Municipales : Rachida Dati investie à Paris – Le Point

Municipales : Rachida Dati investie à Paris - Le Point

Rachida Dati officiellement investie candidate des Républicains pour les municipales à Paris

Rachida Dati a été désignée mercredi candidate des Républicains pour les élections municipales de mars 2020 à Paris, une bataille quelle compte placer sous le signe du "renouvellement".

La commission nationale dinvestiture (CNI) a comme prévu adoubé lancienne garde des Sceaux de Nicolas Sarkozy qui affrontait comme seule rivale Marie-Claire Carrère-Gée, conseillère LR du XIVe arrondissement et présidente du groupe LRI (Les Républicains et indépendants).

Nul doute que Rachida Dati, maire dans la capitale depuis 2008, pourra sappuyer sur son expérience et profiter de laffaiblissement du parti à léchelle nationale pour mener sa campagne selon la ligne politique adéquate. Dautant que celle qui a déjà tenté dêtre candidate LR à la mairie en 2014 – elle sétait retirée au profit de Nathalie Kosciusko-Morizet – sait déjà comment perdre une campagne. Donc aussi comment la gagner ?

Rachida Dati sest aussitôt réjouie de cette investiture, assurant dans un communiqué transmis à lAFP que sa campagne, placée sous le slogan "Engagés pour changer Paris", aurait comme priorités "la sécurité, la propreté", "les familles" et "lécologie, la santé".

Il sagit de "réconcilier les Parisiens avec Paris, après 12 années de mandature socialiste", assure la candidate LR, dont le conseiller politique sera le député et ancien maire du XVIe arrondissement Claude Goasguen — ce qui scelle la réconciliation après des relations parfois tendues.

Dans son programme, Mme Dati propose notamment dinstituer "une police municipale armée affectée en priorité à la lutte contre la délinquance du quotidien" et une baisse du tarif des cantines avec "un prix maximum payé pour un repas de 3,50 euros dès la rentrée 2020 contre 7 euros aujourdhui".

Une nouvelle trahison qui illustre bien létat du parti – aussi bien au niveau national que dans la capitale – depuis des années, dont les bancs sur le conseil de Paris font figure de panier de crabes. Cette désunion explique en partie pourquoi la droite a échoué à conquérir lhôtel de ville depuis presque deux décennies désormais.

Agressions sexuelles, limmigration et laile gauche de LREM, la gêne des musulmans de France, Rachida Dati…

Promettant daxer son projet écologique "autour de la santé et du bien-être", la candidate LR sengage à lancer un plan "air sain pour nos enfants" (capteurs de mesure de la qualité de lair, purificateurs filtrant les particules…)

Mais la bataille sera ardue. Françoise de Panafieu et Nathalie Kosciusko-Morizet sy sont déjà cassé les dents, respectivement en 2008 puis 2014. Bien que soutenue par le président Christian Jacob et une partie de lappareil LR, la candidature de Rachida Dati nemballe pas toute la droite. Lactuelle maire du 7e arrondissement, sarkozyste revendiquée, est connue des élus pour son impulsivité. Elle revendique plutôt sa pugnacité. Et il lui en faudra. Entre les divisions internes, et des effectifs dégarnis, lex-garde des Sceaux de Nicolas Sarkozy doit rassembler. La stratégie LR consiste pour le moment à soumettre à validation de la CNI les têtes de listes de chaque arrondissement, dici au 15 décembre. Rachida Dati, 53 ans, a déjà fait passer une consigne. Ceux qui souhaitent obtenir linvestiture doivent lui clamer leur soutien. La nouvelle candidate compte aussi présenter une liste LR dans chaque arrondissement, y compris, parfois, contre les neuf maires LR sortants. Qui pour beaucoup ont pris leurs distances vis-à-vis du parti lors de la présidence de Laurent Wauquiez. Trois dentre eux soutiennent Pierre-Yves Bournazel, ex-LR et lui aussi candidat à la mairie de Paris ; Delphine Bürkli (9e) a rejoint le candidat LREM Benjamin Griveaux ; quand les autres sinterrogent. Jean-Pierre Lecoq fustige la méthode Dati – une stratégie du drapeau – et plaide pour un grand rassemblement de tous ceux et toutes celles qui veulent une autre politique que celle conduite par la maire de Paris. Quitte à nouer des alliances avec LREM.

La candidate, qui réunira ses militants jeudi soir dans un café du XXe, a confié la direction de sa campagne à la communicante Nelly Garnier, et la fonction de porte-parole à Gilles Mentre, ancien directeur adjoint de cabinet de François Baroin.

Il lui incombe désormais la lourde tâche de réunir la droite derrière elle. Rachida Dati a officiellement été auréolée du titre de tête de liste Les Républicains (LR) pour tenter demporter la mairie de Paris aux municiaples de mars 2020. Depuis plusieurs jours, voire plusieurs semaines, le choix de la commission nationale dinvestiture (CNI) du parti ne faisait pas mystère. Ne restait plus quà trancher entre Rachida Dati et Marie-Claire Carrère-Gée, élue du 14e arrondissement et présidente du groupe LRI au Conseil de Paris, après que Jean-Pierre Lecoq, maire du 6e arrondissement, eut abandonné sa candidature à la mi-octobre. À la suite des auditions des deux candidates et de leurs projets hier soir, la CNI a donc donné le feu vert à Rachida Dati pour mener la charge contre la maire sortante. Déterminée, elle assure pouvoir faire mentir les sondages qui la donnent perdante. Pas de doute, elle a envie de prendre la place dAnne Hidalgo.

