A Paris, Griveaux se donne du temps pour choisir des candidats inattaquables – Le Monde

A Paris, Griveaux se donne du temps pour choisir des candidats inattaquables - Le Monde

Les macronistes secoués par le discours du président

Après une sévère mise en garde lundi soir par Emmanuel Macron contre les "divisions", le candidat LREM dissident à la mairie de Paris Cédric Villani a assuré quil était "déterminé à aller jusquau bout".

Lors dune rencontre avec les parlementaires de la majorité et membres du gouvernement, le président a critiqué ceux qui au sein de LREM "disent que notre commission dinvestiture est ceci et cela" car "ils oublient qui les ont faits", selon des propos rapportés par des participants. "Ce qui est mortel en politique, cest la division", a ajouté le chef de lEtat, qui a aussi appelé à "un maximum dintelligence collective".

Peut-on pour autant parler comme vous le faites de  division du parti du Président de la République , et aller jusquà se poser la question de savoir si LaREM ne serait pas une coalition ? Certes, les deux personnages, Griveaux et Villani, symbolisent bien deux ralliements différents à Emmanuel Macron en 2017, ceux de lapparatchik et du représentant de la société civile. Griveaux, collaborateur de DSK, a fait au PS une carrière délu local à Chalon-sur-Saône et, proche du directeur de Terra Nova, Olivier Ferrand, a su se rapprocher ensuite dEmmanuel Macron pour obtenir un siège de député puis un poste de secrétaire dÉtat, dabord auprès du ministre de lÉconomie puis comme porte-parole du Gouvernement. On se souvient de son mépris pour les  gens qui fument des clopes et roulent au diésel  de la France périphérique, qui lui a peut-être valu de devoir être exfiltré de son ministère par ses services de sécurité le 5 janvier 2019, quand quelques Gilets jaunes en ont forcé la porte. Quant à Cédric Villani, le médaille Fields surfe sur son image de mathématicien médiatique qui, après avoir soutenu la candidature dAnne Hidalgo en 2014, a choisi de sinvestir dans le mouvement qui allait porter Emmanuel Macron à la présidence.

LREM, cette coalition qui signore

"Il faut passer ce moment (des municipales, ndlr), ce test de solidité, ne pas oublier la bienveillance. On ne va peut-être pas être daccord, mais on y va ensemble", a encore martelé M. Macron, daprès des participants.

Christophe Boutin : Dans Les Bronzés font du ski, Thierry Lhermitte répond à un Michel Blanc qui vient de lui dire :  Je ne sais pas ce qui me retient de te casser la gueule ,  La trouille peut-être , ce que reconnaît son interlocuteur. Il y a beaucoup de cela dans la stabilité de nos partis politiques, et peut-être plus encore au sein de LaREM. Non que lineffable Gilles Le Gendre fasse régner la terreur dans les rangs du groupe parlementaire, ou que Stanislas Guerini – lui aussi, comme Benjamin Griveaux, ancien proche de DSK au PS – soit un délégué général de LaREM à poigne, mais nous arrivons bientôt à la moitié du mandat de parlementaires issus de la société civile et qui ont découvert les joies du pouvoir et de ses pompes. Une divergence dopinion trop importante davec les orientations présidentielles peut se payer, soit cash – comme le prouve lexclusion dAgnès Thil pour ses propos sur la PMA -, soit à terme, par un refus dinvestiture qui signifie bien souvent de perdre toute chance de retrouver son siège. Pour éviter cela, il faut disposer dun ancrage local suffisant pour braver les foudres jupitériennes – mais combien délus LaREM en disposent-ils ?

LElysée a ensuite précisé à lAFP que "les propos du président ne visaient pas Villani et il était satisfait de le voir présent" à cette réception.

LaREM est-il idéologiquement divers ? Il ne semble pas. Le plus petit dénominateur commun est clair et sincarne dans la figure jupitérienne et le roman de sa conquête du pouvoir, une figure derrière laquelle les élus, nous lavons dit, doivent se rallier. Mais ce ralliement va au-delà du parti du président et sétend à la majorité présidentielle. Car si lon considère celle-ci, on trouve, en sus des anciens socialistes et des nouveaux venus fraîchement débarqués mêlés dans LaREM, des centristes, plus ou moins intégrés, plus ou moins ralliés, du MoDEM à lUDI, comme des politiques qui, à linstar de leur leader naturel, Édouard Philippe, entendent être encore  de droite . Des alliés/ralliés qui, tous, demandent à chaque élection, en sièges, le prix de leur participation à cette majorité présidentielle – ou de leur non opposition -, mais qui seraient bien en peine dexister seuls. Cest donc là quest cette coalition, réunie derrière un homme, mais vivant par et de cette réunion, et donc attentive à ne rien briser pour de bêtes considérations idéologiques.

Le député Cédric Villani, dissident face au candidat investi par LREM à Paris Benjamin Griveaux, était présent dans lassistance. Semblant mal à laise à la sortie de la réception, il a affirmé à la presse quil poursuivait sa "démarche" et quil "était déterminé à aller jusquau bout".

