Affaire Geneviève Legay : Nice Matin aux ordres – Acrimed

Affaire Geneviève Legay : Nice Matin aux ordres - Acrimed

Affaire Geneviève Legay : les maladresses en série de Jean-Michel Prêtre, procureur de Nice

Le 23 mars, une septuagénaire était blessée par une charge policière lors dune manifestation interdite de gilets jaunes . Depuis, le procureur de Nice enchaîne les déclarations.

Jean-Michel Prêtre, procureur de Nice, lors dune conférence de presse le 19 janvier 2017. VALERY HACHE / AFP Habituellement, Jean-Michel Prêtre est plutôt friand de cet exercice médiatique. A la tête du parquet de Nice depuis le printemps 2015, le procureur de la République a pris lhabitude dorganiser, chaque mois, une conférence de presse au palais de justice, à quelques pas de la promenade des Anglais.

La première demande de dépaysement avait été refusée. La deuxième, toujours déposée par lavocat de Geneviève Legay, a été transmise ce jeudi par le procureur général dAix-en-Provence à son homologue à la Cour de cassation, le seul à pouvoir désormais statuer. Me Arié Alimi, qui dénonce un manque dobjectivité du parquet de Nice dans lenquête sur la chute de la manifestante, le 23 mars lors dune charge de la police pour éloigner des  gilets jaunes , croit y voir la perspective  dun grand nettoyage .

Initiative louée par les journalistes, qui apprécient davoir un magistrat à lécoute et accessible, malgré un problème douïe qui lui vaut un appareillage auditif.

 Il y a eu dabord le départ annoncé du préfet des Alpes-Maritimes [sa nomination en Seine-Saint-Denis a été actée en conseil des ministres mercredi] contre qui nous avons déposé plainte nommément. Et nous avons, désormais, cette décision préalable qui nest pas anodine pour la suite des événements, sest réjoui le conseil de la septuagénaire, interrogé par 20 Minutes. On ne peut quespérer un grand nettoyage. 

Mais voilà que depuis le 25 mars, ces prises de parole publiques causent quelques soucis au procureur. Ce lundi-là, M. Prêtre convoque une conférence de presse en urgence. La situation est critique. Deux jours plus tôt, lors de lacte XIX des  gilets jaunes , Geneviève Legay, une manifestante de 73 ans, a été grièvement blessée à la suite dune charge policière afin de disperser une manifestation interdite.

Et Me Arié Alimi denfoncer le clou.  Jespère que Jean-Michel Prêtre [le procureur de Nice] ne va pas rester très longtemps. Tout comme le commissaire en charge du dispositif ce jour-là, et la compagne de ce dernier [cheffe de la Sûreté départementale des Alpes-Maritimes], chargée de lenquête.  La mise en lumière de ce possible conflit dintérêts, en début de semaine, a donné du grain à moudre à lavocat.

Face aux micros, lèvres pincées, Jean-Michel Prêtre dit rester  prudent . Fort des vidéos et des témoignages dont il dispose, il affiche toutefois deux certitudes : la militante dAttac, victime dun traumatisme crânien, nest pas tombée  toute seule .  Ce dont on est sûr aussi, à lanalyse des images, pixel par pixel, ajoute-t-il, cest quelle na pas été touchée par les forces de sécurité.  Il évoque un  cameraman , une autre manifestante et une personne  avec une casquette marron , qui auraient pu déstabiliser la retraitée.

Sollicité ce jeudi par 20 Minutes, le procureur de la République de Nice confirme que la sûreté départementale  était vraiment le service indiqué dans ce cadre-là , celui dune enquête technique en recherche des causes de blessures. Une décision qui nétait  pas illogique  non plus pour le procureur général de la cour dappel dAix-en-Provence Robert Gelli, interrogé par lAFP.

Quatre jours plus tard, nouvelle conférence et revirement total.  Lanalyse fine, pixel par pixel, dimages de vidéosurveillance de la ville de Nice , explique-t-il le 29 mars, a permis de montrer que la chute de Mme Legay était due à un  geste décartement du bras  dun policier. Le procureur annonce alors avoir ouvert une information judiciaire contre lagent pour  violences volontaires  par personne dépositaire de lautorité publique.

La décision dun dépaysement de linformation judiciaire ouverte à Nice pour  violences volontaires par personne dépositaire de lautorité publique  est donc entre les mains dun magistrat de la plus haute juridiction. Il pourrait se prononcer dans les prochains jours sur cette requête  aux fins de renvoi dans lintérêt dune bonne administration de la justice .

 Il y a eu un manque de recul qui démontre une volonté a priori de mettre hors de cause les forces de lordre , estime Mireille Damiano, avocate niçoise de Geneviève Legay. Selon elle, les déclarations de différents élus – du président de la République, Emmanuel Macron, ou du maire (Les Républicains) de Nice, Christian Estrosi – en défense des forces de lordre, ont pu teinter la première version avancée par le procureur.  Il est assez navrant que lune des autorités du tribunal de grande instance de Nice soit à ce point perméable à lopinion publique et aux réactions politiques , déplore-t-elle.

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Dans laffaire des blessures de Geneviève Legay, militante dAttac, lors des manifestations du 23 mars, le procureur de la République de Nice a jugé légitime de confier lenquête à la compagne du commissaire chargé, ce jour-là, des opérations policières. La Direction des services judiciaires a décidé de saisir, ce vendredi, le procureur général de la cour dappel dAix-en-Provence afin de convoquer le magistrat pour quil sexplique sur ces faits. Ce nest pas la première fois que ce dernier assouplit à sa guise les règles de déontologie.

Geneviève Legay souffre de plusieurs côtes cassées et de fractures au crâne, suite à  laction dun policier  qui avait précipité sa chute lors dune manifestation interdite de  gilets jaunes  à Nice, avait conclu le procureur de Nice, à la lumière de nouvelles images. Dans un premier temps, le représentant du parquet avait écarté cette hypothèse.

Le procureur de la République de Nice va finalement devoir rendre des comptes. Selon nos informations, la Direction des services judiciaires a saisi, ce vendredi 12 avril, le procureur général dAix-en-Provence afin quil convoque Jean-Michel Prêtre. Le procureur doit sexpliquer sur ses choix dans lenquête préliminaire sur les blessures de Geneviève Legay. À la suite de cet entretien, la garde des Sceaux appréciera les suites à donner, a précisé le ministère auprès de Mediapart. 

 Par ailleurs, Me Alimi na pas à gérer lorganisation de la magistrature. Mais, il est dans sa ligne de défense. Cest sa manière de défendre les intérêts de ses clients , a également réagi Jean-Michel Prêtre.

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