Rouen : fin des perquisitions dans les locaux de Lubrizol et de Normandie Logistique – Franceinfo

Rouen : fin des perquisitions dans les locaux de Lubrizol et de Normandie Logistique - Franceinfo

Incendie de Lubrizol à Rouen : la programmation du 106 annulée jusquau 18 octobre

Il n’aura pas fallu longtemps pour qu’une première manifestation, réunissant entre 3 000 et 5 000 personnes, se fasse jour dans les rues de Rouen. Le 8 octobre, un second rassemblement a réuni un millier de manifestants. Ils demandaient « la vérité » sur les circonstances de l’incendie de Lubrizol et sur les produits chimiques inhalés, le jour de l’incendie de cette usine Seveso. Partout, la suspicion est née, en quelques jours, en quelques heures. À qui la faute ? Les regards se tournent vers la préfecture de Seine-Maritime et des voix dénoncent la gestion de la catastrophe et demandent la démission du préfet Pierre-André Durand.

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Cette impression de communication désastreuse est partagée par deux spécialistes des situations de crise que nous avons interrogés. Pour le directeur de recherche au CNRS, Olivier Borraz, « il y a eu une accumulation d’erreurs ». Même jugement sans appel pour Emmanuelle Hervé, fondatrice d’EH&A consulting : « L’État a été mauvais sur beaucoup de choses. »

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Normandie logistique est une entreprise qui emploie 700 salariés à Rouen (120), Grand-Quevilly, dans des agences à Rennes et Angers et à Caen-Mondeville, où lentreprise a son siège pour un chiffre daffaires de 65 millions deuros. Son cœur de métier, ce sont les transports, la logistique ne représente que 10 % de notre activité .

La liste des ratés est longue. Certains ont cristallisé les tensions. Par exemple, le déclenchement de seulement deux sirènes au lieu des 31 que compte Rouen, comme le préconise pourtant le plan particulier d’intervention (PPI) dans pareil cas.

Alors que des perquisitions étaient menées dans leur entreprise dans le cadre de lenquête judiciaire, les deux dirigeants promettent de sinvestir dans le suivi environnemental et comprennent linquiétude de la population . Jétais à trois mois de la retraite qui nest plus dactualité , ajoute Christian Boulacher.

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Les premières sirènes dans toute la ville de #Rouen #LUBRIZOL @76actu pic.twitter.com/nSovAKUQaj

Les constatations sur le site seront réalisées par 13 enquêteurs de la Gendarmerie nationale (dont six experts incendie). Des policiers de lOclaesp (Office central de lutte contre les atteintes à lenvironnement et à la santé publique) et de la police judiciaire seront aussi présents en soutien. Ces opérations dureront plusieurs jours. Reste que les Rouennais, inquiets pour leur santé après lincendie du site Seveso du 26 septembre, ont pris les devants. Création de pages Facebook consacrées à laprès-Lubrizol et mise en place dun collectif Lubrizol, plus jamais ça, les riverains se tournent vers ces regroupements spontanés pour toutes les questions et notamment sur les conséquences sanitaires. A la suite de lincendie qui a répandu une odeur nauséabonde sur toute la ville et dégagé un important nuage noir, environ 130 plaintes ont été déposées à ce jour. Les plaignants ont des profils très très différents. De la gêne respiratoire à lagriculteur qui a dû voir toute sa récolte mise en lair, a expliqué Me Jonas Haddad, un avocat de Rouen qui a regroupé plusieurs dizaines de plaintes, dont celle du maire socialiste de Rouen Yvon Robert qui devrait saisir la justice dans les prochains jours au nom de la commune de Rouen et de la métropole.

Interrogé sur ce sujet, Pierre-André Durand, préfet de Normandie « considère que d’un point de vue opérationnel, cette orientation était la bonne », d’autant qu’à trois heures du matin, « la population massivement en sommeil, se trouvait de facto confinée ». Les services de l’État avaient expliqué que le déclenchement des sirènes aurait provoqué un « mouvement de panique contreproductif ». « J’entends qu’on puisse critiquer ce choix », mais « je fais mon métier, j’explique, j’assume », a insisté l’énarque lors d’une conférence de presse.

