le bus comme dhabitude, je me suis arrêtée chez la tante Louisette où étaient Bernard et son fils Sébastien. Jespère quon va enfin me croire : la justice, les parents de Grégory et lopinion publique à laquelle jai été jetée en pâture.”

Celle qui, adolescente, avait accusé Bernard Laroche en 1984 pour le meurtre du petit garçon avant de se rétracter, explique que ce fait divers a “brisé (sa) vie”. Et raconte son quotidien: “Je vis au jour le jour, je ne prévois rien. (…) Mes enfants, cest ma vie. Si jai tenu, cest grâce à eux. Sinon, jaime toujours autant la nature et les animaux. Je me promène régulièrement en forêt, je vais aux champignons. Ça me vide la tête.”

Ainsi commence linterview de Murielle Bolle parue ce dimanche 4 novembre. Âgée de 15 ans en 1984 au moment des faits, celle qui est devenue rapidement un des personnages centraux de laffaire du petit Grégory a écrit un livre pour raconter “sa” vérité, près de 34 ans après les faits et la disparition tragique dun petit garçon dont on ignore encore qui est responsable de son décès.

Elle est lun des principaux visages de laffaire Grégory. Murielle Bolle, qui sort le livre Briser le silence le 8 novembre prochain (Michel Lafon), se confie ce dimanche au Parisien. Elle évoque le coup porté à sa famille par ce fait divers, les séquelles quelle en garde… et son admiration pour Johnny Hallyday.

Affaire Grégory : “Si je savais quelque chose, je le dirais”, assure Murielle Bolle

Encore régulièrement impactée, tant sur le plan judiciaire, familial que professionnel par cette affaire qui lui a “brisé la vie”, Murielle Bolle porte surtout en elle le poids de la culpabilité. Celle davoir dit aux gendarmes que son beau-frère de lépoque, Bernard, avait enlevé Grégory. “Mais ce nest pas lui. Il était là quand je suis rentrée de lécole, ça ne peut pas être lui. Bernard est un être tellement gentil et généreux que jamais il naurait pu faire cela”, détaille aujourdhui la femme de 49 ans.

“Quand jai le blues, jécoute du Johnny et je chante à tue-tête”, confie-t-elle. “Cest mon idole depuis que jai 10 ans, jai tous ses vinyles. Il fait partie de ma vie.”

Pourtant, cest bien elle qui a dans un premier temps dénoncé son beau-frère, qui se fera assassiner quelques mois plus tard par le père de Grégory, Jean-Marie Villemin, convaincu de la culpabilité de Bernard Laroche. “Si je navais pas eu peur de la pression des gendarmes, de leurs menaces, et que je navais pas dit ce que javais dit, peut-être quil serait encore vivant. Ce poids ne me quittera jamais”, confie aujourdhui Murielle Bolle.

Murielle Bolle réaffirme son innocence dans laffaire Grégory tout au long dune interview au Parisien publiée samedi soir. Elle sort un livre dans lequel elle se confie sur laffaire qui a “brisé” sa vie.

Dans la famille de Murielle Bolle, on évite au maximum dévoquer ce dramatique épisode : “Avec Marie-Ange (sa soeur, compagne de Bernard Laroche au moment de son décès, ndlr), nos relations nont plus jamais été les mêmes. Autrefois on était très proches mais, désormais, quand on se voit, on se dit bonjour, parfois on prend un café, mais ça ne va jamais plus loin. On na jamais reparlé de laffaire ensemble.”

Aujourdhui, Murielle Bolle a 49 ans. À lépoque, elle en avait 15. Lors dune garde à vue, elle avait accusé Bernard Laroche, avant de se rétracter. Depuis, elle na plus changé de version : “[Le 2 novembre 1984], après deux heures daudition jai craqué. [Les gendarmes] mont tellement crié dessus, menacée daller en maison de correction. Ce sont eux qui ont brisé ma vie et celle de Bernard”.

Affaire Grégory: Ce poids ne me quittera jamais, Muriel Bolle sexplique dans un livre

Ses piliers, ce sont ses trois enfants, quelle a eus avec un homme qui la quittée quand la justice sen est pris à elle. “Mes enfants, cest ma vie. Si jai tenu, cest grâce à eux”, explique-t-elle avant de confesser son amour pour la musique de Johnny Halliday, qui “fait partie” de sa vie : “Quand jai le blues, jécoute du Johnny et je chante à tue-tête”.

Murielle Bolle : Laffaire Grégory a brisé ma vie

Murielle Bolle, aujourd'hui âgée de 49 ans, avait été mise en examen en juin 2017 pour l'enlèvement mortel du petit Grégory, comme le couple Jacob, grand-oncle et grand-tante de Grégory. Annulées pour des questions de procédure, ces mises en examen devraient être de nouveau demandées par le parquet général une fois tous les recours purgés.

