DIRECT. Incendie de lusine Lubrizol à Rouen : “Pour le lait, tous les prélèvements étaient négatifs”, assure le ministre de lAgriculture – Franceinfo

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Lubrizol : de nouveaux résultats sur les dioxines et leau du robinet

L’argumentaire des autorités sur l’absence de présence de fibres d’amiante dans l’air à Rouen à l’issue de l’incendie de l’usine Lubrizol n’a pas convaincu l’association nationale de défense des victimes de l’amiante (Andeva).

Le secrétaire national de l’Andeva, Alain Bobbio, élu dans un CHSCT pendant 20 ans sur un site classé Seveso, s’est associé à un professionnel du domaine pour rédiger une note technique soulignant un certain nombre de problèmes, à l’issue des trois campagnes de prélèvements menées autour du site — le 27 septembre dans un rayon de 200 mètres, le 30 septembre dans un rayon de 15 kilomètres ; et une dernière dans un rayon de 800 mètres, dont les résultats ont été obtenus le 3 octobre.

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L’association s’apprête également à déposer plainte contre X pour mise en danger de la vie d’autrui sur le plan local et national. La situation à Rouen sera également dénoncée lors d’une manifestation vendredi 11 octobre 2019 à Paris, initialement prévue sur la prévention du risque amiante dans les écoles.

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Alain Bobbio estime que plusieurs tonnes d’amiante étaient présentes dans la toiture en fibrociment de 8000 m² qui a brûlé sur le site de l’usine Lubrizol, « même si une partie seulement a été libérée par l’incendie. »

Des morceaux de fibrociment ont été projetés sur des kilomètres à la ronde. Un père de famille a notamment fait état de résultats d’analyse de morceaux d’amiante retrouvés dans son jardin, révélés par le journaliste Hugo Clément sur Twitter. Ils faisaient état de présence de chrysotile, de crocidolite et d’amosite. « Ces trois variétés sont cancérogènes », souligne le responsable associatif.

Résultats sans appel : les débris contiennent de l’amiante, de trois types : chrisotile, amosite et crocidolite. Dans son compte rendu d’analyse, le directeur du laboratoire signale « un échantillon très chargé en fibre d’amiante ». pic.twitter.com/iX8ksHdBJ4

« Quand la force du panache de fumée est capable de véhiculer des petits bouts de fibrociments sur des kilomètres, a fortiori elle véhicule des fibres microscopiques, 400 fois plus fines qu’un cheveu et incombustibles », poursuit-il. Selon l’Andeva, des milliards de ces fibres ont été dispersées dans l’air par les plaques de fibrociment portées à très haute température par l’incendie.

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Le directeur de la Direction régional de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal), Patrick Berg, le répète à l’envi à chaque point de situation sur Lubrizol à Rouen : « Il n’y a pas de présence de fibres d’amiante dans l’air. » « Pour nous, ce sujet est clos », a-t-il déclaré en préfecture mardi 8 octobre 2019.

Pour chaque relevé réalisé, la méthodologie d’étude se base sur un écart type avec intervalle de confiance. « Le bureau d’étude donne un fourchette entre 0 et X, détaille Patrick Berg. Les premiers résultats ont été en dessous de 3 [fibres par litre d’air, NDLR] et […] dans la dernière campagne on avait trouvé un chiffre qui allait jusqu’à 4,8, mais on est toujours en dessous de 5. »

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Dans un bâtiment, cinq fibres par litre d’air est la mesure à partir de laquelle il est demandé de désamianter. Le directeur de la Dreal se base sur cette donnée pour expliquer qu’en deçà, tout va bien.

« L’amiante est un cancérogène sans seuil », rappelle quant à lui Alain Bobbio. Il oppose cette donnée scientifique au seuil réglementaire retenu par les autorités, « qui est une question de politique ». Il souligne :

Il n’existe pas de seuil d’empoussièrement bas en dessous duquel il n’y aurait pas de risque cancérogène.

Le « bruit de fond » environnemental maximal de 5 fibres par litre d’air réglementaire brandi comme un étendard par Patrick Berg est une valeur n’ayant pas bougé depuis les années 1970, où l’amiante était un produit très répandu car pas encore interdit.

Dans un rapport datant de 2014, le Haut conseil de santé publique préconisait un abaissement de ce seuil à 2 fibres par litre d’air au 1er janvier 2020, soit dans quelques mois. Cinq ans plus tôt, l’Affset, ancêtre de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), préconisait un abaissement encore plus bas à 0,5 fibre par litre d’air.

En septembre dernier, la direction générale de la santé a également lancé un appel d’offre pour la réalisation d’une étude d’impact sur l’abaissement de ce seuil, avec des hypothèses de baisse à 2 fibres, 1 fibre et 0,1 fibre par litre d’air.

