Cyberdéfense. Trois facettes du bastion rennais – Ouest-France éditions locales

Cyberdéfense. Trois facettes du bastion rennais - Ouest-France éditions locales

Larmée cherche à enrôler les cybercombattants de demain

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Messenger LinkedIn Email Florence Parly, la ministre des Armées, est à Rennes (Ille-et-Vilaine) où se renforcent les capacités de lutte informatique. Elle y inaugure un bâtiment où 400 cyber-combattants vont monter la garde numérique.

 Rennes est devenu le centre dun écosystème très puissant  sur lequel sappuie le ministère des Armées pour protéger ses troupes et la Nation contre des cyber-attaques.

Les enjeux de cyberdéfense sont au cœur des stratégies militaires des grandes puissances mondiales. Et la France ne fait pas exception. Pour renforcer larsenal de lHexagone et enrichir la recherche dans le domaine, la ministre des Armées Florence Parly doit inaugurer, ce 3 octobre, un nouveau bâtiment de 11.000 m² pour le commandement cyber. Létat-major va y rassembler ses équipes de lutte informatique défensive et offensive, ses spécialistes de laudit de sécurité des systèmes dinformation et sa réserve opérationnelle, explique Le Monde.

Lambition de Jean-Yves Le Drian lorsquil était ministre de la Défense, est donc en train de se concrétiser. La capitale bretonne est désormais devenue le cœur de la cyberdéfense tricolore, ainsi que la plaque  fondamentale  qui soutient laction des acteurs étatiques et privés dans le développement des cybersystèmes darmes.

Le nouveau bâtiment est situé à Rennes, véritable centre opérationnel pour les opérations cyber. Ce nouveau lieu est également loccasion de se rapprocher de la Direction générale de larmement (DGA), comme de la DGSE. Ainsi cette “cyber factory” permettra des circuits plus courts avec une idée simple : la DGA élaborera les nouvelles armes, la DGSE les testera et létat-major les utilisera pour ses opérations, explique le quotidien. Le centre de Rennes sera ainsi consacré à la mise en œuvre de ces opérations ainsi quà lentraînement.

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Cette ambition sest inscrite  en priorité  dans la loi de programmation militaire 2019-2025, comme le rappelle la ministre des Armées, Florence Parly, puisquexiste  un besoin général délever notre capacité de protection et de possible riposte face à des menaces dans le domaine cyber .

Une nécessité selon le ministère des Armées, rappelle Ouest-France, face à “ces menaces qui ne cessent de croître et de se diversifier et qui visent tant le monde civil que les armées”. Ainsi lÉtat a investi 44 millions deuros dans cette “cyber factory”. Par ailleurs, dans ce lieu, larmée mettra des données et des serveurs à disposition de start-up, en espérant un retour technologique plus rapide. Un modèle déjà adopté par Israël, considéré comme lun des leaders du secteur, depuis plus de 20 ans.

Pour faire face à  ces menaces qui ne cessent de croître et de se diversifier  et  qui visent tant le monde civil que les armées , le ministère multiplie les initiatives. Elles sont dordre militaire dabord, avec lélaboration dune doctrine militaire de lutte informatique tant défensive quoffensive (dans le cadre exclusif des opérations extérieures), la création dun commandement de la cyberdéfense (ComCyber) en 2017 et le renforcement des équipes et des moyens du site de la DGA-MI (Direction générale de larmement-Maîtrise de linformation) de Bruz, aux portes de la capitale bretonne.

Le commandement militaire de la cyberdéfense (Comcyber) a inauguré jeudi à Rennes le premier bâtiment entièrement dédié à la conduite de ses opérations dans le cyberespace, une “priorité absolue” pour la ministre des Armées Florence Parly.

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Les missions de planification et de conduite des opérations de ce ComCyber inauguré ce jeudi 3 octobre seront régies depuis Rennes.  Cest le nouveau bâtiment de ce ComCyber que jinaugure ce jeudi , explique la ministre qui précise que  ses 11 000m2 abriteront, après 26 mois de travaux et pour un coût de 44 millions deuros, 400 cyber-combattants. 

Limplantation rennaise de ce Com-Cyber sinscrit dans un effort de délocalisation engagé par le ministère :  À Rennes, le cyber ; à Tours, les ressources humaines et à Toulouse le futur commandement de lespace . Pour Rennes, à lhorizon 2025, ce sont quelque 800 cyber-combattants qui pourraient être rassemblés entre lÉcole des Transmissions de Cesson-Sévigné, la DGA-MI et le Cyber-Com.

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Outre ce bâtiment installé dans la zone militaire de la Maltière, la ministre va aussi inaugurer la Cyberdéfense Factory, une antenne bretonne de lInnovation Défense Lab.  Ce lieu déchanges servira à créer des synergies entre lÉtat, les industriels et les start-up, et à capter de linnovation dans le domaine de la cyber. Il sera aussi un incubateur technologique .