Nous nous rendons à Rouen avec (le ministre de lAgriculture) Didier Guillaume et (la ministre de la Transition écologique) Elisabeth Borne en fin de semaine, de façon à installer le comité de suivi (…) où la totalité des résultats dont nous disposons seront rendus public et clairement expliqués, a poursuivi la ministre de la Santé, expliquant que dorénavant, les agences sanitaires sont chargées dévaluer le risque sanitaire pour les populations sur la base de tous les prélèvements que nous aurons.

Interrogé sur sa démission demandée par une partie de la population après #lubrizol, le @Prefet76 répond : “Je fais mon métier, jexplique, jassume” pic.twitter.com/FyDFcLFf3Z

Demain, sont attendues des analyses complémentaires menées dans les exploitations agricoles survolées par le nuage et actuellement sous le coup de restrictions. Celles-ci touchent actuellement une centaine de communes en Normandie et dans les Hauts-de-France, soit environ 3 000 agriculteurs. De nouvelles informations qui ne devraient toujours rassurer les habitants de Rouen et de ses environs.

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Parmi les autres exemples qui peuvent être cités, la présence d’amiante sur le site incendié. Il a fallu attendre l’information des écologistes pour que l’État évoque cette présence. Ou bien la communication enrhumée auprès des maires de la métropole, qui pour certains ont reçu un avertissement plus de 10 heures après l’incendie. Ou encore la réouverture des écoles dès le lundi 30 septembre, alors que les résultats des analyses des prélèvements, notamment des suies, n’étaient pas encore connus. Des enseignants ont exercé leur droit de retrait ou ont fait grève ne faisant plus confiance à leur hiérarchie et s’inquiétant pour la santé des élèves.

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Pour Olivier Borraz, directeur du Centre de sociologie des organisations (CSO) de Sciences Po Paris, les responsables des opérations « ont craint un mouvement de panique. Éviter le désordre structure leur comportement. Mais finalement, les discours rassurants ont entraîné des doutes, des colères et une forme de désordre avec des initiatives citoyennes qui sortent de l’emprise de l’État ».

“Nous nattendons pas des industriels quils polémiquent sur lorigine de lincendie, ce sera à lenquête de la déterminer”, a écrit Élisabeth Borne dans un tweet publié ce jeudi. Elle ajoute: “Ils doivent être à la hauteur de la situation: quils assument leurs obligations et soient exemplaires dans laccompagnement du territoire!”.

Il va falloir prouver que cest une pollution liée à lincendie, dit Lubrizol sur la pollution à la dioxine à Rouen

« À 3 heures du matin, il aurait fallu donner les mesures de protection maximum et alléger ensuite : montrer qu’on fait tout pour protéger, peu importe si on dérange. Ils ont fait l’inverse, tonne Emmanuelle Hervé, spécialiste de la gestion de crise industrielle. Je ne comprends pas. Le préfet a été précautionneux pour lui-même, mais pas pour la population. »

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Le ton monte entre le gouvernement et les responsables de lusine Lubrizol. Sans la citer, la ministre de la Transition Écologique a fait part de son agacement concernant lattitude de la direction de lusine Lubrizol, qui est partie en fumée le 26 septembre dernier à Rouen.

Selon Olivier Borraz, « la vraie erreur est de croire que les populations vont paniquer, que les populations sont par essence irrationnelles. Tout part de ce postulat, or il est faux. Dans leur esprit, la population est un problème, alors qu’elle est victime. C’est très français de croire que l’État doit et peut nous protéger. Cette promesse se heurte à la réalité dès qu’il y a une crise ».

