Les défis à venir pour la reconstruction de Notre-Dame de Paris – LExpress

Les défis à venir pour la reconstruction de Notre-Dame de Paris - L\Express

Notre-Dame : les dons des grands mécènes se concrétisent

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Six mois après lincendie, Notre-Dame est toujours en convalescence. La restauration de la cathédrale na pas encore pu commencer, lédifice nécessitant une consolidation et une sécurisation importante. Actuellement 39 entreprises différentes et 80 compagnons interviennent sur le chantier. 

Pour les seuls travaux de sécurisation et de consolidation, la Fondation Notre Dame a déjà versé 31 millions deuros. Après la protection de lédifice contre les intempéries (pose de bâches de protection), la consolidation de la cathédrale sest notamment portée sur les arcs-boutant. Des cintres ont été installés pour renforcer ces éléments de lossature de la cathédrale.

“Comme il ny a plus de toiture, comme il ny a plus de charpente, leur rôle est beaucoup plus important, ça crée une poussée sur les arcs et donc il faut les consolider”, explique sur BFM Paris Christophe Rousselot, délégué général de la Fondation Notre Dame.

Des plafonds et planchers provisoires vont prochainement être installés sur et sous la voûte pour la consolider. 

Mais le gros du chantier et lurgence se porte sur le démontage de léchafaudage. Cette structure de 500 tonnes qui se trouvait autour de la flèche de la cathédrale sest soudée sous leffet du feu. Soumis aux intempéries, léchafaudage donne des sueurs froides aux architectes car son effondrement nest pas exclu. 

“Là on frémit un peu parce que le vent va commencer à sagiter et cette structure est encore miraculeusement debout. Ca repose simplement sur quatre points, ces quatre points sont scrutés particulièrement”, explique sur RTL Philippe Villeneuve, larchitecte en chef de Notre-Dame. 

Mais pour permettre dintervenir sur léchafaudage, une autre structure va devoir être montée. 

“Lidée qui est retenue pour pouvoir retirer cet échafaudage, cest de créer un deuxième échafaudage à lextérieur du premier, qui va mettre environ 3 à 4 mois à être monté”, détaille sur BFM Paris Christophe Villemain, spécialiste de la restauration des monuments historiques. 

Le démontage de léchafaudage sera ensuite effectué par des cordistes qui devront découper pièce par pièce la structure. Ces opérations devraient durer jusquau printemps prochain. Les autorités estiment que le début de la phase de reconstruction pourra commencer au 2e semestre 2020.

Si le chantier prend du temps, cest aussi en raison de la pollution au plomb. Cet été, le chantier avait dû être mis à larrêt le temps de mettre des protocoles de sécurité en place. 

“Tous les travaux ont repris mais ça a créé une interruption et donc de linertie. Et puis (…) ce plomb crée toute une organisation de travail, avec des pauses toutes les 2h30 au niveau des salariés”, explique Christophe Villemain. 

Avant dentrer, les ouvriers doivent également répéter les mêmes procédures de sécurité: se déshabiller, prendre une douche, enfiler une combinaison. Des opérations qui prennent du temps mais qui sont imposées par linspection du travail. Larchitecte Philippe Villeneuve estime toutefois être parvenu à des avancées.

“On a réussi à avoir des éléments sur le site, des sanitaires, des bases où on peut se laver les mains, autrement on navait pas le droit de boire, de fumer, il fallait sortir, prendre sa douche, se rhabiller” ajoute-t-il 

Malgré ces contraintes, lobjectif dachever le chantier en cinq ans est tenable selon Phillipe Villeneuve. Les responsables du chantier espèrent aussi pouvoir ouvrir une partie de la cathédrale au public, avant la fin du chantier. 

Après lannonce trop optimiste dun milliard deuros, on a craint en juin que seule une partie des promesses pour reconstruire Notre-Dame serait effective. Six mois après lincendie, les grands dons du mécénat dentreprise se concrétisent : on pourrait atteindre quelque 800 millions deuros. Un certain nombre de donateurs finalisent leurs conventions et dautres attendent la mise en place prochaine de létablissement public.

Les trois fondations – Fondation Notre-Dame, Fondation du patrimoine, Fondation de France – et le Centre des monuments nationaux (CMN), qui ont été chargés de recueillir les fonds dans le cadre de la souscription nationale, ont récolté 616,6 millions deuros ou de promesses de dons, souvent concrétisées dans le cadre de conventions ou en voie de lêtre.

La Fondation Notre-Dame, dont le président est larchevêque de Paris, Mgr Michel Aupetit, peut se targuer davoir reçu 380 millions deuros de 46.600 particuliers, 168 entreprises et 29 collectivités publiques françaises et étrangères. La Fondation du Patrimoine a annoncé lundi avoir collecté à ce jour 223 millions deuros, provenant de 234.000 donateurs de 152 pays (dont 45 ont déjà été versés au ministère de la Culture, pour les travaux durgence). La Fondation de France a recueilli beaucoup moins dargent, 9 millions, dont 7 proviennent dentreprises. Le CMN a encaissé 5,6 millions au profit de la reconstruction de la cathédrale.

Outre LVMH (Bernard Arnault) et Kering (Famille Pinault) qui ont déjà signé des conventions portant sur 200 et 100 millions deuros, la concrétisation de nombreux dons promis par le secteur privé devrait se faire dici la fin de lannée. Total, qui sétait engagé à verser 100 millions deuros via la Fondation du Patrimoine, a indiqué à lAFP que sa convention “est quasiment finalisée et devrait être signée courant octobre”. 

Le groupe lOréal affirme que les engagements “pris en soutien à Notre-Dame sont fermes et confirmés”. La famille Bettencourt Meyers, au travers sa holding familiale Tethys et la Fondation Bettencourt Schueller confirme son engagement de 150 millions deuros, qui viendra en complément de 50 millions deuros à laquelle lOréal a décidé de contribuer.

JCDecaux a assuré quil concrétiserait sa promesse de 20 millions deuros. BNP Paribas, qui sétait engagé à hauteur de 20 millions, précise que “cette contribution sera versée dès la création de létablissement”, en novembre. La promesse des frères Martin et Olivier Bouygues de verser 10 millions deuros via leur holding familiale SCDM, est également en cours de concrétisation avec la Fondation Notre-Dame.

Pour son don de 10 millions, le groupe BPCE est “en phase de finalisation de la convention avec la Fondation du Patrimoine”. Les 5 millions promis par Crédit Agricole seront versés “dici la fin de lannée par la fondation Crédit Agricole Pays de France”.

Le mécène Marc Ladreit de Lacharrière, président de Fimalac, na pas encore pris de décision sur les modalités de versement de 10 millions deuros. Le groupe dassurances Axa sest engagé à verser 10 millions deuros répartis pour moitié entre la Fondation du patrimoine et la Fondation Notre-Dame. La Région Ile-de-France signera une convention fin octobre portant sur 10 millions deuros. La milliardaire brésilienne Lily Safra, avec sa Fondation Edmond J. Safra, avait fait un don de 10 millions deuros dès le lendemain matin de lincendie à la Fondation du patrimoine.Selon la Fondation du patrimoine, qui “na pas constaté de désistement dentreprises et de grands mécènes”, à ce jour “80 % des promesses de dons des entreprises, organismes et grands donateurs ont déjà été concrétisées au travers de dons ou de conventions”.