Paris : entrez dans Notre-Dame en 2 minutes de réalité virtuelle – Le Parisien

Paris : entrez dans Notre-Dame en 2 minutes de réalité virtuelle - Le Parisien

Notre-Dame: des communes renoncent finalement à donner pour la cathédrale

Depuis lincendie de Notre-Dame, il y a un mois presque jour pour jour, pas une seule fois un responsable politique, quil sagisse du président de la République, du Premier ministre ou du ministre de la Culture, na reconnu les graves manquements de lÉtat dans ce drame, ou même ne sest interrogé à ce sujet. Bien au contraire, les cendres de la charpente à peine froides, ils ont tous cherché à en tirer un avantage politique, voire à utiliser ce drame pour le transformer en un grand chantier présidentiel comme avaient pu lêtre la création du Musée dOrsay et lagrandissement du Louvre.

« Pas de polémique », « union nationale » : voilà les mots dordre de ceux qui auraient pu désamorcer ce débat en reconnaissant honnêtement cette responsabilité écrasante, qui nest évidemment pas seulement celle du gouvernement Philippe, et en annonçant des mesures fortes pour quon ne voie plus jamais cela.

Il est temps pourtant de faire ici la liste des manquements qui, sils ne sont pas la cause directe du drame, lont rendu possible ou en ont aggravé les conséquences.

 Labsence dune législation plus contraignante pour les chantiers organisés sur les monuments historiques ; nous lavons répété à plusieurs reprises : il ny a pas de règles différentes pour des travaux sur une cathédrale quil ny en a pour un édifice sans aucun intérêt architectural.  Le sous-financement chronique des monuments historiques ; quand on rogne sur tout, on mène des chantiers au rabais, on les multiplie en fonction de largent quon réussit à obtenir plutôt que de mener des travaux densemble et coordonnés, et on ne va pas au delà de la réglementation insuffisante.  Le gouvernement a ignoré et na tiré aucune conséquence du rapport de 2016 [1] qui pointait linsuffisante protection de Notre-Dame contre les incendies.  Paris ne disposait daucun bras articulé de taille suffisante permettant de lutter efficacement contre le feu de la charpente ; il a fallu 30 à 40 minutes à ces engins pour venir de Versailles où le Conseil Général des Yvelines en avait acheté deux pour faire face à un incendie au château. 30 à 40 précieuses minutes qui auraient peut être pu tout changer [2].  Non seulement il ny avait aucun pompier affecté à Notre-Dame, mais il ny avait plus quune seule personne formée à la sécurité incendie [3] ; résultat : alors quune première alerte résonnait à 18 h 20, les pompiers nont été appelés quà 18 h 50, alors que le feu faisait déjà rage dans la charpente comme le prouvent nos photos (voir larticle).  Les colonnes sèches [4] nétaient pas suffisantes pour éteindre un feu important [5]. Elles ne permettaient que de sattaquer à un début dincendie ; il est pourtant du ressort de la DRAC donc du ministère de la Culture déquiper la cathédrale de tels dispositifs.  La DRAC, donc le ministère de la Culture, avait autorisé lélectrification de cloches dans la flèche, en indiquant que celle-ci devait être temporaire [6]. Cette électrification est soupçonnée davoir joué un rôle dans lincendie. On peut donc se poser des questions : pourquoi une telle autorisation a-t-elle été accordée ? Pourquoi lenlèvement de ce dispositif na-t-il pas été contrôlé ?  Des installations électriques non autorisées étaient présentes dans la charpente, sans que jamais la DRAC n’ait procédé aux vérifications nécessaires et n’ait pu les faire enlever (voir Le Canard Enchaîné du 24 avril).