Une fois engagés, les cyber-combattants sont amenés à participer à des opérations de lutte informatique défensive et offensive, qui accompagne désormais toute action extérieure.  Cest un mix de technologie très pointue et de culture du renseignement pour voler des informations utiles à une manœuvre, bloquer des systèmes de communication, ou leurrer lennemi pour quils pensent que nous sommes à un endroit alors que nous sommes à un autre , explique le général Didier Tisseyre, commandant de la cyberdéfense, à La Croix. Lintelligence artificielle est lun des outils de cette guerre furtive :  Elle permet de traiter très vite des données très hétérogènes, réparties sur différents endroits. Par exemple, localiser des djihadistes qui ne sont pas tous au même endroit, les pister, corréler des informations .

Florence Parly signera enfin une convention de partenariat entre les Armées et ACE Management,  société qui va accompagner les entreprises qui travaillent dans la sécurité numérique et qui pourraient bénéficier daide du fonds Brienne 3, doté de 80 millions deuros .

Florence Parly inaugure à Rennes un nouveau bâtiment du commandement cyber. La France va investir 1,6 milliard deuros dans le cyber dici à 2025, pour acquérir outils de chiffrement, de cryptographie et de détection de cyberattaques.

Pour faire face à la guerre cyber, le ministère a augmenté les moyens dédiés dans la loi de programmation militaire 2019-2025 : 1,6 milliard deuros et 1 000 cyber-combattants supplémentaires, pour un effectif de 4 500 personnes dans six ans. Cest pour accueillir 400 de ces soldats du numérique que Florence Parly inaugure jeudi 3 octobre à Saint-Jacques-de-la-Lande, près de Rennes, un nouveau bâtiment du Commandement de la cyberdéfense (Comcyber). À Rennes, elle doit ensuite inaugurer la Cyberdéfense Factory. Tout un écosystème permettant de créer des synergies entre les industriels des PME locales, les universitaires du Pôle dexcellence cyber et les experts du Comcyber et de la direction générale de larmement.

Rennes confirme son statut de place forte de la cyberdéfense française. La ministre des Armées Florence Parly inaugure ce jeudi 3 octobre dans la capitale bretonne un bâtiment flambant neuf dédié au commandement de la cyberdéfense (Comcyber), la structure en charge de la conduite des opérations militaires dans le cyberespace. Ce bâtiment de 11.000 m2, dans lequel le ministère des Armées a investi 44 millions d'euros, accueillera à terme 400 cybercombattants, et sera baptisé du nom du commandant Roger Baudoin. Ce polytechnicien, décoré de la Croix de guerre après la Première guerre mondiale, était devenu en 1940 un spécialiste reconnu de la cryptographie. Deux autres nouveaux bâtiments dédiés aux soldats du Comcyber seront construits d'ici à 2025, pour accompagner la montée en puissance de l'unité.

Afin dencadrer les opérations où elle fait usage de larme cyber, larmée française sest dotée dune doctrine reposant sur lapplication du droit international dans le cyberespace. Elle sengage à ce quil ny ait pas deffets de bord, autrement dit de dégâts collatéraux sur des systèmes numériques proches dune cible visée. Elle sengage aussi à la transparence. Mais la décision politique de rendre publique une opération de lutte informatique offensive reste un exercice délicat, comme celui dattribuer la responsabilité dune attaque à un État.

Lors de cette même visite, Florence Parly inaugurera également à Saint-Jacques-de-la-Lande, en banlieue rennaise, un espace baptisé Cyberdéfense Factory. Rattaché à l'Innovation Défense Lab parisien, ce site de 200m2 se veut un écosystème rassemblant les acteurs étatiques (DGA, Comcyber), les universitaires, les industriels et les start-up du secteur. La Cyberdéfense Factory hébergera notamment un "data lake" de données de la DGA et des industriels, que les ingénieurs pourront utiliser pour améliorer les algorithmes de cyberdéfense. Le site intègrera aussi un incubateur dédié aux projets de start-up des experts cyber du ministère des Armées. Une stratégie inspirée de celle d'Israël, dont l'Unité 8200, spécialiste du renseignement électromagnétique, est une véritable pépinière de start-up cyber.

Ces inaugurations multiples de sites dédiés au cyber ne doivent rien au hasard. Elles s'inscrivent dans un plan d'investissement massif destiné à muscler le dispositif de cyberdéfense français. La loi de programmation militaire prévoit 1,6 milliard d'euros d'investissement dans le cyber d'ici à 2025. "Nous investissons notamment dans les équipements de chiffrement, de cryptographie et dans les sondes de détection de cyber-attaques", explique-t-on dans l'entourage de la ministre. La France développe également de véritables armes cyber, capables de perturber, voire de neutraliser des systèmes d'information ennemis. En raison de leur caractère souverain, ces cyber-armes sont développées en interne par les armées, sans recours aux industriels, assure-t-on au cabinet de Florence Parly.

