RÉCIT – Attaque à la préfecture de police de Paris : le parcours glaçant de lassaillant – France Bleu

RÉCIT - Attaque à la préfecture de police de Paris : le parcours glaçant de l\assaillant - France Bleu

Attaque à la Préfecture de police: lassaillant a acheté deux couteaux trente minutes avant lattaque

Ce samedi 5 octobre 2019, le procureur du parquet national antiterroriste, Jean-François Ricard a apporté des précisions quant au déroulé de lattaque de la préfecture de police de Paris, qui a fait 4 victimes jeudi 3 octobre. “Le parcours de lauteur a pu être retracé avec précision, grâce à lexploitation de la vidéo surveillance et à son badge daccès à la préfecture”, explique Jean-François Ricard. Un parcours qui a duré 7 minutes, entre larrivée de lassaillant à son bureau et sa neutralisation.

Lauteur des faits est dabord arrivé à la préfecture de police jeudi matin à 8h58, avant den ressortir à 12h18 pour se rendre dans un magasin et y acheter deux couteaux : “un couteau de cuisine métallique” et “un couteau à huître”, explique le procureur. Lauteur des faits a dissimulé sur lui les deux couteaux avant de rejoindre son service et de pénétrer finalement dans son bureau à 12h53. 

Entre 11H21 et 11h50, soit trente minutes avant lacquisition des couteaux, Mickaël Harpon a échangé avec son épouse 33 SMS au total. Il y tient, selon lanalyse de téléphonie mobile, des "propos à connotation exclusivement religieuse qui se sont terminés par ces deux expressions: +Allah akbar+ puis +suis notre prophète bien-aimé Muhammad, et médite le Coran+". Des messages qui font écho "à deux témoignages recueillis dans le voisinage faisant état de propos similaires tenus au cours de la nuit par lauteur des faits", selon le procureur antiterroriste.

Une fois dans ce bureau, il a “blessé mortellement à larme blanche, deux personnes qui y étaient restées afin de prendre leur repas”, détaille le procureur. Après avoir tué les deux premières victimes, il sest dirigé vers un autre bureau situé au même étage où il a porté plusieurs coups de couteaux à un adjoint administratif, dont deux lui ont été mortels.

Dans la cour, après avoir "menacé avec son couteau une personne qui tentait en vain de le raisonner", lagresseur "sest trouvé ensuite à une douzaine de mètres dun gardien de la paix stagiaire qui lui a intimé lordre de poser son arme". Après plusieurs sommations pour lui demander de se rendre, et voyant lassaillant courir dans sa direction en pointant son couteau, le gardien de la paix a tiré à deux reprises et la abattu. 

Lauteur des faits a “tenté de pénétrer dans un autre local heureusement fermé, où se trouvaient trois autres fonctionnaires en train de déjeuner”, poursuit le procureur. Lassaillant a ensuite emprunté lescalier menant à la cour de la préfecture de police et a sur son chemin adressé plusieurs coups de couteaux mortels à une fonctionnaire de police.

Puis il "a tenté de pénétrer dans un autre local, heureusement fermé, où se trouvaient trois autres fonctionnaires en train de déjeuner", avant demprunter lescalier menant à la cour de la préfecture. Là, "il a porté plusieurs coups de couteau à une fonctionnaire de police, gardien de la paix âgée de 39 ans, qui devait décéder des suites de ses blessures".

Une fois au rez-de-chaussée, il a “blessé grièvement à la gorge, une adjointe administrative qui attendait lascenseur”. Arrivé dans la cour, lagresseur a commencé à menacer une personne qui tentait de le raisonner et sest trouvé à une douzaine de mètres dun gardien de la paix stagiaire. Ce dernier lui a donné lordre de poser son arme mais lindividu, qui progressait vers lui lentement, “sest mis à courir dans sa direction en pointant son couteau”, explique Jean-François Ricard.

Lassaillant a dabord tué deux personnes, un major de police âgé de 50 ans et un gardien de la paix de 38 ans, qui se trouvaient dans son bureau et y étaient restées pour déjeuner. Le premier "présente une large plaie à la gorge" tandis que le second a touché "par de multiples coups de couteau dans la région thoraco-abdominale", a détaillé le procureur.

Le jeune gardien de la paix a alors fait feu deux fois pour neutraliser lassaillant. “La durée totale de ce périple meurtrier a été estimée à 7 minutes entre son arrivée à son bureau à 12h53 et sa neutralisation à 13h00”, ajoute le procureur.

Décrivant les scènes dune "extrême violence" survenues à la Préfecture de police de Paris jeudi, le procureur antiterroriste français a détaillé samedi le périple meurtrier de lemployé radicalisé qui y a fait quatre morts avant dêtre abattu. Voici le déroulé des faits.

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Le geste, banal, préfigurait le drame à venir. Mickaël Harpon, auteur de lattaque meurtrière perpétrée au sein de la Préfecture de police de Paris le 3 octobre, sest procuré ses armes très peu de temps avant de passer à lacte.

Il sest ensuite "dirigé vers un autre bureau situé au même étage à lintérieur duquel il a porté plusieurs coups de couteau à un agent administratif de 37 ans dont deux devaient se révéler mortels".

Daprès les éléments révélés ce samedi à la presse par le premier procureur de la République du parquet national antiterroriste, Jean-François Ricard, le tueur sest rendu dans un magasin une trentaine de minutes avant de perpétrer son geste. À 12h24, dans un magasin de la rue Saint-Jacques, dans le Ve arrondissement de la capitale, Mickaël Harpon a acheté deux couteaux. Un couteau métallique, “dune longueur totale de 33 centimètres, muni dune lame de 20 centimètres”, et un couteau à huîtres. 

“En sortant de ce magasin, lauteur a entrepris un détour, au cours duquel il a dissimulé sur lui les couteaux quil venait dacheter. Il doit être souligné que durant toute cette séquence, le comportement de lindividu ne trahit aucune fébrilité”, a rapporté le procureur.  

Au rez-de-chaussée, il sen est pris à une adjointe administrative qui attendait lascenseur. Blessée grièvement à la gorge, son pronostic vital nest cependant plus engagé.

Selon ce même récit, Mickaël Harpon est revenu dans lenceinte de la Préfecture de police à 12h36 et a rejoint son service à 12h42. “Il en est ressorti cinq minutes plus tard, avant de revenir à 12h51, pour pénétrer dans son bureau à 12h53.” Cest alors que, muni de ses armes blanches, qui nont donc visiblement pas été détectées malgré leur consistance métallique, le tueur a mortellement assailli plusieurs de ses collègues.