Football Leaks: un ancien joueur du FC Rouen victime du …

Football Leaks: un ancien joueur du FC Rouen victime du ...

Une affaire de fichage ethnique au PSG – Toute lactualité de la Martinique sur Internet

“Français”, “Maghrébin”, “Antillais”, “Africain”: des recruteurs du PSG ont fiché ethniquement des jeunes joueurs scrutés par le club, selon un nouveau dossier des “Football Leaks”. Le club a pointé une “initiative personnelle” dun de ses anciens salariés en charge du recrutement et fait par dun “sentiment de trahison”.

Le club a lancé une enquête et confirmé officiellement dans laprès-midi “que des formulaires avec des contenus illégaux ont été utilisés entre 2013 et 2018 par la cellule de recrutement du centre de formation, dédiée aux territoires hors Ile-de-France”. Et de dénoncer une “initiative personnelle du responsable de ce département”. Soit Marc Westerloppe, ciblé par Mediapart et parti cette année au club de Rennes.

“Cest à lencontre de limage, des valeurs, de léthique que porte le club depuis longtemps”, a regretté auprès de lAFP le directeur général délégué du Paris SG, Jean-Claude Blanc. “Cest pour ça que le sentiment quon a aujourdhui, cest un sentiment de trahison.”

Il est le père spirituel de Didier Drogba. Tels étaient les mots employés par lIvoirien, dans France Football en 2004, au moment dévoquer lentraîneur qui la fait venir au Mans, où il a lancé sa carrière professionnelle. Avant dentraîner le club de la Sarthe entre 1997 et 2000, Marc Westerloppe a embrassé une carrière de footballeur comme milieu de terrain, passant notamment par Noeux-Les-Mines (1981-1983) et Grenoble (1986-1988). Un parcours sans éclat, qui lamènera plus tard à devenir responsable du recrutement des jeunes talents au RC Lens, son club formateur, entre 2001 et 2013. Puis à un poste particulier au PSG : directeur de la cellule de recrutement des jeunes hors dÎle-de-France.

La Ligue des droit de lhomme (LDH) a en tout cas annoncé son intention de porter plainte, la Licra (Ligue internationale contre le racisme et lantisémitisme) a évoqué des faits “très graves” et indiqué que sa “commission juridique” était “saisie”. Enfin, la ministre des Sports, Roxana Maracineanu, a fait part de sa “consternation”.

“Si ces faits de discrimination sont avérés, ils sont passibles de sanctions disciplinaires voire pénales”, a clamé la ministre des Sports, demandant aux instances du football français, Fédération (FFF) et Ligue (LFP), de se penser sur le dossier. “La Ligue condamne toutes formes de discrimination dans le football. De telles pratiques sont inacceptables et contraires à la loi”, a réagi la présidente de la seconde instance, Nathalie Boy de la Tour.

En effet, la loi “interdit (…) de recueillir et denregistrer des informations faisant apparaître, directement ou indirectement, les origines +raciales+ ou +ethniques+”, a rappelé la CNIL (Commission nationale de linformatique et des libertés).

Victime de la politique de critères mise en place au PSG alors quil était adolescent, le jeune attaquant rennais est un très solide espoir de la génération 2001.

Un fichage ethnique aussi au sein de la cellule Ile-de-France du PSG ?

De quoi sagit-il ? Mediapart prend lexemple dans son enquête dun footballeur en herbe, Yann Gboho (international français chez les jeunes, né en Côte dIvoire), 13 ans, qui joue au FC Rouen et tape “dans loeil” dun “recruteur du PSG pour la région Normandie, Serge Fournier”.

Fair-play financier, transfert de Mbappé, fichage ethnique, le PSG est attaqué de tous les côtés depuis une semaine. Pour la première fois, le club parisien a reconnu sa faute dans le dossier du fichage ethnique, même s'il a dénoncé une «initiative personnelle du responsable de ce département» (visant Marc Westerloppe), et non une politique globale discriminatoire. Ce vendredi, Jean-Claude Blanc a d'ailleurs répété que la direction n'avait jamais été mise au courant, avant octobre 2018 et l'approche des journalistes de Médiapart, du fichage ethnique mis en place par sa cellule de recrutement "hors Ile-de-France". Et c'est un point qui aura toute son importance pour la suite judiciaire de l'affaire. Car s'il est prouvé que le PSG a couvert ces pratiques, il risque gros déjà en terme d'image, mais aussi au niveau judiciaire.

Une fiche est “remplie le 2 novembre 2013” le concernant et mentionne quil est “antillais”. Quand un recruteur “passe sa souris sur la case, un menu déroulant apparaît qui permet de cocher un des quatre choix: +Français+, +Maghrébin+, +Antillais+, +Africain+”, explicite Mediapart.