Observées sous cet angle, les mesures maximales annoncées de 3 fibres et de 4,8 fibres par litres d’air recueillies dans le cadre des différents prélèvements à Rouen posent question sur le fond de pollution à l’issue de l’incendie de Lubrizol.

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Le secrétaire de l’Andeva se montre critique envers les campagnes de relevés elles-mêmes : « Les fibres courtes d’amiante [moins de 0,5 micron, NDLR] n’ont pas été comptées alors que dans un nuage de fibres, elles représentent en général les deux tiers du total. Sans être définitivement validé, leur potentiel cancérogène est soupçonné. Il aurait fallu les dénombrer. »

Alain Bobbio évoque également une « méfiance » des préventeurs quant à la fiabilité des mesures en air extérieur. Il cite à l’appui un extrait du guide d’application de la norme NF EN ISO 16000-7 : « Les conditions météo restreignent souvent la capacité à capter des échantillons d’air dans un environnement extérieur. Une humidité et un vent faible sont nécessaires. En cas de pluie ou de vent important, les prélèvements ne sont pas recommandés en raison de la sous-estimation importante du risque. »

Dans le contexte particulier de l’incendie, des fibres ont été aspirées par des courants d’air chaud ascendants, d’autres rabattues au sol par les trombes d’eau des lances de pompiers, estime-t-il.  « Les mesures faites dans les jours qui ont suivi sont-elles vraiment représentatives ? On doit se poser la question. »

Les fiches de résultats mises en lignes sur le site de la préfecture ne donnent aucune indication sur l’hydrométrie ou les conditions de vent. Les horaires de début et de fin de prélèvements sont par ailleurs datés au 31 octobre à minuit, ce qui exclut toute information sur la durée de ceux-ci.

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La présence de fibres dans l’air n’est pas la seule question concernant l’amiante. Des morceaux de fibrociments projetés sont toujours présents par endroits. « Il ne faut pas les manipuler, les ramasser ou les mettre dans un sac », a rappelé le directeur de la Dreal.

Un numéro vert a été mis en place pour demander l’intervention d’une entreprise spécialisée (0 800 009 785). Des entreprises spécialisées agissent également sous le contrôle de la Direccte pour aider Lubrizol et Normandie logistique à éliminer les restes de toitures en fibrociment calcinés sur leurs sites.

Les peurs entourant l’amiante ont déjà provoqué l’utilisation du principe de précaution à l’extrême. Des habitants inquiets se sont déjà rapprochés de la section locale de l’Andeva, l’Addeva Rouen Métropole. « Certains avaient besoin d’être rassurés, raconte sa responsable Huguette Mercier. D’autres ont déjà annoncé qu’ils allaient se regrouper pour porter plainte. »

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La préfecture a communiqué, jeudi 10 octobre 2019, des nouveaux résultats danalyses qui concernent les dioxines dans les suies et la qualité de leau du robinet. Aucun danger particulier na été relevé.

Les résultats se veulent rassurants. Jeudi 10 octobre 2019, la préfecture a communiqué les résultats des nouvelles analyses de prélèvements dans les suies, après lincendie de Lubrizol, jeudi 26 septembre 2019. “Les résultats de deux nouvelles campagnes de prélèvements dans les suies ne révèlent pas de présence significative de dioxines dans lenvironnement”, est-il indiqué dans un communiqué. Ces résultats viennent de 19 prélèvements de suies effectués sur des lingettes.

Trois campagnes de prélèvements ont déjà été réalisées de cette manière. La première, dont les résultats étaient déjà connus, a été faite dès le 26 septembre 2019, à proximité des écoles rouennaises et de lagglomération. La deuxième campagne de prélèvement a visé à sécuriser les résultats de la première campagne. La troisième a été effectuée sur dautres secteurs du département, dans lesquels des retombées importantes de suies avaient été repérées, comme à Forges-les-Eaux, Neufchâtel-en-Bray et Saint-Saëns.

Les valeurs relevées lors de ces trois prélèvements pour les dioxines sont toujours comprises en 0,04 et 0,20 ngTEQ/m2, ce qui correspond à un “bruit de fond”, selon les autorités.

Une valeur de 2,80 ng/TEQ/m2 a été relevée à Saint-Saëns, ce qui peut être “une erreur déchantillonnage”. Des analyses complémentaires doivent ou non le confirmer.

