Acte 23: Les Gilets jaunes de retour à Paris, les autorités craignent des violences – LA VDN

Acte 23: Les Gilets jaunes de retour à Paris, les autorités craignent des violences - LA VDN

Gilets Jaunes: nouvelle journée à risque attendue dans plusieurs villes françaises

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Les plus radicaux devraient sattaquer à tout ce quils trouvent sur leur passage pendant que les autres les laisseront faire sils nont pas déjà tourné les talons.

Les médias diront que cest à cela quon reconnaît les faux et les vrais gilets jaunes, les casseurs dun côté, les victimes du système de lautre. Si la distinction entre les uns et les autres ne saute pas toujours aux yeux, leur intérêt commun paraît évident.

Les violences, promises ou commises, assurent au mouvement une visibilité permanente dans lopinion, bien au-delà de sa représentation réelle. Elles sont loutil de son influence, sa force de dissuasion.

Les casseurs – blacks blocs ou simples vandales – ont trouvé pour leur part dans la foule ce quils y cherchaient: un parfait camouflage pour opérer à moindre risque.

Tout le monde y trouve son compte, y compris une majorité bienveillante auscultée par les sondeurs. Certes les violences lui répugnent mais elle a obtenu bien davantage avec quelques samedis agités à la télé que lors de son dernier vote en 2017.

Le président est redescendu sur terre. Les 10 milliards de rallonges accordés en décembre et le plan annoncé jeudi prochain à lElysée infléchissent la politique choisie dans le sens dune plus grande justice, au moins dune écoute des plus démunis. Lavertissement vaut leçon.

Pour toutes ces raisons, le combat des gilets jaunes ouvre des perspectives préoccupantes, quoiquil advienne du mouvement.

Né sur les réseaux sociaux autour de quelques irréductibles aux 80km/h, grandi avec la taxe carbone et nourri par lentêtement du pouvoir, il a fait trembler la République jusquà son sommet. Reste à souhaiter que sa réussite ninspire pas dautres aventures. 

Les gilets jaunes sont de retour samedi dans les rues de Paris et de plusieurs villes pour un nouvel “ultimatum” lancé à Emmanuel Macron, à lissue dune semaine dominée par lincendie à Notre-Dame.

Pour leur acte 23, les manifestants se sont principalement donné rendez-vous dans la capitale à lorée dune semaine où le chef de lÉtat va dévoiler jeudi ses réformes tirées du grand débat, dont lannonce avait été différée en raison de Notre-Dame.

Quatre défilés sont prévus à Paris. Deux ont été autorisés, dont lun doit partir de la basilique de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) pour rejoindre le campus de Jussieu. Les deux autres, dont le trajet initial prévoyait un départ depuis le secteur de Bercy, dans lest de la capitale, pour rejoindre les Halles ou la place de lÉtoile, ont été interdits.

Comme lors des récentes semaines, les autorités ont également interdit aux manifestations des lieux emblématiques de plusieurs villes -les Champs-Élysées, lhyper-centre lyonnais ou la place du Capitole à Toulouse- par crainte des débordements qui avaient notamment émaillé le premier “ultimatum” le 16 mars.

Les “casseurs se sont à nouveau donné rendez-vous demain, dans certaines villes de France, à Toulouse, à Montpellier, à Bordeaux et en particulier à Paris”, a affirmé vendredi le ministre de lIntérieur Christophe Castaner, indiquant que plus de 60.000 policiers et gendarmes seraient mobilisés dans tout le pays.

Cet “ultimatum 2” sera “un peu moins fort”, a tempéré un responsable policier. “On ne sent pas un bouillonnement comme on avait senti le 16 mars, notamment du côté de lultragauche”, ajoute-t-il, sattendant à ce quils “préservent leurs forces pour le 1er mai”. 

Fait nouveau à Paris, le préfet de police a interdit samedi tout rassemblement aux abords de la cathédrale de Notre-Dame où certains gilets jaunes voulaient converger. 

Cela serait de “la pure provocation”, a tranché Didier Lallement. “Il nest pas raisonnable de faire passer des manifestations de 5.000 à 10.000 personnes dans la proximité de Notre-Dame”, a détaillé le préfet, évoquant les milliers de touristes ou simples badauds qui continuent daffluer chaque jour pour se recueillir devant lédifice.

Lampleur de la participation sera scrutée avec attention à lissue dune semaine où lincendie de la cathédrale a relégué au second plan la mobilisation des gilets jaunes, qui réclament depuis cinq mois plus de pouvoir dachat et davantage de démocratie directe.

Sur Facebook, certains gilets jaunes disent espérer pouvoir concilier le respect de “lémoi national” suscité par Notre-Dame avec la dénonciation de la politique du chef de lÉtat, dont ils réclament la démission à longueur de samedis. 

Dautres gilets jaunes comme Jérôme Rodrigues ont préféré rebondir sur la polémique née après la décision des plus grandes fortunes françaises de donner des centaines de millions deuros pour aider à la reconstruction de Notre-Dame. 

“Les gilets jaunes remercient les généreux milliardaires donateurs pour sauver Notre-Dame et leur proposent de faire la même chose avec les MISÉRABLES”, a-t-il écrit sur Facebook, en appelant à se mobiliser pour lacte 23.

Samedi dernier, les manifestations des gilets jaunes avaient rassemblé 31.000 personnes, dont 5.000 à Paris, selon les chiffres officiels régulièrement contestés par les manifestants.  

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