Rennes : des “antifas” attaquent un bar où sont réunis des étudiants de la droite identitaire – France Bleu

Après lattaque, par au moins une vingtaine de personnes encagoulées, de la terrasse du Webb Ellis, bar situé dans le cœur historique de Rennes, mercredi soir, les réactions politiques pleuvent pour dénoncer cette action.

Messenger LinkedIn Email Après lattaque, par au moins une vingtaine de personnes encagoulées, de la terrasse du Webb Ellis, bar situé dans le cœur historique de Rennes, mercredi soir, les réactions pleuvent. Les militants ciblaient une réunion de rédacteurs et de sympathisants de LEtudiant libre, journal étudiant qui se revendique de droite conservatrice.

Rennes : un bar où étaient réunis des rédacteurs dun média conservateur attaqué

Hier soir vers 20 h 30, le centre-ville de Rennes a été témoin de la deuxième attaque de bar par des groupes dextrême-gauche, dénonce Charles Compagnon, candidat du centre-droit aux municipales. Après celle de lEté Indien, que jai été le seul à condamner fermement, le Webb Ellis, a été victime dune nouvelle action violente portant atteinte au droit collectif de se réunir. Ce théâtre désolant ne doit plus être toléré dans la capitale bretonne. Il est urgent dinvestir dans la sécurité et la tranquillité publique. Cest une aspiration légitime des Rennais particulièrement attachés aux libertés fondamentales telles que la liberté dexpression, la liberté dopinion ou la liberté daller et venir dans nos rues. Refusons ensemble cette violence croissante dans notre ville pour engager le temps de laction depuis trop longtemps négligé.

L'incident a eu lieu mercredi soir dans le centre ancien de Rennes. Les participants à la réunion du journal L'Étudiant libre attribuent l'attaque à des militants antifascistes. Un homme a été blessé à lœil.

Même indignation de Bertrand Plouvier, élu dopposition rennais, conseiller régional Les Républicains (LR), et soutien de Charles Compagnon : Les valeurs de la République ont été une nouvelle fois violées. Violées par des militants dextrême gauche qui ne respectent plus rien ni personne. Violées par des extrémistes qui agissent en toute impunité à Rennes depuis de nombreuses années. Rennes qui sillustre une nouvelle fois dans la violence, une violence impunie, une violence qui résulte dune forme de laxisme et de tolérance depuis 40 ans.

Pour lélu Les Républicains, ces agresseurs masqués aux méthodes totalitaires nont même pas le courage dassumer leurs actes odieux. Cette agression ultra-violente et lâche nest pas sans rappeler celle dont nous avons été victimes avec Amélie Dhalluin lorsque nous avons été agressés par ces mêmes extrémistes lors dune réunion publique pendant la campagne des présidentielles de 2017.

Alors candidats aux législatives, Bertrand Plouvier et Amélie Dhalluin avaient été aspergés durine et de soupe de poissons contenues dans des bouteilles, par plusieurs individus, alors quils participaient à une réunion publique dans un bar du centre-ville.

Hier soir, la violence, préméditée, est montée dun cran avec lutilisation de gaz et de liquide chimique. Cette escalade doit être stoppée. Faut-il attendre quil y est un mort pour réagir ?, poursuit Bertrand Plouvier. Ces militants, plutôt ces casseurs dextrême-gauche, ne doivent plus constituer une entrave à la liberté, ne doivent plus porter atteinte à la démocratie et nuire à limage de Rennes. Au-delà des condamnations dusage, nous attendons des actes, des actes forts. Tout doit être mis en œuvre afin que les agresseurs soient retrouvés, traduits en justice et que la loi soit appliquée.

Dautres élus se sont exprimés sur le réseau social Twitter. Hubert Chardonnet, adjoint socialiste à la sécurité, dénonce des faits totalement inadmissibles et scandaleux ! En démocratie, chacun doit pouvoir se réunir et débattre en liberté.

Mustapha Laabid, député La République en marche de Rennes Sud, emploie, lui, une formule lapidaire : Ces extrémistes de gauche ou extrémistes de droite : Ce sont les mêmes ! Ils sont finalement tous extrêmement cons.

Pour Florian Bachelier, autre député rennais La République en marche, ces agresseurs encagoulés doivent être recherchés, poursuivis et condamnés. Ils sont un facteur important de linsécurité grandissante à Rennes. Naïveté coupable et duplicité électoraliste contribuent à mettre tous les Rennais en danger. Ce nest pas responsable, plus acceptable.

Emeric Salmon, conseiller régional et candidat du Rassemblement national, estime que parler dactivistes nest pas le bon terme. Il sagit de délinquants attaquant la démocratie et la liberté dexpression de tout un chacun. On espère que les auteurs de ces faits seront arrêtés et que la justice sera dune sévérité exemplaire.

