Acte XVIII des Gilets jaunes: le point sur la mobilisation à Paris et en régions – Le Figaro

Acte XVIII des Gilets jaunes: le point sur la mobilisation à Paris et en régions - Le Figaro

Gilets Jaunes: nouvelles tensions et dégradations lors du 23e samedi de mobilisation en France

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Les plus radicaux devraient sattaquer à tout ce quils trouvent sur leur passage pendant que les autres les laisseront faire sils nont pas déjà tourné les talons.

Les médias diront que cest à cela quon reconnaît les faux et les vrais gilets jaunes, les casseurs dun côté, les victimes du système de lautre. Si la distinction entre les uns et les autres ne saute pas toujours aux yeux, leur intérêt commun paraît évident.

Les violences, promises ou commises, assurent au mouvement une visibilité permanente dans lopinion, bien au-delà de sa représentation réelle. Elles sont loutil de son influence, sa force de dissuasion.

Les casseurs – blacks blocs ou simples vandales – ont trouvé pour leur part dans la foule ce quils y cherchaient: un parfait camouflage pour opérer à moindre risque.

Comme lors des récentes semaines, les autorités ont également interdit aux manifestations des lieux emblématiques de plusieurs villes -les Champs-Élysées, lhyper-centre lyonnais ou la place du Capitole à Toulouse- par crainte des débordements qui avaient notamment émaillé le premier “ultimatum” le 16 mars.

Tout le monde y trouve son compte, y compris une majorité bienveillante auscultée par les sondeurs. Certes les violences lui répugnent mais elle a obtenu bien davantage avec quelques samedis agités à la télé que lors de son dernier vote en 2017.

Lampleur de la participation sera scrutée avec attention à lissue dune semaine où lincendie de la cathédrale a relégué au second plan la mobilisation des gilets jaunes, qui réclament depuis cinq mois plus de pouvoir dachat et davantage de démocratie directe.

Le président est redescendu sur terre. Les 10 milliards de rallonges accordés en décembre et le plan annoncé jeudi prochain à lElysée infléchissent la politique choisie dans le sens dune plus grande justice, au moins dune écoute des plus démunis. Lavertissement vaut leçon.

Cet “ultimatum 2” sera “un peu moins fort”, a tempéré un responsable policier. “On ne sent pas un bouillonnement comme on avait senti le 16 mars, notamment du côté de lultragauche”, ajoute-t-il, sattendant à ce quils “préservent leurs forces pour le 1er mai”. 

Pour toutes ces raisons, le combat des gilets jaunes ouvre des perspectives préoccupantes, quoiquil advienne du mouvement.

Pour leur acte 23, les manifestants se sont principalement donné rendez-vous dans la capitale à lorée dune semaine où le chef de lÉtat va dévoiler jeudi ses réformes tirées du grand débat, dont lannonce avait été différée en raison de Notre-Dame.

Né sur les réseaux sociaux autour de quelques irréductibles aux 80km/h, grandi avec la taxe carbone et nourri par lentêtement du pouvoir, il a fait trembler la République jusquà son sommet. Reste à souhaiter que sa réussite ninspire pas dautres aventures. 

Dautres gilets jaunes comme Jérôme Rodrigues ont préféré rebondir sur la polémique née après la décision des plus grandes fortunes françaises de donner des centaines de millions deuros pour aider à la reconstruction de Notre-Dame. 

Les gilets jaunes sont de retour dans les rues en France pour un 23e samedi consécutif de contestation et un nouvel ultimatum lancé au président. La pression saccentue sur les épaules dEmmanuel Macron, dont lannonce de nouvelles mesures à été reportée suite à lincendie à Notre-Dame. Le président à donné un nouveau rendez-vous aux Français jeudi à 18h pour présenter ses réponses au grand débat, déjà en bonne partie dévoilées par les médias.

Sur Facebook, certains gilets jaunes disent espérer pouvoir concilier le respect de “lémoi national” suscité par Notre-Dame avec la dénonciation de la politique du chef de lÉtat, dont ils réclament la démission à longueur de samedis. 

