Létang, Stephan, Ben Arfa, trio gagnant à Rennes – Le Dauphiné Libéré

Létang, Stephan, Ben Arfa, trio gagnant à Rennes - Le Dauphiné Libéré

Moqué par Ben Arfa, Emery refuse de répondre

Des buts mémorables ! Et de… nombreuses déceptions. Hatem Ben Arfa et lAngleterre, cest une longue histoire. Emaillée de frustrations et dune fin en eau de boudin. Comme souvent dans la carrière du natif de Clamart, son passage de lautre côté de la Manche na pas été de tout repos. Et alors quil revient dans le Royaume sous les couleurs du Stade Rennais avec la ferme intention de démontrer son talent et son aptitude rare à faire des différences, le moins que lon puisse dire cest quil na pas laissé un souvenir impérissable en Angleterre.

De 2010 à 2015, Hatem Ben Arfa a tenté laventure anglaise. A Newcastle puis Hull City. Cinq saisons en tout. Daucuns se souviennent de certaines de ses fulgurances. De deux buts notamment. Face à Bolton et Blackburn, il a enflammé les foules avec des raids dont il a le secret. Deux exploits individuels avec des crochets, des roulettes et des gardiens fusillés qui ont marqué les esprits. “Il a eu quelques éclairs de génie comme son but brillant contre Blackburn en FA Cup”, se souvient avec plaisir Marcus Foley notre collègue du site britannique dEurosport avant tout suite de mettre les points sur les i : “Mais il a surtout laissé limage dun potentiel inexploité. Ses fulgurances ont été trop rares. Et il a été trop inconstant”.

Le ton est donné. Parler dHatem Ben Arfa revient souvent à pointer du doigt son incapacité à se maintenir au plus haut niveau. Depuis son plus jeune âge, on le sait capable dexploits individuels. De performances rares où il peut mettre à mal une défense à lui tout seul par sa technique, ses accélérations et son toucher de balle. Mais il peut aussi tomber dans ses travers. Sur et hors du terrain. Et la Premier League la constaté avec fracas.

A Newcastle où sa première saison avait été gâchée par une grave blessure, HBA a vite déchanté après des premiers matches prometteurs. Son inconstance, son manque defforts fournis et son côté soliste se sont retrouvés au fil du temps dans le viseur dAlan Pardew. “Comme manager, vous pouvez avoir différents styles de francs-tireurs. De temps en temps, cela vous dépasse et ça devient un problème”, a résumé son ancien manager chez les Magpies dans le Chronicle Live quelques années après avant dajouter : “Ben Arfa était devenu impossible à gérer”.

Matches en réserve, sanction pour une prise de poids après un été et saisons incomplètes ont finalement rythmé son histoire avec les Magpies. Et les années passant, il est devenu indésirable même sil était apprécié de nombreux supporters, bien conscients de détenir un joueur à part. “Cest un gâchis, avait regretté à lépoque Olivier Bernard, qui était passé avant lui à Newcastle. “Je connais bien Hatem. Et il peut tuer des équipes quand il est en forme et joue chaque semaine”. Il ne la que trop rarement fait avec les Toons, qui lui ont ouvert en grand la porte. Mais sa tentative de se relancer à Hull City en 2014 na rien arrangé à son image. “Son passage à Hull a été un désastre total”, résume même Marcus Foley.

Prêté par Newcastle, Ben Arfa a encore un peu plus coulé. Huit bouts de match de Premier League et il est encore devenu la cible de son coach, Steve Bruce. “Cest criminel, car ce garçon peut vraiment bien jouer, mais je minterroge sur son amour pour le jeu”, avait glissé Bruce quelques mois plus tard. “Avec lui, on doit toujours tout discuter.” Avec un triste symbole resté dans les mémoires : une anecdote racontée quelques mois après par Steve Bruce sur son dernier match avec les Tigers contre Manchester United où il était sorti après une grosse demi-heure de jeu. “Honnêtement lors de son dernier match, notre gardien a plus couru que lui. Jai dû le remplacer tôt car javais besoin denvie et desprit combatif”.

Il quittera lAngleterre libre. Son prêt à Hull a été résilié. Son contrat avec Newcastle aussi. Et il a laissé limage dun artiste incompris. Avec un sentiment de gâchis. Aujourdhui, tout cela semble loin. Ben Arfa a connu dautres hauts et dautres bas. LAngleterre ne la cependant pas oublié grâce notamment à ses buts danthologie. Quand un joueur vous a fait rêver, on ne loublie pas de sitôt. Même si cela a été trop furtif. Repassé par Londres avec le PSG en novembre 2016, le gaucher navait eu le droit quà 22 minutes. Et sil sétait notamment signalé en frappant le corner à lorigine du but qui a permis darracher le nul à 2-2, son vrai retour est bien ce jeudi soir. Déjà précieux à laller devant Unai Emery – son ancien coach au PSG -, il compte bien remettre ça. Pour se rappeler aux bons souvenirs dun Royaume qui na pas vraiment voulu de lui.

Avant le 8ème de finale aller de Ligue Europa entre Rennes et Arsenal (3-1), jeudi dernier, Unai Emery avait calmé le jeu au sujet de sa relation avec Hatem Ben Arfa, deux hommes qui navaient jamais accroché lors de leur passage commun au PSG (2016-2018). “Cest un très bon joueur, il a très bien joué contre le Betis, et on va devoir essayer de le contrôler. Il est important pour eux, mais cest nest pas le seul”, avait déclaré lentraîneur des Gunners.

Toujours aussi nature, son ancien joueur navait lui pas hésité à se moquer, gentiment, du Basque à lissue de la rencontre. “Jai vu le même Unai Emery, qui était très excité sur le banc. Je le regardais de temps en temps, et ça me faisait un peu rire, parce quil na pas changé”, avait ainsi lâché lancien prodige de Clairefontaine, tout sourire, dans les entrailles du Roazhon Park.

Forcément questionné, mercredi à Londres, à la veille du match retour, sur cette sortie de “HBA” à son encontre, Emery, que Ben Arfa se permettait parfois dimiter dans le vestiaire parisien, a encore une fois soigneusement évité dalimenter la polémique. “Moi, je me prépare sur le match, cest mon seul objectif. On respecte tous les joueurs, Ben Arfa également”, a-t-il répondu, interrogé sur le sujet en conférence de presse. Emery : “On peut faire un come-back”