Mickaël Harpon, demployé “modèle” à assaillant de la préfecture de Paris – Le HuffPost

Mickaël Harpon, d\employé \

Attaque à la préfecture de police de Paris : des SMS ont fait basculer lenquête

Avec la saisine du parquet national antiterroriste (PNAT) vendredi, lenquête sur lattaque à la préfecture de police de Paris, qui a fait quatre victimes, prend une autre tournure et la piste terroriste est désormais privilégiée. La particularité étant que lassaillant était lui-même policier, adjoint administratif occupant le poste dinformaticien dans le service hautement sensible quest la Direction du renseignement de la préfecture de police (DRPP).

Depuis la loi renforçant la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme, promulguée le 30 octobre 2017, la police est dotée de moyens supplémentaires pour “traquer” les personnalités radicalisées en son sein. Des agents sont suivis, y compris sur lîle de la Cité, au sein de la préfecture de police parisienne.

Les premières victimes de Mickael H. sont trois fonctionnaires de police travaillant à la Direction du renseignement. Il sagit de Damien, un major de 50 ans, et deux hommes, Brice et Anthony, âgés de 38 ans. Lun était gardien de la paix et lautre adjoint administratif.

“Sur les 43.000 agents de la préfecture de police, il y en avait 15, cétait en mars 2019, qui étaient suivis pour radicalisation”, affirmait vendredi sur BFMTV Éric Diard, député Les Républicains des Bouches-du-Rhône.

Lassaillant a ensuite croisé sa quatrième victime lorsquil quittait les lieux. Il sagit dAurélia, 39 ans, gardienne de la paix. Elle appartenait à la Direction de la sécurité de proximité de lagglomération parisienne (DSPAP).

Avec cette loi, une enquête administrative peut être menée sur un agent des forces de lordre au cours de sa carrière, avec pour objectif de sassurer que son comportement nest pas devenu incompatible avec les fonctions ou missions exercées.

Cette enquête, un criblage, est à la fois une enquête de personnalité et dentourage avec un questionnaire auquel il faut répondre. Parfois, cela peut aller jusquà des filatures ou écoutes téléphoniques, en fonction du niveau de suspicion, précise Sarah-Lou Cohen, cheffe du service police-justice de BFMTV.

Un agent administratif de la Préfecture de police de Paris a agressé quatre de ses collègues au couteau, jeudi 3 octobre, tuant ainsi trois policiers et une fonctionnaire. Ce dernier a été neutralisé.

En cas dincompatibilité avérée, lindividu peut être muté ou radié. Depuis lentrée en vigueur de cette loi, cest une commission paritaire qui traite ces signalements et qui, sur la base dun rapport, décide de la mutation ou de la radiation.

Les nouvelles recrues de la police font également lobjet dun contrôle. 7500 femmes et hommes grossiront les rangs de la police dici à 2022. Ils font lobjet dune enquête menée par des agents du renseignement territorial ou de la préfecture de police de Paris.

Mais ces contrôles restent complexes, car les signes de radicalisation ne sont pas toujours identifiables. Cest la question majeure qui est soulevée par le cas de Mickaël Harpon: ses signes de radicalisation ont-ils été pris au sérieux?

Selon nos informations, plusieurs personnes auditionnées ont expliqué que ladjoint administratif avait légitimé lattentat contre Charlie Hebdo. Selon un autre de ses collègues, il refusait de serrer la main des femmes depuis trois semaines. Des auditions qui ont débouché sur la saisine du PNAT, qui donne une nouvelle couleur aux investigations.

Au lendemain de lattaque au couteau qui a fait 4 morts et plusieurs blessés à la préfecture de police de Paris, la piste terroriste est maintenant privilégiée. Le parquet national antiterroriste sest saisi du dossier après la découverte de SMS intrigants dans le téléphone de lassaillant.

Selon les informations du Parisien, confirmées par RTL, lauteur des faits a adressé à sa compagne un message évoquant lachat dun couteau en céramique le matin même de lattaque meurtrière.

Ce à quoi sa femme aurait répondu en substance : “Seul Dieu te jugera”. Dautres messages très religieux sont échangés, où il est notamment écrit en substance “Allah est grand”.

Cet élément a été déterminant sachant que le tueur est un homme qui sest converti à lislam il y a moins de deux ans. Pour autant, aucun signe de radicalisation navait été remonté par ses collègues, et son comportement avec les femmes, notamment au travail, ne posait pas de problème.

Son épouse se trouve de son côté toujours en garde à vue, et raconte que son mari avait un comportement agité la veille de son passage à lacte. Ce vendredi 4 octobre au soir, cest donc la piste de lattaque terroriste qui est privilégiée par les enquêteurs, même si plusieurs sources indiquent que le tueur présentait des signes de fragilité psychologique.