Football Leaks: un ancien joueur du FC Rouen victime du …

Football Leaks: un ancien joueur du FC Rouen victime du ...

Une affaire de fichage ethnique au PSG – Toute lactualité de la Martinique sur Internet

“Français”, “Maghrébin”, “Antillais”, “Africain”: des recruteurs du PSG ont fiché ethniquement des jeunes joueurs scrutés par le club, selon un nouveau dossier des “Football Leaks”. Le club a pointé une “initiative personnelle” dun de ses anciens salariés en charge du recrutement et fait par dun “sentiment de trahison”.

Le club a lancé une enquête et confirmé officiellement dans laprès-midi “que des formulaires avec des contenus illégaux ont été utilisés entre 2013 et 2018 par la cellule de recrutement du centre de formation, dédiée aux territoires hors Ile-de-France”. Et de dénoncer une “initiative personnelle du responsable de ce département”. Soit Marc Westerloppe, ciblé par Mediapart et parti cette année au club de Rennes.

Pour répondre aux questions des “Football Leaks” le PSG “a missionné” Malek Boutih, ancien député PS (2012-2017), ancien président de SOS Racisme (1999-2003), qui “travaille depuis une quinzaine dannées sur les questions de racisme au sein de la fondation PSG”. “Au nom du club, il confirme que ce fichage a été mis en place, mais (…) les choses ont, selon lui, été faites en secret” et que “la direction nétait pas au courant”, relate Mediapart. Ces “mêmes fiches dobservation avec mention des origines ont été scrupuleusement remplies jusquau printemps 2018”, accuse encore Mediapart. Pour le foot français, cette affaire réveille “laffaire des quotas”, quand avait émergé lidée dimposer des quotas de binationaux chez les jeunes, lors dune réunion de la Direction technique nationale (DTN) fin 2010. Laurent Blanc, le sélectionneur de lépoque, sétait dit alors tout à fait “favorable” à cette idée en arguant: “Quest-ce quil y a actuellement comme grands, costauds, puissants Les Blacks (…) Je crois quil faut recentrer, surtout pour des garçons de 13-14 ans, 12-13 ans, avoir dautres critères, modifiés avec notre propre culture (…) Les Espagnols, ils mont dit: Nous, on na pas de problème. Nous, des Blacks, on nen a pas.”

“Cest à lencontre de limage, des valeurs, de léthique que porte le club depuis longtemps”, a regretté auprès de lAFP le directeur général délégué du Paris SG, Jean-Claude Blanc. “Cest pour ça que le sentiment quon a aujourdhui, cest un sentiment de trahison.”

Tout fichage lié aux origines ethniques est interdit en France, où le sujet est plus sensible que dans dautres pays. Signe du malaise suscité par cette affaire, toujours selon les “Football Leaks”, la secrétaire du comité dentreprise écrit à la directrice des ressources humaines, en mettant en copie bon nombre de formateurs, pour dénoncer les “propos tenus le 14 mars par M. Westerloppe et ce, au nom de la direction du club”. “Jai rencontré une équipe ébranlée, particulièrement touchée par ce qui pourrait apparaître comme étant la nouvelle philosophie de notre entreprise. Impossible de cautionner ce virage à 180° !!!! Aucun de mes collègues de la formation ou pré-formation ne peuvent y croire”, souligne la secrétaire du CE. Mediapart raconte que Westerloppe est ensuite convoqué “à un entretien préalable” le 27 juin 2014, où il proteste auprès de Jean-Claude Blanc (actuel directeur général délégué du PSG), rejetant des accusations contre lui, “fausses, malveillantes et stupides”. Aucune sanction nest prononcée. Westerloppe et Olivier Létang, directeur sportif de lépoque (aujourdhui président de Rennes) se sont contentés de rétorquer à Mediapart que “cette affaire concerne le PSG”.

La Ligue des droit de lhomme (LDH) a en tout cas annoncé son intention de porter plainte, la Licra (Ligue internationale contre le racisme et lantisémitisme) a évoqué des faits “très graves” et indiqué que sa “commission juridique” était “saisie”. Enfin, la ministre des Sports, Roxana Maracineanu, a fait part de sa “consternation”.

“Si ces faits de discrimination sont avérés, ils sont passibles de sanctions disciplinaires voire pénales”, a clamé la ministre des Sports, demandant aux instances du football français, Fédération (FFF) et Ligue (LFP), de se penser sur le dossier. “La Ligue condamne toutes formes de discrimination dans le football. De telles pratiques sont inacceptables et contraires à la loi”, a réagi la présidente de la seconde instance, Nathalie Boy de la Tour.