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Car si l’État n’est pas pour rien dans la situation de psychose généralisée, nécessitant la mise en place et la prolongation de cellules psychologiques, le « manque de maturité de la population » est aussi une clé de compréhension : « Elle est dans une position féodale vis-à-vis de l’État. La colère de la population est liée à la croyance d’être protégée, et quand ça pète elle tombe de sa chaise. Aux États-Unis ou en Israël, par exemple, les gens se prennent en main. »

Avant de raccrocher pour téléphoner à cette société privée, Florence voudrait savoir où sinformer sur la situation sanitaire. Faut-il porter des masques ? Des poussières fines ont-elles pu entrer dans les maisons ? Son interlocutrice met un certain temps à comprendre le problème, puis la renvoie vers le site de la préfecture, et enfin vers… le Numéro vert. Même réponse sur les questions (…)

Emmanuelle Hervé n’oublie pas de pointer la responsabilité du fabricant d’additifs pour lubrifiants : « Lubrizol a été en-dessous de tout. On ne se cache pas derrière l’État. »

Après quelques jours, la préfecture a finalement mis en place une procédure spéciale pour les riverains dans leur cas. Dans cet extrait d”Envoyé spécial”, Florence appelle le Numéro vert (disponible depuis le mercredi 2 octobre). On la dirige vers un autre numéro… où elle est renvoyée vers un troisième, celui de la société SUI Amiante.

L’experte de la gestion de crise industrielle voit trois défauts dans la communication de l’usine rouennaise : premièrement, « la bunkerisation de l’entreprise en attendant que ça passe ». Deuxièmement, « le peu de communication arrivé bien après la catastrophe était désastreux. Dans ce genre d’événement, il faut communiquer dans l’heure avec beaucoup d’’empathie ». Enfin, « la recherche d’un bouc émissaire et une posture de victimisation. À l’instant « T » de la crise, la cause n’a aucune importance ». Emmanuel Hervé fait référence au fait que la société a indiqué que le « feu avait tout d’abord été observé et signalé à l’extérieur du site de Lubrizol Rouen ».

Pour Emmanuelle Hervé, « ce sont des erreurs classiques, mais terribles », car « si on n’a pas la bonne réaction, les gens pensent qu’on ne les protège pas et les réseaux sociaux prennent toute la place et c’est impossible de rattraper cela par la suite ».

Concernant l'indemnisation des agriculteurs, Didier Guillaume avait indiqué dès mardi que pour le lait, les choses sont réglées et les avances sont faites. Il avait aussi expliqué que les productions agricoles autres que le lait commenceraient à être indemnisées au plus tard la semaine prochaine. Il a notamment évoqué ce jeudi matin le cas des producteurs de pommes.

Les parlementaires veulent aussi comprendre ce qu’il s’est passé le 26 septembre sur la rive gauche de Rouen. Une commission d’enquête a été décidée par les sénateurs et une mission d’information sera menée par les députés.

Quant à la taxe américaine sur le vin français, qui sera surtaxé à hauteur de 25%, le ministre a évoqué une catastrophe pour la viticulture. Nous sommes entrés dans une bagarre avec léconomie américaine, a-t-il ajouté. Didier Guillaume a demandé à la Commission européenne de s'investir sur ce sujet.

Le Sénat a voté à lunanimité la création dune commission denquête “afin dévaluer lintervention des services de lÉtat dans la gestion des conséquences environnementales, sanitaires et économiques de lincendie de lusine Lubrizol” #AFP pic.twitter.com/fzyChqDSX1

Le député LREM de Rouen Damien Adam souhaite notamment que la mission d’information parlementaire serve à établir des « recommandations » dans le but de moderniser la communication de l’État dans le cas de la « gestion de crise » : « Par exemple, la préfecture n’a pas de Facebook, il faut peut-être y penser alors que tout le monde n’écoute pas la radio locale France bleu. »

Nous avons fourni à la préfecture une liste complète des produits Lubrizol impactés par le feu dans les heures qui ont suivi lincendie. Des fiches-produits détaillées pour tous les produits Lubrizol ont aussi été fournies. Nous avons également donné une liste complète et des fiches-produits détaillées de tous les produits Lubrizol entreposés à Normandie Logistique. Il revient à Normandie Logistique de fournir les informations aux autorités sur les autres produits stockés, sur leur localisation sur le site et ce qui a effectivement été touché par le feu. Notre entreprise travaille avec Normandie Logistique pour entreposer les matériaux, comme le font beaucoup dautres entreprises. Nous pensons par ailleurs que la plupart des produits Lubrizol stockés par Normandie Logistique nont pas été brûlés.

