Les Républicains (LR) à Quimper : Ludovic Jolivet quitte le navire – Breizh Info

Les Républicains (LR) à Quimper : Ludovic Jolivet quitte le navire - Breizh Info

Quimper. Ludovic Jolivet explique pourquoi il rejoint Macron

abonné Publié le 01 juin 2019 à 17h58 Modifié le 01 juin 2019 à 21h03 Jacques Chanteau 18 Voir les commentaires David Robo, maire de Vannes, Agnès Le Brun, maire de Morlaix, Ronan Loas, maire de Plœmeur, et Ludovic Jolivet, maire de Quimper, ont quitté Les Républicains. (DR) Et de cinq ! Le Quimpérois Ludovic Jolivet est le cinquième maire des 20 plus grandes villes de Bretagne à claquer la porte des Républicains. Les résutats désastreux aux européennes et la personnalité du leader national apparaissent comme un fardeau difficile à supporter pour des élus du parti de Laurent Wauquiez. Et ce à moins dun an des élections municipales. Après le naufrage subi par Les Républicains (LR) lors des élections européennes (8,48 % des voix), Ludovic Jolivet quitte le navire LR.  Les Républicains nont pas suffisamment montré quils aimaient lEurope , a ainsi regretté Ludovic Jolivet en annonçant, vendredi 31 mai, son retrait du parti LR.  Je ne suis pas vraiment surpris, car il mavait prévenu quil ne se sentait pas à laise dans notre parti , commente Philippe Paul, sénateur et président de la fédération finistérienne des Républicains.

Le maire de Quimper a donc suivi plusieurs de ses homologues bretons LR. Sur les 20 maires des communes les plus importantes de Bretagne, quatre autres ont ainsi déjà rendu leur carte du parti Les Républicains : Auguste Louapre, à Bruz (35); Agnès Le Brun, à Morlaix (29); David Robo, à Vannes; et Ronan Loas, à Plœmeur (56).

Pourquoi ont-ils tourné le dos à leur famille politique ? Certains craignent visiblement de porter comme un boulet cette étiquette LR jusquaux prochaines élections municipales, en mars 2020. Dautres mettent en cause la personnalité du président du parti, Laurent Wauquiez. Ronan Loas avait ainsi dénoncé la ligne réactionnaire du président LR.

"Mon parti, Les Républicains, aurait dû non pas se placer ostensiblement dans le sillage des populistes", lors de la campagne des Européennes, estime lélu breton. "Ce parti qui a été le mien ne possède désormais ni boussole, ni colonne vertébrale", déplore-t-il. "Il sest malheureusement bunkérisé, étiolé, et je me sens orphelin dune droite et dun centre modernes quincarnait en son temps lUMP", poursuit Ludovic Jolivet, selon qui "le président de la République et le Premier ministre illustrent et développent des idées dont je me sens proche".

 Mes idées ne sadaptent pas à ce que veut le parti, avait de son côté confié Agnès Le Brun. Et, aujourdhui, ni les valeurs quil porte, ni le fonctionnement quil a mis en place ne correspondent à lengagement qui ma portée et me porte encore. 

Dans ce courrier, lédile justifie sa décision par son désaccord avec lorientation que Laurent Wauquiez a donnée au parti ces derniers mois. Selon lui, le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes a inscrit sa famille politique dans le sillage des populistes. Aujourdhui, je constate que ce parti qui a été le mien ne possède désormais ni boussole, ni colonne vertébrale, constate Ludovic Jolivet, avouant se sentir orphelin dune droite et dun centre modernes, libéraux et réformateurs quincarnait en son temps lUMP. Un propos qui nest pas sans rappeler celui des cofondateurs dAgir, qui revendiquaient justement lhéritage des pères fondateurs du parti créé par Jacques Chirac en 2002, sur les cendres du RPR.

 Avant de chercher un nouveau président, il aurait dû y avoir des états généraux sur nos valeurs, sur un projet, notre philosophie , avait expliqué, pour sa part, David Robo.

