Il souvre à Nice pour 3 jours: à quoi sert le Congrès international des victimes dattentats? – Nice-Matin

Il s\ouvre à Nice pour 3 jours: à quoi sert le Congrès international des victimes d\attentats? - Nice-Matin

Un sommet international pour faire entendre la voix des victimes du terrorisme

En Direct #Israël #PRIMAIRE DÉMOCRATE France Afrique Reportages Stop l'infox Les plus vus / France À Nice, au congrès des victimes du terrorisme, la parole des victimes "fâche" Publié le : 21/11/2019 – 10:47Modifié le : 21/11/2019 – 11:27

La ville de Nice, touchée par lattentat du 14 juillet 2016 qui avait fait 86 morts, a été choisie pour héberger le 8e Congrès international des victimes du terrorisme, et les réflexions des victimes sur lamélioration de leur prise en charge.

Comment se reconstruire lorsquon a été victime du terrorisme, blessé physiquement ou psychologiquement après la perte dun proche .? Comment adapter la prise en charge de ces victimes à travers le monde ? Ces questions seront débattues à partir de ce jeudi à Nice, en Provence-Alpes-Côte dAzur, où souvre le 8e Congrès international des victimes du terrorisme.

Lidée dun tel congrès est avant tout de permettre aux victimes du terrorisme, venues du monde entier, déchanger et de trouver des pistes pour se reconstruire, notamment pour les victimes dattentats récents.

Guillaume Denoix de Saint Marc, le directeur de lAssociation française des victimes du terrorisme, qui organise ce congrès, voit même une forme duniversalité qui unit toutes les personnes touchées par le terrorisme :  On se comprend entre nous, entre victimes, au-delà de nos différences culturelles, sociales, religieuses ou de couleur de peau. Cest magique ! Cest tellement structurant davoir été touché par un attentat, que lon se reconstruit sur de nouvelles bases, parallèles. Nous nous ressemblons dans le rapport que nous avons avec les autres, dans le rapport que nous avons avec la vie. Et du coup, il y a une sorte de fraternité entre victimes que nous essayons dutiliser comme une sorte de diplomatie des victimes du terrorisme. 

Guillaume Denoix de Saint Marc souhaite notamment quà travers leurs différents vécus ces victimes dattentat amorcent des changements profonds dans la société.

De lavis même des personnes touchées physiquement ou psychologiquement par le terrorisme, la prise en charge des victimes est très différente selon le pays dans lequel a eu lieu un attentat. Certaines dentre elles ont parfois limpression davoir été littéralement abandonnées.

Cest le cas de Mélanie. Elle a été blessée lors de lattentat du Caire en 2009, qui avait causé la mort dune Française. Cétait sa meilleure amie. Les deux jeunes filles étaient parties avec un groupe de jeunes de Levallois en vacances lorsquune bombe a explosé près du café où elles se trouvaient.

Mélanie estime ne pas avoir été suffisamment prise en charge en Égypte :  Il y a dix ans – et peut-être encore maintenant – lÉgypte navait pas de prise en charge. Cest-à-dire que tout le monde sest retrouvé dans une salle, ils nous ont triés, ceux qui avaient besoin de soins urgents, pas urgents… et ceux qui nétaient pas urgents cétait “rentrez à lhôtel”. Bien sûr il y avait une prise en charge médicale, mais on na pas eu de prise en charge psychologique. Pas de prise en charge administrative non plus. Pourtant, le temps que vous vous fassiez rapatrier, les séquelles psychologiques arrivent, et ce sont les premiers moments les plus importants , conclut-elle.

Mélanie se bat donc pour quun canevas international de prise en charge des victimes du terrorisme voie le jour dans les années qui viennent. Il devrait en être longuement question lors de ce 8e congrès.

Bien souvent, les victimes se sentent aussi impuissantes face aux démarches administratives ou judiciaires. Notamment lorsquil sagit de faire la lumière sur les circonstances dun attentat, et particulièrement quand celui-ci a été perpétré à létranger.

Cest ce qua vécu Marie-Claude Desjeux. Elle a perdu son frère dans la prise dotage de la raffinerie dIn Amenas, en Algérie en 2013. Elle témoigne :  Jai parfois des sentiments de frustration parce quil y a beaucoup de choses qui nont pas été faites pour nous. Et quand vous êtes victime dun attentat à létranger par exemple, la justice française ne fonctionne pas. Ils ne soccupent pas de nous. Et pour être franche, il mest déjà arrivé daller voir un juge dinstruction et de lui demander : “Mais pour quelle raison, cinq ans après, nos dossiers ne sont pas traités ?”. La réponse est arrivée toute seule : “Oui mais il y a eu Nice, le Bataclan… on croule sous les dossiers”.  Marie-Claude Desjeux se demande donc sil faut toujours être confronté à un attentat de masse en France pour que la justice prenne les victimes en considération.

Elle pointe aussi du doigt le silence des autorités algériennes qui refusent de rendre publics certains documents. Là encore, cette question de la transparence des autorités et de la déclassification de documents sera débattue à Nice pour tenter daméliorer chaque aspect de la prise en charge des victimes du terrorisme. Une prise en charge essentielle, daprès ces dernières, pour tenter de faire le deuil et commencer le travail de résilience nécessaire à la reconstruction.

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