Tous ces points sont des faits, avérés, dont beaucoup ont été révélés par Le Canard Enchaîné et confirmés par la suite ; ils ne souffrent aucune discussion. Si certains ne sont peut-être pas une cause directe de lincendie, ils témoignent pour le moins de négligences innombrables dont lÉtat est à chaque fois responsable. Il serait temps quune commission denquête parlementaire (Assemblée nationale et/ou Sénat) soit mise en place pour faire toute la lumière sur ces responsabilités. On aimerait en outre, de la part de nos gouvernants, qui nécoutent rien ni personne, quils fassent preuve dun peu plus dhumilité, reconnaissent ces défaillances et en tirent les conséquences, ce qui impliquerait :

Notre-Dame : faut-il continuer de collecter des dons ?

 que le budget des monuments historiques soit enfin porté à un niveau suffisant, ce qui est possible comme nous lavons dit à plusieurs reprises (voir par exemple ici), dune part grâce au budget propre du ministère de la Culture (rappelons que 5 milliards par an sont consacrés à la communication – télévision publique et cinéma – tandis que seulement 300 millions sont dédiés aux monuments historiques (un peu plus cette année grâce au loto du patrimoine, mais encore bien trop peu), dautre part grâce à au moins deux mesures neutres pour le budget de lÉtat (taxe de séjour et pourcentage sur les mises des jeux de la Française des Jeux) ;  que la législation sur les chantiers monuments historiques évolue pour que des mesures supplémentaires soient prises afin déviter les incendies (voir larticle) ;  que linstallation à demeure de pompiers (ou dagents SSIAP) en nombre suffisant et connaissant bien le monument soit imposée dans tous les grands monuments historiques,  que des colonnes sèches de taille suffisante soient impérativement implantées sur toutes les cathédrales et monuments de grande hauteur,  que des bras articulés permettant aux pompiers datteindre les monuments historiques de grande hauteur soient disponibles (deux au minimum) là où cela est nécessaire, notamment à Paris où de nombreuses églises sont dans ce cas (sans compter les tours dhabitation).

Pour linstant, ni du côté de la présidence de la République, ni du côté du gouvernement, il ny a eu le début dune remise en cause ou de prise de décisions allant dans ce sens. Leur seule réponse est de voter une loi d’exception pour pouvoir encore aggraver la situation. Comme nous avons pu le lire sur Twitter : « Emmanuel Macron voudrait être le président qui reconstruira Notre-Dame, il ne sera que celui qui la vue brûler. »

À larchevêché de Paris, il y a eu comme un électrochoc le week-end dernier. Non en raison dune information inédite liée aux causes de lincendie qui a ravagé le toit de la cathédrale Notre-Dame de Paris le 15 avril dernier, mais à cause dune annonce publique de Guillaume Poitrinal, le président de la Fondation du patrimoine. Vendredi dernier, sur France Info, en réponse à la question Y a-t-il trop dargent pour Notre-Dame?, Guillaume Poitrinal a affirmé: On ne le sait pas aujourdhui, mais nous avons pris la décision darrêter cette collecte la semaine prochaine, parce que nous pensons que nous avons fait le plein.

[2] Cette information, que nous avions pu vérifier de notre côté, a été publiée pour la première fois par Le Canard Enchaîné le 24 avril.

Nous sommes laïcs. Cela a du sens. C'est un choix devant l'échec de la chrétienté à conserver l'humanité en Europe et chez ses rois. Notre Dame est le symbole de notre histoire mais aussi de notre séparation. Notre coeur en France est réel et non pas un apparat pour distraire le peuple d'une révolution. Nous réparons notre coeur laïc née d'une sagesse précise à laquelle les églises de France n'appartiennent pas particulièrement. Elles sont trop nombreuses pour les croyants catholiques restants. Et je ne crois pas que les prêtres aient décidé de les partager avec les autres communautés. Donc… ° MMF

Notre-Dame de Paris : la piste du court-circuit la plus probable

[4] Les colonnes sèches permettent en branchant directement les lances à incendie de faire monter rapidement et effectivement l’eau jusqu’au niveau de la toiture, où des lances sont déjà présentes, ce qui permet aux pompiers d’être immédiatement réactifs.

Politique patrimoniale et muséale en France Incendie de Notre-Dame de Paris Paris, cathédrale Notre-Dame

 Nous sommes contre le principe même dune loi dexception , explique Alexandre Gady, historien de lart à lUniversité de la Sorbonne, président de lassociation de défense du patrimoine Sites et monuments.  Comme le dit Tacite,la République est corrompue quand les lois se multiplient. Rien ne justifie cette loi qui sort la restauration de Notre-Dame du cadre normal. Le recours aux ordonnances et les dérogations créent un dangereux précédent, alors que nous savons déjà aller vite dans le cadre du droit existant. 

