Affaire Legay : la Chancellerie demande des explications au procureur de Nice – RTL.fr

Affaire Legay : la Chancellerie demande des explications au procureur de Nice - RTL.fr

Affaire Geneviève Legay : les maladresses en série de Jean-Michel Prêtre, procureur de Nice

Le ministère de la Justice exige des explications de la part du procureur de Nice mis en cause dans sa gestion controversée de laffaire de la militante Geneviève Legay, blessée fin mars lors dune manifestation. La direction des services judiciaires du ministère “a saisi officiellement (vendredi 12 avril) soir le procureur général dAix-en-Provence afin de convoquer le procureur de Nice” Jean-Michel Prêtre pour quil sexplique sur “un certain nombre de faits et notamment laffaire Geneviève Legay”, a précisé la Chancellerie qui confirmait une information de Mediapart. 

Geneviève Legay, militante dAttac âgée de 73 ans, a eu plusieurs côtes cassées et des fractures au crâne, lors dune charge de policiers pour disperser une manifestation interdite de “gilets jaunes” à Nice le 23 mars. 

Dans laffaire des blessures de Geneviève Legay, militante dAttac, lors des manifestations du 23 mars, le procureur de la République de Nice a jugé légitime de confier lenquête à la compagne du commissaire chargé, ce jour-là, des opérations policières. La Direction des services judiciaires a décidé de saisir, ce vendredi, le procureur général de la cour dappel dAix-en-Provence afin de convoquer le magistrat pour quil sexplique sur ces faits. Ce nest pas la première fois que ce dernier assouplit à sa guise les règles de déontologie.

Les lourds antécédents du procureur de la République de Nice

Dans cette affaire qui a ravivé la polémique sur les violences policières depuis la crise sociale des “gilets jaunes”, le parquet de Jean-Michel Prêtre est notamment mis en cause pour avoir décidé de confier lenquête sur les blessures de la septuagénaire à la sûreté départementale dont la cheffe est la compagne du commissaire chargé du commandement ce jour-là.Ce possible conflit dintérêts avait été soulevé par le journal Nice-Matin puis mis en exergue par le site dinformations Mediapart. Ce à quoi le procureur Jean-Michel Prêtre a répondu quil était au courant de ce choix et que lenquête avait été “bien menée” tandis que le procureur général a estimé quune telle décision nétait “pas illogique”Lenquête sur les blessures de la militante a été confiée le 29 mars à des juges dinstruction de Nice, saisis dune information judiciaire pour “violences volontaires par personne dépositaire de lautorité publique”. Lavocat de la militante Geneviève Legay, Me Arié Alimi en a sollicité le dépaysement.Après avoir refusé une première demande, le magistrat Robert Gelli a transmis jeudi 11 avril une requête en ce sens au procureur général près la Cour de cassation. La plus haute juridiction judiciaire devra se prononcer.

Le procureur de la République de Nice va finalement devoir rendre des comptes. Selon nos informations, la Direction des services judiciaires a saisi, ce vendredi 12 avril, le procureur général dAix-en-Provence afin quil convoque Jean-Michel Prêtre. Le procureur doit sexpliquer sur ses choix dans lenquête préliminaire sur les blessures de Geneviève Legay. À la suite de cet entretien, la garde des Sceaux appréciera les suites à donner, a précisé le ministère auprès de Mediapart. 

Le 23 mars, une septuagénaire était blessée par une charge policière lors dune manifestation interdite de gilets jaunes . Depuis, le procureur de Nice enchaîne les déclarations.

Jean-Michel Prêtre, procureur de Nice, lors dune conférence de presse le 19 janvier 2017. VALERY HACHE / AFP Habituellement, Jean-Michel Prêtre est plutôt friand de cet exercice médiatique. A la tête du parquet de Nice depuis le printemps 2015, le procureur de la République a pris lhabitude dorganiser, chaque mois, une conférence de presse au palais de justice, à quelques pas de la promenade des Anglais.

Initiative louée par les journalistes, qui apprécient davoir un magistrat à lécoute et accessible, malgré un problème douïe qui lui vaut un appareillage auditif.

Mais voilà que depuis le 25 mars, ces prises de parole publiques causent quelques soucis au procureur. Ce lundi-là, M. Prêtre convoque une conférence de presse en urgence. La situation est critique. Deux jours plus tôt, lors de lacte XIX des  gilets jaunes , Geneviève Legay, une manifestante de 73 ans, a été grièvement blessée à la suite dune charge policière afin de disperser une manifestation interdite.

Face aux micros, lèvres pincées, Jean-Michel Prêtre dit rester  prudent . Fort des vidéos et des témoignages dont il dispose, il affiche toutefois deux certitudes : la militante dAttac, victime dun traumatisme crânien, nest pas tombée  toute seule .  Ce dont on est sûr aussi, à lanalyse des images, pixel par pixel, ajoute-t-il, cest quelle na pas été touchée par les forces de sécurité.  Il évoque un  cameraman , une autre manifestante et une personne  avec une casquette marron , qui auraient pu déstabiliser la retraitée.

Quatre jours plus tard, nouvelle conférence et revirement total.  Lanalyse fine, pixel par pixel, dimages de vidéosurveillance de la ville de Nice , explique-t-il le 29 mars, a permis de montrer que la chute de Mme Legay était due à un  geste décartement du bras  dun policier. Le procureur annonce alors avoir ouvert une information judiciaire contre lagent pour  violences volontaires  par personne dépositaire de lautorité publique.

 Il y a eu un manque de recul qui démontre une volonté a priori de mettre hors de cause les forces de lordre , estime Mireille Damiano, avocate niçoise de Geneviève Legay. Selon elle, les déclarations de différents élus – du président de la République, Emmanuel Macron, ou du maire (Les Républicains) de Nice, Christian Estrosi – en défense des forces de lordre, ont pu teinter la première version avancée par le procureur.  Il est assez navrant que lune des autorités du tribunal de grande instance de Nice soit à ce point perméable à lopinion publique et aux réactions politiques , déplore-t-elle.