Bébé né à domicile au Blanc : la colère dune grand-mère – 20/03/2019 – la Nouvelle République

Bébé né à domicile au Blanc : la colère d\une grand-mère - 20/03/2019 - la Nouvelle République

Le Blanc : une maman accouche seule à son domicile

Anatole a 2 jours, il pèse 3,5kg et va très bien, sa maman aussi. Mais laccouchement na pas été sans problème. Anatole est né au Blanc, dans lIndre, au domicile de ses parents. Il na pas attendu que sa maman arrive au CHU de Poitiers, à une bonne heure de route de là…

Les premières heures du petit Anatole ont été mouvementées. L'enfant est né mardi matin au domicile de ses parents. Après s'être rendus à l'hôpital de Poitiers, ils ont été renvoyés chez eux…mais Anatole ne leur a pas laissé le temps de retourner sur l'hôpital poitevin.

Une histoire qui se termine bien puisqu’elle a pu donner naissance à un petit Anatole peu après une heure du matin. Mais qui a provoqué la colère de la mère de la maman qui a adressé ce récit au Comité de défense de la maternité du Blanc. Nul doute que ce dernier sera de nouveau raconté lors de la rencontre avec la ministre de la Santé dans un peu plus d’une semaine.

Anatole est un beau bébé de 3,5 kilos lorsquil découvre le monde ce 19 mars au Blanc. Si, fort heureusement, tout sest bien passé, son arrivée a été plutôt mouvementée. Cest sa grand mère qui raconte les premières heures de sa vie dans une lettre ouverte adressée au comité de défense de la maternité du Blanc.

Une grand mère heureuse évidemment, mais cest une “mamie en colère” qui signe ce courrier : ” Bonjour, je voulais vous annoncer que mon petit-fils est né cette nuit, mardi 19 mars 2019 au Blanc dans la salle à manger de ses parents, en présence uniquement de sa maman et de son papa. Les pompiers et le Samu sont arrivés après sa naissance.” Cette grand mère qui salue le sang froid des parents, explique : “Après les premières contractions apparues dans la nuit de dimanche à lundi, la maman et le papa se sont rendus à la maternité de Poitiers où laccouchement était prévu puisquil ny a plus de maternité au Blanc. Gardée en observation durant la journée de lundi, la maternité na pas jugé nécessaire de garder la maman plus longtemps et la laissée repartir au Blanc” alors que laccouchement était prévu le 22 mars. 

Retour donc à la maison, au Blanc où finalement, la maman “accouchait seule à genoux dans la salle à manger” , et ce à quelques mètres de la chambre du 1er enfant. La mère et le petit Anatole seront ensuite conduits par les pompiers à lhôpital de Poitiers. “Tout se termine bien mais je nose imaginer ce qui aurait pu se passer” poursuit cette grand mère en colère qui ajoute : “Au XXIème siècle, des jeunes femmes contraintes daccoucher seules chez elles ! “

Le comité de défense de la maternité du Blanc qui vient dalerter, une nouvelle fois lAgence Régionale de Santé,  sinterroge : ” Faudra t-il un drame, quune maman ou son bébé décède, ou pire les deux, pour que vous sortiez de cette incroyable contradiction”. Le comité de défense qui dénonce depuis des mois la fermeture de la maternité du Blanc, rappelle que le 1er décembre 2018, “une petite fille est née aux urgences du Blanc; sans gynécologque-obstétricien, sans sage femme, sans pédiatre et heureusement sans problème”. Une nouvelle naissance mouvementée qui, si besoin, renforce la conviction de tous ceux qui se battent pour la réouverture de la maternité du Blanc. Parmi eux, Jean Michel Mols, le président du collectif de défense de la maternité qui estime que le renvoi de cette maman dans ses foyers est le résultat de la fermeture des petites maternités : “Celles qui restent sont en suractivité, donc, il faut que ça tourne !”.  Pour Jean Michel Mols, cette naissance dAnatole est surtout la preuve par lexemple que la fermeture de la maternité du Blanc fait prendre des risques aux mamans et aux enfants. Une situation que le comité de défense pourra de nouveau expliquer le 28 mars prochain. Ce jour là, ses responsables, accompagné dun représentant du collectif “Cpasdemainlaveille” doivent être reçus par la ministre de la santé Agnès Buzyn.