Olivier Borraz pense que cette catastrophe industrielle, sanitaire et environnementale démontre que « la gestion de crise à la française est dépassée » et entrevoit quatre pistes pour la « réformer », dans un article scientifique :

« D’abord, ne pas considérer que la population et ses réactions sont un problème, voire le problème […]. Ensuite, associer cette population et ses associations à la collecte et l’analyse de données, notamment par le biais des réseaux sociaux […]. Il convient également d’utiliser les réseaux sociaux pour diffuser des informations et répondre aux questions en adoptant une posture empathique ; la culture du communiqué de presse ou du numéro vert est dépassée. »

En tant que PDG, mon souci principal est de protéger la santé et la sécurité des employés et des populations autour de nos sites. Notre circuit de surveillance vidéo interne, que nous avons fourni aux autorités, comme des rapports de témoins oculaires, semblent indiquer que le feu a dabord été observé et signalé à lextérieur du site Lubrizol de Rouen, suggérant que lorigine du feu est extérieure à Lubrizol et sest malheureusement propagé à nos installations. Nous continuons à apporter notre soutien aux forces de lordre françaises dans les investigations pour déterminer lorigine et la cause du feu.

Enfin, pour Olivier Borraz, il faut « dépasser une vision archaïque de l’État comme seul responsable de la sécurité des populations. L’État a une mission de protection, mais il n’a pas à lui seul les moyens de l’assurer ».

L’incendie survenu sur le site de Lubrizol à Rouen (Seine-Maritime) continue de malmener la vie culturelle de la ville. En effet, la scène de musiques actuelles, le 106,  a de nouveau annulé une série de rendez-vous musicaux jusqu’au 18 octobre 2019, suite aux analyses de la qualité de l’air, « dans l’attente de l’amélioration des conditions d’accueil du public ».

"Nous rencontrons des difficultés techniques à donner la liste de ce qui a brûlé. Mais nous serons dans les délais (jeudi 10 octobre minuit, ndlr) imposés par l’arrêté préfectoral", ont indiqué les dirigeants de Normandie Logistique, jeudi 10 octobre à la CCI de Rouen (Seine-Maritime), au cours d’une conférence de presse à Rouen depuis l’incendie hors normes survenu le 26 septembre.

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• Le concert de Matt Simons prévu le 9 octobre est annulé, ainsi que le show de The Mystery lights programmé le 11 octobre. Les billets sont remboursables dans les points de vente dans un délais de deux mois.

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• La prestation de Max Roméo prévu le 10 octobre est reporté au 6 novembre, et celle de Las Aves prévue le 17 octobre aura lieu au final le 6 février 2020. Les billets achetés pour les dates initiales restent valables.

• Le concert de Rymden, en coproduction avec Rouen Jazz Action, prévu le 15 octobre devrait être reporté en février 2020. Les organisateurs apporteront de plus amples informations ultérieurement.

• Le show attendu de Bror Gunnar Jansson et Bob Log III prévu le 16 octobre est annulé. Les billets sont également remboursables dans les points de vente dans un délais de deux mois. Cependant un report de la date est probable en 2020.

• Le concert de Last Train prévu le 18 octobre va être reporté. La date du report est pour le moment inconnue.

Infos pratiques :  La 106, quai Jean-de-Béthencourt, à Rouen. Toutes les infos régulièrement mises à jour, sur le site du 106.