Mort du petit Tony à Reims : Le voisin qui navait pas dénoncé les violences sur lenfant a été relaxé – 20 Minutes

Mort du petit Tony à Reims : Le voisin qui n\avait pas dénoncé les violences sur l\enfant a été relaxé - 20 Minutes

Mort du petit Tony à Reims : Un homme jugé ce mardi pour ne pas avoir dénoncé son voisin violent

Le tribunal correctionnel de Reims juge un homme  non-dénonciation de mauvais traitements infligés à une personne vulnérable . Il avait expliqué avoir entendu lenfant se faire frapper mais navait pas prévenu la police.

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Messenger LinkedIn Email Jugé pour son silence. Jonathan, un homme de 34 ans va comparaître à partir de ce mardi devant le tribunal correctionnel de Reims pour  non-dénonciation de mauvais traitements infligés à une personne vulnérable . Il risque jusquà trois ans de prison.

Samedi 26 novembre 2016. Caroline, 19 ans, appelle les pompiers: son fils de 3 ans a perdu connaissance. Mais à leur arrivée, ceux-ci trouvent le petit garçon dans un état très préoccupant. Et sétonnent de découvrir des hématomes, sur tout le corps. En urgence, les pompiers le conduisent au service pédiatrique du CHU de Reims. Trop tard: Tony est mort, doucement, sans faire de bruit. Nez cassé, côtes brisées, rupture du frein de la lèvre, hématomes sur tout le corps, lésions au cuir chevelu et aux parties génitales, éclatement de la rate et pancréatite aiguë…De quoi douter de la version de Caroline, qui prétend quil est tombé dans les escaliers.

Mort de Tony, 3 ans, à Reims : un voisin jugé pour son silence

Dans lappartement voisin à laccusé, Tony 3 ans est mort le 26 novembre 2016 après avoir subi pendant six semaines des sévices répétés.

Le beau-père de lenfant, meurtrier présumé, a été placé en détention provisoire et sera jugé début 2020. La mère comparaîtra aussi pour  non-assistance à personne en péril  et  non-dénonciation de mauvais traitements sur mineur .

Mais le comportement du voisin est aussi pointé du doigt. Jonathan a en effet expliqué avoir entendu lhomme frapper lenfant. Pourtant, il na pas prévenu les forces de lordre.

Mort du petit Tony à Reims : un procès “symbolique”, dit Homayra Sellier sur RTL

Cest ce que lui reproche le procureur de la République :  Si les services de police avaient été alertés, cet enfant aurait pu passer Noël […] Pendant un mois et demi, cet enfant a subi un calvaire. Il en est sorti pour connaître le cimetière. Son histoire a croisé celle dune dizaine de personnes qui auraient pu len sortir vivant. 

Cest un silence qui fait du bruit. Le voisin du petit Tony, un enfant de 3 ans décédé sous les coups de son beau-père en 2016, est jugé, ce mardi 22 octobre à Reims pour “non-dénonciation de mauvais traitements sur mineur”. Lhomme se défend en invoquant la peur des “représailles”.

Mort du petit Tony : “Il ny a pas besoin de dénoncer son voisin mais juste de dénoncer les cris que lon entend”, explique une magistrate

Dautres voisins sont aussi mis en cause mais finalement seul Jonathan est poursuivi. Interrogé en avril 2018, il estimait, pour sa part,  aberrante  sa mise en examen.  Jétais loin dimaginer à quel point cétait grave .

Céline Parisot : Il y a un texte qui est très clair et qui impose de dénoncer des mauvais traitements infligés à un mineur. Lobligation porte sur la dénonciation de faits et pas sur des personnes. Il ny a pas besoin de dénoncer son voisin mais juste de dénoncer les cris que lon entend, les coups que lon voit, les bleus que lon voit sur un enfant.

Selon LUnion, la compagne de Jonathan, Ousmal, depuis décédée des suites dune longue maladie, avait cependant scotché une affichette dans la cabine de lascenseur de limmeuble :  Attention danger, une femme et son enfant se font battre dans limmeuble.   Elle avait été arrachée le jour même , sétait alors défendu Jonathan.

Il y a le numéro national, le 119, des associations daide aux victimes qui peuvent orienter les personnes qui ne savent pas à qui sadresser. Juste en parler à son voisin ou à la concierge ne va pas suffire. Il faut quelquun qui ait les moyens denquêter sur ce qui se passe et éventuellement de faire cesser ensuite les mauvais traitements.

Citée par France info, Martine Brousse, cofondatrice de la Voix de lenfant et partie civile dans ce dossier, estime que Jonathan qui a fait ce quil a pu.  Cest vrai quil a été maladroit, il na pas appelé au bon numéro. Il nen reste pas moins quil a essayé de faire quelque chose. 

 Ça risque évidemment dinquiéter un certain nombre de voisins qui entendraient, mais qui noseraient plus dénoncer par peur de se retrouver aussi mis en examen, ou poursuivi devant un tribunal , regrette encore lavocate de lassociation lEnfant Bleu Enfance maltraitée sur France info.

Les faits, insupportables, avaient provoqué une émotion dautant plus intense que plusieurs voisins du couple avaient fait part à la presse, puis à la police, de leurs regrets de ne pas avoir fait plus pour sauver cet enfant. Parmi eux, Jonathan L., 34 ans, qui vivait avec sa compagne en dessous de lappartement dans lequel Tony était quotidiennement brimé, frappé, humilié par Loïc Vantal. On lentendait tous les jours lui crier : Je vais te mettre la gueule dedans, parce que le petit avait fait pipi au lit, on se doutait quil était frappé , confiait-il alors au Parisien.