Deux nouvelles campagnes de prélèvements pour rechercher les dioxines, particulièrement toxiques, sont prévues. “Lune sera ciblée sur les communes survolées par le panache, sur les hauteurs de Rouen et dans les secteurs où des retombées importantes de suies ont été constatées, dans le pays de Forges-les-Eaux et le pays de Buchy. Dans le cadre de cette campagne supplémentaire, 60 prélèvements seront effectués dans les sols dans des espaces publics”, précise le communiqué.

En parallèle, lAgence régionale de santé a indiqué que leau du robinet reste potable, “y compris dans les secteurs de Seine-Maritime qui ont été directement concernés par le panache de fumée”. Lagence explique avoir mené des investigations poussées, “bien au-delà du contrôle sanitaire habituellement réalisé […] depuis le 26 septembre”. Les nouveaux résultats confirment “labsence ou la présence en concentration très faibles et bien inférieures aux valeurs sanitaires de référence, des produits recherchés.”

Un feu de transformateur électrique sest produit, vendredi 11 octobre 2019, dans la matinée, à Rogerville, sur la zone portuaire du Havre (Seine-Maritime). Un incident qui a impacté différentes entreprises. Onze sapeurs-pompiers ont été mobilisés pour cette opération et quatre engins. EDF procède à lévaluation des dégâts.

La ministre de la Santé, @agnesbuzyn : "l'analyse des données montre un impact sanitaire reel" mais modéré. Au total, 246 personnes sont passées aux urgences dont aucun cas grave selon elle.

Comme lavait indiqué le chef du gouvernement, trois ministres sont à nouveau annoncés à Rouen (Seine-Maritime), vendredi 11 octobre 2019, deux semaines après lincendie de Lubrizol. Élisabeth Borne, ministre de la Transition écologique, Agnès Buzyn, ministre de la Santé et Didier Guillaume, ministre de lAgriculture, viennent installer le Comité pour la transparence et le dialogue en préfecture.

Les pompiers sont intervenus sur un feu de cuisine à Lillebonne (Seine-Maritime), jeudi 10 octobre 2019 en fin daprès-midi, quartier Saint-Léonard. Le feu a été rapidement maîtrisé, mais une personne a été intoxiquée par les fumées. Elle a été prise en charge par les secours qui lont placée sous oxygène.

Une forte odeur de plastique brûlé sest dégagée dune machine de découpe laser chez Deutsch, jeudi 10 octobre 2019 dans la matinée à Évreux (Eure). Onze salariés ont été pris de vertiges et de maux de tête. Ils ont été conduits vers le centre hospitalier dÉvreux et la clinique Pasteur pour des examens. Lentreprise est spécialisée dans la fabrication de composants électriques.

Le Sénat a voté à lunanimité jeudi 10 octobre 2019 la création dune commission denquête “afin dévaluer lintervention des services de lÉtat dans la gestion des conséquences environnementales, sanitaires et économiques de lincendie de lusine Lubrizol”, entreprise classée Seveso, le 26 septembre à Rouen (Seine-Maritime). Composée de 21 membres, la commission denquête, mise en place pour une durée maximale de six mois, se penchera aussi sur lapplication des règles auxquelles sont soumises les installations classées, “afin de tirer les enseignements sur la prévention des risques technologiques”.

Lentrée sera gratuite pour tous, samedi 12 octobre 2019, de 14h à 19h30, au centre aquatique de Saint-Lô (Manche). Une compensation décidée par Saint-Lô Agglo pour les baigneurs qui ont été privés de piscine pendant quatre jours cette semaine. Le centre aquatique a en effet été paralysé par des problèmes techniques électriques. Entrée gratuite, dans la limite du taux doccupation.

Attention, si vous prenez le train. Le trafic est perturbé, le jeudi 10 octobre 2019, depuis 6h30, sur la ligne Rouen-Dieppe (Seine-Maritime). Un arbre a été repéré sur la voie entre Auffay et Clères. Plusieurs TER sont supprimés. Plus dinformations sur le site internet de la SNCF.

Mercredi 9 octobre 2019, 1 200 foyers ont été privés de gaz dans lEure, à Brionne et Pont-Authou (Eure). En cause, une canalisation arrachée par un engin de chantier, rue Lemarrois vers 9h30. Un périmètre de sécurité a été déployé et 16 personnes, dont trois enfants, ont été évacuées. Six magasins ont dû fermer le temps de lintervention qui sest achevée dans laprès-midi. Les travaux de réparation doivent se poursuivre jusquà lundi, date à laquelle lalimentation des 1 200 foyers sera rétablie.

Un homme dune trentaine dannées a été grièvement blessé lors dun accident au sein de lentreprise Linex à Allouville-Bellefosse (Seine-Maritime), mercredi 9 octobre 2019 en début daprès-midi. Il a été évacué durgence par lhélicoptère Viking du Samu vers le CHU de Rouen.