Fin octobre 2016. Les recruteurs du continent se pressent dans les gradins exigus du stade de Limeil-Brévannes, théâtre du premier match de léquipe de France des moins de 16 ans dans le tournoi du Val-de-Marne. Ils sont venus pour observer les talents de cette génération 2001. Quatre profils sont plus précisément étudiés : le Nantais Abdoulaye Dabo, le Lyonnais Willem Geubbels (futur Monégasque), le Toulousain Adil Taoui et un milieu offensif : Yann Gboho. Avant jeudi et lassociation de son nom à laffaire de fichage ethnique au sein du centre de formation du PSG, le jeune Rennais était avant tout connu pour…

En effet, la loi “interdit (…) de recueillir et denregistrer des informations faisant apparaître, directement ou indirectement, les origines +raciales+ ou +ethniques+”, a rappelé la CNIL (Commission nationale de linformatique et des libertés).

De quoi sagit-il ? Mediapart prend lexemple dans son enquête dun footballeur en herbe, Yann Gboho (international français chez les jeunes, né en Côte dIvoire), 13 ans, qui joue au FC Rouen et tape “dans loeil” dun “recruteur du PSG pour la région Normandie, Serge Fournier”.

Non, jen navais aucune idée ! Je ne le savais pas, et on ne savait pas non plus quil y aurait autant de choses sur les instances, sur les systèmes. La première saison des Football Leaks était très axée sur les dérives individuelles, là on est sur quelque chose de plus systémique, sur les clubs, les instances, lUEFA, tout le système fou du foot avec sa folie des transferts, du dopage financier, comment les plus forts dictent leurs lois, car on a eu des données là-dessus, ce nest pas un choix de notre part, ce sont des choses quon navait pas avant. Mais oui, sur Platini jai été très surpris, aussi du fait quau PSG, ils ne le nomment pas, cest un peu comme Voldemort, celui dont on ne doit pas prononcer le nom, ils lappellent “le top guy”, cest quand même assez étrange.

Fichage ethnique au PSG : la LDH saisit le procureur de la République dune plainte

Une fiche est “remplie le 2 novembre 2013” le concernant et mentionne quil est “antillais”. Quand un recruteur “passe sa souris sur la case, un menu déroulant apparaît qui permet de cocher un des quatre choix: +Français+, +Maghrébin+, +Antillais+, +Africain+”, explicite Mediapart.

L1 – PSG / Jean-Claude Blanc : ” Un sentiment de trahison “

Pour lappellation “Français”, “il aurait fallu écrire “blanc”. Dautant que tous les joueurs quon recommandait étaient Français. Le PSG ne voulait pas quon recrute des joueurs nés en Afrique, car on nest jamais sûr de leur date de naissance”, lâche M. Fournier, interrogé par Mediapart. “Deux ans plus tard, dans la case origine, il écrit: +Afrique noire+”. Le joueur signe finalement à Rennes.

Il est clair quon a choisi une des informations les plus fortes en premier, ça a été une décision prise en collaboration avec les autres médias. Le critère de la première sortie, cétait davoir des sujets très forts avec un vrai intérêt européen, qui intéressent les fans de foot dans tous les pays. Il y a donc eu le fair-play financier avec le PSG et Manchester City, le cartel des quatre clubs, la Juventus, le Barca, le Real et le Bayern, qui ont dicté leurs codes à lUEFA, et les turpitudes de Gianni Infantino, avec une enquête pénale ouverte en Suisse après nos révélations.

TEMOIGNAGE FRANCE 2. “Français, Antillais, Maghrébin, Afrique noire” : les explications dun ancien recruteur sur des pratiques de fichage ethnique au PSG

Le nom de Gboho suscite ensuite “bien des remous au PSG, comme le montre le compte rendu interne dune réunion formation qui sest tenue le 14 mars 2014”, peut-on lire dans les “Football Leaks”.

Au cours de cette réunion, Westerloppe déclare, selon ce document: “On ne va pas revenir sur ce sujet. Il y a un problème sur lorientation du club, il faut un équilibre sur la mixité, trop dAntillais et dAfricains sur Paris”.