Au siège du Centre danalyse de lutte informatique défensive (Calid), en janvier 2015 à Paris. JOEL SAGET / AFP La cyberdéfense senrichit dun nouveau château fort avec linauguration par la ministre des armées, Florence Parly, jeudi 3 octobre, à Rennes, dun bâtiment de 11 000 m² pour le commandement cyber ( com cyber ). Létat-major va y rassembler ses équipes de lutte informatique défensive et offensive, ses spécialistes de laudit de sécurité des systèmes dinformation, et sa réserve opérationnelle. Et ce, en se rapprochant de la Direction générale de larmement (DGA), comme de la DGSE. Dans une  Cyber factory , larmée mettra en outre des données et des serveurs à disposition de start-up, en espérant un retour technologique plus rapide – un modèle adopté par Israël il y a vingt ans.

L'autre enjeu essentiel de cette montée en puissance de la cyberdéfense française est celui des ressources humaines. La LPM prévoit le recrutement de 1.100 cyber-combattants sur la période, ce qui portera les effectifs du Comcyber à plus de 4.400 soldats. L'armée recherche notamment des mathématiciens, des architectes cyber, ou encore des spécialistes de la cryptographie et de l'intelligence artificielle. Autant de profils difficiles à attirer, car très demandés également par l'industrie. "Le système éducatif français ne produit pas assez de spécialistes du numérique, et particulièrement du cyber", souligne-t-on dans l'entourage de Florence Parly.

La conception des opérations demeurant la prérogative du QG de Balard à Paris, le centre de Rennes sera consacré à leur mise en œuvre ainsi quà lentraînement. Secondairement, le ministère veut réduire sa vulnérabilité en occupant ce deuxième site. Et il espère régler un problème de ressources humaines, car il est plus facile dattirer des jeunes diplômés dans la capitale bretonne quà Paris, où se loger est impossible. Dici cinq ans, les armées doubleront ainsi leurs effectifs cyber à Rennes, avec 1 600 personnes.

Le ministère des Armées veut également favoriser la montée en puissance des start-up cyber. Les projets sont assez nombreux, souligne-t-on à l'hôtel de Brienne, mais ils se heurtent souvent à l'impossibilité de lever assez de capitaux en France pour réellement changer d'échelle, faute de fonds intéressés. Florence Parly espère inverser la tendance en soutenant le fonds Brienne III d'ACE Management (filiale du français Tikehau), un fonds de 80 millions d'euros spécifiquement dédié au cyber. Une convention entre le ministère des Armées et ACE sera signée aujourd'hui à Rennes. Le document prévoit que le ministère fournira au fonds Brienne III des profils de start-up repérés par ses agents. En échange, ACE Management s'engage à signaler au ministère les jeunes pousses qui pourraient intéresser ses services.

Le ministère avait exposé sa doctrine offensive en janvier, et publié début septembre un document sur le droit de la guerre appliqué au cyber. Létat-major doit à présent  achever la construction de ses règles dengagement en opérations, et tester armes et mécanismes dans chacune des armées , ajoute Didier Tisseyre.

Rennes confirme son statut de place forte de la cyberdéfense française. La ministre des Armées Florence Parly inaugure ce jeudi 3 octobre dans la capitale bretonne un bâtiment flambant neuf dédié au commandement de la cyberdéfense (Comcyber), la structure en charge de la conduite des opérations militaires dans le cyberespace. Ce bâtiment de 11.000 m2, dans lequel le ministère des Armées a investi 44 millions d’euros, accueillera à terme 400 cybercombattants, et sera baptisé du nom du commandant Roger Baudoin. Ce polytechnicien, décoré de la Croix de guerre après la Première guerre mondiale, était devenu en 1940 un spécialiste reconnu de la cryptographie. Deux autres nouveaux bâtiments dédiés aux soldats du Comcyber seront construits d’ici à 2025, pour accompagner la montée en puissance de l’unité.

Lors de cette même visite, Florence Parly inaugurera également à Saint-Jacques-de-la-Lande, en banlieue rennaise, un espace baptisé Cyberdéfense Factory. Rattaché à l’Innovation Défense Lab parisien, ce site de 200m2 se veut un écosystème rassemblant les acteurs étatiques (DGA, Comcyber), les universitaires, les industriels et les start-up du secteur. La Cyberdéfense Factory hébergera notamment un "data lake" de données de la DGA et des industriels, que les ingénieurs pourront utiliser pour améliorer les algorithmes de cyberdéfense. Le site intègrera aussi un incubateur dédié aux projets de start-up des experts cyber du ministère des Armées. Une stratégie inspirée de celle d’Israël, dont l’Unité 8200, spécialiste du renseignement électromagnétique, est une véritable pépinière de start-up cyber.

Ces inaugurations multiples de sites dédiés au cyber ne doivent rien au hasard. Elles s’inscrivent dans un plan d’investissement massif destiné à muscler le dispositif de cyberdéfense français. La loi de programmation militaire prévoit 1,6 milliard d’euros d’investissement dans le cyber d’ici à 2025. "Nous investissons notamment dans les équipements de chiffrement, de cryptographie et dans les sondes de détection de cyber-attaques", explique-t-on dans l’entourage de la ministre. La France développe également de véritables armes cyber, capables de perturber, voire de neutraliser des systèmes d’information ennemis. En raison de leur caractère souverain, ces cyber-armes sont développées en interne par les armées, sans recours aux industriels, assure-t-on au cabinet de Florence Parly.