Mort du petit Tony : un voisin devant la justice pour non-dénonciation

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Martine Brousse, présidente de la Voix de lenfant et vice-présidente de lorganisme qui chapeaute le 119, le numéro dappel dédié aux violences faites aux enfants, craint au contraire un effet contre-productif. On poursuit le seul voisin qui a tenté de faire quelque chose -certes maladroitement. Le vrai problème, cest que trop de gens ignorent encore lexistence du 119! On passe notre temps à dire aux gens dalerter par tous les moyens possibles, abonde Me Caroline Rémond, avocate pour lEnfant bleu. Sil est condamné, alors, à lavenir, tout le monde se taira…

PROCÈS Jonathan L. a reconnu avoir entendu les pleurs de Tony, un enfant de 3 ans, quelques jours avant qu'il ne meure sous les coups de son beau-père 

Face aux policiers, Jonathan L. la reconnu :  On ne voulait pas dhistoires…  Pourtant, cet homme aujourdhui âgé de 34 ans  sentait  bien que Tony, son petit voisin, était  maltraité . Le matin,  très souvent , lenfant de 3 ans pleurait. Et lorsque Jonathan. L. lentendait dans lappartement au-dessus du sien, il avait  pitié de lui , a-t-il admis.

Nez cassé, côtes brisées, rupture du frein de la lèvre, hématomes sur tout le corps, lésions au cuir chevelu et aux parties génitales, éclatement de la rate et pancréatite aiguë… Devenu le souffre-douleur dun beau-père de passage, victime de violences chroniques durant six semaines, Tony avait rendu son dernier souffle le 26 novembre 2016, à lissue dun énième déferlement de violences que sa mère Caroline Létoile, âgée de 19 ans, avait tenté de camoufler en parlant dune chute dans les escaliers.

Quasiment trois ans après la mort atroce du bambin, Jonathan. L. va comparaître, ce mardi devant le tribunal de Reims (Marne), pour  non dénonciation de crime . Une procédure rare pour laquelle il encourt une peine de trois ans de prison ferme tandis que lauteur des coups et son ancienne compagne attendent, eux, encore de connaître la date de leur procès devant une cour dassises.

 Cest une affaire avec un fort poids émotionnel , confie aujourdhui Matthieu Bourrette, le procureur, qui viendra requérir lui-même à laudience pour loccasion. Fin novembre 2016, il était déjà en poste à Reims quand les enquêteurs ont pénétré dans cet immeuble de la place des Argonautes. Au sixième étage, ils ont découvert le corps inanimé de Tony. Et en passant les lieux au révélateur, ils ont compris que le sang du garçonnet avait en fait coulé quasiment partout au cours des dernières semaines : le long du lit, sur le dossier du canapé, à côté du bureau, dans les toilettes, sur le sol de lentrée…

Affaire du petit Tony: relaxe du voisin jugé pour non-dénonciation

Tony décède à son arrivée à lhôpital de ruptures de la rate et du pancréas consécutives à des coups de poing portés à labdomen deux jours plus tôt. Mais les légistes remarquent également de multiples bleus sur les membres inférieurs, des traces danciennes fractures costales et des lésions au visage dont une rupture du frein de la lèvre supérieure évocatrice de mauvais traitements.  Cest simple : je nai jamais vu un rapport dautopsie aussi dégueulasse , confie une source proche du dossier, pourtant habituée à ce type de procédure.

Mort du petit Tony à Reims : un voisin jugé pour son silence

La mort de lenfant marque aussi Matthieu Bourrette. Deux jours après le décès, le procureur convoque une conférence de presse et assène :  Si les services de police avaient été alertés par le voisinage, cet enfant aurait pu passer la Noël !  Cest donc ce qui vaut à Jonathan. L., dont lavocate a refusé de répondre aux questions de 20 Minutes, de comparaître aujourdhui.

Faire taire le silence

Et à la justice de devoir emprunter un chemin étroit : en sen prenant aux voisins, les magistrats vont peut-être rappeler à tous les Français leurs obligations de signaler les maltraitances dont ils sont les témoins. Mais ils risquent aussi de faire peur à tous ceux qui ont tardé à réagir et de les inciter à ne pas témoigner du tout de ce quils ont vu ou entendu…

#Tony: Une voisine a avoué avoir vu les “petits bleus au visage” de lenfant, les semaines précédent sa mort. Un autre a reconnu avoir eu “pitié” de lui, sentant quil était “maltraité”…

Un risque que Marie Grimaud est prête à prendre. Avocate de lassociation Innocence en danger, elle plaide depuis le début de cette affaire pour que les voisins du petit Tony soient poursuivis. Dès 2017, elle avait même envoyé une requête en ce sens aux magistrats champennois.  Notre objectif est de lancer un signal dans lopinion pour encourager les citoyens à effectuer des signalements, résume-t-elle. Mais nous ne sommes pas dans une logique punitive. Dans ce dossier, je serai la première à demander que [Jonathan. L.] soit dispensé de peine… 

Mort dun enfant de 3 ans à Reims : relaxe du voisin jugé pour “non-dénonciation”

Mais, dans le monde de la défense des enfants, le sujet fait débat. Dans un communiqué publié lundi, lassociation LEnfant bleu a ainsi expliqué quelle nétait pas favorable à lidée de  stigmatiser  les voisins des personnes violentes de cette manière. Et quil valait mieux au contraire faire la promotion du 119, Allô Enfance en danger, pour encourager les alertes. Un sujet qui risque dêtre abordé lors du procès. La décision du tribunal correctionnel de Reims pourrait être mise en délibéré.