Ludovic Jolivet a dès à présent annoncé quil allait rejoindre Agir, le parti de droite pro Macron.  Je suis surpris par ce rattachement, mais cest son choix, et on est en démocratie, souligne Philippe Paul. Les Quimpérois jugeront, dautant que La République en marche (LREM) compte monter une liste aux prochaines municipales. Il faut faire attention à ne pas se précipiter. Les élections municipales nont lieu que dans dix mois et elles nont rien à voir avec les européennes. 

La situation est floue. Laurent Wauquiez, président du parti qui contrôle lensemble des instances de LR, souhaite  tout remettre à plat . Mais il doit affronter la démarche de Gérard Larcher, président du Sénat, qui souhaite  reconstruire un projet qui rassemble la droite et le centre . Quant à la jeune garde, elle nhésite pas à jouer des coudes : 11 députés ont ainsi demandé la création dun  Comité du renouvellement . À laune de municipales stratégiques dans six mois, la course contre la montre est enclenchée, au risque dentraîner la droite sur le chemin de la glaciation, comme lors du duel entre Jean-François Copé et François Fillon.

 Cest vrai que les résultats aux européennes ont été catastrophiques, reconnaît Philippe Paul. Au sein du parti, il y a un problème de direction et de ligne politique. Il va falloir rebondir et retrouver les fondamentaux qui nous ont permis de gagner des élections depuis la création de lUMP, en 2002 (devenue LR en 2015). 

 Aujourdhui, je constate que ce parti qui a été le mien ne possède désormais ni boussole ni colonne vertébrale , explique lélu dans sa lettre, critiquant la ligne de Laurent Wauquiez, qui a placé LR  dans le sillage des populistes . Le 26 mai, la liste du parti, menée par François-Xavier Bellamy, a récolté 8,48% des voix, un désastre (le parti avait obtenu 20,8% en 2014 lors du même scrutin), lié à la perte du vote des personnes âgées.

Si le maire de Bruz a officiellement rejoint les marcheurs, les premiers magistrats de Vannes, Morlaix et Plœmeur sont toujours sans étiquette.  Je garde ma ligne, proche du centre et de la droite modérée. Les seules lignes que je ne franchirai pas sont lextrême gauche et lextrême droite , a déclaré Ronan Loas. David Robo sera candidat à sa succession aux prochaines municipales, tout comme devraient lêtre Agnès Le Brun et Ronan Loas. Toujours à propos des municipales, Philippe Paul savère plutôt confiant pour les maires sortants LR qui se représenteront :  Il y a des gens qui ont fait du bon boulot, et je ne vois pas pourquoi on ne leur renouvellerait pas leur confiance. Une élection municipale na rien à voir avec les autres scrutins .

À la tête des 20 communes les plus importantes de la région, il ny en a plus que deux dont les maires sont LR : Albert Plouhinec, à Cesson-Sévigné (35), et André Fidelin, à Concarneau (29). Ce dernier ne compte pas rendre pas sa carte LR. Loin de là.  On vit un moment difficile, mais cest quand le navire vacille quil faut se serrer les coudes, prévient-il.À la tête du parti, il y en a peut-être qui ne me conviennent pas, mais ce nest pas pour autant que je renie ma famille politique. Je ne change pas davis comme cela, du jour au lendemain. 

Dans la foulée de sa proclamation des résultats, et le faible 6,72 % quimpérois pour la liste de François-Xavier Bellamy, Ludovic Jolivet était loin dévoquer un départ. Touché par le score, il réaffirmait même sa fidélité à LR.  Les Républicains nont pas suffisamment montré quils aimaient lEurope. Une partie sest tournée vers le Rassemblement national, une autre vers En Marche. Ceux qui restent sont les militants de la première heure, comme moi. Je reste fidèle. Mais jai parfois quelques regrets sur son positionnement .

“Ce parti qui a été le mien ne possède désormais ni boussole, ni colonne vertébrale”, déplore lélu breton. “Il sest malheureusement bunkérisé, étiolé, et je me sens orphelin dune droite et dun centre modernes quincarnait en son temps lUMP”, poursuit Ludovic Jolivet, qui a été élu à la tête du chef-lieu du Finistère lors des dernières élections municipales de 2014. 