La guerre fratricide à Paris continue. Après une sévère mise en garde lundi soir par Emmanuel Macron contre les  divisions , le candidat LREM dissident à la mairie de Paris Cédric Villani a assuré quil était  déterminé à aller jusquau bout . Lors dune rencontre avec les parlementaires de la majorité et membres du gouvernement, le président a critiqué ceux qui au sein de LREM  disent que notre commission dinvestiture est ceci et cela  car  ils oublient qui les ont faits , selon des propos rapportés par des participants.  Ce qui est mortel en politique, cest la division , a ajouté le chef de lEtat, qui a aussi appelé à  un maximum dintelligence collective . LElysée a ensuite précisé que  les propos du président ne visaient pas Villani .

Municipales à Paris : les premiers colistiers de Griveaux choisis début octobre

Il a ajouté quil nentrerait "jamais dans la division". "Mon propos nest pas dattaquer tel ou tel, mon propos est de rassembler et de continuer ma démarche. Je suis allé rencontrer, écouter". 

Verra-t-on des taxis volants sur la Seine en 2020 ? Cest en tout cas ce que souhaite Angers Bringdal, co-fondateur de SeaBubble avec Alain Thébault – depuis parti mais toujours actionnaire de la société. Ce lundi, accompagné de la préfète dIle-de-France, Magali Charbonneau, et de Dominique Ritz, directeur du Bassin de la Seine à voies navigables, le PDG de la société franco-suédoise a lancé le premier de cinq jours dexpérimentation en conditions réelles.

"Ce soir jai eu loccasion de parler avec beaucoup de monde mais le président était très occupé", a poursuivi le député.

Il calme le jeu. Après lattaque de drones contre des installations pétrolières en Arabie saoudite, Donald Trump a déclaré que lIran  semblait  être derrière responsable mais quil souhaitait malgré tout  éviter  un conflit. Cette mise au point intervient alors que le secrétaire dEtat Mike Pompeo avait mis en doute la revendication des rebelles yéménites Houthis et que Donald Trump sétait dit prêt à riposter ce week-end.

"Je nai pas fait de demande de sortir de la République en marche, cest une démarche de liberté qui sinscrit avant tout au service des Parisiens et des Parisiennes, ce nest pas une démarche dappareil. Je ne suis en guerre contre personne", a encore dit M. Villani.

Et, tout en remerciant les parlementaires pour les “50 lois votées l’an dernier”, Emmanuel Macron les a invités à l’humilité après une année de crise: “Nous sortons d’une crise politique, sociale, profonde. Une crise qui a exprimé ce qui existait depuis des décennies. Les vents ne sont pas de face mais il faut être précautionneux. Les inquiétudes sont là. Si nous avons tenu bon, nous devons nous garder de toute forme d’arrogance, et d’une prudence qui nous conduirait à l’immobilisme”.

Dautres participants ont eu eux le sentiment que Cédric Villani était visé. "Il est arrivé. Il ne savait pas très bien comment se positionner. Le président a parlé de la division dès sa cinquième phrase. En creux ça sadressait à lui", a affirmé un député.

Sa collègue Aurore Bergé, porte-parole de LREM, a souligné qu"aujourdhui on a une échéance majeure à Paris. On a un candidat qui sappelle Benjamin Griveaux. Je crois que le président a été clair sur le risque que la division nous ferait courir".

Certes, une ribambelle de députés se sont pressés pour parler à Emmanuel Macron après son intervention. Certes, il sen trouvait toujours pour lui réclamer une photo souvenir, réflexe de groupie qui laisse pantois les élus les plus roués de la majorité. Mais dans les jardins du ministère des Relations avec le Parlement, où le président sest adressé au gouvernement et parlementaires de la majorité lundi soir, rien nétait tout à fait comme dhabitude.

Depuis juin, plus dun millier de Parisiens et de Parisiennes se sont portés candidats, détaille Margaux Pech, porte-parole de LREM Paris. 40 % sont des femmes. Cest un bon début mais ce nest pas suffisant . Car les listes devront être paritaires, tout comme elles devront mélanger élus et membres de la société civile, Marcheurs et sympathisants. Très vite, la commission va choisir une trentaine dambassadeurs chargés de porter la campagne de Benjamin Griveaux dans tous les arrondissements précise Pacôme Rupin, directeur de la campagne du candidat.

Jusquici, selon les mots même de ministres ou délus LREM, adoration , fascination , dévouement , à légard du chef de lEtat, lemportaient dans le rang des Marcheurs. Quand il dit un truc, ça suit derrière sans trop broncher , confiait un conseiller ministériel, à quelques heures du raout. Cette fois, ministres et élus ne suivent plus comme un seul homme. Ce nétait pas chaud, pas froid. Cétait tiède , rapporte un présent.