Linvestiture par LR met fin à un suspense qui était mince: Mme Dati, 53 ans, assurait dès juillet quelle se présenterait et "on na pas dautre candidat", confiait avant lélection un responsable LR. Mais la bataille promet dêtre âpre.

Dabord parce que la championne des Républicains, figure populaire et pugnace, est aussi une forte personnalité qui ne fait pas lunanimité, dautant que certains redoutent des ennuis judiciaires ramenant les mauvais souvenirs de laffaire Fillon.

La nouvelle tête de liste LR a commencé à constituer son équipe de campagne. Nelly Garnier, directrice associée chez Havas, devient sa directrice de campagne. Gilles Mentré, ancien directeur adjoint de cabinet de François Baroin, sera son porte-parole et Claude Goasguen, député de Paris, la conseillera sur le volet politique. Un slogan a déjà été établi pour espérer récupérer lancien fief de Jacques Chirac et Jean Tiberi: Engagés pour changer Paris.

Municipales à Paris : pourquoi Dati est une candidate sous tutelle

Rachida Dati est en effet visée par une enquête pour "abus de biens sociaux" et "corruption" du Parquet national financier, et des perquisitions ont été menées dans son bureau et à son domicile. Même si la maire du VIIe arrondissement nie toute irrégularité, cette affaire pèse "comme une épée de Damoclès", soupire un élu.

Ensuite parce que Les Républicains, en perte de vitesse, affrontent à Paris la double concurrence dune maire sortante, Anne Hidalgo (PS), bien implantée et dun parti En Marche! qui ambitionne davaler lélectorat traditionnel de la droite.

Aux élections européennes du 26 mai, LR na recueilli que 10,2% des suffrages dans la capitale contre 32,9% à la liste Renaissance soutenue par LREM.

Dans un sondage publié mi-septembre, Rachida Dati narrive quen quatrième position avec 14%, derrière une liste de la majorité municipale menée par Anne Hidalgo (24%), dont la candidature ne fait guère de doute, Benjamin Griveaux (17%, LREM) et Cédric Villani (15%, dissident).

Rachida Dati sest réjouie de cette désignation, assurant dans un communiqué distinct que sa campagne, quelle compte placer sous le signe du  renouvellement , aurait comme priorités  la sécurité, la propreté ,  les familles ,  lécologie  et  la santé .

Plusieurs maires élus sous létiquette LR ont par ailleurs pris leurs distances depuis les dernières municipales (Delphine Bürlki dans le IXe, Florence Berthout dans le Ve…).

Benjamin Griveaux, lui, a mis plus de temps à prendre son envol. Lancien porte-parole du gouvernement, redevenu député LREM de Paris, a en effet connu, du temps de lancien monde, une première vie politique en bord de Saône. Lex-socialiste a siégé au conseil municipal de Chalon-sur-Saône ainsi quau Grand Chalon. Il fut également vice-président du conseil général de Saône-et-Loire. Désormais, malgré quelques rares visites dominicales sur le marché de Chalon (il a conservé une résidence à Givry), Griveaux, comme Dati avant lui, a tendance à peu faire état de ses origines bourguignonnes. Mais qui sait… Peut-être que dici au mois de mars, en marge dun débat télé, la petite fille de la ZUP et le fils de notaire prendront une minute pour se remémorer leurs plus beaux souvenirs de Chalon dans la rue, leurs anecdotes de carnaval ou leurs premiers baisers respectifs au parc des biches…

Municipales à Paris : Rachida Dati ultra-favorite pour être investie à la candidature LR ce mercredi

A Paris, la candidate a déjà prévenu quelle comptait présenter des candidats estampillés LR dans tous les arrondissements — une façon de mettre au pied du mur les maires LR tentés eux aussi dentretenir le flou sur leur appartenance.

Ce mardi, Rachida Dati a été désignée par Les Républicains tête de liste à Paris pour les municipales. Désormais, ils sont donc deux enfants de Chalon-sur-Saône à viser le siège dAnne Hidalgo. Rachida Dati, comme le Marcheur Benjamin Griveaux, a grandi dans la cité de Niépce. Mais aujourdhui, lun comme lautre, soucieux de passer pour de bons Parisiens, prennent soin de ne pas trop parler de la Saône-et-Loire de leurs débuts.

La stratégie est contestée: "Rachida Dati demande un engagement absolu, mais elle doit laisser un peu de souplesse dans la constitution des listes, qui ne soient pas forcément 100% LR", affirme un cadre du parti.

Les deux femmes étaient entendues à partir de 18 heures ce mercredi par les membres de la commission. Elles y ont exposé tour à tour leur motivation et les détails de leur projet.

Malgré de nombreuses critiques au sein du parti, certains la considérant trop “clivante”, Rachida Dati faisait figure de grande favorite pour porter la candidature des Républicains, affaiblis et divisés dans la capitale. 

Elections municipales 2020 : Rachida Dati se lance dans la bataille de Paris

Dautres sinquiètent par ailleurs de “revivre 2017”, lorsque François Fillon, plombé par le “Penelope Gate” a échoué au premier tour de la présidentielle. La maire du 7ème arrondissement est en effet visée par une enquête pour “abus de biens sociaux” et “corruption” du Parquet national financier (PNF). Celle-ci porte sur des prestations de conseils conclues notamment par lélue avec la filiale néerlandaise de lalliance Renault-Nissan, RNBV. Fin octobre, des perquisitions ont été menées dans le bureau et le domicile de la maire du VIIe arrondissement, qui nie toute irrégularité.

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