En tant quécologiste, je refuse toutes les violences Contacté, Jean-Marie Goater, adjoint écologiste en charge de la démocratie locale à la Ville de Rennes, et également patron dun café-librairie du centre-ville, Le Papier timbré, mettant en avant des ouvrages engagés et attirant une clientèle alternative, précise lui aussi ne pas cautionner ce type daction. Cest totalement anormal. Jadresse tout mon soutien au personnel du Webb Ellis.

Matthieu Theurier, autre élu écologiste et candidat aux municipales, a lui aussi réagit : Je condamne les actes violents qui se sont déroulés devant le Webb Ellis. En tant quécologiste, je refuse toutes les violences. Lextrême droite na pas sa place à Rennes mais ce nest certainement pas de cette manière que lon soppose à ses idées.

Les élus du Parti de gauche et de la France insoumise, Jean-Paul Tual et Yannick Le Gargasson, font savoir de leur côté : Nous ne réagirons pas aux injonctions de Carole Gandon. Dautant que son indignation est à géométrie variable, quand on nest incapable de condamner les violences policières, sindigner pour un règlement de comptes ça sappelle de linstrumentalisation.

La candidate La République en marche, tout comme le candidat du Rassemblement national Emeric Salmon, a demandé à tous les candidats aux élections municipales et aux partis politiques rennais de condamner sans ambiguïté ces violences.

Nous ne réagirons pas aux injonctions de Mme @GandonCarole dautant que :️ Son indignation est à géométrie variable, quand on nest incapable de condamner les #ViolencesPolicières, sindigner pour un règlement de comptes ça sappelle de linstrumentalisation.

La violence ne fait pas partie de nos modes dactions, nous ne voyons pas pourquoi nous devrions réagir, poursuivent Jean-Paul Tual et Yannick Le Gargasson. Ces injonctions sont faites main dans la main avec le Front National dEmeric Salmon, montrant chaque jour un peu plus leur rapprochement.

Nathalie Appéré, la maire socialiste de Rennes et candidate à sa succession, na pas non plus souhaité réagir. Dans son entourage, on rappelle que la réaction dHubert Chardonnet (lire plus haut), au nom de la municipalité, a été rapide et ferme. Et on estime, en privé, que certains ont lindignation à géométrie variable, en rappelant que lorsque la maire a été, pendant les manifestations contre la loi Travail, en 2016, menacée physiquement, aucune opposition municipale nest alors venue lui apporter un soutien républicain.

Selon Ouest-France, une vingtaine de personnes cagoulées s'en sont pris à un bar dans la ville de Rennes. Ils ont voulu cibler des rédacteurs et des sympathisants d'un journal étudiant se revendiquant de la droite conservatrice.

Le 27 novembre, vers 20h30, la terrasse dun bar dans le centre historique de Rennes, le Webb Ellis, a été prise pour cible par un groupe dune vingtaine de personnes cagoulées, selon Ouest-France le 28 novembre. Il sagirait dun groupe de militants antifascistes, selon France bleu. Selon des sources, ils visaient des rédacteurs et des sympathisants dun journal étudiant, L’Etudiant libre, se revendiquant de la droite conservatrice «mais pas dextrême droite». Ce mensuel aurait été lun des partenaires de la convention de la droite du 28 septembre, à laquelle participaient Eric Zemmour, Marion Maréchal ou Robert Ménard.

Daprès le quotidien régional, les agresseurs auraient notamment projeté des chaises sur la façade de l’établissement, utilisé une bombe lacrymogène, ainsi qu’un produit liquide ammoniaqué. LEtudiant libre a relayé une brève vidéo de laltercation.

Lextrême gauche sest manifestée à notre soirée à Rennes ! Soutien à nos relais ! pic.twitter.com/wcs9gk7PlK

Ouest-France a rencontré un témoin de la scène et «animateur du journal» Guy-Alexandre, 20 ans, qui explique : «Quelques heures avant, j’avais eu vent qu’il pouvait y avoir potentiellement des antifas, mais je pensais sincèrement que s’ils venaient, ils allaient seulement crier à 30 mètres du bar, car L’Etudiant libre n’est pas leur combat.» Il assure quil sagissait pour le journal «dun rendez-vous convivial, le premier depuis la rentrée» et quils étaient une «vingtaine» au bar.

Lui aussi contacté par Ouest-France, lun des responsables de létablissement rassure : «Rien n’a été abîmé. Ce n’était pas bien méchant.» Néanmoins, selon le quotidien, un participant de la soirée de L’Etudiant libre a été blessé au visage. Un membre de L’Etudiant libre a affirmé à France bleu quil aurait reçu de lammoniaque dans l’œil. Le site internet du journal étudiant condamne dans une tribune une «tentative d’intimidation ridicule et lâche [qui] dénote, comme toute volonté de censure, un esprit de fuite chez celui qui les emploie».

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