Incendie à Rouen: “Quand on est un territoire industriel, il faut lassumer” – LExpress

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Lubrizol : coup de gueule dune agricultrice qui doit encore jeter trois jours de collecte de lait

Les premiers fûts calcinés de lentreprise Lubrizol, dont le site industriel a brûlé à Rouen le 26 septembre, sont arrivés en fin de semaine dernière dans lentreprise Sedibex (groupe Veolia), à Sandouville (pays de Caux, Seine-Maritime). Lubrizol a fait le choix de cette entreprise spécialisée depuis 40 ans dans le traitement des déchets dangereux pour traiter les résidus de lincendie…. Pour découvrir la suite choisissez une offre

Nouveau coup dur pour les agriculteurs frappés par le gel des collectes de lait, oeufs, commercialisation des légumes, fromages …suite à l’incendie de l’usine Lubrizol à Rouen (Seine-Maritime) le 26 septembre 2019.

Dans deux rapports publiés jeudi 11 octobre 2019, les agences sanitaires et d’évaluation des risques de l’Anses et Institut national de l’environnement industriel et des risques (Ineris) recommandent d’étendre la surveillance des substances générées par l’incendie de l’usine Lubrizol, que ce soit leur nombre ou les lieux où les chercher. L’Anses invite à rechercher d’autres traces métalliques (nickel, arsenic inorganique, zinc), les phtalates ainsi que les retardateurs de flamme utilisés par les pompiers pour éteindre l’incendie. Car jusqu’à présent, les substances recherchées ont été pour l’essentiel des dioxines, des furanes, du PCB, des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP).

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Ils sont nombreux à avoir appelé à manifester devant la Préfecture de Rouen (Seine-Maritime) le 11 octobre 2019 au soir car les restrictions sur le lait ne sont toujours pas levées alors que Didier Guillaume,  ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation a annoncé que pour le lait, tous les prélèvements étaient négatifs. 

« Le comité d’experts s’est réuni hier. Je peux aujourd’hui donner des informations sur la production laitière, car c’est le nombre d’analyses le plus important dont nous disposons, soit près de 87 sur les 230 prélèvements analysés », a-t-il ajouté. La production laitière est un réel indicateur de la qualité environnementale et de la pollution environnementale, car les vaches en assimilant les dioxines, les accumulent dans les graisses et donc dans le lait.

« Les arrêtés modificatifs ne seront pas signés avant lundi », se lamente Aline Catoir, agricultrice à Conteville, près d’Aumale.

Mais la ministre ajoute que les conclusions de cette nouvelle enquête ne seront disponibles que « d’ici plusieurs semaines ». Agnès Buzyn est également revenue sur les mesures de restrictions agricoles dans 112 communes de Seine-Maritime : « C’était la seule mesure capable d’éviter l’exposition des populations, notamment des plus vulnérables comme les femmes allaitantes. Grâce à cette mesure, elles peuvent continuer à allaiter. »

« Cela représente trois jours de production en plus à jeter. Pour moi, c’est du gaspillage alimentaire et de la torture morale des agriculteurs ».

Et d’après les tous premiers éléments relevés par Roger Genet, directeur général de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES), les résultats « sont rassurants ». Les analyses sont étudiées par un comité de huit experts indépendants, issus de différentes structures. 

Les produits transformés, comme le neufchâtel, produits laitiers et consignés depuis l’arrêté préfectoral ne pourront pas être vendus ce week-end.

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L’Institut recommande notamment de réaliser à plus long terme des prélèvements de sol en profondeur (jusqu’à 20-30 cm), et plus simplement en surface, de prélever des eaux de surface en amont et en aval des rejets du site, ainsi que sur les eaux souterraines. Car le risque est que certains animaux d’élevage mangent de la terre en broutant ou en picorant.

« Il y a la Fête du ventre ce week-end à Rouen avec de nombreux producteurs. Mais les produits restent consignés dans les frigos. C’est la déception ».