Point important, cela ne veut pas dire que le PSG a forcément fait preuve de discrimination au moment de recruter en Île-de-France des joueurs, mais cela veut dire qu'au moment de faire des rapports sur tel ou tel joueur, les recruteurs du PSG ont coché des cases ethniques dans leur rapport, ce qui est formellement interdit par la loi. Selon Le Parisien, la cellule Île-de-France utilisait ainsi «ces dernières années» un fichage à base de codes : «BC» pour blanc, «MS» pour métis, «BK» pour black, «BR» pour beur et «AS» pour asiatique. Ce qui est donc tout autant interdit que les termes «Français», «Maghrébin», «Antillais», «Afrique noire» utilisés par la cellule "hors Ile-de-France" dans ses fiches, de 2013 jusqu'à mars 2018.

Pour lappellation “Français”, “il aurait fallu écrire “blanc”. Dautant que tous les joueurs quon recommandait étaient Français. Le PSG ne voulait pas quon recrute des joueurs nés en Afrique, car on nest jamais sûr de leur date de naissance”, lâche M. Fournier, interrogé par Mediapart. “Deux ans plus tard, dans la case origine, il écrit: +Afrique noire+”. Le joueur signe finalement à Rennes.

Le nom de Gboho suscite ensuite “bien des remous au PSG, comme le montre le compte rendu interne dune réunion formation qui sest tenue le 14 mars 2014”, peut-on lire dans les “Football Leaks”.

Le journaliste Martin Boudot a recueilli le témoignage dun ancien recruteur du PSG. Jusquen juin 2018, Serge Fournier devait détecter les talents dans la région Normandie. A chaque match quil supervisait, il devait compléter un tableau pré-rempli, mis en place par le PSG. Outre les nom, prénom, date de naissance, ce tableau comportait une case "origine", avec les options "français, antillais, maghrébin, Afrique noire". La couleur de peau comme critère de recrutement ? Du fichage

Paris : Létang réagit laffaire du fichage ethnique

Au cours de cette réunion, Westerloppe déclare, selon ce document: “On ne va pas revenir sur ce sujet. Il y a un problème sur lorientation du club, il faut un équilibre sur la mixité, trop dAntillais et dAfricains sur Paris”.

Ces déclarations sont signalés au sein du club et Westerloppe est ensuite convoqué à un entretien préalable à un licenciement le 27 juin 2014. Devant Jean-Claude Blanc (actuel directeur général délégué du PSG), il réfute des accusations “fausses, malveillantes et stupides”.

“Il a été convoqué immédiatement”, a détaillé jeudi le dirigeant parisien à lAFP. “On a aussi respecté le droit individuel des salariés, car on peut vous accuser de beaucoup de choses mais vous avez le droit de vous défendre. Il sest défendu, bien défendu, il a parlé de son passé, des jeunes quils avaient recrutés dans les clubs où il était, il était choqué dans ses réactions”.

Dans les colonnes de L’Equipe, la mère de Kylian Mbappé est montée au front :  C’est clair, sans lui, Kylian ne serait pas au Paris Saint-Germain. C’est Marc qui nous a vanté les mérites de ce club. On l’a régulièrement au téléphone, Kylian aussi. Il nous a beaucoup aidés, conseillés. Il a aussi contribué à la progression de Jires Kembo en le faisant travailler offensivement quand il jouait à Rennes. Et encore aujourd’hui, dès qu’on a un problème, on l’appelle .

“Nous lui avons fait un rappel sur labsence totale dambiguité quil devait avoir dans ses propos, et jai tenu personnellement à organiser une réunion rapide avec les responsables de la formation pour rappeler les critères de recrutement, uniquement sur le talent, pour les jeunes au PSG”, explique le dirigeant parisien.

Qui assure en revanche navoir eu connaissance de la présence de critères ethniques dans les fiches quen octobre, quand il a été interrogé sur le sujet par les journalistes de Mediapart. Olivier Létang, directeur sportif du PSG à lépoque – aujourdhui président de Rennes – sest, lui, dit “profondément choqué et blessé” des accusations de fichages ethniques, dans un communiqué transmis à lAFP.

L1 – PSG : Le club reconnait lexistence de fichiers ethniques mais assure quil nétait pas au courant

Pour le foot français, cette affaire réveille “laffaire des quotas”, quand avait émergé lidée, abandonnée, dimposer des quotas de binationaux chez les jeunes, lors dune réunion de la Direction technique nationale (DTN) fin 2010.

Paris : La réaction du club au scandale du fichage

Laurent Blanc, le sélectionneur de lépoque, sétait dit alors tout à fait “favorable” à cette idée en arguant: “Quest-ce quil y a actuellement comme grands, costauds, puissants ? Les Blacks (…) Je crois quil faut recentrer, surtout pour des garçons de 13-14 ans, 12-13 ans, avoir dautres critères, modifiés avec notre propre culture”.

Le savoir du café du commerce et le prouver, cest tout à fait différent

« Français », « Maghrébin », « Antillais », « Africain » : des recruteurs du PSG ont fiché ethniquement des jeunes joueurs scrutés par le club, selon un nouveau dossier des « Football Leaks », et le PSG a ouvert « une enquête interne » a indiqué une source proche du club.