Alors que la CNI avait été accusée de partialité par Cédric Villani, Patrick Levy-Waitz tient à préciser que la commission départementale aura une marge de manœuvre complète dans ses choix. Jai accepté cette mission car la transformation de Paris est un enjeu clé. Pour la mener, il faut trouver des Parisiens dans lhyperproximité, capables dentraîner les autres, de créer une dynamique de confiance .

Villani visé par Macron mais “déterminé à aller jusquau bout”

Au lendemain dun discours musclé, sur limmigration notamment, certains ne cachent pas leur perplexité. Ce nest pas sa prestation la plus réussie, euphémise un député LREM. Le message, cétait de défendre la commission dinvestiture dEn Marche. Cétait aussi il faut sauver Ferrand, il faut sauver Griveaux. Est-ce vraiment le rôle dun président? Pas mal de députés sont dubitatifs

Issus de la société civile et choisis par le comité politique de LREM Paris, il sagit de Chékéba Hachemi, qui a été la première femme diplomate en Afghanistan et préside désormais lassociation Afghanistan Libre, et Patrick Levy-Waitz, patron du leader français des services aux indépendants Newlife, et président de la Fondation Travailler Autrement.

Parole dinvité, Macron nétait pas exactement dans la séduction . Notamment, applaudit un collaborateur parlementaire, lorsquil leur a dit darrêter de se faire plaisir avec des amendements bidon et dêtre plus au contact de leurs territoires . Ceux qui sattendaient à un exercice de câlinothérapie en sont pour leurs frais. Il a commencé par des paroles apaisantes, des remerciements, puis il a mis des patates. Ça faisait un peu maître décole , raconte un présent. Cédric Villani na ainsi pas mis longtemps à quitter les lieux, après le tir contre ceux qui disent que notre Commission dinvestiture est ceci ou cela .

Comme attendu, cest sur le volet immigration , un thème sur lequel le président est convaincu quil doit mettre laccent (et fermement) en vue de la présidentielle 2022, bien décidé à ne pas laisser le sujet à la seule Marine Le Pen, que sexpriment le plus de réserves. Signe des tensions internes exacerbées par le débat prévu sur ce thème le 30 septembre à lAssemblée, quinze députés LREM jugent nécessaire destimer, dans une tribune, que celui-ci doit permettre de parler intégration et éviter une hystérisation .

LElysée a par la suite tenu à préciser auprès de lAFP que ces propos ne visaient pas directement Cédric Villani, qui serait ressorti de cette soirée mal-à-laise. Embarrassé mais pas déstabilisé, le candidat aux municipales a confié à la presse vouloir poursuivre sa démarche et être déterminé à aller jusquau bout. Son but nétant pas de rentrer dans la division.

De quoi braquer des députés ? Dautres aussi, des ministres… souffle un membre du gouvernement. Le même : Cest bien de traiter le sujet, de le mettre sur la table. Mais la façon dont on laborde est fermée. Et de relever des similitudes en termes dapproche, de rhétorique avec le discours de Sarkozy sur linsécurité. Cest bien dalerter sur les risques dembourgeoisement, mais pourquoi le faire par rapport à limmigration ? On a bien compris quil y aurait des mesures et des arbitrages, notamment sur lAide médicale dEtat. À ce moment-là, il va y avoir des problèmes. Le barycentre de la majorité va forcément avoir un doute , relève un député LREM.

Lundi soir, le député LREM Cédric Villani, candidat dissident à la mairie de Paris face à Benjamin Griveaux, a fait lobjet dune mise en garde par le président de la République. Venu rencontrer 200 sénateurs et députés de la majorité, Emmanuel Macron lui a fait, au détour de son discours, un avertissement officieux.

En écho, Matignon sattend à des débats internes sur le sujet. Mais sen tient à la ligne édictée : Ce nest pas parce quil y a un débat nourri quil faut léviter. Et puis, il ny a rien de radical, rien de clivant. Ce nest pas du Karcher. Mais un net changement de ton, par rapport à la campagne présidentielle, lorsque Emmanuel Macron jouait le contraste avec le raide Manuel Valls. Depuis, a plaidé le président devant ses troupes, la situation a changé. Un discours à même de désarçonner son aile gauche. Pas de quoi ébranler le président certifie un ministre : Les députés, il sen fout. Ce quil voulait, cest parler aux Français .

Lors dune rencontre avec les parlementaires de la majorité et membres du gouvernement, le président a critiqué ceux qui au sein de LREM disent que notre commission dinvestiture est ceci et cela car ils oublient qui les ont faits, selon des propos rapportés par des participants. Ce qui est mortel en politique, cest la division, a ajouté le chef de lEtat, qui a aussi appelé à un maximum dintelligence collective.

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Je nai pas fait de demande de sortir de la République en marche, cest une démarche de liberté qui sinscrit avant tout au service des Parisiens et des Parisiennes, ce nest pas une démarche dappareil. Je ne suis en guerre contre personne, a encore dit M. Villani.