Manifestation des pompiers à Paris : 3 policiers blessés et 6 interpellations – LExpress

Manifestation des pompiers à Paris : 3 policiers blessés et 6 interpellations - L\Express

Manifestation nationale de milliers de pompiers “en colère” à Paris

Mardi 15 octobre 2019, jour de manifestation nationale des sapeurs-pompiers, des camions du Service départemental d’incendie et de secours (Sdis) de Seine-Maritime étaient tagués : on pouvait notamment y lire « Plus d’effectifs », « Touchez pas à nos retraites », « Métier à risque » etc.

La CGT, les syndicats Autonome et Avenir secours des pompiers de Seine-Maritime ont manifesté à Paris, mardi 15 octobre 2019, pour défendre leur métier. « Les interventions ont augmenté et les effectifs sont restés stables, nous demandons des effectifs en plus », argue Bertrand Boclet, représentant du syndicat autonome pour la Seine-Maritime, qui était dans la manifestation parisienne.

Cette mobilisation sinscrit dans un mouvement de grève entamé depuis le mois de juin. Les organisations syndicales ont été reçues ce mardi par le cabinet du ministre de lIntérieur, qui annonce dautres rendez-vous à venir, en novembre.

Les sapeurs-pompiers déplorent également des agressions de plus en plus nombreuses sur le terrain. 

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🚨 Impressionnante mobilisation des sapeurs pompiers en grève, place de la République à #Paris. Ils sont en grève pour dénoncer le manque deffectifs et les agressions quils subissent. Nombreuses explosions de pétards et mortiers, fumigènes. pic.twitter.com/H5j4iZVUJk

Les soldats du feu plaident aussi pour la reconnaissance de la profession comme un « métier à risques » : « L’exemple récent de l’incendie de Lubrizol est très parlant », note Mathieu Gibassier, secrétaire général de la CGT, également dans le cortège parisien.

La préfecture de police de Paris a dénoncé lirresponsabilité de certains manifestants qui ont poursuivi le face-à-face avec les CRS en dépit des ordres de dispersion.

Enfin, les pompiers se mobilisent dans le cadre de la réforme des retraites. Ils demandent le maintien de leur régime spécifique : un sapeur-pompier qui remplit toutes les conditions peut actuellement prendre sa retraite à taux plein après 32,5 années de service.

Dautres manifestants sétaient par ailleurs rassemblés devant lAssemblée nationale, où ils notamment jeté des fumigènes.

Même si la manifestation parisienne a rassemblé de nombreux soldats du feu, les sapeurs-pompiers étaient dans l’obligation d’exercer un service minimum. En Seine-Maritime, ceux qui étaient de garde ont donc trouvé un autre moyen d’afficher leur malaise en inscrivant leurs revendications sur leurs camions. « Les inscriptions sur les véhicules sont un de nos moyens pour afficher nos revendications. Mais cela s’efface, c’est juste pour aujourd’hui, jour de grève », assure Bertrand Boclet.

Jets de fumigènes dans lassemblée nationale. Les pompiers souhaitent interpeller les députés @CNEWS pic.twitter.com/1bWfW9eXez

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Chris Chislard, porte-parole du Sdis 76 et officier en charge du dialogue social, précise qu’« il est normalement interdit aux sapeurs-pompiers d’inscrire des revendications sur les véhicules comme sur les bâtiments ». Mais ce mardi 15 octobre 2019, c’est une journée exceptionnelle. « Nous avons dit aux syndicats que nous acceptions ces inscriptions sur les camions pour aujourd’hui, tant qu’elles ne sont pas critiques envers le Sdis. »

Chris Chislard rappelle que le Sdis et les syndicats des sapeurs-pompiers de Seine-Maritime sont « dans un dialogue constructif ». Le porte-parole du Sdis rejoint d’ailleurs les syndicats sur les problématiques d’effectifs : 

Comme dans beaucoup de départements, nous sommes en manque d’effectifs. Nous travaillons ensemble dans ce sens.

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Entre 5.000 et 10.000 pompiers professionnels, selon les syndicats, manifestaient mardi après-midi à Paris pour dénoncer le manque deffectifs et de reconnaissance dune profession "livrée à-elle même" face à lexplosion des demandes de secours et dassistance.

Parti peu après 14h de la place de la République, le cortège de sapeurs-pompiers "en colère" venus des quatre coins de la France défilait bruyamment et dans une ambiance bon enfant, avec sifflets, sirènes et fumigènes, en direction de la place de la Nation, a constaté un journaliste de lAFP.

Les pompiers étaient pour beaucoup vêtus de leurs manteaux bleu marine avec bandes jaunes fluorescentes. Certains brandissaient des pancartes barrées de slogans tels que "Faire plus avec moins, bienvenue chez les pompiers" ou "Stop au mépris du politique".

"Il y a une baisse des effectifs préoccupante alors quon est débordés par le nombre dinterventions. On nous demande tout, y compris de remplacer des ambulances. À un moment donné on ne va plus y arriver", a expliqué à lAFP Mathias Gosse, 53 ans, pompier à Grasse (Alpes-Maritimes). 

"Et en plus, on menace notre régime de retraite qui nous permet de partir à 57 ans (avec 42 annuités, ndlr)", ajoute-t-il.

Les syndicats réclament également une revalorisation de la prime de feu (28% du salaire de base, contre 19% actuellement) à hauteur des primes de risques accordées aux policiers et gendarmes.

"On est répartis dans nos casernes donc la population ne se rend pas toujours compte de nos difficultés. La baisse des effectifs fait quil y moins de formations, de compétences. Mais on na aucune réponse, le ministère de lintérieur et les collectivités locales (qui financent les SDIS et payent les pompiers, ndlr) se renvoient la balle", a déploré Nathalie Kaszubiak, secrétaire générale du syndicat FO des personnels administratifs des SDIS (Services dincendie et de secours).

En marge du cortège, plusieurs dizaines de pompiers étaient également rassemblés devant lAssemblée nationale où ils allumaient des fumigènes et bloquaient la circulation, sous la surveillance de forces de lordre appelées en renfort, a constaté un autre journaliste de lAFP.

Interrogé sur la mobilisation lors des questions au gouvernement, le secrétaire dEtat à lIntérieur Laurent Nuñez a assuré que les problèmes des sapeurs-pompiers étaient pris à "bras-le-corps" par le gouvernement et a annoncé lexpérimentation dun "numéro unique" durgence -le 112-  qui permettrait de mieux orienter les appels. 

Les pompiers professionnels représentent 16% des quelque 247.000 pompiers en France, le reste étant à 80% des volontaires.