À Perpignan, Louis Aliot joue la carte Robert Ménard – Le Monde

À Perpignan, Louis Aliot joue la carte Robert Ménard - Le Monde

Municipales 2020 à Perpignan : Louis Aliot lance sa campagne et compare sa ville à Béziers, un autre village gaulois

Au cours d'une réunion publique à la salle des Libertés, le maire de Béziers Robert Menard a donné ses recettes électorales au candidat perpignanais Louis Aliot. Nicolas Parent / Nicolas Parent / Nicolas Parent Publié le 25/10/2019 à 22:06 / Modifié le 25/10/2019 à 22:09 Sabonner 7 commentaires — partages Partager sur Perpignan, Politique Elections municipales Municipales à Perpignan : quand Ménard fait la leçon à Aliot Le maire de Béziers était en déplacement ce vendredi 25 octobre à Perpignan pour soutenir le député RN Louis Aliot, candidat sans étiquette à la mairie de Perpignan. L'occasion surtout pour l'élu populiste, au cours d'un meeting express, de prodiguer ses conseils pour le scrutin des 15 et 22 mars prochains. Comme un prof à son élève. Sécurité, propreté, beauté. Devant 250 personnes réunies à la salle des Libertés, l'ancien journaliste Robert Ménard, aujourd'hui maire de Béziers, s'est mué en professeur des écoles pour apporter son soutien à son "ami" Louis Aliot qui, pour la quatrième fois en douze ans, se présente pour occuper le fauteuil de maire de Perpignan. 

Devant les journalistes, plus tard, devant les sympathisants, celui qui revendique être "un populiste municipal", a rappelé sa martingale qui lui a permis de l'emporter en 2014 et qu'il croit être la bonne stratégie pour Perpignan. À savoir promettre "une ville plus sûre, une ville plus propre et une ville plus belle. Le boulot d'un maire est d'incarner tout cela. C'est ça le cœur du monde". Dressant un portrait quasiment idyllique de sa ville où "le prix de l'immobilier serait en forte hausse" et où les entrepreneurs afflueraient, Robert Menard veut croire que ce qu'il refuse d'appeler l'extrême droite est dans une phase de conquête "face à ce vieux monde qui nous dirige et qui a de quoi s'inquiéter pour son avenir". 

Avec un ton policé, mais pourfendant tous les partis politiques "qui nous empêchent de progresser", l'élu biterrois n'a pas hésité à afficher des désaccords avec Louis Aliot, comme pour mieux dispenser ses conseils de victoire. S'adressant au public conquis à sa cause, il s'est positionné comme un homme proche des aspirations de ses concitoyens en leur rappelant "que ce vous êtes est respectable". 

Après la dédiabolisation, place à la normalisation et à la phase de conquête qui, selon le premier magistrat de Béziers, passera par l'alliance des droites à l'échelle municipale avant d'imaginer calquer cette stratégie nationalement. "Nos villes sont des laboratoires et nous avons montré que, non seulement nous savions administrer des municipalités, mais que nous les gérions mieux. Avant, nous avions la droite la plus conne du monde, mais cette peur d'être montré du doigt est en train de tomber. Aujourd'hui à Béziers, les trois quarts de la droite classique sont venus taper à ma porte".

Bien moins prolixe que "son ami, son voisin", le candidat Louis Aliot n'a que peu dévoiler ses intentions si ce n'est "battre ceux qui depuis trente ans sont aux affaires à Perpignan". Refusant de répondre aux questions des journalistes sur son programme et son équipe lors d'un point presse dans sa permanence cossue du premier étage de la cour Mailly – "je ne veux pas commencer la campagne trop tôt" -, le député s'est posé en candidat "contre le système", qui doit faire "face à la meute qui aboie". Tapant essentiellement sur les socialistes, Louis Aliot veut croire que l'échec de 2014, où il a été battu par le Front républicain, est derrière lui. "Les compteurs sont remis à zéro. Les socialistes sont en phase de disparition, les Républicains sont profondément divisés et certains me rejoignent. Le scénario n'est plus le même. On peut voir émerger un autre village gaulois à Perpignan qui sera un point d'appui pour les échéances électorales qui suivront les municipales". 

Le député du Rassemblement national (RN) et candidat à la mairie de Perpignan Louis Aliot a comparé vendredi sa ville des Pyrénées-Orientales à Béziers (Hérault), un  autre village gaulois  dirigé par Robert Ménard.  Et nous espérons bien devenir demain une place forte, ce que dailleurs nous avons été par le passé, pour faire sur le littoral un point dappui à des reconquêtes futures , a-t-il déclaré lors dune conférence de presse à Perpignan en présence du maire de Béziers.

Membre du bureau exécutif du RN, Louis Aliot sest mis  en retrait  depuis janvier des instances du parti sans les quitter, afin de se préparer à lélection municipale de Perpignan, ville quil a échoué à conquérir en 2014 et quil brigue cette fois sans létiquette RN pour favoriser un  rassemblement local .  Les gens ne croient plus à tout ce que leur raconte la légende de lextrême droite. Ils ont lexemple de Béziers, (…), ils savent très bien ce quil sy passe , a ajouté Louis Aliot.

Pour le maire de la ville héraultaise de 70.000 habitants, élu en 2014 avec le soutien du Front national, Robert Ménard,  Béziers et Perpignan sont des laboratoires .  Pas de lextrême droite. Plus personnes, à part trois imbéciles, peuvent le penser. Il sagit dune autre façon de faire de la politique, dun autre rapport aux gens , a-t-il indiqué.

 Je pense que nous avons la bonne méthode, la martingale pour gagner. Et si ça se passe bien à Perpignan, ça voudra dire que cette méthode est la bonne méthode , a souligné lancien président de Reporters sans frontières, coutumier des polémiques, no(…) Lire la suite sur 20minutesÀ lire aussi :VIDEO. Municipales 2020 à Montpellier : Déjà treize sur la ligne de départ (et pas encore le maire sortant)VIDEO. Municipales 2020 à Lille : Le Rassemblement national veut  redonner la parole aux quartiers  et aux villes associésMunicipales 2020 à Strasbourg : Marine Le Pen reconnaît le passé violent du candidat RN brièvement investi