Paris : Le nombre de sans-abri dormant dans la rue a augmenté de 23 % par rapport à lannée dernière – 20 Minutes

Paris : Le nombre de sans-abri dormant dans la rue a augmenté de 23 % par rapport à lannée dernière - 20 Minutes

Toujours plus de sans-abri à Paris, en dépit de nouvelles places daccueil

Retour à laccueil Newsletter Alerte Info Recherche Ok Actualité Locales Sport Entertainment Economie Planète High-Tech T'as vu ? Vidéos 20 Minutes Podcast Guide d'achat By the Web En Images Le direct Services Jeux PDF Menu complet Retour à laccueil Paris 3.641 de sans-abri à Paris, soit 23 % de plus que lannée dernière

PAUVRETÉ Selon les chiffres de la mairie de Paris, enregistrés lors de la nuit de la Solidarité, 3 641 personnes dorment dans les rues de la Capitale.

“Après la 2e nuit de la solidarité, Paris poursuivra sa mobilisation pour les sans-abri”, a assuré la Ville. Lors de la “nuit de la solidarité”, 2 813 places d’hébergement étaient ouvertes dans la capitale dans le cadre du plan hiver, 230 places dans le cadre du plan grand froid. “La Ville de Paris s’engage à ouvrir au moins 1 500 nouvelles places en 2019. Nous appelons l’État à en faire autant”, a déclaré Dominique Versini, rappelant que le problème des sans-abri est une compétence de l’État. En 2019, Paris ouvrira notamment un nouveau centre d’hébergement de 263 places et une halte de nuit dans chaque mairie d’arrondissement. 

Le 7 février dernier, lors de la nuit de la Solidarité, des centaines de volontaires arpentaient les rues, parcs et parkings de la capitale afin de recenser le nombre de personnes dormant à la rue. Selon la Mairie qui a divulgué le bilan ce lundi, ils sont 3.641 SDF, soit 689 de plus quen 2018.

La majorité dentre eux ont entre 25 et 54 ans, sont seuls et à la rue depuis plus dun an.  Avant, cétaient des grands clochards, remarque Dominique Versini auprès de France Bleu. Maintenant, les sans-abri sont plus jeunes, ont souvent eu des activités professionnelles et se retrouvent à la rue après des accidents de vie.  Dailleurs 14 % dentre eux ont des ressources financières issues dun travail, 23 % vivent de la mendicité et 18 % des prestations sociales.

Parmi eux, 12% sont des femmes. La majorité a entre 40 et 54 ans (40%). Quelque 30% ont entre 25 et 39 ans, 18% entre 55 et 70 ans et 2% ont plus de 70 ans. Plus de la moitié des sans-abri recensés est en errance depuis un an ou plus (58%). Les deux tiers affirment ne jamais appeler le 115 parce qu’ils ne connaissent pas ou parce qu’ils ont connu de mauvaises expériences dans les centres d’hébergement (conditions d’accueil, insécurité).

Les chiffres montrent également que le Nord de la capitale, où les migrants sont plus présents, concentre plus de 30 % des SDF parisiens. Par exemple, 423 sans-abri se trouvent dans le 18e arrondissement et 326 dans le 19e. Enfin 12 % des SDF sont des femmes.

Dans la nuit du 7 au 8 février, 2.000 bénévoles et travailleurs sociaux ont ainsi recensé 3.641 sans-abri dans les rues de la capitale, mais aussi dans les parkings, les gares, les halls des hôpitaux, les jardins et les bois, ainsi quaux abords du périphérique. “Soit 600 personnes en plus par rapport à la nuit de la solidarité précédente” en 2018, selon ladjointe à la solidarité de la maire de Paris, Dominique Versini.

Les deux tiers de ces personnes sans-abri assurent ne jamais appeler le 115 : par manque de place dans les centres, à la suite dune mauvaise expérience vécue là-bas (vols, agressions), ou tout simplement parce quils ne connaissent pas le numéro. Dautre part, les chiens, qui assurent souvent la sécurité des SDF dans la rue, ne sont pas acceptés dans les centres dhébergement.

Lors de leurs maraudes, les bénévoles ont pu dresser le profil du sans-abri parisien. La majorité sont des hommes âgés de 40 à 54 ans. Plus de moitié dentre eux est à la rue depuis un an ou plus. Lorsquon leur demande comment ils sont arrivés dans la rue, 35% dentre eux expliquent être arrivés à Paris sans logement, 23% évoquent un “accident de la vie” comme le chômage, une maladie ou la prison.

Au cours de la deuxième Nuit de la solidarité, 3 641 sans-abri ont été recensés dans la capitale. Parmi eux figurent 12 % de femmes.