 Je comprends que Mediapart essaye de démontrer que lon a couvert les choses, mais en aucun cas on a intérêt à couvrir ce genre de choses et en aucun cas on na demandé à recruter sur des critères autres que de talent des jeunes, répète le dirigeant parisien. Ce serait se tirer une balle dans le pied que de dire : “Il y en a un super fort mais je ne le prends pas pour des raisons autres que ses qualités techniques”.  Contacté dans le cadre de cette enquête par les journalistes de Mediapart, Marc Westerloppe réfute lidée dune initiative personnelle et affirme que  cette affaire concerne le PSG .

Le PSG réagit aux accusations de fichage ethnique

Ces déclarations sont signalés au sein du club et Westerloppe est ensuite convoqué à un entretien préalable à un licenciement le 27 juin 2014. Devant Jean-Claude Blanc (actuel directeur général délégué du PSG), il réfute des accusations “fausses, malveillantes et stupides”.

En plus des documents des recruteurs du Paris Saint-Germain, sur lesquels figuraient les cases  Français ,  Maghrébins ,  Antillais  et  Afrique Noire , cest une phrase de Marc Westerloppe, alors en charge du recrutement des jeunes hors Ile-de-France, qui a choqué. Opposé au recrutement du jeune Yann Gboho, celui-ci aurait déclaré :  On ne va pas revenir sur ce sujet. […] Il y a un problème sur lorientation du club, il faut un équilibre sur la mixité, trop dAntillais et dAfricains sur Paris. 

“Il a été convoqué immédiatement”, a détaillé jeudi le dirigeant parisien à lAFP. “On a aussi respecté le droit individuel des salariés, car on peut vous accuser de beaucoup de choses mais vous avez le droit de vous défendre. Il sest défendu, bien défendu, il a parlé de son passé, des jeunes quils avaient recrutés dans les clubs où il était, il était choqué dans ses réactions”.

“Nous lui avons fait un rappel sur labsence totale dambiguité quil devait avoir dans ses propos, et jai tenu personnellement à organiser une réunion rapide avec les responsables de la formation pour rappeler les critères de recrutement, uniquement sur le talent, pour les jeunes au PSG”, explique le dirigeant parisien.

“Sous le coup de la loi”. Dans un communiqué publié jeudi, la LDH rappelle le caractère illégal des faits rapportés par Mediapart. “Au-delà de la violation flagrante des valeurs du sport, dégalité et de respect, et des engagements affichés par le club de lutter contre le racisme et les discriminations, ces pratiques si elles sont confirmées tombent sous le coup de la loi”, indique lassociation. “La Ligue des droits de lHomme a décidé de saisir le procureur de la République dune plainte contre ce fichage ethnique des jeunes recrues du PSG afin den sanctionner les coupables et les responsabilités du club”, poursuit le communiqué de la LDH.

Paris : Létang réagit laffaire du fichage ethnique

Qui assure en revanche navoir eu connaissance de la présence de critères ethniques dans les fiches quen octobre, quand il a été interrogé sur le sujet par les journalistes de Mediapart. Olivier Létang, directeur sportif du PSG à lépoque – aujourdhui président de Rennes – sest, lui, dit “profondément choqué et blessé” des accusations de fichages ethniques, dans un communiqué transmis à lAFP.

Pour le foot français, cette affaire réveille “laffaire des quotas”, quand avait émergé lidée, abandonnée, dimposer des quotas de binationaux chez les jeunes, lors dune réunion de la Direction technique nationale (DTN) fin 2010.

Le journaliste Martin Boudot a recueilli le témoignage dun ancien recruteur du PSG. Jusquen juin 2018, Serge Fournier devait détecter les talents dans la région Normandie. A chaque match quil supervisait, il devait compléter un tableau pré-rempli, mis en place par le PSG. Outre les nom, prénom, date de naissance, ce tableau comportait une case "origine", avec les options "français, antillais, maghrébin, Afrique noire". La couleur de peau comme critère de recrutement ? Du fichage

Laurent Blanc, le sélectionneur de lépoque, sétait dit alors tout à fait “favorable” à cette idée en arguant: “Quest-ce quil y a actuellement comme grands, costauds, puissants ? Les Blacks (…) Je crois quil faut recentrer, surtout pour des garçons de 13-14 ans, 12-13 ans, avoir dautres critères, modifiés avec notre propre culture”.

« Français », « Maghrébin », « Antillais », « Africain » : des recruteurs du PSG ont fiché ethniquement des jeunes joueurs scrutés par le club, selon un nouveau dossier des « Football Leaks », et le PSG a ouvert « une enquête interne » a indiqué une source proche du club.