Aujourd'hui, l'accusation privilégie la thèse de l'"acte collectif" avec Bernard Laroche, le mari de la sœur de Murielle Bolle, abattu en 1985 par le père de Grégory Villemin.

Murielle Bolle parle. Protagoniste-clé de lénigme de la mort du petit Grégory Vuillemin, en 1984, elle sort un livre Briser le silence (Michel Lafon).

Affaire Grégory : Murielle Bolle a son “idée” sur lidentité de lassassin

J'espère qu'on va enfin me croire: la justice, les parents de Grégory et l'opinion publique à laquelle j'ai été jetée en pâture

Quand à lidentité de lassassin, elle lassure, elle a “son idée”. “Mais pour accuser quelqu’un, il faut des preuves”, ajoute-t-elle. 

Affaire Grégory : “Je ne suis pas le monstre que lon décrit”, plaide Murielle Bolle

Lors du déclenchement de l'affaire en 1984, Murielle Bolle était suspectée d'avoir enlevé puis tué Grégory alors qu'elle n'était âgée que de 15 ans. "Je l'ai dit et je le répète: le jour de la mort de Grégory, je suis sortie du collège comme d'habitude, j'ai pris le bus comme d'habitude, je me suis arrêtée chez la tante Louisette où étaient Bernard et son fils Sébastien, affirme Murielle Bolle dans les colonnes du Parisien. J'espère qu'on va enfin me croire: la justice, les parents de Grégory et l'opinion publique à laquelle j'ai été jetée en pâture."

À 49 ans, Murielle Bolle reste un témoin clé de laffaire Gregory. Depuis les faits il y a 34 ans, elle ne sest plus jamais exprimée sur le sujet. Elle a accepté de livrer sa vérité, devant les caméras de Sept à Huit.Dimanche à 19h15 sur @TF1#septàhuit pic.twitter.com/yZHh5q1VOe

"Il faut que tout le monde comprenne que c'est la vérité, insiste-t-elle. Jamais je n'aurais pu cacher un tel crime, c'est horrible. L'assassinat d'un petit garçon, c'est la pire chose qui puisse arriver." Des projectiles reçus en prison Murielle Bolle, alors qu'elle l'avait chargé lors de sa garde en vue en 1984 sous la pression -selon elle- des gendarmes, disculpe son beau-frère Bernard Laroche : "Même si ça m'arrachait le cœur et que c'était Bernard, je le dirais. Mais ce n'est pas lui. Il était là quand je suis rentrée de l'école, ça ne peut pas être lui."

Affaire Grégory : “Jamais je naurais pu cacher un tel crime”, assure Murielle Bolle

Elle raconte aussi les conséquences de l'affaire sur sa vie d'adolescente : le changement de collège car elle était "moquée" et "[montrée] du doigt", et finalement l'abandon de l'école et son rêve de devenir pâtissière.

Murielle Bolle, témoin clé de laffaire Grégory : Jespère quon connaîtra la vérité

En 1985, elle fait une tentative de suicide. Son passage en prison, en 2017, a été un véritable calvaire. "C'était très dur. J'ai été insultée par les autres détenues qui me traitaient de tueuse d'enfant, raconte-t-elle. J'ai tenté de sortir une fois dans la cour mais j'ai reçu des projectiles. Je ne suis plus jamais ressortie."

A propos du livre qui sort ce jeudi 8 novembre, Muriel Bolle s'explique : "Pour dire que je ne suis pas celle que l’on dit, le monstre que l’on décrit. C’est une façon de me faire entendre. On m’a fait passer pour une moins que rien, une menteuse. Ma famille a été tellement salie. Ce livre, je le fais aussi pour la mémoire de Bernard (NDLR : Bernard Laroche, le mari de sa sœur, tué par Jean-Marie Villemin, le père du petit Grégory). On l’a fait passer pour un monstre."

Affaire Grégory : “Si je savais quelque chose, je le dirais”, assure Murielle Bolle

Dans un court extrait mis en ligne par l'émission "Sept à Huit" sur TF1 (à voir ci-dessous), Murielle Bolle s'exprime face caméra, très émue et au bord des larmes. "La vérité c'est que j'ai bien pris le bus scolaire ce jour-là et Bernard (Laroche) était là quand je suis rentrée de l'école, continue-t-elle de se défendre. Personne ne veut m'entendre. (…) Si je n'avais pas eu la peur des gendarmes et que je n'avais pas dit ce qu'eux m'avaient dit, Bernard serait peut-être encore là. Je m'en voudrais toute ma vie de toute façon. Tous les jours je pense à lui".