Près de la moitié déclarent navoir aucune ressource financière (46%), 23% vivent de la mendicité et 18% des prestations sociales. Ils sont 14% à travailler. Si 11% disent navoir aucun besoin, une majorité réclament par ordre de priorité un logement, de laide dans les démarches administratives, un repas chaud, des vêtements…

Chantal et François, deux personnes sans-abri, dans les rues de la capitale, en 2009. FRED DUFOUR / AFP Trois mille six cent quarante et un sans-abri ont été recensés dans la capitale lors de la deuxième édition de La Nuit de la solidarité, organisée par la Ville de Paris, du 7 au 8 février. Soit 619 personnes de plus quen 2018 qui dorment à la rue, alors que trois mille nouvelles places dhébergement ont été ouvertes. Cest ce que démontre lanalyse des résultats de cette opération, dévoilés lundi 18 mars. Lessentiel des sans-abri est concentré dans le nord-est de Paris, les 18e et 19e arrondissements, où leur affluence a augmenté, en un an, de, respectivement, 70 % et 50 %, tandis que le 10e arrondissement en recense moins. La fermeture, à la demande de lEtat, du centre humanitaire de premier accueil des migrants de La Chapelle explique en bonne partie cette évolution.

La demande ne faiblit donc pas, saturant le numéro durgence du 115 et les 24 440 places daccueil existantes. Certes, en 2019, le secteur dinvestigation a été élargi aux parcs et jardins, aux talus le long du périphérique, à certains parkings et halls dimmeuble, mais à périmètre constant, ce sont tout de même 2 000 personnes de plus qui ont été recensées par rapport à 2018.  Toutes les grandes métropoles du monde sont confrontées à ce flux incessant de nouveaux arrivants, de provinciaux ou de migrants , reconnaît Dominique Versini, adjointe à la solidarité de la maire de Paris. Comme en 2018, 35 % des personnes rencontrées sont arrivées dans la capitale sans solution dhébergement.

En février, cinquante associations et deux cents bénévoles se sont mobilisés pour quadriller les rues de la capitale, mais aussi les gares, les stations de métro ou les urgences des hôpitaux. Ils ont interrogé les personnes rencontrées, livrant de précieux éléments qualitatifs sur les besoins de ce public. Parmi celui-ci, peu de familles (3 %), 12 % de femmes et une forte majorité de personnes isolées (65 %). Mais le recensement a tout de même identifié 102 groupes de huit personnes en moyenne, soit un total de 878 personnes, principalement des migrants et des jeunes en rupture familiale.

INFOGRAPHIE  LE MONDE  Lire aussi Les sans-abri à Paris : 12 % de femmes, des problèmes de santé et un faible recours au 115 Des accès réservés aux femmes…  La présence des femmes qui, bien souvent, se cachent dans les recoins de la ville et ne veulent pas non plus aller dans des centres dhébergement mixtes, cest lun des enseignements tirés de la première édition, souligne Mme Versini. Cest pourquoi, dès 2018, nous avons ouvert trois lieux qui leur sont dédiés. Et lon continuera. On souhaite que chaque mairie accueille les sans-abri, les élus doivent simpliquer. 

La municipalité étoffe le maillage des lieux dhygiène, des bains douches avec des accès réservés aux femmes, et semploie à créer une douzaine de restaurants solidaires et des cuisines partagées pour ceux qui logent à lhôtel. La ville ouvrira aussi, en juin, un lieu de gestion du courrier pour domicilier trois fois plus de sans-abri, qui ont besoin dune adresse.

Nombre de participants au comptage veulent aussi simpliquer davantage :  Nous allons ouvrir un lieu de formation et dinformation, de mise en contact avec les associations, qui voient larrivée dune nouvelle génération de bénévoles, avec de jeunes actifs âgés de 30 à 50 ans , se félicite Dominique Versini.

Le principal point noir reste le faible taux de réponse du 115 (63 % des sans-abri ne lappellent jamais) et la saturation des centres dhébergement.  Il faut que les demandes comme les capacités daccueil, qui doivent être développées, soient gérées au niveau de la métropole. Cest à lEtat, dont cest la compétence, de mettre cela en place , exhorte encore ladjointe à la maire de Paris. La Fédération des acteurs de la solidarité et les associations sinquiètent de la fin, le 31 mars, du plan hivernal, lorsque environ 8 000 places, dont 4 500 en Île-de-France, seront fermées. Elles espèrent, comme chaque année, quelles seront pérennisées mais lEtat na pas encore pris de décision.

En 2020, la troisième édition devrait avoir lieu, la même nuit, dans nombre de villes françaises – Metz, Grenoble et Rennes lont déjà fait cette année – mais aussi européennes, Bruxelles, Athènes, Barcelone ayant prévu de tenter lexpérience.