Paris : un amendement pour limiter le nombre de nuitées Airbnb – Le Parisien

Paris : un amendement pour limiter le nombre de nuitées Airbnb - Le Parisien

Faut-il encadrer plus strictement les plateformes comme Airbnb ?

Des entreprises se sont même spécialisées dans ce type dactivité et cherchent pour le compte de propriétaires des locaux commerciaux pour les convertir en meublés touristiques. Lavantage ? Pouvoir louer ces logements 365 jours par an, à la différence des logements classiques, limités à 120 nuitées par an à Paris.

“On arrive sur des rentabilités deux, trois, quatre fois supérieures. Il est évident que si on respecte toutes les règles au niveau de la législation pour faire du Airbnb 100% légal 365 jours dans lannée, cest cent fois plus rentable que dacheter de lhabitation”, explique Kevin Cohen, cofondateur de Check My Guest, une start-up qui sest spécialisée dans cette activité.

Pour Marie-Pierre de la Gontrie, ces locations types AirBnB « encouragent les propriétaires à se détourner des modes de location classiques ». La sénatrice de Paris explique qu’« A paris, il y a entre 20 000 et 30 000 logements qui sont ainsi détournés » et que « toutes les grandes villes et toutes les villes touristiques sont concernées ». 

Avec son entreprise il travaille par exemple actuellement à la transformation dun plateau de bureaux de 180 m2 en un logement qui accueillera 10 couchages. Dautres bureaux près des Champs-Élysées viennent aussi dêtre fraîchement rénovés. Pour un logement de ce type, les propriétaires peuvent gagner jusquà 800 euros la nuit, lors dévénements comme la Fashion week.

Près de 65 000 logements parisiens sont mis en locations sur Airbnb. Selon ladjoint à la maire de Paris en charge du logement, Ian Brossat, une bonne partie dentre eux, sans doute une bonne moitié, sont des locations illégales qui nont pas de numéros denregistrement , déclarait-il fin septembre. Aujourdhui, nous sommes de plus en plus confrontés à des professionnels, des multi-propriétaires qui achètent des logements avec pour seul objectif de les transformer en machine à cash , ajoutait-il. En 2018, 188 propriétaires ont été convoqués au tribunal pour une présomption de location frauduleuse. Il y a eu 179 condamnations. Le montant total des amendes sest élevé à 2 138 500 euros.

Pour le cofondateur de cette entreprise, la création de ces nouveaux hébergements touristiques a lavantage de ne pas réduire le nombre de logements à disposition des Parisiens.

“Airbnb nest que la conséquence de ces boutiques qui sont vides. Vous vous baladez dans Paris, toutes ces boutiques sont à louer parce que les petits commerçants narrivent plus à payer leur loyer. Et donc le propriétaire récupère son bien et trouve une solution pour le transformer”, souligne Kevin Cohen.

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Les locations de type AirBnb  encouragent les propriétaires à se détourner des modes de location classique , a-t-elle argué.  À Paris, il y a entre 20 000 et 30 000 logements qui sont ainsi détournés , a-t-elle affirmé, ajoutant que  toutes les grandes villes et toutes les villes touristiques sont concernées .

Une limite jugée "peu contraignante" par Mme de la Gontrie. Les locations de type AirBnb "encouragent les propriétaires à se détourner des modes de location classique", a-t-elle argué. "A Paris, il y a entre 20.000 et 30.000 logements qui sont ainsi détournés", a-t-elle affirmé, ajoutant que "toutes les grandes villes et toutes les villes touristiques sont concernées".Avis défavorable du gouvernement Le rapporteur LR Mathieu Darnaud a émis un avis défavorable à lamendement, estimant plus "pertinent de laisser la loi Elan (qui durcit les règles applicables à ce type de location, NDLR) produire ses effets". Le sénateur LR des Hauts-de-Seine Roger Karoutchi a néanmoins voté la mesure, soulignant que dans certaines villes proches de Paris, "il y a des quartiers morts (…) qui ne sont vivants que de gens qui ne font que passer", mais où "il ny a plus un vrai habitant". Le ministre chargé des Collectivités territoriales Sébastien Lecornu sest contenté dexprimer un avis défavorable du gouvernement. LUnion nationale pour la promotion de la location de vacances (UNPLV), qui regroupe les principales plateformes telles Airbnb et TripAdvisor, a regretté jeudi, dans un communiqué, un "amendement inefficace pour résoudre les problèmes de logement à Paris et dans les grandes villes". Selon elle, il "porte gravement atteinte au droit de propriété" et "prive des propriétaires de la possibilité daméliorer leur pouvoir dachat"."Une première avancée" La Ville de Paris sest quant à elle félicitée jeudi "de cette première avancée". "Elle est conforme aux voeux exprimés par la Ville dadapter les réponses à apporter à un phénomène en fort développement qui impacte laccès au logement des Parisiennes et des Parisiens", a-t-elle affirmé dans un communiqué. La ville de Paris soppose régulièrement au géant américain AirBnB. La plateforme de location propose à la location quelque 600.000 logements en France, dont 65.000 à Paris. La disposition votée par le Sénat devra encore être soumise à lAssemblée nationale, qui examinera le texte Engagement et Proximité le mois prochain.