“Acte 18” des “gilets jaunes” à Paris : 92 personnes toujours en garde à vue dimanche – Europe 1

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Violences à Paris : la stratégie des forces de lordre critiquée au sein de la police

Au lendemain de "lacte 18" de la mobilisation des "gilets jaunes" à Paris, marquée par une nouvelle flambée de violences, 92 personnes se trouvaient toujours en garde à vue et 97 autres devaient être présentées à la justice en vue de suites judiciaires, a annoncé dimanche soir le parquet de Paris.

Un fort regain de violences. Pillages, incendies, jets de pavés sur les forces de lordre… le "18ème acte" du mouvement des "gilets jaunes" a connu un fort regain de violences samedi, en particulier sur lavenue des Champs-Elysées, mise à sac par les casseurs. Selon le ministre de lIntérieur Christophe Castaner, quelque 1.500 militants "ultra-violents" sétaient infiltrés parmi les 10.000 manifestants recensés à Paris.

 Jai fermé à temps, car ils ont commencé à détériorer le kiosque juste après mon départ. Ils auraient pu me cramer, jai eu de la chance , souffle José, kiosquier depuis 14 ans sur la célèbre avenue.  Il y avait de tout, des ultras habillés en noir, mais aussi des gilets jaunes. Ils sont arrivés par une rue adjacente et ont dû être mal fouillés car ils avaient tout ce quil fallait pour mettre le feu. Je suis là pour faire des photos, pour lassurance. Mais jai tout perdu, je suis au chômage maintenant , dit-il, tirant sur son cigare.

250 personnes placées en garde à vue au total. Selon de nouveaux chiffres communiqués dimanche soir par le parquet de Paris 250 personnes, dont 21 mineurs, ont été placées en garde à vue en marge de cette journée de mobilisation. Parmi les 229 majeurs concernés, 87 se trouvaient toujours en garde à vue dans la soirée tandis que 93 autres devaient être présentés dimanche au parquet en vue de suites judiciaires. Selon ce bilan, 36 majeurs sont ressortis libres sans être poursuivis et deux autres ont été convoqués pour se voir notifier des mesures alternatives aux poursuites judiciaires. Les investigations se poursuivaient par ailleurs pour onze personnes, qui ont vu leur garde à vue levée.

Un petit groupe dhabitants du quartier discute sous le soleil.  Je suis sorti vers 10 heures, et jai vu que les casseurs étaient déjà là, en bas de lavenue Mac-Mahon, tous habillés en noir. On veut discréditer le mouvement des “gilets jaunes”. On se demande si cest pas orchestré, on a limpression que la police a laissé faire , assure un retraité, reprenant certaines critiques émises par le syndicat UNSA Police.  Cest effarant car pendant ce temps-là, le président fait du ski et Castaner sort  en boîte de nuit , ironise une autre.

Concernant les 21 mineurs, quatre doivent être présentés au parquet et cinq étaient toujours en garde à vue dimanche soir. Dix mineurs ont par ailleurs été remis en liberté sans faire lobjet de poursuite et deux doivent être convoqués devant la justice. Samedi soir, la préfecture de police de Paris avait annoncé avoir procédé à 237 interpellations.

 Cétait vers 13 heures, on ne voyait pas grand-chose car il y avait un nuage noir dans la rue, à cause dune voiture cramée. Il y avait beaucoup de gens habillés en noir, on entendait des cris , raconte Nathalie, qui observait depuis sa fenêtre, à quelques numéros dici.  Jai pensé aux gens dans limmeuble, je me suis dit, “ça aurait pu être moi et mes enfants”. Jai limpression quon nous fait payer le fait dhabiter dans lune des plus belles rues du monde. Que fait la police ? 

Un rebond de participation. Pour cet "acte 18" marqué par un rebond de participation, au total 32.300 personnes se sont mobilisées dans toute la France samedi, selon le ministère de lIntérieur, tandis que les "gilets jaunes" ont revendiqué le chiffre de 230.766 manifestants dans un décompte posté sur Facebook.

Une erreur de communication? Cest la question qui se pose, ce dimanche, après la 18ème journée de mobilisation des gilets jaunes, qui a connu un regain considérable de tensions et de violences, alors quEmmanuel Macron se trouvait à La Mongie, une station de ski des Hautes-Pyrénées. Écourtant son séjour, le Président a promis “des décisions fortes, complémentaires, pour que cela nadvienne plus”. 

Un syndicat policier a déploré une mauvaise répartition des moyens humains durant lacte 18 des manifestations des "gilets jaunes" qui a été marqué par un important regain de violence à Paris. Les violences sur lavenue des Champs-Élysées, samedi 16 mars durant lacte 18 des manifestations des "gilets jaunes", ont-elles été mal abordées par les forces de lordre ? Pour cette nouvelle mobilisation, 5.000 policiers et gendarmes et six véhicules blindés étaient notamment déployés dans la capitale. Mais des voix sélèvent pour souligner des défauts dans la stratégie adoptée. David Michaux, secrétaire national CRS de lUnsa Police, a fustigé au micro de franceinfo la décision de sa hiérarchie davoir placé le curseur en priorité sur la protection statique des lieux de pouvoir.

Ce week-end à la neige est pointé du doigt pour deux raisons. La première est quil pourrait signifier un excès de confiance du chef dEtat, considérant que le débat national est une réussite et que le mouvement des gilets jaunes est derrière lui. La deuxième est quun séjour au ski est encore connoté comme des “vacances de riches” pour beaucoup de Français, alimentant une certaine image dEmmanuel Macron.