Fragilisé par ce résultat, malmené par quelques-uns de ses compagnons de route de la majorité qui avaient appelé à voter pour la liste Renaissance, sans oublier ceux qui ont quitté le navire ces derniers mois, tel Guillaume Menguy, son adjoint à lurbanisme, et Allain Le Roux, chargé de la culture, le maire de Quimper a finalement décidé de tourner le dos à sa famille politique, rejointe au début des années 2000, après le RPR.

Évoquant un mouvement qui aurait dû  non pas se placer ostensiblement dans le sillage de ces populistes mais, au contraire, contribuer au redressement de la nation ,  qui ne possède désormais ni boussole, ni colonne vertébrale  et un  total décalage par rapport aux temps présents , Ludovic Jolivet a annoncé son adhésion à Agir, ce parti créé en novembre 2017 par danciens LR pro-Macron. Lappel cette semaine aux maires LR désireux de les rejoindre ny est sans doute pas étranger.

 Il sest malheureusement  bunkérisé , étiolé, et je me sens orphelin dune droite et dun centre modernes quincarnait en son temps lUMP , poursuit Ludovic Jolivet, selon qui  le président de la République et le premier ministre illustrent et développent des idées dont je me sens proche .

Car lélu quimpérois a beau se targuer de quelques relais haut placés – dont Bruno Le Maire – au sein dEn Marche, il nétait pas certain de pouvoir briguer un deuxième mandat avec une liste LREM face à lui. Si, évidemment, il était candidat à sa réélection. Ce quil devrait dévoiler en septembre prochain.

Quimper : le maire Ludovic Jolivet quitte Les Républicains et rejoint le parti de droite pro-Macron Agir

En séance publique, le maire na jamais caché quil était  Macron compatible . Ce ralliement est donc une demi-surprise. Dans son courrier envoyé au président dAgir, Franck Riester, le ministre de la Culture, il enfonce le clou.  Mes aspirations profondes et ces résultats minvitent à en tirer la franche conclusion que le président de la République, Emmanuel Macron, que le Premier ministre, Édouard Philippe, illustrent et développent des idées dont je me sens proche. Le gouvernement met en œuvre des réformes que nous aurions dû mener à bien et assumer depuis longtemps : réforme des retraites, libéralisation de léconomie, Code du travail… .

De là à imaginer une liste de rassemblement avec En Marche aux prochaines élections quimpéroises, il ny a quun pas que lintéressé se refuse pour linstant à franchir, assurant être simplement à disposition de son nouveau parti.

Mais il doit affronter plusieurs initiatives de cadres de son parti, notamment du président du Sénat, ou de jeunes députés, qui lui ont lancé un ultimatum pour changer la gouvernance de la formation. D'autres ont en outre plaidé pour une démission du président de LR : après Valérie Pécresse en début de semaine, le maire de La Garenne-Colombes (Hauts-de-Seine) Philippe Juvin, par ailleurs ancien eurodéputé, a exhorté Laurent Wauquiez à quitter son poste, dans une tribune parue vendredi dans Le Monde. Agir, fondé par d'ex-LR pro-Macron au lendemain de la présidentielle de 2017, compte une dizaine de députés et cinq sénateurs. Le parti, présidé par le ministre de la Culture Franck Riester, s'était allié avec LREM pour les élections européennes.

La députée de Quimper Annaïg Le Meur (LREM) a accueilli cette annonce avec une certaine réserve, elle qui évoquait dimanche soir, et pour la première fois, une liste LREM aux municipales.  Nous aurions préféré que cette décision soit prise avant les européennes, regrette-t-elle. Cest une réaction suite à lélectrochoc des résultats de lélection pour Les Républicains. Nous avions dit quil faudrait que notre tête de liste ait soutenu la liste Renaissance aux européennes . Donc trop tard pour Ludovic Jolivet ?