. Bonjour, . Vidéos sur Saint-Merri et Notre-Dame-de-Lorette . Les vidéos qui accompagnent nos articles sur le triste état des églises Saint-Merri et Notre-Dame-de-Lorette seront accessibles par tous…

Deux dispositions, qui concentraient les critiques, ont été votées par les députés : la possibilité pour lÉtat de créer un établissement public pour conduire le chantier de restauration (article 8) et, plus encore, le recours aux ordonnances et la possibilité d adaptations ou dérogations aux règles en matière durbanisme, denvironnement, de construction et de préservation du patrimoine , ainsi qu aux règles en matière de commande publique, de domanialité publique, de voirie et de transport  (article 9).

Un mois après lincendie de Notre-Dame, les promesses de dons avoisinent les 900 millions deuros. Lélan de générosité est “historique” selon la Fondation du Patrimoine qui vient de clôturer sa collecte à plus de 200 millions deuros pour sa part. Mais certaines communes qui sétaient pourtant engagées à donner ont finalement renoncé.

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Localement, ces promesses de dons ont été très critiquées, comme à Dammartin-en-Goële, en Seine-et-Marne. Quatre jours après lincendie, la municipalité avait annoncé sur Facebook prévoir linscription exceptionnelle de cette donation à son conseil municipal, un message qui avait suscité de nombreuses réactions, des habitants appelant plutôt à consacrer cet argent à  la commune. La mairie a finalement fait machine arrière, renonçant à cette dotation. 

Partager sur Twitter Partager par mail Commenter cet article Larchevêque Mgr Michel Aupetit souhaiterait  célébrer au plus vite une messe  dans la cathédrale Notre-Dame, comme le rapporte Christophe Rousselot, délégué général de la Fondation Notre-Dame, qui était invité ce mercredi 15 mai sur France-Info. Depuis un mois, plus aucun office navait eu lieu dans la cathédrale, ravagée par les flammes le mois dernier.

Dans les décombres de Notre-Dame, lenquête progresse pas à pas

Ces derniers jours, ces donations ont fait débat dans de nombreuses communes ou agglomération. La communauté urbaine du Grand Paris Seine et Oise vient ainsi de renoncer à sa subvention de 50.000 euros pour Notre-Dame, alors que les collectivités ont déjà des budgets serrés et doivent déjà faire face à lentretien de leur propre patrimoine. 

Loffice, qui devrait se dérouler  en petit comité , selon  le Parisien , ne sera cependant pas ouvert aux fidèles et aux touristes, précise le délégué général de la Fondation Notre-Dame,  pour des raisons de sécurité .

Dans les Yvelines, le maire LR de Maisons-Laffitte, Jacques Myard, a lui prévu de maintenir la donation, mais sous condition.

“Je vais proposer au Conseil municipal de voter une subvention de 10.000 euros en ajoutant que si daventure le coût de la restauration de Notre-Dame est couvert, que ça puisse aller à dautres monuments en péril”, prévient le maire sur BFM Paris. 

Compte tenu des dons déjà recueillis et des promesses de dons, la Fondation du Patrimoine estime que “les travaux pourront se faire dans de bonnes conditions”. Certains sinquiètent néanmoins, le montant des travaux nétant pas encore connu. “Les expertises sont loin dêtre terminées. Les besoins doivent encore être chiffrés”, prévient Monseigneur Aupetit, larchevêque de Paris. La Fondation Notre-Dame et le diocèse de Paris ont décidé de continuer de recueillir les dons. 

#NDP incendie. Les expertises sont loin dêtre terminées. Les besoins doivent être encore chiffrés, et notamment ceux liés à laccueil des fidèles, pèlerins… La @FondationND et le @dioceseparis continuent de recueillir vos dons, quel quen soient le montant. Avec ma gratitude.