Train primeurs Perpignan – Rungis : “On nous a menti, il sarrêtera au 15 juillet” – Midi Libre

Retour à laccueil Newsletter Alerte Info Recherche Ok Actualité Locales Sport Entertainment Economie Planète T'as vu ? Fake Off By the Web High-Tech Podcast Vidéos En Images Guide d'achat Le direct Services Jeux PDF Menu complet Retour à laccueil Économie Le train des primeurs Perpignan-Rungis mobilise ses défenseurs

Une course contre-la-montre pour sauver un train. Ce nest pas le scénario haletant dun film daction américain, mais la situation dans laquelle se trouvent les défenseurs du  train des primeurs . Ce convoi du rail relie Perpignan à lénorme marché alimentaire de Rungis, au sud de Paris, avec 400.000 tonnes de fruits et légumes transportées chaque année dans ses wagons frigorifiques. Il pourrait disparaître dici à quelques semaines, remplacé par léquivalent de 23.000 camions. Une aberration écologique pour beaucoup.

Pour interpeller lopinion publique, une coalition hétéroclite formée par la CGT Cheminots et plusieurs partis de gauche (EELV, France insoumise, PCF, Generation. s) sest donc retrouvée ce mardi devant le ministère des Transports, dans la capitale.  Nous voulons interpeller Elisabeth Borne [la ministre en charge du dossier], explique Thomas Portes, syndicaliste à la CGT et membre du PCF. Nous demandons très clairement que ce train soit sauvé .

Et il y a urgence. Le contrat qui lie la SNCF aux affréteurs des wagons (Rey et Roca) arrive en effet à échéance dans quelques semaines. Pour pouvoir continuer à exploiter la ligne, la SNCF affirme quelle est dans lobligation de faire rouler des wagons frigorifiques tout neufs, car le matériel actuel date des années 1970. Or, ce renouvellement complet du train, dont le coût est estimé à environ 20 millions deuros, serait à la charge des transporteurs. Trop cher pour Rey et Roca, qui pointent aussi un autre problème.  Pour pouvoir réinvestir dans ces wagons-là, il faudrait avoir des perspectives (…), mais cest un marché qui est extrêmement volatil, et donc un engagement sur des sommes aussi importantes nest pas possible  expliquait ainsi mi-mai un porte-parole de Rey au Monde. Ils ont donc choisi de passer au transport par camions, vraisemblablement dès la mi-juillet, comme la révélé le journal lIndépendant ce lundi.

 La solution est simple, explique Laurent Brun, patron de la CGT Cheminots. Le gouvernement doit intervenir pour garantir lexploitation de la ligne par la SNCF.  Si lexécutif na pas été jusque-là pour linstant, il nest pas non plus resté les bras croisés. Le 10 mai, Elisabeth Borne expliquait sur LCI que son objectif  [était] que ces marchandises ne se retrouvent pas sur la route . Un  comité de suivi  a été créé dans la foulée, avec lobjectif  dune solution ferroviaire pérenne dici à la fin de lannée . Le marché de Rungis sest également dit prêt à débourser 300.000 euros pour aider Roca et Rey à  louer temporairement  des wagons plus modernes.

Larrêt du train de #fret Perpignan-Rungis fin juin netait pas envisageable. ➡️ Suite à la réunion ce matin au ministère : pas dinterruption fin juin et une solution ferroviaire pérenne trouvée dici la fin de lannée.✅ Les fruits et légumes resteront sur le rail. pic.twitter.com/Oi1Z3UrHp9

Mais les transporteurs accepteront-ils de retourner au rail alors quils vont passer par la route dici à quelques semaines ? Sans compter quils nont aucune obligation légale de renouveler leur contrat avec la SNCF.  Lhistoire suit son cours. Il est toujours question de trouver une solution à la reprise de la saison haute, au début du mois de novembre , explique Gérard Malaure, directeur général de Primever (qui possède Roca), interrogé par Libération.

Pas de quoi calmer la colère des opposants.  Le gouvernement est dans lhypocrisie, estime en effet Mathilde Panot, députée FI. Dun côté, il soutient les manifestations des jeunes pour sauver le climat, et de lautre, il va laisser des milliers de camions arriver sur les routes pour remplacer le train. Cest criminel, sachant quen France, il y a déjà des milliers de morts prématurées à cause de la pollution de lair . Et Loïc Prudhomme, autre député FI, dajouter :  Les camions ne payent pas leur vrai prix, Ils ne prennent pas en compte leurs dégâts environnementaux et les dégâts en termes de santé. Cest une forme de dumping. Il est urgent de rendre le camion plus cher, pour quil assume son vrai coût .

Egalement présents ce mardi, plusieurs élus du Val-de-Marne ont aussi rappelé que la gare ferroviaire du marché de Rungis avait été entièrement refaite, moyennant 19 millions deuros dargent public. Labandon du train des primeurs rendrait linfrastructure inutile, moins de 10 ans après sa rénovation. Pour Laurent Brun, il est donc temps que le gouvernement fasse un geste fort pour sauver le train des primeurs :  Les déclarations ne coûtent pas cher. Ce que nous voulons, ce sont des actes .

Le train des primeurs sarrêtera-t-il le 15 juillet ? Cest ce quaffirme la CGT des Pyrénées-Orientales. Le sursis donné à cette ligne SNCF de frêt nocturne qui relie Perpignan à la gare du MIN de Rungis dans le Val-de-Marne devait pourtant courir au moins jusquà la fin de lannée.