EN DIRECT – Extinction Rebellion étend son occupation au centre de Paris – Reporterre

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Climat: des militants dExtinction Rebellion bloquent la rue de Rivoli, au centre de Paris

"Bonjour à tous! Nous sommes Extinction Rebellion. Nous luttons contre un système de domination économique et politique qui exploite le vivant. Désolés pour le blocage, ça fait encore plus de pollution, on vous invite à couper les moteurs ou prendre les transports en communs".

Mégaphone en main, la jeune femme harangue les automobilistes qui klaxonnent juste sous les fenêtres de lHôtel de Ville de Paris. Depuis quelques minutes, les militants du mouvement écolo, qui occupent depuis lundi en plein cœur de la capitale la place du Châtelet et un pont sur la Seine, viennent détendre leur blocage à la rue de Rivoli, coupant des grands axes de la ville.

Deuxièmement, Extinction Rebellion veut atteindre la neutralité carbone dès 2025. Récemment, une mesure visant “réduire les émissions de gaz à effet de serre dau moins 40% dici à 2030 par rapport à 1990” a été présenté au gouvernement français. Un chiffre bien inférieur aux revendications du mouvement. Ce dernier prône, ensuite, larrêt immédiat de “la destruction des écosystèmes océaniques et terrestres, à lorigine dune extinction massive du monde vivant”. 

Retranchés dans leur "village apaisé", quelques centaines dactivistes, vingtenaires ou trentenaires en grande majorité, exigent notamment des autorités des mesures immédiates pour atteindre la neutralité carbone en 2025. Bien organisés, ils ont installé lundi en quelques minutes murs de palettes et bottes de paille, tentes et abris de bâches. 

Il y a des toilettes sèches et même un petit voilier peint en bleu qui trône au milieu du pont, à 100 mètres à peine de la préfecture de police. Des "bloqueurs" tiennent six barrages, prêts à se faire embarquer sans opposer de résistance physique en cas dintervention des forces de lordre.

Des actions devraient se poursuivre toute la semaine à Paris et dans le monde entier. Le mode opératoire radical et non violent du mouvement vert séduit autant quil divise. Ségolène Royal, ancienne ministre de lEnvironnement, craint quil ne détériore limage de la lutte écologique. De son côté la ministre des Transports Élisabeth Borne a déclaré quelle ne pouvait “pas être contre quand les gens se préoccupent du climat”. 

Mais depuis le début, celles-ci se tiennent à distance. "On est tous un peu surpris. On fait de la désobéissance civile, mais pour le coup, personne ne nous dit dobéir," lance "Jeanne" (les XR se présentent en général juste sous un prénom), 29 ans, "étudiante dans le sud", mi-amusée, mi-dépitée.

Car le mouvement, né en Grande-Bretagne il y a un an à peine, mise sur le blocage des grandes villes mais aussi sur les images de ses militants se faisant interpeller. Linaction des forces de lordre est dailleurs très commentée sur les réseaux sociaux des "gilets jaunes", comme un deux poids-deux mesures. "Aucun deal avec la préfecture", rétorquent les XR, rappelant que les images du "gazage" de leurs militants à Paris fin juin avaient suscité lémoi et que le président Emmanuel Macron cherche peut-être à préserver une image "écolo" quils lui dénient.

Enfin, dans un angle plus politique, le mouvement demande linstauration dune assemblée citoyenne, chargée de choisir les mesures à instaurer pour atteindre lensemble de ces objectifs écologiques. Une initiative similaire vient dêtre mise en place, en France, par Emmanuel Macron. 

Quelques "gilets jaunes" se sont joints au campement, mais une possible "convergence des luttes" est sujet de débat. XR adhère à une stricte non-violence et lors de loccupation conjointe avec dautres mouvements dun centre commercial parisien samedi dernier, il y a eu des graffitis évoquant lattaque de la préfecture de police de Paris, conduisant à une enquête pour "apologie du terrorisme".

"Tout ce qui peut être marqué sur ce pont peut se retourner contre nous", avertit ainsi un jeune homme lors dune des nombreuses AG qui parsèment la journée du camp. 

Passe une dame, qui rouspète contre le détour quelle doit faire. On lui tend le micro, mais devant son refus dengager le dialogue un "rebelle" lance: "On va avoir des canicules à 50 degrés madame, en fait vous allez mourir de chaud et on va tous mourir de faim parce quon naura plus rien à manger". 

Mais la plupart des badauds semblent accueillir plutôt positivement laction, même si les cafés ont des recettes en berne.

Sur la rue de Rivoli désertée par les voitures, une conférence simprovise. Plusieurs scientifiques et Carola Rackete, capitaine du bateau de secours aux migrants Sea-Watch, se succèdent au micro. 

"On vous remercie dêtre ici, nous on sort de notre labo et on est très contents (…) Lurgence est là, on ne peut pas négocier avec la nature, lui demander 10 ans de délai pour commencer à prendre des mesures", lance Serge Janicot, climatologue, spécialiste de lAfrique.

Encouragés par la nouvelle occupation du jour, et la fin de la pluie, les "rebelles" de XR applaudissent longtemps, déterminés à poursuivre leur action.

La mobilisation sétend. Les militants du mouvement écologiste Extinction Rebellion (XR), qui occupent depuis lundi un pont de la Seine et la place du Châtelet au centre de Paris, ont ajouté ce jeudi la rue de Rivoli à leurs opérations de blocage.

Oui, nous perturbons, nous gênons ! Et nous lassumons !Parce que le prix de linaction serait incomparablement plus perturbant, plus gênant.Parce quil est déjà mortel pour les écosystèmes, et le sera de plus en plus pour lhumanité qui en dépend.#ExtinctionRebellion ⤵️ pic.twitter.com/vHEpcVsQRz

“Pour la vie, on prend Rivoli”, scandent les quelques dizaines de manifestants qui se sont installés sur la chaussée à plusieurs points daccès de cet axe majeur de la capitale désormais privé de voitures sur une partie de sa longueur.

“Libérez les cyclistes enfermés dans des voitures” ou “Nous sommes les défenses de léléphant”, chantent des participants qui ont placé des squelettes en plastique sur un passage piéton pour barrer symboliquement le passage.

Quelques centaines dentre eux occupent déjà depuis lundi la place du Châtelet et le pont au Change sur la Seine, nœud central de la capitale, pour réclamer davantage daction contre le réchauffement climatique. Les activistes ont pour linstant le soutien de la maire, Anne Hidalgo, dès lors quils poursuivent des actions “pacifiques”, comme le veut leur credo.      Tout jeune mouvement né il y a un an au Royaume-Uni, XR se mobilise toute cette semaine dans 60 villes du monde. A Londres, les militants ont envahi ce jeudi matin laéroport de London City, quils souhaitent paralyser et “occuper pacifiquement” pendant trois jours, sans conséquences immédiate sur les vols.