“Les Gilets Jaunes attendaient des réponses que lincendie de Notre-Dame de Paris a soudainement éteintes. Pourtant, les fuites du discours présidentiel laissent à penser que nous nallons toujours pas être entendus”, pouvait-on lire sur la page Facebook annonçant “lActe 23 Ultimatum 2” en réponse au premier qui avait donné lieu le 16 mars à des scènes de saccages et de pillages sur les Champs-Elysées,

“Les gilets jaunes remercient les généreux milliardaires donateurs pour sauver Notre-Dame et leur proposent de faire la même chose avec les MISÉRABLES”, a-t-il écrit sur Facebook, en appelant à se mobiliser pour lacte 23.

Samedi dernier, les manifestations des gilets jaunes avaient rassemblé 31.000 personnes, dont 5.000 à Paris, selon les chiffres officiels régulièrement contestés. Pour cette nouvelle journée de mobilisation, les autorités craignaient que de nombreux “Black Blocs”, des casseurs issus de la gauche radicale, se joignent aux manifestations.

Pour leur acte 23, les manifestants se sont principalement donné rendez-vous dans la capitale mais aussi dans dautres villes en région comme à Montpellier ou à Toulouse ou 2500 dentre eux ont été recensés. Comme lors des récentes semaines, les autorités ont également interdit aux manifestations des lieux emblématiques de plusieurs villes par crainte des débordements.

Les “casseurs se sont à nouveau donné rendez-vous dans certaines villes de France, à Toulouse, à Montpellier, à Bordeaux et en particulier à Paris”, avait affirmé vendredi le ministre de lIntérieur Christophe Castaner. “A nouveau la menace est sérieuse”, avait-il rajouté.

Fait nouveau à Paris, le préfet de police a interdit samedi tout rassemblement aux abords de la cathédrale de Notre-Dame où certains gilets jaunes voulaient converger. 

Plus de 60.000 policiers ont été déployés dans toute la France pour faire face aux violences. A Paris, 20 compagnies de CRS et 36 escadrons de gendarmerie mobile ont été mobilisés, soit 56 compagnies de forces mobiles, contre seulement 12 samedi dernier. Au total, 5000 policiers et gendarmes se sont déployés dans la capitale, sans compter les effectifs de la préfecture de Paris. Un dispositif considérable en ce samedi de manifestation.

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Quatre défilés étaient prévus à Paris. Deux avaient été autorisés et deux autres ont été interdits. A Paris, quelques milliers de gilets jaunes se sont regroupés à Bercy doù une manifestation autorisée est partie vers 12h30 à destination de la place de la République. De nombreux manifestants avaient fait le déplacement de nombreuses régions, preuve que la capitale était bien le lieu de rassemblement principal.

Aucun débordement nétait signalé en fin de matinée. La préfecture de police de Paris a dabord annoncé que les forces de lordre avaient procédé à 70 interpellations en début de la journée, principalement pour port de matériel offensif.

Une seconde manifestation autorisée a débuté en début daprès-midi, en partant de la Basilique de Saint-Denis pour arriver au quai Saint-Bernard, sur la rive gauche de la Seine. Celle-ci se déroulait plus calmement que le cortège parisien qui a fini par dégénérer.

A 13h30, 126 interpellations ont été recensées et 11.062 contrôles préventifs effectués. Cinquante-six personnes étaient placées en garde à vue à la mi-journée, selon le parquet de Paris.

Ce nest quaux environs de 14h que la tension est montée. Quelques barricades, une voiture et des poubelles ont été enflammées lors du passage du cortège, feux rapidement éteints par les services de pompiers. La police a également a chargé à plusieurs reprises et lancé quelques gaz lacrymogènes sur le boulevard Richard-Lenoir dans le 11e arrondissement, empêchant les manifestants datteindre la place de la République et les obligeant à prendre des rues transversales.

En milieu daprès-midi, De nombreuses dégradations ont été constatées avec des véhicules et du mobilier urbain à nouveau en feu. Des chantiers ont également été vandalisés par les manifestants qui souhaitaient utiliser du matériel comme projectiles. Les pompiers de Paris, déjà mis à rude épreuve cette semaine, ont du intervenir dans de nombreuses rues du centre.

Le cortège sest rapidement retrouvé désorienté suite aux interventions des forces de lordre et aux fermetures de certains quartiers. 

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